Jean Gennaro et Paula Gonçalves - Où es-tu mon pays ? - texte intégral

In Libro Veritas

Où es-tu mon pays ?

Par Jean Gennaro et Paula Gonçalves

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Scène 8

 Karim, Claudia, Idy, Samia, Ben, Lynda, Miguel et José Manuel.
Le match est fini. Tout le monde sort du wagon. Le Portugal a gagné, les originaires de ce pays sont aux anges et se congratulent.
Claudia - Je n’arrive pas encore à réaliser qu’on a gagné.
Miguel - 2 - 1. C’est le bonheur ! ( il étreint Lynda, qui elle ne partage pas sa joie ) Qu’as-tu, mon coeur ?
Lynda - C’est la France qui aurait dû gagner.
José Manuel - Quel orgueil de coq ! Je vais te dire, ma fille : ce soir, mon complexe d’infériorité s’est envolé. Et mon Dieu, qu’est-ce que ça fait du bien ! Faut fêter ça !
Karim - ( à Lynda, Ben et Idy ) Allons, soyons beaux perdants, oublions le hors-jeu du dernier but : faisons la fête avec eux.
José Manuel joue du bombo ( tambour avec baguette ) tandis que Miguel entame une danse typique avec les castagnettes.
Claudia est heureuse aussi, mais elle n’arrive pas à joindre Tarek sur son portable et cela l’inquiète.
Karim retire son maillot bleu, sous lequel il a passé le maillot algérien.
Il fait signe au percussionniste, puis exécute une danse orientale sur les rafales de bongos.
Samia - On dirait que le grand frère renoue avec ses racines.
Ben - Il serait temps qu’il assume sa moitié arabe. Et toi, Idy, tu ne danses pas ?
Idy - Pour Moussa, alors.
Idy se prend au jeu et danse tandis que les percussions se font plus africaines.
Tout le monde, filles comme garçons, danse.
Les filles de la pièce s’avancent et entonnent en choeur la chanson finale « Ces femmes qui sont parties ».

Ces femmes qui sont parties
Sur le quai de la gare,
une femme dessine son coeur
d’un long regard.
Son pays est loin
derrière les lignes de sa main.
Et dans cette grande ville,
elle est l’étrangère,
c’est ma grand-mère.
Dans son village lointain,
ses enfants avaient faim.
Elle rêvait de jolis mots
qui lui colleraient à la peau
comme de belles parures.
Et dans cette grande ville,
elle est l’étrangère,
c’est ma grand-mère.
Des nuits et des jours,
à pied, en train, en voiture,
elle a traversé le monde,
le courage autour de son cou,
l’espoir accroché à ses pieds.
Et dans cette grande ville,
elle est l’étrangère,
c’est ma grand-mère.
Chez nous, en Afrique !
Inch’allah, madame !
Portugaise, ménage !
C’est ce qu’elle sait dire,
c’est ce qu’elle sait faire !
Et dans cette grande ville,
elle est l’étrangère,
c’est ma grand-mère.
Mais moi, je sais ce qu’elle dit
derrière les rides du passé.
Elle souffle émotion et énergie
avec la force de sa beauté.
Arrivée sur le quai de la gare
de cette grande ville,
elle est l’étrangère,
c’est ma grand-mère,
et j’en suis fière !
Paula Gonçalves
Fin