Scène 2
Tarek, Claudia, Samia.Samia fait son entrée sans que Claudia, tournée vers Tarek, la voie venir.
Claudia - ( fort, pour qu’il entende sa colère ) C’est ça ! Dis qu’il pue, notre wagon ! Dis donc ! Si la piaule n’est pas à ton goût, on ne te retient pas ! Non, mais quel culot !
Samia - Tu parles à qui, là ?
Claudia - ( sursautant, surprise ) Salut, Samia ! Je cause à monsieur le squatteur.
Tarek revient et tombe nez à nez avec sa cousine. Ils sont tous les deux très surpris.
Samia - Tarek ! Alors c’est toi ?
Tarek - Cousine Samia ! Quelle surprise ! Qu’est-ce que tu fabriques ici ?
Samia - Je viens voir des copines, je suis juste de passage. ( clin d’oeil à Claudia )
Claudia - Qu’est-ce que tu racontes ? ( à Tarek ) Elle aussi, elle veut quitter la France. Comme nous tous. Comme toi.
Samia - Oui, après mes études, on verra. Je n’ai encore rien décidé.
( bas, à Claudia ) Tais-toi donc, il va tout répéter à ma famille. Mais qu’est-ce qu’il fait ici ? Pourquoi on ne m’a rien dit ?
Claudia - Moi non plus, je ne m’attendais pas à tomber sur lui. Idy l’a amené ici sans nous prévenir. Celui-là, il va entendre parler du pays, crois-moi !
Tarek - C’est vrai, cousine ? Tu as décidé de retourner chez nous ?
Je vois : tu as un amoureux là-bas, pas vrai ? Tu vas le retrouver cet été…
Samia - ( souriant timidement pour donner le change ) Oh, tu sais, moi, sortie des études…
Tarek - Allez, ne fais pas ta cachottière ! Qui c’est ? Comment il s’appelle ?
Claudia - Ben.
Samia - ( bas, à Claudia ) Tu crains, là ! Qu’est-ce qui te prend ?
Tarek - Ben… comment ? Ben quoi ?
Claudia - Ben tout court. Mais ses parents ne le savent pas, alors elle compte sur toi pour ne rien dire.
Tarek - Ben comme l’ami d’Idy ? Samia ! Ne me dis pas que tu as choisi ce balourd !
Samia - Ce n’est pas un balourd ! Comment tu peux dire ça ? Tu ne le connais même pas ! Et puis je choisis qui je veux !
Tarek - Tu mens à tes parents et tu trouves ça bien ? Que fais-tu de tes devoirs envers eux ? De l’honneur de ta famille ?
Samia - Non mais je rêve ! C’est toi qui me parles d’honneur et de devoir ? C’est honorable, peut-être, de caillasser les flics et de brûler des caisses de pauvres ? Et tu oses me donner des leçons !
Tarek - Ca n’est pas parce que je ne respecte pas les règles truquées de cette société pourrie que je n’en ai pas, cousine. Toi, tu devrais retourner chez toi et implorer le pardon de ton père.
Claudia - ( bas, à Samia ) Désolée, je ne pensais pas qu’il était comme ça.
Samia - C’est beau, les amies ! Fiche le camp avant que je t’étrangle !
Claudia - ( s’éloignant ) Bon, eh bien je vous laisse en famille. ( à Tarek )
Donne-moi la lettre pour mon grand-père, je te promets que je ne la lirai pas.
Tarek - C’est ça ! Dis-lui qu’elle l’attend au wagon postal. Et ne va pas en parler partout ! Si je me sens menacé, je te préviens, je la brûle.
Et ça sera de ta faute.
Claudia sort, furieuse, en maugréant.
Des coulisses, on entend un hululement, mais ce n’est pas celui de la chouette, plutôt celui de joyeux fêtards.
Tarek - C’est une chouette qui a fait la fête, ça. J’ai bien peur de reconnaître ces voix. Décidément, ils adorent se faire remarquer, ces deuxlà.
( à lui-même ) Je serais curieux de voir à quel point ma présence est appréciée. ( à Samia ) Je vais faire un tour, cousine, histoire de me dégourdir les jambes. Je reviendrai tout à l’heure faire connaissance avec tes amis.
Tarek sort.
Idy fait irruption, portant sur son dos Ben, qui, coiffé d’un chapeau de cow-boy, brandit un papier.
Thème musical joué à l’harmonica rappelant l’Amérique.
Thème musical joué à l’harmonica rappelant l’Amérique.
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