Jean Gennaro et Paula Gonçalves - Où es-tu mon pays ? - texte intégral

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Où es-tu mon pays ?

Par Jean Gennaro et Paula Gonçalves

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Table des matières
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Préface

 Par Philippe Raimbault,Président des Mots Migrateurs

La force du métissage

En tant que Président du collectif d’écrivains valdoisien Mots Migrateurs, je suis extrêmement fier et heureux de présenter ici le travail engagé de deux auteurs, cofondateurs, à mes côtés, de notre association :
Paula Gonçalves et Jean Gennaro.
La pièce de théâtre « Où es-tu mon pays ? » dont vous allez découvrir le texte dans cet ouvrage, est bien plus qu’un simple divertissement culturel. Elle est fondée sur la prise de conscience de ses auteurs de l’urgence à communiquer sereinement sur la vérité de l’histoire de l’immigration de populations venues d’Europe et d’ailleurs, et la double appartenance.
En tant que fille et petit-fils d’immigrés, Paula Gonçalves et Jean Gennaro, quadragénaires, ont estimé qu’il était de leur devoir, à l’issue des manifestations de ras-le-bol des populations de banlieue de novembre 2005, d’apporter un outil de réflexion : outil culturel ouvert à toutes les générations, pour redonner du sens, de la fierté, voire de l’espoir aux jeunes ou adultes, descendants directs d’hommes et de femmes, venus courageusement d’un autre pays pour vivre en France.
Cette pièce s’adresse également plus largement à tous les Français que nous sommes, quelle que soit l’ancienneté de notre famille sur le sol « Gaulois », pour nous rappeler la richesse et la force du métissage.
Depuis quelques heures, quelques jours, quelques années, quelques générations, quelques siècles, n’oublions pas que nous sommes tous à un moment de notre Histoire, les immigrés de quelque part …
Un choc émotionnel et institutionnel
Paula Gonçalves et Jean Gennaro ont trouvé l’énergie et la volonté d’écrire une telle oeuvre théâtrale tout d’abord en réaction aux événements de novembre 2005 qui ont meurtri un peu plus les populations, souvent issues de l’immigration, et déjà fragilisées des banlieues.
Souvenons-nous ce que l’on pouvait lire dans la presse à cette époque :
« Depuis plus d’une semaine en France, voitures et écoles se consument, des pneus éclatent, des cocktails Molotov explosent, des jeunes des classes populaires, issus ou non de l’immigration postcoloniale, ne dissimulent plus leur envie d’en découdre avec la République française « une et indivisible. » Ils n’ont jamais été les bienvenus, à moins de laisser derrière eux - après une heure de bus - leur culture, leur religion et leur histoire. Après trois morts, dont deux suspectes, les familles restent dignes, les quartiers populaires sont submergés par l’émotion, la colère, la rage et le deuil, comme ils ont trop souvent l’habitude. Toutes les nuits sont hantées par le bruit, les odeurs, et la lumière jaune. C’est l’émeute : “un soulèvement populaire, généralement spontané et non organisé, pouvant prendre la forme d’un simple rassemblement tumultueux accompagné de cris et de bagarres“, nous dit le dictionnaire. »
La meute, l’émeute et l’impasse, article du journal « Alternatives » du 9 novembre 2005.
Le mal aise, le mal être des banlieues, il faut l’entendre en lisant l’ouvrage anonyme de Kamel - 15 ans - « Couvre-feu » paru aux Editions Le Grand Souffle, dans la collection « Cri urgent » :
« Tu m’inspectes, susssspectes, moi j’veux juste que tu m’respectes, tu me testes ? je conteste, toutes façons, j’ai rien à perdre, retour à la cage départ, jusqu’à quand ? péter la cage, dire ma rage » et en dernière page « j’demandais pas grand chose, juste pas me sentir à l’écart, juste une parole, un regard ».
Nous devons nous poser la question. Est-il normal qu’aujourd’hui, nous craignons tous d’entendre un talkie-walkie ou de voir un gyrophare ?
Force est de constater que la police, qui devrait protéger et rassurer les populations, fait montre, trop souvent, d’une activité et donc d’une image contraire.
Pour trop de personnes, sous des prétextes futiles, un look un peu « décalé », un habillement « négligé », la couleur de peau…, le simple contrôle de police peut vite devenir une interpellation musclée, fouille systématique, « clés de bras douloureuses, insultes et brimades au su et au vu de tous, [ quand cela ne finit pas en ] garde-à-vue où - l’histoire l’a amplement démontré - règne l’impunité policière, et plausibles inculpations judiciaires pour outrages et rébellions. »
Et l’auteur de l’article La meute, l’émeute et l’impasse du journal « Alternatives » du 9 novembre 2005, d’interpeller les autorités sur les vraies raisons du mal être des banlieues :
« Mettez fin à la précarisation croissante des habitants des quartiers populaires. Si les notions de flexibilité, d’adaptation, de mixité sociale, d’intégration républicaine, de discrimination positive, etc. sont les maîtres mots de la classe patronale et de ses alliés à l’Assemblée nationale, elles signifient tout autre chose pour ceux qui ont subi vingt ans de politique néolibérale : ségrégation économique et spatiale, logement insalubre, inégalité des chances à l’école, panne de l’ascenseur social, tyrannie des contrats à durée déterminée sans perspective d’avenir, impossibilité de fonder une famille et de vivre dignement, tête coincée en dessous du seuil de pauvreté, séjours répétés au cachot, etc.
Stoppez la logique sécuritaire de la tolérance zéro, le racisme antiimmigré et la culture du chiffre de la police, qui sont à l’origine de la tension et des provocations dans les banlieues populaires. Respectez les en tant qu’être humain, arrêtez de les insulter en les qualifiant de «sauvageons», de «racailles» à nettoyer au «kärcher». Ce langage infamant, s’il était prononcé par le borgne du Front National, serait dénoncé pour appel au meurtre et au « nettoyage ethnique. » Mais quand il sort de la bouche du ministre de l’Intérieur, l’infamie devient une oeuvre de salubrité publique et devient un racisme respectable relayé par tous les médias bien-pensants. »

Les témoignage des générations issues de l’immigration

Le communiqué de presse rédigé pour présenter la pièce de théâtre « Où es-tu mon pays ? » donne la parole à Paula Gonçalves et Jean Gennaro en ces termes :
« Cette pièce nourrie de témoignages, de parcours de vie réels, et de la propre expérience des auteurs, issus eux-mêmes de l’immigration, a été conçue pour engager une réflexion sur la double appartenance et sur l’histoire de l’immigration, car cet engagement nous est apparu comme une nécessité après les événements de novembre 2005. Nous le faisons avec les mots, nos moyens d’écrivains espérant susciter la réflexion et le débat. »
Deux réflexions me viennent à l’esprit en relisant ces lignes.
Tout d’abord, une formidable générosité et une envie profonde de partager.
Les auteurs décidèrent, tout au long de l’année 2006, d’animer des ateliers d’écriture avec des jeunes issus comme eux de l’immigration, pour débattre sur le thème du retour au pays et de la double appartenance : géographique, culturelle, linguistique, familiale, nationale, etc.
Un premier travail d’écriture sur le résultat de ces réflexions partagées leur servira ensuite à créer la pièce.
Je dois dire que, pour m’être immiscé à plusieurs reprises dans ces débats, combien je fus touché par la sincérité et la qualité des prises de paroles de chacun. Trop heureux de pouvoir discuter de tous ces sujets, souvent encore délicats à aborder aujourd’hui dans les familles, les jeunes, venus des différents quartiers de Cergy-Pontoise, ont pu, grâce à Paula et Jean et en toute confiance, exprimer leur propre point de vue, leurs interrogations, leur fierté, leur joie, mais aussi leurs souffrances ou leurs angoisses. Les jeunes ont même pu participer au scénario de la pièce, travailler avec les auteurs au choix et à la typologie des personnages, voire créer, à leur propre initiative, des moments scéniques tout à fait pertinents, aujourd’hui intégrés au texte final de la pièce.
Enfin, un grand respect de la parole donnée et vivante. Au fur et à mesure des ateliers d’écriture, puis en duo, Paula Gonçalves et Jean Gennaro ont travaillé sur plusieurs mois pour retranscrire, avec leur talent d’écrivains et un grand souci de fidélité, tout ce qu’ils avaient entendu et partagé. La pièce de théâtre « Où es-tu mon pays ? » est un travail pluriel, riche de dizaines d’expériences de vie cumulées, entremêlées.
C’est ce qui fait la force du texte que vous allez pouvoir découvrir au sortir de cette préface.

Le sujet de la pièce « Où est-tu mon pays ? »

Des jeunes, enfants et petits-enfants d’origines diverses (Portugal, Maghreb, Afrique Noire…) veulent partir de France et fuir à l’insu de leur famille. En réalité, ils sont en proie à un mal-être. Français de nationalité, ils sont aussi porteurs d’autres cultures et ils ont du mal à assumer cette double identité culturelle. Ils pensent que « l’ailleurs est meilleur ». Or, ils méconnaissent l’histoire de leurs parents et grandsparents qui leur sera dévoilée par les générations précédentes. Connaître le parcours de leurs parents et grands-parents leur permet de mieux comprendre qui ils sont et leur propre histoire. Leur départ n’a plus de raison d’être. Ils peuvent ainsi mieux accepter leur double appartenance et en être fiers.

Aventure humaine, sociale et associative, bénévolat, joie, amitié et générosité

« Nous avons également la chance d’avoir l’appui de gens très impliqués dans la vie artistique de l’agglomération et d’autres qui travaillent depuis longtemps avec les jeunes. La pièce « Où es-tu mon pays ? » est jouée par des habitants de Cergy-Pontoise (jeunes et adultes), issus également de l’immigration sur une mise en scène de Jean Bonnet, directeur de Théâtre en Stock. » : Paula Gonçalves et Jean Gennaro.
Pour être membre de l’association Les Mots Migrateurs, les auteurs intéressés doivent s’inscrire en étant porteurs d’un projet d’écriture personnel ou collectif, quel qu’il soit. Cette condition préalable à l’entrée dans la communauté des écrivains des Mots Migrateurs - les « Philographes » comme je les ai moi-même surnommés - , est inscrite dans les statuts de notre association.
Ainsi, quel ne fut pas mon enthousiasme lorsque Paula et Jean vinrent me proposer d’ajouter leur projet de pièce de théâtre à la longue liste des projets d’écriture soutenus par notre association ! En plus de notre grande amitié, devant la pertinence de leur sujet de réflexion, qui plus est s’inscrit dans une actualité sociale et politique sur l’immigration, hélas très « répressive » et « dépressive », il me paraissait évident que l’association Les Mots Migrateurs avait non seulement le devoir de les encourager, mais aussi celui de tout faire pour les aider à aller jusqu’au bout de leur projet.
De la rentrée 2006 aux 11 et 12 mai 2007, jours des premières représentations de la pièce « Où es-tu mon pays ? » à la Maison de Quartier des Linandes à Cergy, ce sont plusieurs dizaines de personnes qui se sont investies pour transformer un manuscrit en vérité théâtrale.

Les auteurs

Je ne reviendrai pas ici sur le travail réalisé « en amont » par les auteurs dans le cadre de l’animation d’ateliers d’écriture avec des jeunes issus, comme eux, de l’immigration.
Par contre, il me paraît important de souligner combien Paula Gonçalves et Jean Gennaro ont été attentifs, au fur et à mesure des répétitions, à maintenir un dialogue « de travail » entre acteurs et auteurs.
Ainsi, chaque répétition a été l’occasion de « corrections collectives et concertées » du manuscrit, parfois sur des éléments liés à la forme du langage (un mot à changer, l’ordre des éléments syntaxiques dans une phrase, une expression à ajouter ou à supprimer, etc.), parfois sur des éléments liés à la mise en scène même (optimiser le déplacement des acteurs sur scène, adapter le geste à la parole ou vice-versa…).
Félicitons par ailleurs Paula et Jean de leur parfaite complémentarité d’écrivains ! Ne pensez pas qu’il soit si simple de créer une pièce à « deux plumes », sans naturels et inévitables désaccords ou frictions.
Mais, je pense que nos deux auteurs ont su passer outre, tant ils ont été portés ensemble par l’intérêt supérieur du sujet de leur pièce et par leurs sens de la responsabilité vis-à-vis d’une jeune équipe d’acteurs, mais aussi des spectateurs et donc de vous lecteurs !!

Les acteurs.

Une fois les ateliers d’écriture terminés, les jeunes ont été invités à participer de façon régulière à des ateliers théâtre. Chacun avait ainsi la liberté de s’engager ou non dans la deuxième phase du projet et de devenir acteur de la pièce elle-même.
En endossant le « costume » de jeune acteur, Benoît, Gaëlle, Inès, Isaac, Jérôme, Laetitia, Myriam et Walid, pour la plupart d’entre eux, ont ainsi continué à mieux cerner - pour ne pas dire mieux « interpréter » - la question existentielle de leur double appartenance.
Par ailleurs, en s’engageant à venir aux répétitions, ils ont découvert l’exigence du théâtre, l’assiduité aux répétitions, le travail de mémoire à fournir pour le texte et le travail du jeu d’acteur sous la gouverne d’un metteur en scène.
Très vite, il a été décidé, au cours des séances d’échanges et d’écriture préparatoire, de créer une pièce qui intégrerait des personnages de deuxième et troisième génération, afin de mettre en scène le dialogue, souvent difficile, entre les jeunes et leurs aînés.
C’est pour répondre à cet appel que Jean-Paul, José et Youssef se sont joints à la troupe et ont répété avec la même ferveur et le même enthousiasme que leurs cadets.
Il me faut remercier au passage Jean Bonnet, Directeur de la Compagnie Théâtre en Stock de Cergy et Xavier Delcroix, Directeur de la Compagnie Théâtre Uvol de Saint-Ouen-l’Aumône, qui nous ont
proposé chacun un de leurs élèves comédiens pour venir renforcer l’équipe théâtrale.
La troupe a ainsi répété, dans la bonne humeur et la fraternité, 2 à 3 heures chaque mercredi soir d’octobre 2006 à mai 2007 au Local Commun Résidentiel de la Justice Mauve à Cergy, sous la direction bienveillante du metteur en scène Jean Bonnet. C’est un travail considérable qui n’a pu être mené à terme que grâce à la volonté de chacun de vivre cette aventure humaine et socioculturelle jusqu’au bout, même au prix de certains renoncements sur d’autres plans : familial, loisirs, investissements dans d’autres activités…
Je dois, enfin, au nom de tous, remercier tout particulièrement Paula Gonçalves qui a su « motiver », « encourager » tous les acteurs - jeunes et adultes - à venir à chaque répétition, où elle-même était présente, pour s’assurer que chacun, chacune, était à sa place, à son aise, pour répondre à toutes les questions « de détails » : avis partagés avec le metteur en scène, corrections du texte de la pièce, organisation, voiturage des acteurs, calendrier des répétitions, apport des accessoires, intendance, doublure d’acteur en dernière minute, etc.

« Dans la peau » des personnages

3 générations sont représentées
Première génération :
José Leite
48 ans
Personnage
José Manuel
Myriam
Benelkebir
17 ans
Personnage
Aïcha
Les quadras de la 2eme génération :
Youssef Fadil
43 ans
Personnage
Karim
Jean-Paul
Benvenuto
37 ans
Personnage
Paco
Les enfants de migrants :
Walid Azzam
17 ans
Personnage
Tarek
Isaac Nkaya
28 ans
Personnage
Idy
Inès Fadil
16 ans
Personnage
Samia
Gaëlle Daouily
17 ans
Personnage
Lynda
Benoît Cillard
17 ans
Personnage
Ben
Jérôme
Domingues
19 ans
Personnage
Miguel
Laetitia Luciano
17 ans
Personnage
Claudia

Le metteur en scène

Nous connaissions déjà l’engagement social de la Compagnie Théâtre en Stock de Cergy et c’est à ce titre que Paula Gonçalves et Jean Gennaro demandèrent tout naturellement à Jean Bonnet, son directeur, de bien vouloir assurer les répétitions et la mise en scène de la pièce.
Je dois avouer que chaque fois que j’ai pu rendre visite à la troupe en répétition, j’ai toujours été agréablement surpris par la connivence évidente qui régnait entre acteurs, metteur en scène et auteur(s) présent(s). Il faut dire que Jean Bonnet a de nombreuses années d’animation d’ateliers théâtraux derrière lui et une grande expérience de direction d’acteurs débutants ou confirmés, jeunes ou adultes. Je pense qu’il tient une place toute particulière dans la réussite sociale et culturelle de cette aventure.
Son enthousiasme permanent et son engagement total dans la pièce ont été pour les auteurs d’un grand secours. Enfin, Jean Bonnet, me confiera lui-même, lors d’une interview, combien il prit plaisir à travailler avec une équipe visiblement très motivée et solidaire. Il m’indiqua également de quelle manière la présence à ses côtés, à chaque séance de répétition, de l’auteure Paula Gonçalves - et de Jean Gennaro pour certaines - fut pour lui une expérience unique en son genre et très fructueuse.
Même si vous ne découvrirez pas la mise en scène de la pièce en lisant ce livre, vous devez garder à l’esprit que les répliques sont toutes emplies d’une dimension scénique efficace et vivante apportée par le metteur en scène au fur et à mesure des répétitions des acteurs.

Les musiciens

Paula Gonçalves et Jean Gennaro ont voulu marquer les différentes parties de leur pièce de théâtre « Où es-tu mon pays ? » par l’introduction de trois chansons.
Ces chansons poursuivent plusieurs objectifs ; d’une part, permettre aux spectateurs, à des moments clefs de la pièce, en écoutant un texte sous une autre forme que théâtrale, d’avoir un instant d’évasion tout en approfondissant leur réflexion sur la situation scénique dont ils viennent d’être les témoins, d’autre part, apporter une autre dimension culturelle à la pièce en laissant venir en scène des musiques créées par des artistes eux-mêmes issus de l’immigration.
Outre l’écriture des trois textes de chansons par les auteurs, il fallait trouver des musiciens-chanteurs pour créer les musiques d’accompagnement et les interpréter.
Pour les deux premières chansons de la pièce, « Marchands d’ailleurs » et « Ciel mon pays ! », Jean Gennaro a fait appel au musicien de blues d’origine franco-tunisienne, Azzedeen.
Pour la dernière chanson, « Ces femmes qui sont parties », Paula Gonçalves a souhaité pour sa part confier un travail de création musical à Michel Ahang, musicien spécialiste du rythm’n’blues d’origine camerounaise.
Il faut rappeler ici que Michel participait déjà, dès l’année 2006, aux ateliers d’écriture animés par Paula Gonçalves et Jean Gennaro, et que c’est lui, en tant qu’animateur au service jeunesse de la ville de Vauréal, qui a mis en relation trois jeunes acteurs de Vauréal - Myriam, Gaëlle et Walid - avec les auteurs. Il s’est chargé ensuite de les « suivre » et les « encourager » à participer aux ateliers théâtre. Non content de créer une musique pour la troisième chanson de la pièce de théâtre, Michel s’est même proposé, à cette occasion, d’apprendre le chant aux actrices de la pièce pour interpréter la chanson « Ces femmes qui sont parties » et le résultat fut très probant !

Les autres partenaires

Il me serait difficile de ne pas remercier ici, toutes celles et tous ceux qui ont crû à la force du texte, des messages et de l’aventure socioculturelle, proposée par Paula Gonçalves et Jean Gennaro, et qui ont souhaité aider l’association Mots Migrateurs, devenue à cette occasion « Producteur » d’une pièce de théâtre.
En premier lieu, un accessit aux familles des auteurs, des actrices et acteurs bénévoles, qui ont accepté que leurs enfants, conjoints, parents soient régulièrement absents de la maison, et les ont même encouragés à participer aux répétitions - pourtant nombreuses et intensives - d’octobre 2006 à mai 2007.
Dans un second temps, un clin d’oeil tout particulier à l’artiste cergyssoise Caroline Tafoiry, à laquelle nous devons les illustrations de l’affiche de la pièce, de la couverture de cet ouvrage, mais aussi et surtout le décor grandeur nature du wagon, élément central de la mise en scène.
Par ailleurs, il me faut donner à la ville de Cergy, et à ses différents élus, services et agents, un coup de chapeau pour leur accueil, leur encouragement et leur aide à différents niveaux. Sans pouvoir les nommer tous, remercions spécialement :
- Madame Cécile Tong-Tong, 7e adjointe, chargée de l’intégration, de la coopération et de l’économie solidaire           
- Madame Zohra Harrach, Directrice de la Maison de Quartier des Linandes            
- Madame Nadeige Etaix, Chargée Mission Ville   
Enfin, un tel projet ne pouvait voir le jour qu’avec l’appui de partenaires associatifs, institutionnels ou privés. Sans oublier la ville de Cergy précédemment citée, j’aimerais ici remercier :
- Le service Politique de la Ville de la Préfecture du Val d’Oise, dans le cadre de l’appel à projet communal en faveur de la cohésion sociale et l’égalité des chances 2007
- La DDJS - Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports du Val d’Oise
- La Caisse d’Allocations Familiales du Val d’Oise
- L’entreprise ITA PROD.
- Radio RGB
- Association « Du côté des femmes » : Christine Jama
- Association « Enjoy » : Amandine Ilolo
- Association « Union Culturelle Portugaise de Cergy-Pontoise » : les jeunes des cours de portugais       
Association « Culture foot solidaire » : Jean-Claude M’Bouvim    
   
En conclusion
   
La création de la pièce de théâtre «Où es-tu mon pays ?» s’inscrit au carrefour d’une démarche socioculturelle et citoyenne. Bien plus qu’une nième action en «faveur» des publics issus de l’immigration, ce projet culturel renverse les points de vue habituellement «négatifs» sur le sujet en proposant une réflexion «positive» et «adulte », une prise de conscience sur le sentiment d’appartenance à un pays ou à des pays, sur la richesse que peut apporter la «double appartenance », la «double nationalité» et aussi la «double culture».
Au carrefour des nationalités (celle d’origine familiale et celle d’accueil), au carrefour des générations (parents ou grands parents immigrés en France, leurs enfants ou petits-enfants nés en France), la pièce de théâtre propose un lieu de débat pour le mieux être des jeunes ou des moins jeunes, parfois encore en questionnement, à la recherche de leurs racines et de leur propre identité.
Le débat public qui suivit chaque représentation prenait ainsi toute sa dimension «pédagogique», «sociologique» et «citoyenne», pour une «intégration» en douceur de publics sensibles à ces questions.
Notre plus belle récompense à tous a été les soirées des 11 et 12 mai 2007, premières représentations de la pièce de théâtre « Où es-tu mon pays ? ».
Ce fut le résultat triomphant de plus de 18 mois de travail, mais aussi d’amitié. Un théâtre vivant, solidaire, engagé, intelligent était né.
Nous ne remercierons jamais assez Paula Gonçalves et Jean Gennaro, auteurs militants des Mots Migrateurs, d’avoir cru, de A à Z, à la réussite de cette aventure humaine, littéraire, culturelle et artistique, au carrefour du métissage, de la mixité sociale, de la vérité, de la justice et de la citoyenneté.
Philippe Raimbault
Président des Mots Migrateurs

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