Guy MASAVI - CHRESTOS - texte intégral

In Libro Veritas

CHRESTOS

Par Guy MASAVI

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Table des matières
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Postface

  
 

    
 

       Pour la compréhension de ce roman, j'ai pensé qu'une biographie de Marcion, éclairerait le lecteur tant sur le personnage que sur la difficulté de reconstituer sa vie, pourtant un siècle et demi après la mort supposée de Jésus.
 


 

      Nous ne possédons sur Marcion aucun témoignage direct ou désintéressé;    nous ne le connaissons - et très imparfaitement - que par les attaques de ses    adversaires catholiques qui détruisirent ses livres. On sait à quelle époque se situe son activité mais les dates qui en marquent les étapes sont parfois    imprécises.

Marcion était sans doute d'origine païenne; on peut supposer qu'il est    né vers l'an 100 dans l'Hellespont - à Sinope, port de la mer Noire - d'un père    qui était ou allait devenir évêque " chrétien ", car Marcion était déjà un homme quand son père se convertit à un certain christianisme. Tertullien signale,    en effet, que Marcion avait été stoïcien et il parle de " sa découverte    de Dieu ", ce qui suggère la conversion d'un adulte. Rien n'interdit de fixer    l'activité de Marcion à partir de 120. Tertullien (C.M. 1, 19) déclare que les    marcionites plaçaient un intervalle de 115 ans et demi entre le Christ et Marcion,    mais l'indication est approximative.

Marcion était un riche armateur et il dut faire de nombreux voyages avant    de se rendre à Rome vers l'an 138. Peut-être s'y était-il fait précéder (comme    le dit saint Jérôme) par Marcellina, l'une de ses disciples.
Il était considéré    comme chrétien puisqu'il fut admis dans la communauté chrétienne de Rome; il    y rencontra Cerdon arrivé dans cette ville quelques années avant lui (vers 135).   

Sa rupture avec cette communauté eut lieu vers 144 mais il ne quitta pas    Rome pour autant. Il y était encore établi comme maître. enseignant ses propres    doctrines, pendant l'épiscopat d'Anicet (154-166); Jérôme le qualifie d' "ardens    ingenii et doctissimus ". C'est peut-être à Rome qu'il mourut car nous n'avons    aucune preuve qu'il ait quitté la ville.

 Marcion, après avoir quitté le Pont, enseigna en Asie    mineure; cette hypothèse, nullement improbable s'il s'agit d'une période limitée,  est confirmée indirectement par Polycarpe de Smyrne vers 155 (Ep. aux Philip.)   quand il traite Marcion de " premier-né de Satan " et l'accuse de rejeter le témoignage de la croix, la résurrection, le jugement.

On suppose couramment que Marcion fut chassé de l'Eglise de Rome et qu'il    fonda une Eglise dissidente, c'est-à-dire qu'il fut l'un des premiers hérétiques.    La vérité mériterait sans doute d'être plus nuancée. Qu'il y ait eu rupture,    c'est probable, mais cette rupture a pu avoir lieu dans des conditions différentes    de celles qu'on nous dit. L'orthodoxie catholique n'existait pas encore et il    est impossible d'affirmer que le marcionite était un hérétique. Des groupes    antagonistes existaient à Rome et ailleurs; ils devaient se supporter plus ou    moins pendant que les grands ténors donnaient de la voix de temps en temps.    Cette situation confuse dura au moins trois siècles.

Il n'est pas exclu d'autre part que Marcion, quand il vint à Rome, fut déjà le chef d'un certain nombre de communautés chrétiennes, en particulier    d'Eglises fondées ou affermies par Paul en Asie mineure ou en Grèce. D'autres    communautés avaient pu être créées par son père ou par les apôtres pauliniens   qui le convertirent. Marcion - lui-même grand voyageur - avait pu en constituer  dans certains ports au cours de ses voyages. Il portait vraisemblablement le titre d'évêque et nommait des évêques, des presbytres et des diacres; après sa mort, il y eut une succession d'évêques marcionites. Il mourut peut-être entre 161 et 168; on n'entend plus parler de lui sous le règne de Marc-Aurèle.


Source cercle Ernest Renan-
Georges Ory

 
        Tout ce qui est écrit dans cette oeuvre, sur le plan historique, n'est pas contestable. Mais, comme l'interprétation de la bible diffère selon que l'on soit catholique, protestant ou orthodoxe ou ... j'en oublie sûrement, l'interprétation de l'histoire diffère aussi selon que l'on soit croyant ou pas. C'est bien là le drame de cette réflexion, l'histoire n'est pas de la théologie. Si l'on fait abstraction de ses convictions religieuses tout porte à penser que le récit de la vie de Jésus, dans le nouveau testament, n'est qu'un mythe. Je dis, tout porte à penser, car rien ne peut être affirmé en l'état de nos connaissances historiques, en revanche pour les croyants cette nuance n'est pas admise, l'existence de Jésus ne souffre pas l'ombre d'un doute. Libre à tous croyants adultes et consentants de penser ce qu'ils désirent.
Mais, les enfants ...