Guy MASAVI - CHRESTOS - texte intégral

In Libro Veritas

CHRESTOS

Par Guy MASAVI

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Table des matières
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Apostasie

    Le bureau de l’évêché n’était pas habitué aux éclats de voix, c’était plutôt, de coutume, des messes basses, compte tenu de la fonction d’agent très spécial du Vatican de monseigneur Barrot.

    Mais l’hôte du prélat n’était autre que le député Rouverolle, celui-ci arpentait la pièce en secouant une feuille de papier.

    — Apostasie ! Apostasie ! Comment est-ce possible avec l’éducation, que je lui ai transmise ! Apostasie !

    Il y avait de la rage, il y avait de la violence qui suintait de tous ses pores. Lui, le député du Gard, lui, l’incarnation, du moins sur ses affiches, de la sérénité et de la béatitude sans faille dans le respect des traditions et de la bonne morale. L’apostasie de sa fille le désolait plus que les milliers de chômeurs ou de familles en situation précaire de son département.

    — Ce n’est plus ma fille elle est damnée ! Vous entendez ! Damnée !

    Ah, mais je sais qui lui a mis ces idées dans la tête, c’est son grand-père, cette crapule, ce soudard j’aurai sa peau vous entendez !

    Le prélat attendait, assis sur son bureau, que l’orage passe. Peut-être pensait-il qu’il aurait dû commencer par l’autre mauvaise nouvelle.

    Enfin vint l’instant d’assener le second coup.

    — Je vous ai parlé de cet informaticien Pierre Palombani que nous recherchions pour ses découvertes sur le réseau informatique du Vatican. Il habite Nîmes.

    — Ne vous inquiétez pas, je vais faire en sorte de le calmer, vous savez mon amitié avec le procureur.

    — Le problème c’est qu’il est parti en Italie, pour, je ne sais quel motif, et il est accompagné de votre fille. Nos enquêteurs l’ont suivi, ils se seraient retrouvés dans le train et la suite de la filature semble accréditer la thèse qu’ils se connaissaient déjà très bien. Ils sont actuellement à Castelforte.
    Le pourpre envahit le visage du député, ses mâchoires ne pouvaient se desserrer.

    — La grande complication, c’est la portée des informations qu’ils ont mises à jour ; on envisage en haut lieu une solution radicale avant que tout soit divulgué.

    Rouverolle retint un instant son souffle.

    — Je vous ai bien compris, procédez à ce que vous avez à faire !

    — Mais votre fille ?

    — Ce n’est plus ma fille……..

    Rouverolle prit la porte pour retrouver dans le hall sa secrétaire et maîtresse Farida Mabouba qu’il faisait appeler Farie Marbrier.

    Il s’était plus penché sur la photo que sur le cv pour l’embaucher. Il faut dire qu’elle en jetait la môme, campée sur ses talons que prolongeaient deux jambes magnifiques, découvertes ce qu’il faut : niveau genou. Une fente latérale de son tailleur moulant, laissait présager du reste. Un chemisier blanc éclatait littéralement sur la peau mate de son cou et de son visage aux formes pleines comme ses lèvres. Une tignasse noire et épaisse soigneusement tirée couronnait le tout.

    

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