Le commissaire
Le commissaire Simoneau regardait l’étalage absurde de flics, autour de la chapelle. Il était assis prés de l’entrée de la fameuse crypte que lui avait décrit le vieux Gomez lors de l’interrogatoire. Il remonta son col machinalement tout en se remémorant encore cette putain d’enquête.
Il apprit l'accident de Laurence trois jours après l’annonce de sa disparition par sa mère. L’autopsie ne révélera qu'un cocktail, cannabis, alcool, benzo, sur un corps quasi complètement calciné qui fut subtilisé par la médecine légale avant même qu’il n'ait pu se rendre sur les lieux du drame.
Une ligne droite, un grand fossé, une voiture noire dedans et des mécanos qui s'affairaient dessus pour extraire l'engin. Le commissaire s'empara de son téléphone pour appeler le divisionnaire.
— Bon sang ! Je ne comprends pas, cette fille a disparu sans raison, on retrouve son corps et sa voiture calcinée ! Et l'on ne fait pas d'enquête ?
— Non ! Pas d'enquête, elle était déprimée, comprends-tu ?
— Non, je ne comprends pas !
— Écoute Simoneau, tu m'emmerdes, c'est la fille du député ami personnel du préfet et du procureur, tu piges ? Il raccrocha.
Le commissaire Simoneau interpella l’inspecteur qui l'accompagnait.
Marcel Blanc traînait une silhouette ingrate. Il était un peu lourd de langage et d’allure si j’ose dire. La cigarette au bec éteinte tout au long de la journée et qu’il rallumait parfois quand on lui cassait les pieds et que le lieu le permettait.
Au courant, il le fut vite.
Quelques heures plus tard, Marcel appelait son patron :
— Commissaire, la voiture a explosé sous l’effet d’une bombe incendiaire, trace de poudre, phosphore, enfin vous voyez le topo.
Simoneau se balança un bon quart d’heure sur sa chaise avant d’appeler son supérieur, histoire de tourner sa langue dans sa bouche quelques centaines de fois avant de dire trop de conneries au principal.
Je ne la sens pas cette enquête ! Se disait-il en boucle dans sa tête .
— j’arrête tout là et je ne me regarde plus dans une glace, ou bien……….
Il décrocha le téléphone.
Chapitre suivant : Romance à Castelforte