Qui sont-ils ?
Ont-ils un coeur ?
Ont-ils eu peur ?
Ils étaient là plantés
Abominables spectateurs.
Scrutant la scène hébétés,
Sans aucune pudeur.
Les coups pleuvaient,
Toujours plus forts.
Les poings frappaient,
S'écrasaient sur son corps
Avec une violence inouïe.
Elle gémissait, se débatait ,
Cherchait du regard une fin rapide
Au calvaire qu'elle subissait.
Mais personne n'a bougé.
Bien au contraire.
La foule s'est dispersée.
Sans doute par crainte de s'impliquer d'avantage
Ou tous simplement,
Parce qu'ils se sont rappelés
Qu'une non assistance à personne en danger,
Pourrait leur porter atteintes.
M'ont-ils vu seulement ?
J'en doute.
Bien trop aveuglés
Par ce qui se passait sous leur yeux.
Voir un petit bout de femme
Ce faire massacrer par son mari,
C'est quand même plus passionnant
Que de prêter attention à un gamin qui sanglote.
Seulement voyez vous !
Ce gamin ,
C'était moi...
Et ce visage en sang
Laissé là, sur le trottoir,
C'était ma mère !
Aujourd'hui ,
Peu être avez vous oublié.
Pas moi...
Quand vient la nuit, J'en pleure encore.