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La Daniella, Vol. I.

- Catégorie : Romans / Nouvelles
- Par George Sand
-
- Date de publication sur In Libro Veritas : 23 mars 2007 à 22h50
- Ce que nous allons transcrire sera, pour le lecteur, un roman et un voyage, soit un voyage pendant un roman, soit un roman durant un voyage.
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343 pages
La Daniella, Vol. I.
VII
Samedi 17 mars. Toujours à bord du Castor
Il est onze heures du soir, et je reprends mon journal. Brumières est toujours amoureux, milord toujours silencieux, Benvenuto toujours obséquieux. Mon camarade s'est obstiné à ne pas débarquer à Livourne, où nous nous sommes arrêtés ce matin, après une nuit assez dure, malgré les allures douces et solides du Castor. Il a fait tout aujourd'hui un temps de Paris, gris, humide, et froid par-dessus le marché. Beau ciel d'Italie, où es-tu ? J'ai bien le projet de revoir ces villes que je traverse au pas de course ; mais j'avoue que je n'y peux pas tenir, et qu'ayant la liberté de rester dans les ports, chose fort triste et nauséabonde, du moment que l'on se sent emprisonné dans une forêt de bâtiments qui ne sont pas tous propres à regarder, j'aime mieux payer l'impôt d'arrivée à toutes les polices locales, et voir quelque chose qui remplisse activement ma journée. Cela me fait faire des dépenses extravagantes pour un gueux de peintre ; mais je suis relevé de mon serment, et l'abbé Valreg est résigné à me laisser vivre.
Je n'avais pas fait trois pas dans la ville de Livourne, que vingt voiturins se disputaient l'honneur de me conduire à Pise. J'avais manqué l'heure du petit chemin de fer qui y transporte en peu d'instants, et j'allais me laisser rançonner, lorsque Benvenuto s'est dressé à mes côtés comme une providence, pour faire le marché, sauter sur le siége et me servir de cicerone. Comment avait-il débarqué ? qui l'avait préservé des formalités coûteuses et ennuyeuses que je venais de subir ? Dieu le sait ! Il y a aussi une providence pour les bohémiens.
Nous avons traversé ces grands terrains d'alluvion tout récemment sortis de la mer.
Il est onze heures du soir, et je reprends mon journal. Brumières est toujours amoureux, milord toujours silencieux, Benvenuto toujours obséquieux. Mon camarade s'est obstiné à ne pas débarquer à Livourne, où nous nous sommes arrêtés ce matin, après une nuit assez dure, malgré les allures douces et solides du Castor. Il a fait tout aujourd'hui un temps de Paris, gris, humide, et froid par-dessus le marché. Beau ciel d'Italie, où es-tu ? J'ai bien le projet de revoir ces villes que je traverse au pas de course ; mais j'avoue que je n'y peux pas tenir, et qu'ayant la liberté de rester dans les ports, chose fort triste et nauséabonde, du moment que l'on se sent emprisonné dans une forêt de bâtiments qui ne sont pas tous propres à regarder, j'aime mieux payer l'impôt d'arrivée à toutes les polices locales, et voir quelque chose qui remplisse activement ma journée. Cela me fait faire des dépenses extravagantes pour un gueux de peintre ; mais je suis relevé de mon serment, et l'abbé Valreg est résigné à me laisser vivre.
Je n'avais pas fait trois pas dans la ville de Livourne, que vingt voiturins se disputaient l'honneur de me conduire à Pise. J'avais manqué l'heure du petit chemin de fer qui y transporte en peu d'instants, et j'allais me laisser rançonner, lorsque Benvenuto s'est dressé à mes côtés comme une providence, pour faire le marché, sauter sur le siége et me servir de cicerone. Comment avait-il débarqué ? qui l'avait préservé des formalités coûteuses et ennuyeuses que je venais de subir ? Dieu le sait ! Il y a aussi une providence pour les bohémiens.
Nous avons traversé ces grands terrains d'alluvion tout récemment sortis de la mer.
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