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La Daniella, Vol. I.

- Catégorie : Romans / Nouvelles
- Par George Sand
-
- Date de publication sur In Libro Veritas : 23 mars 2007 à 22h50
- Ce que nous allons transcrire sera, pour le lecteur, un roman et un voyage, soit un voyage pendant un roman, soit un roman durant un voyage.
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343 pages
La Daniella, Vol. I.
XXIV
9 avril.
On sonnait à casser la cloche. La jeune fille se sauva par où elle était venue en me criant :
-A dimanche soir !
Et j'allai ouvrir à lord B***, qui venait effectivement me chercher. Je me laissai emmener.
-Tout va au plus mal depuis que vous n'êtes plus chez nous, me dit-il quand nous fumes sur la route de Rome. Lady Harriet me trouvait moins maussade quand vous étiez là pour me foire valoir, en m'aidant à développer mes idées. J'ai eu le malheur de recourir au moyen extrême contre l'ennui et la tristesse : je me suis enivré tous les soirs, seul dans ma chambre. Cela m'arrive rarement ; mais il y a des temps si sombres dans ma vie, qu'il faut bien que cela arrive. Ma femme n'en sait rien ; mais, comme je suis plus calme et plus abattu aux heures où elle me voit, elle s'impatiente davantage. J'y gagne seulement d'être plus indifférent à ses impatiences.
-Et votre nièce ? n'est elle pas un peu meilleure pour vous que par le passé ? Il m'avait semblé, le jour de notre promenade à Tivoli, qu'elle y était disposée ?
-Vous vous serez trompé. Ma nièce, c'est-à-dire la nièce de ma femme, est d'une humeur massacrante depuis votre départ. C'est à croire, Dieu me damne ! qu'elle était amoureuse de vous... et, s'il faut vous dire tout...
Je me hâtai d'interrompre lord B***. Il a des moments de trop grande expansion, comme doit les avoir un coeur trop souvent refoulé, et je ne veux pas savoir par lui ce que je sais par moi-même.
-Si une pareille maladie avait pu s'emparer du cerveau de miss Medora, lui dis-je, il est à croire que cela n'aurait pas survécu à mon départ.
-C'est ce que je me suis dit.
On sonnait à casser la cloche. La jeune fille se sauva par où elle était venue en me criant :
-A dimanche soir !
Et j'allai ouvrir à lord B***, qui venait effectivement me chercher. Je me laissai emmener.
-Tout va au plus mal depuis que vous n'êtes plus chez nous, me dit-il quand nous fumes sur la route de Rome. Lady Harriet me trouvait moins maussade quand vous étiez là pour me foire valoir, en m'aidant à développer mes idées. J'ai eu le malheur de recourir au moyen extrême contre l'ennui et la tristesse : je me suis enivré tous les soirs, seul dans ma chambre. Cela m'arrive rarement ; mais il y a des temps si sombres dans ma vie, qu'il faut bien que cela arrive. Ma femme n'en sait rien ; mais, comme je suis plus calme et plus abattu aux heures où elle me voit, elle s'impatiente davantage. J'y gagne seulement d'être plus indifférent à ses impatiences.
-Et votre nièce ? n'est elle pas un peu meilleure pour vous que par le passé ? Il m'avait semblé, le jour de notre promenade à Tivoli, qu'elle y était disposée ?
-Vous vous serez trompé. Ma nièce, c'est-à-dire la nièce de ma femme, est d'une humeur massacrante depuis votre départ. C'est à croire, Dieu me damne ! qu'elle était amoureuse de vous... et, s'il faut vous dire tout...
Je me hâtai d'interrompre lord B***. Il a des moments de trop grande expansion, comme doit les avoir un coeur trop souvent refoulé, et je ne veux pas savoir par lui ce que je sais par moi-même.
-Si une pareille maladie avait pu s'emparer du cerveau de miss Medora, lui dis-je, il est à croire que cela n'aurait pas survécu à mon départ.
-C'est ce que je me suis dit.
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