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La Daniella, Vol. I.

- Catégorie : Romans / Nouvelles
- Par George Sand
-
- Date de publication sur In Libro Veritas : 23 mars 2007 à 22h50
- Ce que nous allons transcrire sera, pour le lecteur, un roman et un voyage, soit un voyage pendant un roman, soit un roman durant un voyage.
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343 pages
La Daniella, Vol. I.
XIX
3 avril.
Ce matin, vers six heures, je fus éveillé par une voix douce et pleine qui, du dehors, appelait Rosa : c'est le nom de la vieille femme, tante et servante de la Mariuccia. Cette manière d'appeler résumait tout le chant de la langue italienne. Tandis que nous autres, quand nous voulons nous faire entendre au loin, nous escamotons la première syllabe et prolongeons le son sur la dernière, on fait ici tout l'opposé ; et le nom de Rosa, crié, ou plutôt chanté en octave descendante, avait une euphonie très-agréable. En me frottant les yeux pour m'éveiller tout à fait, je reconnus que c'était la voix de la stiratrice. Je me levai pour regarder à travers ma persienne : je la vis dans la rue apportant un très-joli brasero de forme ancienne et d'un poli étincelant. Au bout de quelques instants, la Mariuccia mit la tête à sa fenêtre et tira successivement deux cordes. La grille du jardin s'ouvrit, puis la porte d'entrée de la maison, pour donner passage à la Daniella.
Une demi-heure après, la Mariuccia entrait chez moi avec ce brasero tout allumé.
-J'espère que vous n'aurez plus froid, me dit-elle. Le brasier d'en bas est trop grand pour votre chambre ; il vous aurait donné mal à la tête, et ma nièce m'a empêché hier au soir de vous le monter ; mais elle en avait un plus petit, que voilà.
-Elle s'en prive pour moi ? C'est ce que je ne veux pas.
Et j'appelai la Daniella, qui chantait dans le grenier voisin.
-Vous êtes beaucoup trop bonne pour moi, lui dis-je, pour moi qui ne suis plus malade, et qui n'ai été dans votre vie qu'un incident fâcheux et désagréable.
Ce matin, vers six heures, je fus éveillé par une voix douce et pleine qui, du dehors, appelait Rosa : c'est le nom de la vieille femme, tante et servante de la Mariuccia. Cette manière d'appeler résumait tout le chant de la langue italienne. Tandis que nous autres, quand nous voulons nous faire entendre au loin, nous escamotons la première syllabe et prolongeons le son sur la dernière, on fait ici tout l'opposé ; et le nom de Rosa, crié, ou plutôt chanté en octave descendante, avait une euphonie très-agréable. En me frottant les yeux pour m'éveiller tout à fait, je reconnus que c'était la voix de la stiratrice. Je me levai pour regarder à travers ma persienne : je la vis dans la rue apportant un très-joli brasero de forme ancienne et d'un poli étincelant. Au bout de quelques instants, la Mariuccia mit la tête à sa fenêtre et tira successivement deux cordes. La grille du jardin s'ouvrit, puis la porte d'entrée de la maison, pour donner passage à la Daniella.
Une demi-heure après, la Mariuccia entrait chez moi avec ce brasero tout allumé.
-J'espère que vous n'aurez plus froid, me dit-elle. Le brasier d'en bas est trop grand pour votre chambre ; il vous aurait donné mal à la tête, et ma nièce m'a empêché hier au soir de vous le monter ; mais elle en avait un plus petit, que voilà.
-Elle s'en prive pour moi ? C'est ce que je ne veux pas.
Et j'appelai la Daniella, qui chantait dans le grenier voisin.
-Vous êtes beaucoup trop bonne pour moi, lui dis-je, pour moi qui ne suis plus malade, et qui n'ai été dans votre vie qu'un incident fâcheux et désagréable.
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