GaB - La la la la... - texte intégral

In Libro Veritas

La la la la...

Par GaB

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Libre comme Femme au soleil

Un parking souterrain. Contre le mur du fond, entre les deux lignes de néons phosphoréscents, une femme danse. Elle est outrageusement belle, le dos collé au mur. Elle balance de gauche à droite offrant à un public à l'italienne imaginaire une vue optimale. Elle est lascive et semble vouloir se décomposer. Elle compose. Elle danse lentement une sorte d’onde veinéneuse. Elle embrasse l’air comme si elle s’embrassait. Elle se frotte aux parois.

Une voiture noire, allemande apparaît à l’autre bout de l'immense allée. Elle avance lentement vers la femme. Ses roues tournent fièrement mais les jantes en aluminium brillant ne bougent pas.
Elle allume ses feux.
La femme ferme les yeux.
Les néons s’éteignent.
La femme ne bouge plus et laisse la voiture approcher. Lentement.
Elle ouvre les yeux.
Les néons se rallument, la voiture éteint ses feux.

La femme ne bouge presque plus. Elle cambre très lentement son corps, basculant sa tête en arrière et pliant ses genous en avant. Elle touche le sol avec sa tête. La voiture continue d’avancer.

La femme est nue.
La femme ne bouge plus. Du tout. Elle préfère regarder. C'est à la voiture de danser. Une longue traversée. Lente et langoureuse. La voiture approche de la femme a vitesse constante. Lorsque son pare-choc touche les genoux de la femme, elle s'arette brusquement et braque ses roues lentement vers la gauche. A fond. Ses feux de recul s'allument. Ils éteignent les néons et projettent une clarté diffuse dans l'obscurité à l'arrière. On ne voit plus la femme mais sa présence rassure. Cette berline ne peut pas être peuplée de tueurs indécis et chauves. Grâce à celle. Qui de son mur rassure.

La voiture rassurée recule d'un mètre et demi. Pile. Elle braque maintenant ses roues vers la droite. Lentement. Ses feux de recul s'éteignent et les néons se rallument. On voit la femme.

Elle n'a pas bougé.

Elle est nue.

La berline avance lentement et se range entre deux traits blancs. Elle s'immobilise à quelques centimètres du mur de coté, si bien que son cul n'éffleure qu'à peine le genou gauche de la femme nue. La femme se dresse. Sur les rotules.

Pendant qu'elle marche vers la sortie, innexorablement, son pantalon précédé d'une culotte aux dentelles arachnéennes se pose sur sa peau. Elle est à moitié nue.

Elle sort. Sans but.

Un acensceur s'ouvre devant elle. Elle y entre et hésité sur l'étage à choisir. Elle habite au cinquième. Ca fait deux étages en dessous du septième ciel. Elle appui sur le bouton du septième étage. L'ascensceur déscend. C'est un déscendeur. Elle, un décideuse. Elle ne se laisse pas porter, elle creuse sa tombe. Avec les pieds. Elle pense à la voiture. A son père qui dans ses rêves avait la même. Elle l'embrasse du regard, portée vers l'eau du bas.

Elle Sort.

Le soleil brille.

Elle se réchauffe.

Chapitre suivant : Un moleskine pour pas pieds