XV
Nous laisserons momentanément Camuflet et Ducanif nez à nez dans l'appartement du baron de Walhofer pour monter à l'étage au-dessus où nous avons vu Héloïse faire rentrer le baron, qui en était sorti mécontent de n'avoir pas rencontré le jeune Gustave Cabillaud au rendez-vous que celui-ci lui avait donné chez Ducanif en l'absence de ce dernier.
-Je vous répète que je n'attendrai pas plus de vingt minutes, avait annoncé le baron quand il eut suivi la cuisinière dans le salon où il avait déjà fait une première pause inutile.
-Gustave ne peut tarder d'arriver, si, comme vous l'affirmez, il est dans la maison... ce que je ne crois pas, du reste, dit la cuisinière.
-Je suis certain de l'avoir vu, de ma fenêtre, se glisser dans la maison, derrière Ducanif qui s'en allait.
Cette affirmation devait avoir quelque chose qui contrariait Héloïse, car elle riposta d'un ton impatient :
-Bon ! bon ! ne recommençons pas à nous chicaner sur ce point. Le docteur nous mettra d'accord sur ce qui en est lorsqu'il sera venu.
Elle achevait quand un coup de sonnette discret se fit entendre.
-Tenez, le voici ! dit-elle en se levant pour aller ouvrir.
-Au lieu du docteur, si c'était Ducanif ? avança le baron en la retenant.
Elle se dégagea en disant d'une voix gaie :
-Mazette ! vous avez la tête dure, vous ! Voilà dix fois que je vous répète que notre imbécile, suivant son habitude, ne reparaîtra pas avant cinq heures. Et il n'en est pas encore deux.
-Oui, mais si, par impossible, c'était Ducanif !
-Vous le saurez par quelques mots dont je saluerai à haute voix l'arrivée du crétin.
-Je vous répète que je n'attendrai pas plus de vingt minutes, avait annoncé le baron quand il eut suivi la cuisinière dans le salon où il avait déjà fait une première pause inutile.
-Gustave ne peut tarder d'arriver, si, comme vous l'affirmez, il est dans la maison... ce que je ne crois pas, du reste, dit la cuisinière.
-Je suis certain de l'avoir vu, de ma fenêtre, se glisser dans la maison, derrière Ducanif qui s'en allait.
Cette affirmation devait avoir quelque chose qui contrariait Héloïse, car elle riposta d'un ton impatient :
-Bon ! bon ! ne recommençons pas à nous chicaner sur ce point. Le docteur nous mettra d'accord sur ce qui en est lorsqu'il sera venu.
Elle achevait quand un coup de sonnette discret se fit entendre.
-Tenez, le voici ! dit-elle en se levant pour aller ouvrir.
-Au lieu du docteur, si c'était Ducanif ? avança le baron en la retenant.
Elle se dégagea en disant d'une voix gaie :
-Mazette ! vous avez la tête dure, vous ! Voilà dix fois que je vous répète que notre imbécile, suivant son habitude, ne reparaîtra pas avant cinq heures. Et il n'en est pas encore deux.
-Oui, mais si, par impossible, c'était Ducanif !
-Vous le saurez par quelques mots dont je saluerai à haute voix l'arrivée du crétin.
Alors vous filerez par le couloir et, sitôt que je l'aurai amené ici, vous décamperez par la porte du carré que j'aurai laissée entr'ouverte.
-Convenu ! fit M. de Walhofer en la laissant partir.
Héloïse courut à la porte et ouvrit.
C'était en effet Gustave Cabillaud.
-As-tu trouvé le papier ? demanda vivement la cuisinière à voix très basse.
-Je l'ai dans ma poche, souffla Gustave.
Puis en montrant le salon :
-Est-il toujours là ?
-Oui... et j'ai eu assez de peine à l'empêcher de redescendre chez lui... Il a deviné sans peine que tu te trouvais dans l'appartement quand il est arrivé et que tu avais filé pendant que je le gardais ici.
Sur ces paroles rapidement échangées, le docteur écarta Héloïse qui barrait le passage et s'élança vers le salon.
-Vite ! vite ! fit-il au baron, redescendez chez vous. Ducanif monte l'escalier derrière moi. Je l'ai entendu dire au concierge qu'il allait vous rendre visite.
-Ducanif rentrant à cette heure, c'est impossible ! s'écria Héloïse.
Mais, parut-il, le temps ne permettait pas les explications et il y avait danger à ce que Ducanif, en rentrant chez lui, y trouvât le baron, car Gustave poussa Walhofer par le coude en répétant avec insistance :
-Vite ! vite !
Et, pour refermer la porte derrière lui, il suivit le baron qui, comprenant sans doute, sans en demander plus, la nécessité d'une prompte retraite, partait à pas précipités.
Quand Gustave eut refermé doucement la porte de l'appartement sur les talons du fugitif, il fut rejoint par la cuisinière qui riait.
-Convenu ! fit M. de Walhofer en la laissant partir.
Héloïse courut à la porte et ouvrit.
C'était en effet Gustave Cabillaud.
-As-tu trouvé le papier ? demanda vivement la cuisinière à voix très basse.
-Je l'ai dans ma poche, souffla Gustave.
Puis en montrant le salon :
-Est-il toujours là ?
-Oui... et j'ai eu assez de peine à l'empêcher de redescendre chez lui... Il a deviné sans peine que tu te trouvais dans l'appartement quand il est arrivé et que tu avais filé pendant que je le gardais ici.
Sur ces paroles rapidement échangées, le docteur écarta Héloïse qui barrait le passage et s'élança vers le salon.
-Vite ! vite ! fit-il au baron, redescendez chez vous. Ducanif monte l'escalier derrière moi. Je l'ai entendu dire au concierge qu'il allait vous rendre visite.
-Ducanif rentrant à cette heure, c'est impossible ! s'écria Héloïse.
Mais, parut-il, le temps ne permettait pas les explications et il y avait danger à ce que Ducanif, en rentrant chez lui, y trouvât le baron, car Gustave poussa Walhofer par le coude en répétant avec insistance :
-Vite ! vite !
Et, pour refermer la porte derrière lui, il suivit le baron qui, comprenant sans doute, sans en demander plus, la nécessité d'une prompte retraite, partait à pas précipités.
Quand Gustave eut refermé doucement la porte de l'appartement sur les talons du fugitif, il fut rejoint par la cuisinière qui riait.
-Pourquoi lui as-tu conté cette blague du retour de Ducanif ? demanda-t-elle.
-C'est la vérité. Ducanif, en ce moment, monte l'escalier et va entrer chez le baron... Je ne sais ce qui lui est arrivé, mais le fait est qu'il revient et que, ce soir, il l'a annoncé au concierge Pitois, il aura du monde à dîner.
Et, sans laisser la cuisinière parler, il appliqua son oreille à la porte qu'il venait d'entre-bâiller avec précaution et souffla :
-Chut ! chut !
-Qu'écoutes-tu ainsi ? demanda Héloïse après quelques secondes de silence.
-Le vacarme que va faire le baron.
-Quel vacarme ?
-En rentrant chez lui pour y attendre Ducanif.
-Est-ce que tu as laissé des traces qui l'avertiront tout de suite de ton exploit ?
-Avant de connaître le vol, il trouvera le voleur, dit Gustave en souriant.
Héloïse ouvrit des yeux étonnés.
-Oui, reprit le docteur avant qu'elle eût questionné, j'ai enfermé chez le baron je ne sais quel individu qui, pendant un quart d'heure, s'est tenu sur le carré, devant la porte, m'empêchant de sortir sans être vu.
-Alors cet homme pourra te reconnaître et te dénoncer au baron ?
-Non ; à l'aide d'un tapis de table, je l'avais mis dans l'impossibilité d'y voir.
Remettant à plus tard les explications détaillées, Gustave Cabillaud
répéta :
-Chut ! Chut !
On entendait le pas du baron résonner sur les marches de l'escalier.
-Au lieu d'entrer chez lui, Walhofer a continué de descendre, annonça-t-il.
-C'est la vérité. Ducanif, en ce moment, monte l'escalier et va entrer chez le baron... Je ne sais ce qui lui est arrivé, mais le fait est qu'il revient et que, ce soir, il l'a annoncé au concierge Pitois, il aura du monde à dîner.
Et, sans laisser la cuisinière parler, il appliqua son oreille à la porte qu'il venait d'entre-bâiller avec précaution et souffla :
-Chut ! chut !
-Qu'écoutes-tu ainsi ? demanda Héloïse après quelques secondes de silence.
-Le vacarme que va faire le baron.
-Quel vacarme ?
-En rentrant chez lui pour y attendre Ducanif.
-Est-ce que tu as laissé des traces qui l'avertiront tout de suite de ton exploit ?
-Avant de connaître le vol, il trouvera le voleur, dit Gustave en souriant.
Héloïse ouvrit des yeux étonnés.
-Oui, reprit le docteur avant qu'elle eût questionné, j'ai enfermé chez le baron je ne sais quel individu qui, pendant un quart d'heure, s'est tenu sur le carré, devant la porte, m'empêchant de sortir sans être vu.
-Alors cet homme pourra te reconnaître et te dénoncer au baron ?
-Non ; à l'aide d'un tapis de table, je l'avais mis dans l'impossibilité d'y voir.
Remettant à plus tard les explications détaillées, Gustave Cabillaud
répéta :
-Chut ! Chut !
On entendait le pas du baron résonner sur les marches de l'escalier.
-Au lieu d'entrer chez lui, Walhofer a continué de descendre, annonça-t-il.
-Il aura feint de sortir de chez lui pour se croiser sur l'escalier avec Ducanif. Il va remonter à son logis en ramenant mon bourgeois, supposa Héloïse.
Ils écoutèrent encore.
-C'est drôle ! Le baron aurait dû déjà rencontrer Ducanif, dit le docteur qui, si promptement qu'il eût agi, ne s'était pas assez rendu compte du temps écoulé pour comprendre que Ducanif pouvait être arrivé chez M. de Walhofer.
Héloïse ne voulait pas démordre de son idée que Ducanif, réglé en ses habitudes mieux qu'un papier de musique, pût être revenu à la maison avant cinq heures.
-Tu te seras trompé en croyant reconnaître la voix de notre crétin, avança-t-elle.
-Non, fit le docteur certain de son fait. Je l'ai parfaitement entendu chargeant Pitois de te guetter au passage pour t'envoyer le rejoindre chez le baron où il allait entrer, afin de t'y donner ses ordres pour le dîner de ce soir.
-Mais il ne m'avait pas annoncé de dîner pour ce soir !
-Alors, c'est un dîner impromptu... C'est, probablement à cause de lui que Ducanif est revenu plus tôt que d'habitude, expliqua Gustave.
Ensuite, après encore avoir écouté, il reprit tout surpris :
-Que peut bien être devenu Ducanif ? Voici le baron qui, ne l'ayant pas rencontré, remonte seul.
Étant enfin convaincue que son amant ne s'était pas trompé à propos de son bourgeois, la cuisinière avança cette supposition :
-Ducanif sera sans doute redescendu pour aller commander les gâteaux du dessert chez le pâtissier voisin...
Ils écoutèrent encore.
-C'est drôle ! Le baron aurait dû déjà rencontrer Ducanif, dit le docteur qui, si promptement qu'il eût agi, ne s'était pas assez rendu compte du temps écoulé pour comprendre que Ducanif pouvait être arrivé chez M. de Walhofer.
Héloïse ne voulait pas démordre de son idée que Ducanif, réglé en ses habitudes mieux qu'un papier de musique, pût être revenu à la maison avant cinq heures.
-Tu te seras trompé en croyant reconnaître la voix de notre crétin, avança-t-elle.
-Non, fit le docteur certain de son fait. Je l'ai parfaitement entendu chargeant Pitois de te guetter au passage pour t'envoyer le rejoindre chez le baron où il allait entrer, afin de t'y donner ses ordres pour le dîner de ce soir.
-Mais il ne m'avait pas annoncé de dîner pour ce soir !
-Alors, c'est un dîner impromptu... C'est, probablement à cause de lui que Ducanif est revenu plus tôt que d'habitude, expliqua Gustave.
Ensuite, après encore avoir écouté, il reprit tout surpris :
-Que peut bien être devenu Ducanif ? Voici le baron qui, ne l'ayant pas rencontré, remonte seul.
Étant enfin convaincue que son amant ne s'était pas trompé à propos de son bourgeois, la cuisinière avança cette supposition :
-Ducanif sera sans doute redescendu pour aller commander les gâteaux du dessert chez le pâtissier voisin...
Affaire de cinq minutes... Il va remonter derrière les talons du Walhofer.
-Et le trouvera en train de se colleter avec le prétendu voleur qu'il aura surpris au nid, ajouta Gustave en riant :
-Crois-tu que ton homme l'aura attendu ?
-Je l'ai enfermé à double tour... Quand le baron se sera aperçu du tour que je lui ai joué, il mettra infailliblement la chose sur le dos de l'autre.
Et vivement :
-Chut ! chut ! reprit Gustave ; voici le baron remonté devant sa porte, qui met la main sur la clé... Écoutons la scène.
Mais Héloïse, prise de curiosité, demanda :
-Alors, tu as la lettre ?
-Oui.
-Montre-la-moi !
-Oh ! l'impatiente ! fit moqueusement le docteur qui, tout en tendant l'oreille à l'ouverture de la porte, plongea deux doigts dans une des poches de son gilet.
Soudain, il se releva, l'oeil surpris, le visage inquiet.
Chacune de ses mains, alors, fouilla fébrilement l'une et l'autre poche du gilet, et ce fut quand il eut constaté l'inutilité de ses recherches que, pâle et frémissant de colère, il murmura entre ses dents :
-Tonnerre du ciel ! je l'ai perdue !
A cet instant monta le bruit du claquement de la porte refermée par le baron de Walhofer en rentrant chez lui.
Alors Gustave et Héloïse se regardèrent l'un et l'autre, livides, tremblants, atterrés.
-Entre les mains du baron, cet écrit était déjà des plus dangereux pour nous... commença Gustave.
-Et le trouvera en train de se colleter avec le prétendu voleur qu'il aura surpris au nid, ajouta Gustave en riant :
-Crois-tu que ton homme l'aura attendu ?
-Je l'ai enfermé à double tour... Quand le baron se sera aperçu du tour que je lui ai joué, il mettra infailliblement la chose sur le dos de l'autre.
Et vivement :
-Chut ! chut ! reprit Gustave ; voici le baron remonté devant sa porte, qui met la main sur la clé... Écoutons la scène.
Mais Héloïse, prise de curiosité, demanda :
-Alors, tu as la lettre ?
-Oui.
-Montre-la-moi !
-Oh ! l'impatiente ! fit moqueusement le docteur qui, tout en tendant l'oreille à l'ouverture de la porte, plongea deux doigts dans une des poches de son gilet.
Soudain, il se releva, l'oeil surpris, le visage inquiet.
Chacune de ses mains, alors, fouilla fébrilement l'une et l'autre poche du gilet, et ce fut quand il eut constaté l'inutilité de ses recherches que, pâle et frémissant de colère, il murmura entre ses dents :
-Tonnerre du ciel ! je l'ai perdue !
A cet instant monta le bruit du claquement de la porte refermée par le baron de Walhofer en rentrant chez lui.
Alors Gustave et Héloïse se regardèrent l'un et l'autre, livides, tremblants, atterrés.
-Entre les mains du baron, cet écrit était déjà des plus dangereux pour nous... commença Gustave.
-Et du moment qu'il est tombé en celles d'un autre, nous sommes tout à fait perdus ! acheva Héloïse.
Alors, d'une voix lente et sinistre :
-Cet homme, que tu as enfermé, es-tu sûr de pouvoir le reconnaître ? demanda-t-elle.
-Très sûr, fit Gustave.
-Et lui, dis-tu, n'a pas vu ton visage ?
-Il n'en a pas eu le temps.
-Eh bien ! comme il se peut que cet homme ait trouvé le papier, il faudra le tuer s'il nous est prouvé qu'il n'en ait pas parlé ou ne l'ait pas rendu au baron.
Au lieu de s'engager par une réponse, le docteur s'élança sur le carré en disant :
-Peut-être l'ai-je perdu en montant ce dernier étage.
-Rien ! souffla-t-il avec terreur quand il fut arrivé sur le carré de M. de Walhofer.
XVI
Drelin ! din ! din ! faisait la sonnette d'une porte derrière laquelle se tenaient immobiles et souriants un jeune homme et une ravissante femme blonde d'une vingtaine d'années.
Drelin ! din ! recommença la sonnette.
Pendant ce carillon, la gentille blonde se pencha à l'oreille du jeune homme et lui souffla :
-Gontran, ce n'est pas ton oncle, M. Fraimoulu, qui sonne ?
-A quoi le reconnais-tu, mignonne ?
-Quand ton oncle a monté nos cinq étages, sa respiration exécute un bruit de trompette qui le trahit.
-Pour plus de sûreté, faisons usage de notre judas, proposa Gontran qui jugeait que deux certitudes valent mieux qu'une.
Alors, d'une voix lente et sinistre :
-Cet homme, que tu as enfermé, es-tu sûr de pouvoir le reconnaître ? demanda-t-elle.
-Très sûr, fit Gustave.
-Et lui, dis-tu, n'a pas vu ton visage ?
-Il n'en a pas eu le temps.
-Eh bien ! comme il se peut que cet homme ait trouvé le papier, il faudra le tuer s'il nous est prouvé qu'il n'en ait pas parlé ou ne l'ait pas rendu au baron.
Au lieu de s'engager par une réponse, le docteur s'élança sur le carré en disant :
-Peut-être l'ai-je perdu en montant ce dernier étage.
-Rien ! souffla-t-il avec terreur quand il fut arrivé sur le carré de M. de Walhofer.
XVI
Drelin ! din ! din ! faisait la sonnette d'une porte derrière laquelle se tenaient immobiles et souriants un jeune homme et une ravissante femme blonde d'une vingtaine d'années.
Drelin ! din ! recommença la sonnette.
Pendant ce carillon, la gentille blonde se pencha à l'oreille du jeune homme et lui souffla :
-Gontran, ce n'est pas ton oncle, M. Fraimoulu, qui sonne ?
-A quoi le reconnais-tu, mignonne ?
-Quand ton oncle a monté nos cinq étages, sa respiration exécute un bruit de trompette qui le trahit.
-Pour plus de sûreté, faisons usage de notre judas, proposa Gontran qui jugeait que deux certitudes valent mieux qu'une.
Ce disant, il avait retiré une cheville plantée dans un trou qui, allant toujours se rétrécissant, permettait au regard, par un orifice à peu près imperceptible sur le carré, de voir qui sonnait.
-Non, ce n'est pas mon oncle. Celui-ci n'a pas la tournure ni la chevelure grisonnante de mon cher parent, déclara Gontran au bout d'un court examen.
-Alors, qui est-ce ? demanda la jeune femme après un soupir de satisfaction qui prouva combien elle avait redouté que ce fût Fraimoulu.
-Là-dessus, je ne saurais te renseigner, ma chérie, car notre particulier ne montre que son dos... Il faut attendre qu'il me tourne son visage.
Et tout aussitôt :
-Ah ! voici sa figure ! annonça Gontran.
-Eh bien ? demanda la blonde.
-Non seulement je ne connais pas ce visiteur-là, mais il ne me souvient pas avoir jamais vu sa tête.
Et Gontran quitta son trou en disant :
-Je crois que nous pouvons nous risquer à ouvrir.
La blonde l'arrêta vivement.
-Non, non, dit-elle avec frayeur. Si cet inconnu était un espion envoyé par ton oncle ?
-Oh ! oh ! fit en riant Gontran, sais-tu ma bonne Henriette, que tu fais un ogre de mon oncle qui, pour moi, n'a qu'un tort à ton égard... celui de ne pas te connaître, car il t'aimerait ?
-Un vilain homme qui veut nous séparer ! prononça la blonde avec des larmes dans les yeux.
-Nous séparer ! Tu, tu, tu ! Est-ce que je ne suis pas là pour m'y opposer, ma bellotte ? dit gentiment le jeune homme en étanchant les larmes sous un baiser.
Pendant ce dialogue à voix basse, le sonneur, de l'autre côté, s'était impatienté.
-Non, ce n'est pas mon oncle. Celui-ci n'a pas la tournure ni la chevelure grisonnante de mon cher parent, déclara Gontran au bout d'un court examen.
-Alors, qui est-ce ? demanda la jeune femme après un soupir de satisfaction qui prouva combien elle avait redouté que ce fût Fraimoulu.
-Là-dessus, je ne saurais te renseigner, ma chérie, car notre particulier ne montre que son dos... Il faut attendre qu'il me tourne son visage.
Et tout aussitôt :
-Ah ! voici sa figure ! annonça Gontran.
-Eh bien ? demanda la blonde.
-Non seulement je ne connais pas ce visiteur-là, mais il ne me souvient pas avoir jamais vu sa tête.
Et Gontran quitta son trou en disant :
-Je crois que nous pouvons nous risquer à ouvrir.
La blonde l'arrêta vivement.
-Non, non, dit-elle avec frayeur. Si cet inconnu était un espion envoyé par ton oncle ?
-Oh ! oh ! fit en riant Gontran, sais-tu ma bonne Henriette, que tu fais un ogre de mon oncle qui, pour moi, n'a qu'un tort à ton égard... celui de ne pas te connaître, car il t'aimerait ?
-Un vilain homme qui veut nous séparer ! prononça la blonde avec des larmes dans les yeux.
-Nous séparer ! Tu, tu, tu ! Est-ce que je ne suis pas là pour m'y opposer, ma bellotte ? dit gentiment le jeune homme en étanchant les larmes sous un baiser.
Pendant ce dialogue à voix basse, le sonneur, de l'autre côté, s'était impatienté.
Drelin ! din ! din ! répéta la sonnette avec un vacarme beaucoup plus accentué.
Immédiatement après, on entendit une voix mécontente qui grognait :
-Que le diable étrangle le portier qui m'a fait inutilement grimper cinq étages !
-Voyons un peu la mine qu'il fait en maudissant le concierge, dit Gontran qui remit son oeil au trou.
Après quoi, tout bas à Henriette, qui s'était rapprochée pour qu'il lui communiquât ses observations :
-C'est un jeune homme, annonça-t-il... Le voici qui écrit au crayon sur un feuillet qu'il a arraché de son carnet... il plie le papier...
Maintenant, il se baisse pour le glisser sous la porte... Voilà qui est fait.
Puis, retenant la blonde qui s'élançait déjà pour ramasser le papier :
-Minute ! chérie, dit-il ; attendons au moins que ce monsieur soit parti.
Ce fut seulement quand le bruit des pas s'était éteint dans la descente de l'escalier que Gontran prit le papier.
Il le lut à haute voix :
«Venu pour proposer une bonne affaire à M. Gontran Lambert.-Je repasserai demain.
»Signé : FRÉDÉRIC BAZART.»
Ce nom éveilla la mémoire de Gontran.
-Frédéric Bazart ! répéta-t-il. N'est-ce pas ainsi que tous les journaux, qui ont rendu compte du double crime, ont appelé celui qu'on accusait d'avoir tué l'entrepreneur Bazart et sa femme ?
A ces mots, la belle blonde se mit à trembler et telle était la peur bleue que lui inspirait l'oncle Fraimoulu, qu'elle bégaya :
-Est-ce que ton oncle, pour nous séparer, songerait à me faire assassiner ?
Immédiatement après, on entendit une voix mécontente qui grognait :
-Que le diable étrangle le portier qui m'a fait inutilement grimper cinq étages !
-Voyons un peu la mine qu'il fait en maudissant le concierge, dit Gontran qui remit son oeil au trou.
Après quoi, tout bas à Henriette, qui s'était rapprochée pour qu'il lui communiquât ses observations :
-C'est un jeune homme, annonça-t-il... Le voici qui écrit au crayon sur un feuillet qu'il a arraché de son carnet... il plie le papier...
Maintenant, il se baisse pour le glisser sous la porte... Voilà qui est fait.
Puis, retenant la blonde qui s'élançait déjà pour ramasser le papier :
-Minute ! chérie, dit-il ; attendons au moins que ce monsieur soit parti.
Ce fut seulement quand le bruit des pas s'était éteint dans la descente de l'escalier que Gontran prit le papier.
Il le lut à haute voix :
«Venu pour proposer une bonne affaire à M. Gontran Lambert.-Je repasserai demain.
»Signé : FRÉDÉRIC BAZART.»
Ce nom éveilla la mémoire de Gontran.
-Frédéric Bazart ! répéta-t-il. N'est-ce pas ainsi que tous les journaux, qui ont rendu compte du double crime, ont appelé celui qu'on accusait d'avoir tué l'entrepreneur Bazart et sa femme ?
A ces mots, la belle blonde se mit à trembler et telle était la peur bleue que lui inspirait l'oncle Fraimoulu, qu'elle bégaya :
-Est-ce que ton oncle, pour nous séparer, songerait à me faire assassiner ?
Chapitre suivant : XVII