Jm RiHET - Laisse le Vent du Soir Décider - texte intégral

In Libro Veritas

Laisse le Vent du Soir Décider

Par Jm RiHET

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Table des matières
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Chapitre Sept

  
 
Je restai de longues minutes enroulé dans mon réveil, je clignai des yeux dans la curieuse lumière qui enveloppait la chambre, dans l'infernal boucan de ce matin-là.
Le crépitement de la pluie sur le bois du balcon et contre la porte-fenêtre témoignait de la violence de l'averse, je pouvais sentir les montants du lit trembler avec toute la baraque sous les bourrasques du vent de l'orage.
Les grondements dans le ciel se rapprochèrent, puis enflèrent pour remplir tout l'espace. Je n'eus qu'à bouger un orteil pour faire glisser un peu le drap devant mes yeux, juste pour apercevoir au travers des rideaux liquides aux carreaux des fenêtres, un formidable éclair comme un arbre à l'envers dont les branches griffaient le sommet de la montagne.
La pièce s'illumina d'une clarté blanche et bleue et je pus distinguer pendant ces quelques secondes, la masse des sommets se détacher de tout le reste. Puis, la chambre retomba dans une pénombre humide. Je me recroquevillai un peu plus dans le lit, le regard toujours collé aux vitres ruisselantes... et tout d'un coup, ça me revint.
Le « 22 » dans son hangar l'après midi de la veille.
Le carnet rouge, Malaya, le portrait... .
Les images comme des claques, que j'ai du fermer les yeux à chacune.
La soirée se recomposa peu à peu dans ma tête, pendant que je jaugeai l'étendue des dégâts que la téquila avait laissé  -ça va, ça va. Tu seras pas malade - avec de l'entrainement le diagnostic etait rapide et j'ai su que ça irait. Ca tournerait juste un peu, au rythme des dessins de Malaya qui à leur tour défilaient en se superposant à la fenêtre grise, dans le vacarme de la pluie au plus fort de l'averse. Mais ça irait. Il y aurait cette lourdeur du corps qu'il me faudrait extirper du lit, et ce léger vertige qui m'attendrait, c'était la moindre des choses.
J'envisageai ces sensations coutumières au fil des gouttes d'eau qui s'écrasaient sur Pearl, me demandant combien de jours de pluie il faudrait pour laver toute cette ville ; j'ai laissé mon esprit divaguer de la sorte, dans l’assourdissant grondement de l’orage ponctué d’invraisemblables éclairs bleus électriques.
Et je suis parti quelques années en arrière…

*
 

Au travers des bambous tressés, on regardait les arbres d’en haut.

J’avais dégoté une cabane surprenante, un véritable rêve de gosse : un ancien poste d'observation suspendu dans les branches à une vingtaine de mètres du sol, une plate forme aromatique qui chopait toutes les odeurs de la jungle, et me les rebalançait plus haut, en nuages de vapeur.    
C’était venu d’un coup, vers les quinze heures de l’après midi la bande d’horizon s’était grossie soudain, noircie ensuite très vite, puis se mit à AVANCER vers l’île. Je notai brutalement le silence qui m’entourait comme on s’aperçevait dans un sursaut que quelque chose de particulier se déroulait. Pas un cri d’animal, pas même l’appel d’un oiseau coloré, la jungle perpétuellement bruyante s’était figée et la végétation abracadabrante me parut comme emprisonnée dans une attente muette. Je distinguai moins bien les dégradés de vert, les troncs, les gigantesques racines, tout ce fatras végétal rassemblé sur la palette qu’un peintre à l’humeur changeante venait d’assombrir.
 
« Ino ! Ino ! »
 
Un groupe de gamins dévalait la ravine, zigzaguant á travers les bosquets une centaine de mètres en contrebas. Petite troupe bondissante d’où émergeaient de temps à autre une tête, un bras, une tache de couleur, une silhouette fugace et d’entre les rires et les cris ponctuant cette course bruyante j’entendis à nouveau ce cri « Ino ! Ino ! »
Tout à coup, comme si la plus grosse branche du coin s’était rompue, un bruit, un seul, traversa l’espace déchirant la totalité des lieux. Je quittai du regard les gamins qui remontaient maintenant vers le village et contournai la plate-forme que j’appelais le « Balcon ». J’agrippai à m’en faire mal les lianes tressées qui longeaient la cabane et en faisaient le tour, me séparant du vide. Je cavalai sur les planches branlantes pour me tenir face à l’Océan et, perché sur mon royaume de ficelles et de bambous, dans cette altitude que j’ai toujours cherché, ce que je vis venir alors reste un moment inoubliable, beau et terrifiant.
La mer s’était changée.
Plus une trace de bleu, ce bleu-vert émeraude qui semblait flotter à la surface des lagons et dessinait en pastels des profondeurs secrètes. Perdu aussi, le reflet des nuages que je scrutais souvent à m’en mouiller la vue, tant ce miroir liquide restitue les couleurs.
Noir, menaçant, avec de temps à autre de vifs traits d’ivoire comme des dents monstrueuses à effrayer le ciel, l’Océan semblait gonflé d’une puissance démesurée, aussi effrayante que soudaine. Puis, comme englouti, le paysage entier céda, comme on se rend, comme on abandonne. Je le vis à la manière dont les arbres se couchèrent, balayés en quelques secondes par l’eau du ciel. Des vagues se formaient devant mes yeux, des averses en cascades dégringolaient de partout, bousculées par les bourrasques continues.
Je me laissai glisser, le dos contre la cabane, jusqu’à me retrouver à moitié allongé sur le plancher de bois disjoint et déjà trempé. Je ne pouvais plus détacher mes yeux plissés dans les embruns, de cette masse sombre qui grondait devant moi ; respirant difficilement l’air chargé de sable, je contemplai comme nu, dépossédé de tout, ce pouvoir extraordinaire, cette force naturelle d’un élément déchaîné.
Ino : l’Orage.
 
« Hey ! Jim ! Hey !!! »
 
Elle me secoua le bras vigoureusement. Ses longs cheveux balayaient nos visages, me giflant dans cette folie, dans tout ce déchaînement. Elle agrippait mes mains de ses doigts longs et fins en me criant à l’oreille des mots que le vent emporta. La seule pensée qui me traversa l’esprit dans ces secondes suspendues, accrochés tous les deux comme sur le toit du monde, c’était qu’à ce moment précis - ouais - je pouvais mourir, c’était un BON jour pour mourir.
 
« Viens ! Mais viens !!! »
 
On était recroquevillés l’un contre l’autre comme soudés au bois de ce curieux plancher, il fallut ramper et ramper encore pour gagner l’intérieur de la cabane- dans-les-airs, sous les trombes de pluie qui s’abattaient sans cesse, dans les craquements lumineux des éclairs dont les zébrures terrifiantes  sillonnaient le ciel et s’abattaient un peu partout. On se traînait péniblement le long de la plate-forme qui oscillait dangereusement, accrochée à cet arbre qui en avait vu d’autres, elle et la souplesse de ses  vingt ans, moi et ma carlingue froissée. Mais j’ai toujours ramené à bon port les trucs lourds et fatigués, y compris mon âme meurtrie et mon corps usé.
Avant de gagner l’entrée, j’eus du mal à laisser derrière moi cette vision d’apocalypse, cette présence intense de l’orage balayant la jungle et la furie de l’Océan qui se mélangeait au ciel.  Elle déchira ma chemise en voulant me traîner à l’intérieur, je lâchai presque de mauvaise grâce cette contemplation hypnotique.
                                         
J’ai jamais su comment la cabane avait tenu le coup, comment on était arrivés, hagards et groggy, entre les murs de planches arrimés aux branches et tout l'ensemble qui grinçait, craquait de toute part et tanguait sous les assauts des rafales de vent.
Je la sentais tout contre moi, haletante, je percevais sous mes doigts son cœur battre comme un animal sauvage mais je voyais dans ses yeux de chat toute la confiance et la sérénité que son peuple, génération après génération, avait légué en héritage à ses enfants : cette sûreté dans le danger. Et cette confiance, bordel, toute cette confiance dans le temps à venir…
 
« Serre-moi fort, j’ai envie très beaucoup… »
 
Quand elle me disait ça, chez moi c’était automatique : ça réveillait une flamme, une étincelle particulière que tous les ouragans du monde n’auraient pas réussi à éteindre. Peut-être était-ce dans la manière dont sa bouche prononçait ces mots, j’en savais rien. J’arrivais à cet âge cruel où la somme des désillusions, diallèles du corps et de l’esprit, se confondent tels des songes pour enflammer encore et coûte que coûte, ce qui nous reste à vivre.
En glissant entre mes mains, sa robe se retrouva un instant suspendue à la pointe de ses seins, étoffe mouillée de pluie et imprégnée d’elle. Elle avait ce grain de peau qu’un homme n’oublie jamais, comme un sable doux et granuleux à la fois, une peau faite pour les caresses. J’étais captivé par ce corps de femme-enfant, par toute la douceur et la délicatesse que nous partagions ensemble. Je plongeai mes mains dans ses cheveux sans fin, je respirai jusqu’à m’en étourdir ses effluves de femme amoureuse, ses parfums de désir et d’amour.
 Trempés, échappés à la violence de la pluie, nos corps recherchaient une humidité partagée, cette liquidité commune aux amants mélangés, cette passion animale simple et brutale, lorsque l’esprit s’évanouit et qu’il ne reste que l’âme et les sentiments. 
Au dehors l’orage galopait vers d’autres régions de l’île, laissant derrière lui le début de la saison des pluies et deux êtres épargnés par les saisons de la vie : un pilote fatigué et une femme amoureuse. Nous roulâmes ensemble, comme une vague de fond, quand le mouvement de l’un est le mouvement de l’autre, dans cet élan sublime où les corps ne font qu’un, ce gémissement partagé au bout des doigts serrés sur des promesses non dites. Dans cette union sacrée, cette danse intemporelle, dans cette quête immuable d’un bonheur qui se touche, dans la modulation de son cri étouffé, nos âmes en amour se donnaient l’une à l’autre.
 
« Pars pas… Pars pas… »
 
Nous faisions attention depuis le début de notre liaison, mais ce jour là, au moment de me retirer d’elle, ses longues jambes se refermèrent sur mes reins et je m’abandonnai au fond de ses rivières, offrant à sa tiédeur les brûlures de ma jouissance en lui disant « Je t’aime ». … Deux jours plus tard, je l’épousais.
C’était en mai quarante et un, j’étais alors instructeur à Ford island, elle était élève infirmière à l’hôpital naval de Pearl.

                                                  **
 

  
C’est un petit cimetière à l’abri des vents.
On y arrive en suivant le sentier qui serpente le long du flanc de la montagne, avec à chaque avancée vers la crête, des parfums mêlés de jasmin et de manguiers sauvages qui emplissent tout le panorama. Après un petit village à la lisière de la jungle, le sentier monte encore et s’enfonce à travers une forêt de platanes, disparait ça et là sous les hautes fougères, réapparait plus loin au pied des cyprès géants qui entourent une clairière à la blancheur aveuglante.
On pousse alors une petite barrière pour arriver dans cet espace de fleurs sauvages, ce jardin suspendu comme accroché au ciel.
De là on domine toute la vallée entre les montagnes à l’est et une autre vallée qui descend vers le sud et au loin, tout en bas, c’est Pearl et la grisaille des pistes de Ford island, Pearl et le fatras de ses docks dans le scintillement des grues, l’alignement des hangars et les cuves de fuel. Pearl où tout à commencé, où tout s’est arrêté.
Il y a un point d’eau, une source qui émerge entre deux gros rochers d’où s’écoule une eau claire à la fraicheur étonnante. Ce filet d’eau s’entend jusqu’à l’autre bout du lieu, il est forme de vie dans cet endroit de mort, cet endroit où jamais je ne retournerais, ou peut être un jour, poussé par une fièvre, ou bien juste avant de tomber du Ciel, juste avant de rejoindre tous mes amis crashés, j’irais lui dire « Je t’aime » comme par un jour d’orage.  

                                                    ***
 
Tandis que peu à peu le déluge s'éloignait vers le sud, le panorama habituel derrière la porte-fenêtre reprit tranquillement sa place, comme au début du monde.
J'allongeai les jambes et fit glisser le drap, je pris ma respiration et me hissait doucement sur les coudes, je guettai le vertige et la lourdeur des sens en regardant le bout du lit, puis le mur en face et enfin je me levai dans le calme qui maintenant régnait sur la pièce.
L'orage était passé, emportant avec lui les averses voyageuses dont ne subsistaient que les filets d'eau dégringolant du toit et une odeur de vie mouillée qui imprégnait le tout.
La première chose que je fis, fut de me rendre à mes tiroirs et d'ouvrir celui du bas, afin de vérifier la présence de la grande enveloppe, du petit carnet rouge et des sanguines.
Juste pour être SÛR.
Le portrait de la jeune femme dans la luminosité qui gagnait peu à peu la piéce dégageait autant d' intensité et de chaleur et j'ai pensé qu'Elle était aussi belle le jour que la nuit... . Là dessus j'ai jugé rapidement nécessaire de me plonger la tête sous l'eau.
 
J'avais mes habitudes. Mes habitudes d'homme seul.
Avec des gestes mécaniques, j'enfilai une chemise et attrapai la serviette, ma trousse et le rasoir, pour gagner une petite baraque en bas derrière la cour où je pouvais me laver le matin, préférant cet endroit qu'on m'autorisait à utiliser, plutôt que le triste lavabo de la chambre. Derrière l’hôtel se trouvait l’arrière-cour, la petite maison des gérants et les dépendances où on lavait le linge et faisait la cuisine. J'aimais cet endroit d'une autre époque, cette arrière-cour du temps qui sentait le savon des lessives, le lait de Coco, les épices poivrées, les fruits trop mûrs, le tout constamment balayé par le Vent du Pacifique. C’était une baraque un peu à l'écart, une sorte de cahute en bois avec une petite fenêtre qui s'ouvrait sur la baie. La construction sur pilotis était ancienne mais le plancher tenait bon, je l'appelais « la Chinoiserie ».
On y accédait par une longue allée étroite dont les caillebotis se croyaient sur la mer, bordée de bambous qui se perdaient dans le marais et se terminant par une passerelle de bois tressé à la traversée rocambolesque. Mais quatre années de ce parcours quotidien avaient eu raison de ces difficultés d'accès, je me suis ramassé que très peu de fois à dire vrai.
J’y avais installé une immense moustiquaire qui conférait à l’unique pièce un luxe surprenant dans ce genre d’endroit, mais les bestioles, voraces, pullulaient aux abords de la baie et le marais de bambous n’arrangeait rien. J’avais arrangé la baraque et bricolé l’arrivée d’eau, fabriqué une étagère et fignolé un système de douche rudimentaire mais qui fonctionnait.
C’était mon refuge, la Chinoiserie. Certaines après midi je m’y enfermais pour lire où simplement pour contempler le ciel tout au bout de l’océan.
Ce matin là, par la petite fenêtre, je regardai au large l’orage vagabond et ses lourds nuages chargés de pluie, dont les averses distinctes tranchaient la ligne d’horizon. Peut-être est-ce à cause d’un éclair plus lumineux qu’un autre, du clapotement des vagues encore nerveuses sur le montant des pilotis ou bien le souvenir de mon réveil au plus fort de l’orage, que l’image de West, comme expulsée de ma mémoire, s’incrusta dans mon esprit.
 
West…
West qui pilotait son Catalina et décollait avec son équipage pour des missions de sauvetage aussi dangereuses que les vols de combat. West qui posait toujours son hydravion et peu lui importait les conditions météo et l’état de la mer, pour sauver des types signalés par les patrouilles de reconnaissance. Des équipages qui avaient pu s’éjecter, des pilotes qui avaient tenté d’amerrir… Mais la plupart du temps le Catalina ne ramenait que des débris pour identification.
Et aussi des membres, des moitiés de bonhommes à demi dévorés  par les requins, des têtes et des troncs flottant dans une Mae-West, des cadavres de types empêtrés dans leur parachute. Et des survivants. Des chanceux qui avaient dérivé aux grés des courants pendant des heures, voir des jours entiers, épuisés, terrorisés par l’étendue de l’eau, cet élément qui n’était pas le leur.
West…
West et les orages à qui il vouait un véritable culte.
 
« Tu sais, Captain… C’est comme des feux-follets. Je les aime bien ces éclairs qui tournent autour de la carlingue, tu les SENS jusqu’au bout du manche, ils font des CRRRR… CRRRR… tu vois ? Ils crépitent, ils te lâchent pas. Ils passent comme un ruban à six miles devant ton nez et puis tu t’aperçois qu’ils sont là, tout d’un coup juste sous tes saumons d’aile : ils t’entourent. Et pis Pffff… plus rien : ils se barrent... »
 
West, invariablement, accompagnait les éclairs qui se barraient en renversant sa bière d’un grand geste circulaire ce qui déclenchait les gueulantes des buveurs attablés et provoquait chez moi une furieuse envie de ‘ voir ça ‘.
C’était en trente neuf, je venais de recevoir mon affectation sur Oahu et je débarquais du continent. West fut mon seul et véritable ami durant toutes ces années.
 
Un peu après la fin de la guerre, le Catalina décolla un matin, un appareil de transport ayant signalé un navire à la dérive. West repéra l’embarcation et signala par radio  l’amerrissage de son hydravion. C’était une de ces longues barges de pêche sur lesquelles vivent des familles entières. Les hommes tirent les filets, les femmes et les enfants trient le poisson et les vieillards font la cuisine.
 
« J’ai su qu’un truc pas clair se passait, Captain, quand j’ai vu mon copilote sortir de la cabine et dégueuler par-dessus bord… »
 
Ce soir là avec West, on a bu des bières sur Alvaredo Street, le jour même où ça s’est passé et j’ai vu dans ses yeux que quelque chose avait changé : la même étincelle de folie que chez les types que je rapatriais.
 
« Un massacre, Jim… les gosses, la femme, les deux vieux… et le bébé, putain, même le bébé… et tous à la machette. Bon Dieu, à la machette…. Tu vois le tableau ? »
 
Je voyais. Je voyais bien que c’était fini pour lui, je le sentais, les années d’instruction m’avaient donné l’expérience pour détecter  ce genre de chose, West était passé de l’autre côté et je crois qu’il le savait aussi.
A cette époque, la fin du conflit avait cédé la place à une autre forme de terreur dans les archipels éloignés : contrebandiers, bandes de pillards arraisonnant les navires ou sévissant dans les jungles, la violence de la guerre avait laissé des traces y compris dans les endroits les plus épargnés.
Et puis j’avais vu juste pour West : quelques jours plus tard, le MP chargé de lui remettre une convocation sans équivoque quand à son contenu, revint bredouille au Quartier General. West avait disparu, sans laisser de trace. Evaporé, Pffff…. comme un éclair dans une turbulence.
 
Je refermai la petite fenêtre de la cahute et soulevai le pan de la moustiquaire pour gagner le coin douche. Je me déshabillai puis je tirai la chaînette de l’arrivée d’eau, en fermant les yeux sur tout ça.