abdelfattah akkour - L'ANGELIQUE - texte intégral

In Libro Veritas

L'ANGELIQUE

Par abdelfattah akkour

Cette oeuvre est mise à disposition du public sous un Contrat Creatives Commons (by-nc-nd)

Vous êtes en mode de lecture plein écran. Cliquez sur le lien suivant si vous souhaitez afficher la version classique de cette oeuvre

Table des matières
Que pensez vous de cette oeuvre ?

le bal

Marjane est l’invité d’honneur. Les ombres s'installèrent en forme d’arc au tour de la table. Le centre de la table est couverte d’une vitre, assez épaisse, laissant apparaître un aquarium où nageaient des petits poissons de couleurs vives, les projecteurs de multi couleurs ajoutent à la lumières des tons pastels , les poissons luisaient. Devant Marjana et Marjane se dressait une autre table en argent sertie d'émeraudes et de saphir, une table suspendue, sans pied. Un panier  de fruits, bien rangés,  se trouvait dessus. Dans le coin opposé,  un orchestre  joue une musique africaine au rythme de  tamtam, des danseurs et danseuses font des acrobaties. Ce sont de vrais acrobates, ils voltigent dans le ciel comme des oiseaux, leurs tenues transparentes laissent découvrir des corps étranges. Ceux ne sont pas des humains.  
 
Des serveurs s'occupaient des présents, et leur offraient à boire et à manger, certains commandaient des gâteaux, l'ambiance montait. Des grands plateaux de toutes sortes de mets, de la dinde, du mouton, du porc ont été servis. La présence buvait et mangeait, au son d'une musique douce accompagnée par des danseuses vêtues légèrement de satin.
 
Vers minuit le rituel devait commencer, alors les ombres sont apparus cagoulés, ils formaient des cercles circonscrits, et dansaient au pas  spasmodiques. Marjane commence à avoir peur et ne savait pas à quoi cela rimait. A chaque fois qu'il posait la question à Marjana, elle lui demanda de se taire. Sa peur ne faisait qu'augmenter, alors que tout le monde riait, criait, discutait, certains se sont joints aux ombres et dansaient avec eux.
 
Sous une torche accrochée au mur, un artiste peintre, derrière son chevalet, immortalise la scène sur une toile. Au dessus de lui une horloge indiquait l’heure, il est onze heures, elle sonna onze coups.
 
 
Entre Marjane est Marjana  se dresse une ligne mince imperceptible qui marque la frontière entre le monde et l’au-delà, une frontière fictive sans objet  ni dans le temps ni dans l’espace. Derrière cette ligne on peut imaginer un monde immortel, des individus sans âge , ce que nous appelons les morts. En réalité ces morts ne sont pas de vrais morts, ils vivent une seconde vie, ils ne respirent pas, ne mangent pas, ne dorment pas, ils sont là partout dans nos rêves, dans nos esprits, dans nos actes. Ceux sont des âmes sans corps. Leurs corps sont mêlés à la terre, les âmes sont très hauts quelque part au monde du au-delà.  
 
Marjana a plusieurs fois franchie cette ligne pour rejoindre les mortels : les êtres humains, notre monde. Elle n’est autre que l’âme d’une belle princesse décédée dans les nuits des temps, elle fut jeune, charmante et pleine de vitalité. Suite à une maladie incurable elle a rejoint le monde du au-delà. Une fois par saison, elle hante le corps d’une jeune fille qui vient de succomber et elle erre dans les plages et les déserts dans l’espoir de rencontrer une personne isolée avec qui elle pourra nouer des relations d’amitié. Marjane est l’un des individus reçus par elle, elle a découvert en lui toutes les qualités d’un être dévoué et sincère.
 
L’horloge sonna douze coups, il est minuit, c’est la fin du bal. Les créatures commencent à disparaître, les ombres pénètrent les murs pour se dissiper, tout le décor se désintègre pour disparaître  dans le néant. A minuit passé d’une seconde, les créatures, les ombres, les musiciens, l’artiste peintre, l’aquarium  et Marjana disparaissent,  Seule la toile restait là.