Jack était un homme puissant. De ceux que l’on vénère rarement, que l’on admire parfois, que l’on respecte toujours, que l’on craint encore plus. Mais que l’on déteste très souvent.
Aussi loin qu’il s’en souvienne, il dirigeait son monde d’une poigne d’acier. Tout devait être sous son contrôle : famille, personnel, relations. Il ne supportait aucune dépendance, aucune contrainte qu’il n’aurait décidée. Aussi exigeant envers les autres qu’envers lui-même, le pardon ne figurait pas au tableau de ses ressources. Son chemin, jonché de victimes, l’avait conduit aux plus hautes sphères de l’existence. Chaque succès renforçant les précédents, Jack se sentait invicible, immortel, au-dessus des hommes, des lois. Ce qu’il ne pouvait vaincre, il l’oubliait… ou le détruisait selon l’humeur du moment.
La réalité du monde devait se plier à sa perception ou disparaître…
Jusqu’au jour où…
Jusqu’au jour où…
Son existence s’effondra. Jack se réveilla prisonnier. De qui, de quoi, pour qui, pourquoi ? Il n’en avait pas la moindre idée. Allongé sur une paillasse nauséabonde, il scruta sa cellule dans l’affolement le plus complet. Les parois grisâtres cernaient quatre m2 de sol bétonné.
La moisissure et l’humidité occupaient les lieux depuis des temps immémoriaux. La fenêtre grillagée, haute située face à lui, ouvrait un oeil cyclopéen sur un ciel isochrome à sa prison. L’odeur d’urines et de sécrétions gastriques mêlées pénétraient ses narines, explorant ses sinus telle une armée de conquérants hostiles. Bondissant de neurones en neurones, un vertige espiègle s’acharnait à lui démontrer que le plafond passait sous son lit alors que la porte roulait sur le sol. Le lit se retourna, cul par dessus tête. La bouche ouverte sur un cri silencieux, Jack voulu se protéger de la chute. Ses poignets enchaînés refusèrent le moindre mouvement. Il ferma les yeux devant l’imminence du choc. Mais rien ne vint. Le lit n’avait jamais bougé.
De ses cinq sens, seule l’ouïe ne recevait aucun simulus extérieur. Un silence de mort frappait à l’arche membraneuse de ses tympans incrédules. Jack tentait bien de hurler, d’agiter ses chaînes d’entrave mais pas le moindre son. Il se rendit à l’évidence, il était devenu sourd.
Submergé par une vague de peur, il ne perçut pas le flot acide refoulé par son estomac. Le vieil homme perdit connaissance…
De ses cinq sens, seule l’ouïe ne recevait aucun simulus extérieur. Un silence de mort frappait à l’arche membraneuse de ses tympans incrédules. Jack tentait bien de hurler, d’agiter ses chaînes d’entrave mais pas le moindre son. Il se rendit à l’évidence, il était devenu sourd.
Submergé par une vague de peur, il ne perçut pas le flot acide refoulé par son estomac. Le vieil homme perdit connaissance…
Heures et jours s’écoulèrent ainsi… Sans rien comprendre, Jack subissait cette détention. Pour la première fois de sa vie il avait perdu le contrôle, de la situation mais aussi et surtout de sa propre vie. Ses geôliers ne lui adressaient pas la parole, ne le regardaient même pas. Ils lui détachaient simplement un bras pour les repas et se soulager dans une bassine en métal.
Une seule fois par jour il avait la possibilité de se lever pendant deux heures. Alors il tournait en rond dans sa cellule… Il avait renoncé aux hurlements vains et épuisants. Sa propre odeur commençait à effacer celle de la pièce.
Aux portes de la folie, Jack prit une grande décision. Il allait abandonner son corps meurtri pour ne plus souffrir et seulement penser. Quitter cet enfer par la force de l’esprit. Les premières heures furent encore pire. Les souvenirs de sa vie d’avant l’assaillaient de toutes parts. Des démons oubliés explosaient derrière ses paupières occluses, flashs morbides. Des larmes de feu s’échappaient en torrents incandescents, fouillant ses joues desséchées. Comble du paradoxe, une image le fit sourire. Lui qui n’avait jusque là pas assez de vingt-quatre heures par jour. Ici, plus rien à faire. Plus d’impératifs, plus d’obligations, le néant. Il avait enfin le temps… Le temps de voir défiler les secondes, les voir s’empiler sur son obscur destin.
Temps, jours, secondes, heures, minutes, semaines…
La solution, sa solution, évasion mentale, retrouver le contrôle…
IL ALLAIT CONSTRUIRE UNE HORLOGE.
Mais comment ?
Lui qui n’avait jamais jardiné, cuisiné, pire bricolé, la tâche pouvait paraître insurmontable. Sans la moindre notion de mécanique ni d’horlogerie, Jack évalua ce qui pouvait bien composer cet engin si simple, si quotidien… si inconnu.
Des aiguilles, deux. Non trois, une pour les secondes. Noires de préférence, droites ? Non ondulantes, pointues au bout. Un cadran. Rond, carré, rectangulaire, ovale. Des chiffres. Romains ? Arabes ? Style gothique, classique. Et s’il plaçait minuit à trois heures et six heures à midi. Sept heures pourraient être à deux heures et quatre heures à dix. Ou l’inverse. Et si les aiguilles tournaient à l’envers, il remontait le temps vers la liberté ? La seconde, soixante fois doit battre pour la minute. Alors des ressorts. Des engrenages, il avait vu cela une fois quand son fils avait cassé sa montre. Une clef pour la remonter, un carillon pour sonner, un coffre pour l’abriter, des jours pour la monter….
Son lit disparu sous des amas de petites pièces. Devant l’ignorance, il avait opté pour l’opulence. Il stockait de quoi construire au moins une dizaine d’horloges, le choix viendrait de lui-même. Il en oublia de manger, de boire, de dormir. Jack voulait avancer, ne pas perdre le fil. Yeux ouverts ou fermés, poings serrés ou doigts tendus, souffle court et barbe longue. Langue tirée pour se concentrer, lèvres contractées pour se relâcher… La tâche filait sur les flots du temps. Bientôt viendrait l’instant de lancer le balancier à la poursuite des moments perdus.
Elle était là, enfin, devant lui… Rutilante et silencieuse, brillante et magique, huilée et frottée.
Immobile et inutile… Allait-il oser la remonter et lancer le premier balancement ? Et si rien ne se passait ? Et si le mouvement s’arrêtait après quelques va-et-vient impuissants et grotesques ? Et si le tic-tac échappait à sa tactique ? La clef tourna lentement avec ces petits clics rassurants. Il sentait le contact rugueux et froid du métal sous ses doigts, l’odeur de la graisse pure et blanche, le poids des ans sur ses épaules… Un dernier tour et elle serait prête. “CLAC” fit le ressort en cédant sous la pression. La déception déferla portée par un frisson…
Mais il n’abandonnerait pas. Jack du démonter la moitié de son horloge pour changer cette ridicule petite spirale métallique. Plus il travaillait et plus il atteignait la perfection dans le détail. Ses mains survolaient le mécanisme, autonomes et expertes, fouillant les entrailles de la machine. Poussées par leur propre pensée. Il en vint à les contempler en spectateur incrédule. Etonné de se sentir si détaché d’une partie de lui-même. Le ballet ne cessa que lorsque tout fut prêt. Cette fois, rien ne pourrait l’arrêter.
Quelle heure pouvait-il bien être ? Depuis le temps qu’il était ici, il avait perdu toutes notions du jour, de la nuit…
Il choisirait donc librement, ça aussi. Alors, midi douze, treize heures treize, sept heures huit, huit heures sept, vingt-trois heures soixante dix-huit ou trente-six heures onze ? Non, ce serait minuit soixante quatre… Son choix, son doigt, son poids, sa loi, sa foi, cette fois…. TIC-TAC-TIC-TAC-TIC-TAC DING-DING-DONG
Là se produisit la chose la plus incroyable depuis la création de l’univers….
Les aiguilles se mirent à tourner comme un manège fou. A l’endroit, à l’envers, ensemble, séparément. Porté par la vague, Jack tournait lui aussi dans tous les sens. Murs, plafond, porte, fenêtre entraînés dans un ballet surréaliste dansaient une sarabande diabolique. Il voulut tendre la main pour stopper le balancier mais l’horloge recula, carillonnant fièrement son indépendance… Au treizième coup, la terre trembla, des fissures apparurent autour de lui et tout s’effondra dans un fracas de fin du monde. Une lumière aveuglante percuta sa rétine, explosant de mille feux. Déjà sourd, le vieil homme pensa perdre la vue à cet instant. Un vent glacial se faufila autour de lui, cherchant le moindre recoin de peau où glisser sa langue humide et froide. La poussière âcre pénétrait ses lèvres à chaque inspiration pour mieux l’envahir.
Hébété, hagard, épuisé, perdu, assoiffé, sale, triste, il n’attendait plus que la mort. Sublime délivrance.
Mais les fantômes du passé en avaient décidé autrement. Il devait d’abord payer, implorer le pardon des hommes pour le mal répandu. Humiliations, blessures, abus prenaient le visage de ses victimes pour rejoindre la valse des éléments. Des bouches s’ouvraient, béantes avant de fondre sur lui. Des mains surgies de nulle part crochetaient ses membres pour mieux s’envoler vers l’horizon. Un courant de douleur vrillait son organisme profitant de chaque terminaison nerveuse.
La lutte était vaine.
- Arrrrrrêeeeeetttttteeeeezz, par pitié, arrêtez ! Je ferai tout ce que vous voulez, toujours. MAIS ARRÊTEZ ! J’ai compris le message, je sais qui j’étais… Je changerai les choses…
TIC-TAC-TIC-TAC-TIC-TAC-TIC-TAC
L’horloge retrouva son rythme lancinant, le calme revint… la souffrance s’évapora. Ébloui, terrorisé, il patienta encore quelques secondes avant d’ouvrir les yeux. Il s’attendait au pire.
Au pire mais pas à ça…
Autour de lui, la poussière retombait en giboulée de mars. De sa cellule, il ne restait que des morceaux de murs éventrés, des pierres éboulées, des tôles ondulées… Son lit de métal avait disparu emportant chaînes et menottes. Après des jours ou des semaines allongé sur son matelas, Jack se dressa sur ses jambes. Instable comme un enfant à l’aube de ses premiers pas, la douleur en plus. Mais d’ailleurs, qui se souvient de ses sensations ?
Tâtonnant, toussotant, titubant, tremblotant, il parvint à s’extraire des décombres. Dehors, l’attendait le spectacle le plus incroyable qu’il n’ait jamais vu. A perte de vue, des champs, des forêts, des bois, des prés, des rivières, des torrents, des collines. Au loin, des montagnes, des vallées, des ravins se partageaient la découpe du ciel et de la terre. Le mélange des couleurs, des parfums, des saveurs le guida vers l’ivresse des sens dès les premiers pas. Fragrances d’agrumes, de cannelle et de vanille se mêlaient pour le projeter vers des souvenirs d’enfance et de goûters champêtres. Même les sons redevenaient perceptibles. Chants des oiseaux et ruissellements aquatiques chatouillaient son oreille infirme.
TAC-TIC-TAC-TIC-TAC-TIC…
L’horloge poursuivait sa quête du temps, maintenant poussiéreuse. En un va-et-vient incrédule, le regard de Jack passait du cadran au décor, du dehors au dedans… Une force irrésistible voulait lui transmettre un message qu’il ne comprenait pas, pas encore…. Mais quoi ?
Il réalisa soudain.
De l’horloge, posée sur le sol de son ancienne geôle, partaient douze chemins fusant vers l’horizon. Très loin, au bout de leur perspective, d’étranges colonnes se dressaient vers les nuages. Douze points cardinaux.
I II III IV V VI VII VIII IX X XI XII
Il choisit de marcher face à lui vers le VI…
Les cailloux se mêlaient au sable pour tendre sa route de sournoises embuscades. Chaque pas lui coûtait un effort puisé au coeur de ressources perdues. Pourtant Jack savait qu’il devait continuer quoi qu’il advienne. La rédemption l’attendait probablement là-bas, vers le VI… Derrière lui, l’horloge le narguait de son TIC-TAC régulier, sonnant les heures et les quarts-d’heure. Sa propre création le poussait vers l’inconnu. Tandis qu’il s’éloignait, elle prenait de l’ampleur pour rester lui sembla-t-il, toujours visible. Phare du passé le guidant vers le futur.
Il perçut le chant mélodieux bien avant de la voir. Elle était assise sur un banc de pierre, le regard dans le vide. Sa voix haute et sensuelle le pénétra d’une douce violence. Le vieil homme s’immobilisa. Pour rien au monde il n’aurait voulu qu’elle s’arrête. Tel un voyeur, à l’abri du feuillage, il en profita pour l’observer. Ses longs cheveux noirs contrastaient avec son visage diaphane. L’encre marine de ses yeux captura son âme en une fraction de seconde. Ses lèvres carmin répondaient au rouge sombre de sa robe de velours.
Découvrant les épaules, l’échancrure du tissu descendait largement sur le haut de ses seins. Il devina ses courbes parfaites sous l’étoffe fragile, admira cette harmonie jusqu’à la perfection de ses mains. Trois bagues en argent articulées habillaient en finesse index, majeur et annulaire.Jack n’avait jamais contemplé une telle beauté… Elle semblait venue d’un autre siècle, un de ceux où l’on était prêt à se damner pour l’honneur d’une femme. Le souffle suspendu, accroché aux notes cristallines, il ne pouvait plus bouger. Si cet instant devait s’achever, il souhaita que ce soit dans la mort.
Portées par un timbre irréel, les paroles d’une langue inconnue s’achevèrent en une plainte harmonieuse. Elle leva le bras, tendit les doigts vers le ciel, cernés d’un reflet métallique. Lentement, un immense corbeau vint se poser sur sa main. Elle le caressa puis se retourna vers Jack.
-Je vous attendais…
Tant de choses avaient eu lieu depuis… depuis quand d’ailleurs ? Il n’en savait rien. Tant de choses donc qu’il ne comprenait pas. Alors, que cette femme exceptionnelle l’aborde ainsi ne le surprit pas.
-Vous m’attendiez ?
-Vous m’attendiez ?
-Depuis votre naissance. C’était écrit. Vous deviez passer ici tôt ou tard. Il me suffisait d’être patiente.
-Mais vous pourriez être ma petite-fille…
-Ne vous fiez pas aux apparences. Le monde n’est qu’illusion. On ne voit que ce que l’on veut. Le temps s’écoule pour vous, il stagne pour moi. Je suis enfermée ici, prisonnière de vos actes passés. Je suis vos souffrances, vos maléfices, votre honte.
-Je n’entends rien à ce que vous racontez ! D’ailleurs j’aurais très bien pu choisir un autre chemin. J’ai pris celui-ci au hasard !
-Mais il n’y a pas de hasard. Qu’importe votre direction, j’aurais été sur votre route de toutes façons. Je suis la raison de votre présence ici. Allons, un homme de votre expérience : vous ne croyez tout de même pas encore au libre-arbitre, aux choix ? Regardez la vérité en face pour une fois. Après une vie de mensonges et de trahisons, vous en arrivez à vous leurrer vous-même… Amusant !
Lassé de ces préoccupations bassement humaines, le corbeau abandonna les doigts bagués dans un envol majestueux. Son cri guttural transperça le ciel et résonna aux douze points cardinaux. Tel un gardien zélé, il décrivit des cercles autour de la jeune femme. Prêt à fondre sur sa proie, il ne quittait pas Jack des yeux.
Malgré toutes les allusions, les métaphores et les sous-entendus, il ne comprenait pas le message… Elle le regardait avec l’insistance d’une institutrice suspendue aux lèvres de son cancre préféré. Dans l’attente d’une bonne réponse… de la bonne réponse, enfin… Mais non, rien ; toujours rien…
-Jack, si vous voulez encore une chance de vous en sortir, il va falloir réagir ! Maintenant.
Il se demanda ce qui commençait à l’inquiéter le plus. La nuance de gris qui recouvrait progressivement l’horizon. L’âge qui prenait, à vue d’oeil, possession des traits angéliques de son visage. Ou le grondement sourd, annonciateur des tempêtes, que l’écho diffusait tout autour de lui.
Au loin, TIC-TAC-TIC-TAC-TIC-TAC… L’horloge distribuait le temps. Les aiguilles dansait une folle farandole, courant l’une après l’autre, de plus en plus vite. Le carillon ne trouvait plus son quart d’heure de répit et chantait en permanence. DING-DENG-DONG-DING-DENG-DONG…
De plus en plus grosse, de plus en plus haute, elle effaçait toutes traces des murs effondrés de sa prison d’infortune. Son ombre prit de vitesse l’invasion de nuages et lui cacha les derniers rayons du soleil. Bras armé des éléments, les premiers éclairs débutèrent leur bombardement massif et aveugle. Comme portée par les flots de la marée céleste, une nuée de corbeaux chevauchant des trombes d’eau envahit le ciel. Le maelstrom prenait une ampleur inimaginable, la Porte des Enfers.
Aveuglé par les trombes d’eau et de volatiles, Jack baissa le regard vers la jeune femme.
-Je…
Ce qu’il vit lui coupa la parole…
Son visage inoubliable subissait l’assaut des ans. Les traits si fins étaient maintenant creusés de profondes rides sur une peau parcheminée. Des lambeaux se détachaient par endroits comme décollés par une brûlure intérieure. Les longs cheveux noirs avaient blanchi en un instant et chutaient en mèches décomposées. Poudre inconsistante, dispersée avant de toucher le sol. Sous le tissu aux couleurs sanguines, les courbes de son corps, jadis parfait, prenaient l’aspect d’une vieille femme…
Mais le pire venait du regard. Le bleu profond virait au gris terne. L’expression de souffrance pénétrait l’âme de Jack, porteuse de tout le mal dont il était responsable. Ses victimes lui revenaient en mémoire d’un seul coup mais cette fois il ressentait leur douleur. Les mains tendues, elles suppliaient, invoquaient sa clémence… sans succès. Il comprit alors tout ce que sa vie avait été pour les autres.
-Oui Jack, grommela la voix brisée et glaciale qui l’avait pourtant ému il y a peu. Oui, vous venez de comprendre pourquoi mais il est trop tard. Vous avez eu votre chance tout à l’heure. Vous n’aviez qu’un mot à me dire pour éviter cela… Mais vous n’avez pas su, vous ne l’avez pas trouvé seul. Alors…
-Quel mot ? Pour éviter quoi ?
-”Je regrette”, juste “je regrette”. Et vous auriez obtenu la rédemption, l’espoir d’une éternité de paix et de repos. Mais vous avez échoué. Il est trop tard maintenant.
Elle le saisit brutalement par le poignet. La vitesse de son bras étonna Jack vu son état de décharnement. Mais déjà la brûlure l’envahissait. Elle se propageait à travers son corps et son esprit. Des images de son passé défilèrent devant ses yeux pendant que sa peau commençait à se décomposer. Elle l’enlaça dans une dernière étreinte fétide, l’entrainant vers une spirale noire infinie.
La femme prononça une ultime phrase :
-Vous resterez conscient de tout cela, pour toujours, de votre errance dans ce monde perdu.
Loin derrière eux, l’horloge s’arrêta.
TIC-TAC-TIC… TAC-TIC… TAC.
La pluie et le tonnerre redoublèrent de violence tandis que les corbeaux fondaient sur eux…
FIN
Osiris janvier 2007