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- Donc fiasco pour les coups de fil, expliqua Mily. Deux personnes m’ont dit ne rien savoir des anciens habitants de leurs appartements, une troisième m’a raccroché au nez sans même répondre. Difficile de dire si elle l’a fait pour ne pas me parler ou par simple énervement.
- Oui, oui. Concentre-toi sur la recherche pour l’instant, tu veux, dit sèchement Domfront. Pourquoi c’est si long à s’afficher ?
- Cool, Lucio. Ca arrive… voilà le site. Banque ACT, Genève. C’est bien une société du groupe de ce Marient.
- Il faut vraiment que j’aie été aveugle et complètement stupide pour ne pas comprendre, dit Luc entre ses dents. Ce code et cette clef sont attachés à un coffre. ACT n’est pas une énigme, juste le nom de la banque où il se trouve.
- Et c’est ton frère qui avait les références ? demanda Mily.
- Oui… Dampierre l’a certainement utilisé grâce à Line. Je ne vois pas de quelle manière Vincent aurait pu être en lien avec quelqu’un comme Marient. Il servait sûrement de pare-feu à Dampierre. Mais je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui a pu le pousser à faire ça. Sûrement cette fille…
Le visage de Domfront s’était fermé. Il avait beau tenter de se convaincre, il savait que Vincent ne pouvait avoir eu ces informations par hasard. D’une manière ou d’une autre, il avait accepté de prendre une part de risque. D’une manière ou d’un autre, il avait fait un pas vers l’abîme.
Peut-être faudrait-il l’affronter lui-même pour qu’il puisse rebrousser chemin. Et Luc y devenait prêt.
- Il faut que j’aille à Genève, dit-il finalement. La solution du problème est dans ce coffre.
- Vous êtes malade ? s’emporta Mathilde. Cette banque appartient à un homme qui serait responsable de plusieurs meurtres et vous allez y débarquer comme une fleur ? Et puis ce coffre est peut-être vide à l’heure qu’il est.
- Peut-être. Mais il n’y a qu’un seul moyen de le savoir.
Mathilde restait consternée par l’idée de Domfront. Il semblait toujours choisir la route la plus dangereuse, celle où l’on a le plus de chances de prendre une balle en plein cœur. Souhaitait-il tellement mourir ?
- Mais il faudra passer la frontière ! reprit-elle. Vous pouvez être contrôlé n’importe où entre ici et la Suisse !
- Pour l’instant, je ne risque rien. Je suis juste recherché localement comme témoin et j’ai laissé un message à Larcher pour lui dire que je me présenterai à lui au plus tard après demain. Je ne pense pas avoir d’ennuis d’ici là si je circule par la route.
- Et comment savez-vous ça ? demanda Mathilde. Comment pouvez-vous être si sûr ?
- Disons que j’ai certains renseignements. Je comprends que vous soyez inquiète, et d’une certaine manière ça me fait plaisir, mais il faut se rendre à l’évidence, nous n’avançons plus ici. Il manque trop d’éléments, ce « vieux mur » ne nous mène à rien de concret.
Quant à ce trésor caché à Val Rebours, comment pouvons-nous le chercher en pleine nuit et sans indice plus précis ? Seul le coffre peut nous renseigner, et l’occasion est trop belle. Elle pourrait nous permettre de faire des pas de géant.
- Et bien sûr vous comptez vous attaquer à ce Marient tout seul ?
- Non. Mais je vais bientôt être forcé de me présenter à Larcher, et je pense que la survie de mon frère va dépendre de ce que j’aurai à apporter à la police à ce moment-là. Pour l’instant mes mains sont vides. Et ils n’auront jamais le pouvoir d’aller ouvrir un coffre en territoire étranger.
- Mais ce « trésor » ? Ce « sang de l’Ogre » ? C’est ça qu’il faut trouver en priorité, expliqua Mathilde. Ca pourrait sauver les choses, désamorcer toute cette situation.
- Ou bien la faire définitivement exploser. De toute façon, vous n’avez pas besoin de moi pour commencer les recherches. Il faut six ou sept heures de route pour rallier Genève, je peux être revenu demain après-midi si je pars cette nuit.
- Franchement, tu es sûr que tu pourras conduire pendant tout ce temps, man ? demanda Mily. Excuse-moi, mais tu m’as pas l’air dans une fraîcheur physique éblouissante…
- J’ai les cinq prochaines heures pour dormir. Ca me suffira.
- Et si vous vous faites tuer ? Ca vous avancera à quoi ? demanda Mathilde hors d’elle.
- Au moins, je n’aurai pas à voir les conséquences que pourrait entraîner mon échec.
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