Julien Lefebvre - Le signe de l'Ogre - texte intégral

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Le signe de l'Ogre

Par Julien Lefebvre

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«  4 Septembre 1884, Manoir de Val Rebours.
 
 
Mon très cher Pierre,
 
 
Bien du temps a passé depuis notre dernière rencontre et je me dois de reconnaître que je ne me suis pas montré le plus noble des amis lors de ces derniers mois. J’ose néanmoins espérer que vous me pardonnerez et ne me tiendrez pas rigueur de ma conduite.
 
Je me trouve à présent face à des choses qui se dessinent chaque jour comme un peu plus hautes et plus dangereuses. Je ne pourrai poursuivre ainsi longtemps. Je suis persuadé qu’un homme sage et résolu comme vous l’avez toujours été, sera à même de me venir en aide alors que je me perds dans ce labyrinthe.
 
Que penseriez-vous donc de moi, si vous pouviez me voir à cette heure, replié sur ma table, la main prête à saisir un pistolet, l’œil fixé sur la fenêtre ? Quelle ombre apeurée suis-je devenu, quel masque de terreur me couvre à l’instant ! Ces masques que nous avons côtoyés souvent sur les champs de batailles, les masques des vaincus, les visages des morts. Oui, mon cher ami, ce soir j’ai peur. Peur comme jamais je ne pensais que cela puisse se révéler. Ce soir, je tremble pour ma vie et peut-être pour bien plus.
 
Vous souvenez-vous d’Eloïse ? Oui, bien sûr. Vous l’avez vue descendre en terre alors que vous vous teniez auprès de moi. En ces instants, vous m’avez parlé je crois, comme m’ont parlé nos amis du Cercle.
Pardonnez-moi, mais je n’ai alors rien entendu. Pendant des heures, pendant des jours. Je n’ai repris conscience qu’au manoir, dans une nuit silencieuse. J’ai parcouru la demeure en murmurant son nom, en fouillant chaque pièce. Ma bonne Eugénie pleurait de me voir ainsi perdu. J’étais fou, Pierre. Fou comme peut l’être un mari qui perd son épouse. Et le temps n’y fit rien.
 
Je dépérissais au fil des visites sinistres et compassées que me rendait le voisinage. Car je n’étais pas dupe, je compris vite que la plupart venaient plus pour entrer dans le manoir et frissonner sur sa réputation que pour s’inquiéter de mon état ou pleurer ma femme. Je surprenais souvent des phrases, « la famille est maudite », « c’est le fils qui paie le mal du père ». Ce peut-il que la marque cruelle laissée par mon père soit si profonde qu’elle me poursuive toujours ? J’ai alors préféré confier l’enfant à des gens sûrs, ma tante Laurin de Conches. Loin de toute cette agitation et de cette douleur. S’il a dû survivre à sa mère, ce n’était sûrement pas pour être entraîné dans la chute, à mes côtés. Mon cousin, Monsieur d’Acriel, inquiet de mon état, me proposa de l’accompagner lors d’un voyage vers le Sud. Un commerce à activer, disait-il. Il intrigua tant et si bien que j’acceptai, finalement heureux de quitter l’ambiance lourde de Val Rebours.
 
Nous passâmes près de trois semaines à parcourir les côtes déchirées de la méditerranée. Et je compris vite que monsieur d’Acriel n’avait aucune affaire à traiter et qu’il ne jouait en fait qu’un rôle de garde malade. Il s’en acquittait fort bien et je repris quelques forces, même si le visage de ma femme ne quittait jamais tout à fait l’espace de mes pensées.
Nous remontions lentement vers le Nord à travers le Piémont et la Suisse quand une nuit transforma ma vie.
 
 
Monsieur d’Acriel monta se coucher tôt ce soir-là, et je me trouvais seul face à la grande cheminée de l’auberge que nous occupions. Quelques personnes quittaient la salle et il ne demeurait bientôt que moi. Un vieux chien dormait à mes pieds, rêvant souvent devant l’âtre. Je terminais de fumer une pipe quand je sentis un regard posé sur moi. Je me retournai. Assise dans un coin, une femme habillée de sombre, que je n’avais pas remarquée, me regardait. Je lui adressai un petit signe de tête qu’elle ne me rendit pas. Je continuais à fumer, les yeux tournés vers les flammes, mais je sentais bien que la femme me regardait toujours. Cela commença à me gêner, je décidai donc de rejoindre ma chambre et je me levai. La femme fit de même et se dirigea vers moi. Je m’arrêtai près de l’escalier et lui souhaitai le bon soir. En guise de réponse, elle plongea ses yeux dans les mieux et étreignit ma main avec intensité. 
 
Je fus tout à fait paralysé. Elle serrait ma paume. Ma respiration se fit plus courte. Son regard ne me quittait pas tandis que ses mains pressaient ma peau. Soudain, elle rompit le silence d’une phrase vive. « Elle vous cherche, ne la manquez pas. » Je ne compris pas. La femme me lâcha la main et sortit de l’auberge. Je restais là, abasourdi, puis d’un élan soudain, me précipitai vers la porte et sortis à mon tour. Je ne trouvai personne dans les ténèbres tièdes.
Cette nuit fut terrible tant le souvenir d’Eloïse me revint présent. La phrase de la mystérieuse femme avait fait naître en moi une crainte terrible ; un espoir aussi, je le reconnais. Je n’osai parler de cette rencontre à monsieur d’Acriel car ma propre raison ne pouvait se résigner à admettre son existence. Pourtant, mon cousin remarqua vite que mon état se détériorait de nouveau. Nous rentrâmes en Normandie en quelques jours durant lesquels je ne me souviens pas avoir prononcé plus de quelques mots.           
 
Le monde changea pour moi. Chaque ombre, chaque bruit prenait un autre sens après cette révélation. Ma raison était ébranlée, du moins le pensai-je à mon retour. Et la terreur de marcher dans les pas de mon père étreignit mon cœur. Mais il fallait que je sache. Si Eloïse me cherchait vraiment, je devais l’aider car, au fond, elle seule comptait pour moi. Que pouvais-je espérer de la vie sans elle ?
 
 
 
Devons-nous donc suivre les destins de nos aïeux ? J’hésitais durant plusieurs jours mais je cédai aux suppliques de mon fol espoir. J’entrai donc dans les appartements de mon père. Depuis sa mort, je m’étais refusé à parcourir son antre et son trésor. Ce trésor qui fit rêver tant et tant d’illuminés et fit tant de tort à notre famille. J’avais pensé un temps le détruire ou bien le céder, d’ailleurs de nombreux acheteurs se firent connaître, mais je n’eus jamais assez de résolution pour le faire. Vous connaissiez comme moi, sa passion malsaine pour les choses invisibles, passion qui fut la cause de sa ruine et de la réputation détestable de notre famille.
Je plongeai donc à son bureau et contemplai les centaines de volumes. Des jours face à la bibliothèque magique qu’il avait constituée. Les premières semaines ne furent que découvertes d’ouvrages charlatans et imbéciles qui me rappelèrent combien j’avais détesté mon père et sa naïveté égoïste, combien j’avais passé de temps à me taire car mes paroles d’enfant le gênaient dans ses « recherches », combien ma tendre mère avait souffert de son comportement jusqu’à en mourir de chagrin. Parfois, la vision de mon propre ridicule me traversait l’esprit. Pourtant, je poursuivais car seule Eloïse importait et le plus mince et risible espoir devait être poursuivi.
 
Au fil du temps, je devins plus familier de tout ce monde ténébreux et je pouvais facilement remarquer les emprunts grossiers que les auteurs pratiquaient les uns sur les autres. J’avoue m’être essayé à quelques cérémonies démoniaques et avoir prononcé avec conviction des formules qui feraient rire un enfant aux éclats. Moi, le jeune lieutenant qui chargeait à vos côtés, j’avoue avoir pleuré dans mon sommeil durant de longues heures l’absence de ma femme. J’avoue avoir songé à toute sorte de manière de la retrouver, y compris la plus brutale. J’avoue m’être désespéré de l’impasse dans laquelle j’avançai toujours plus et en avoir appelé aux plus noirs soutiens. Mais pas une voix, pas un souffle. Puis, un soir, je trouvai enfin une porte vers la lumière.
 
 
 
Je trouvai les traces d’une force plus grande qu’aucun être n’en peut rêver. Une force à laquelle je n’ai jamais cru. Je ne puis vous expliquer la terreur qu’elle cachait ni la promesse qui était faite à celui qui l’accomplirait. Mais, dès la première seconde, je confesse l’avoir suivi, tout entière. Je comprenais enfin mieux mon père. Je comprenais ce qu’il avait pu rencontrer et pourquoi. Je décidai de libérer ce qui ne devait l’être, de sortir de terre ce qui y avait été enfoui. J’étais fou, je pense, fou de chagrin. Ivre aussi, ivre de ce trésor.
 
 
Ainsi, je franchis la frontière et, me conformant aux exigences formulées dans les mots brûlants, je visitai le lieu inconnu et creusai au loin dans la mémoire des collines. Je ne puis dire ce qui me fit face, ce qui me fut permis d’apercevoir, ce que j’osai découvrir, ni le goût immense qui envahit ma bouche. Mais je revis Eloïse et ses yeux clairs. Oui, mon ami, elle me revint ! Elle glissait autour de moi, m’enlaçait à pleine force. Mes heures n’étaient plus que doux moments et nos promenades pareilles aux pas d’anges sur un pré de lumière. Je m’endormais enlacé par sa chevelure. Je rêvais de notre fils et de son prochain retour au manoir. J’étais heureux, j’avais oublié les phrases noires et la porte que j’avais quittée entrouverte.
 
Trois jours plus tard, deux de mes métayers découvrirent le corps d’un vagabond dans une ravine. Le malheureux avait eu la gorge déchirée. Les gendarmes parlèrent de rôdeurs et me conseillèrent de me méfier. Dans un coin de la pièce, Eloïse approuva fermement. Elle était plus faible à présent, absente parfois durant de longs moments. Mais je devais vite comprendre qu’il était déjà trop tard.
 
 
Je découvris ma bonne Eugénie à l’aube du mardi suivant, près du cabanon chinois. Le cou en lambeaux, trempant dans un bain sanglant. Eloïse était affolée. Les gendarmes revinrent. Les rôdeurs toujours, dirent-ils. Quelle audace d’en être venu jusqu’aux portes du manoir ! Tout le bois de la Heurte, jusqu’au marais, fut fouillé. Mais personne ne trouva la moindre trace. Des rumeurs montaient, le nom de mon père revenait sur les lèvres. 
 
Eloïse et moi allions chaque jour jusqu’à la petite chapelle nommée « chapelle du bout du vent ». Les paysans nous lançaient des regards lointains. Et sans le prestige de ma condition, je suis certain que l’on nous aurait plutôt jeté des crachats et des pierres. Dans l’ombre du sanctuaire, j’avoue m’être repenti de toutes mes forces de mon acte insensé, serrant avec douceur la main de ma femme, suppliant la providence de m’accorder son pardon et sa protection contre ce que je savais avoir rendu libre.
 
 
Ce matin, je n’ai pu trouver Eloïse. Je pensai bien sûr à la menace et courai aux jardins. Elle était partie, Pierre, de nouveau disparue. Je ne sais si elle l’a croisé. Je n’ose chercher dans les bois de peur de l’apercevoir lui. Je crains qu’elle ne puisse revenir. Je suis à nouveau seul à la nuit tombante. Je ne sais ce qu’il adviendra à présent que cette force me guette. Je ne peux que perdre dans cette partie maléfique. Peut-être est-ce mieux ainsi ? Peut-être reverrai-je bientôt ma femme sur un pré de lumière ? Mais j’ai peur, mon ami. Peur. J’ai tenté de brûler les secrets mais c’est comme s’ils m’avaient repoussé d’un interdit immuable.
Alors je les ai cachés, car ils pourraient me permettre de ramener encore Eloïse, si la providence m’en donne la force. Je ne peux quitter Val Rebours car il me suivrait sûrement. Je me barricade à la brune tout contre mon pistolet chargé. Je ne sais que faire, je n’attends rien de personne, excepté de vous. Aidez-moi, je vous en prie. Aidez-moi, mon ami, pour l’Amour de Dieu.  
 
 
 
Votre dévoué Antoine de Nauville. »
 
     
 
Le jour se levait à peine et seule une lumière timide entrait dans la chambre de l’hôtel. Domfront posa le dernier feuillet devant lui sous le rayon de la lampe de bureau. Même s’il lisait le document pour la troisième fois, il ressentait encore ce nœud serré au niveau du ventre. Il ne pouvait toujours pas croire à la réalité de ces épais papiers de plus d’un siècle.
 
- Est-ce que tout cela a commencé il y a si longtemps ? se demanda-t-il.
 
Incapable de répondre, il se décida à prendre une douche brûlante. La traque et la tension l’avaient beaucoup fatigué mais ce n’était pas le moment de dormir, pas le moment d’arrêter les recherches. Le décor qui entourait la disparition de Vincent prenait des teintes de plus en plus inquiétantes. En s’habillant, Domfront replaça les feuillets au fond de la poche de sa veste. Puis il descendit jusqu’à un salon douillet, il était 7h30.
 
 
Deux employés terminaient tout juste d’installer les couverts pour le petit déjeuner en baillant lorsque Domfront entra dans la salle à manger. Il se dirigea vers le buffet, se servit une grande tasse de café noir et emporta un croissant. L’ambiance était calme car il était seul dans la pièce. En passant devant un présentoir, il se saisit du journal local. Il prit place près de la large baie vitrée qui couvrait toute la largeur de la salle. Par la fenêtre, il pouvait contempler un réseau de ruelles moyenâgeuses couvertes d’une fine couche de givre. Le café le réveilla quelque peu et il ne tarda pas à trouver ce qu’il cherchait dans le journal. En page deux, et en gras, un titre : « Le notaire de Sittetot-sur-Jumièges égorgé dans son cabinet ». Il lut.
 
 
 
« Le corps sans vie de Martin Dampierre, trente sept ans, a été découvert hier soir Mercredi dans le bureau de son cabinet de Sittetot-sur-Jumièges. Le notaire bien connu a visiblement été égorgé. Trois témoins auraient affirmé avoir aperçu un ou plusieurs individus s’enfuyant vers le fleuve à la faveur de la nuit. De nombreux prélèvements d’ADN ont été effectués dans et autour du cabinet de maître Dampierre mais la grande fréquentation du lieu du crime fait craindre d’importantes difficultés pour exploiter un quelconque résultat. D’après les premières observations des enquêteurs, la mort remonterait à la journée du Mardi 20 décembre et pourrait donc être contemporaine de celle de l’inconnu retrouvé ce même jour en bord de Seine, à hauteur de la Tour Grise. Aucun vol n’a encore été constaté.
Divorcé et père de deux petites filles, Martin Dampierre était devenu, depuis sa reprise du cabinet familiale en 1996, une figure locale importante. Il occupait le poste de premier adjoint au maire du village de Sittetot en charge de l’urbanisme et de l’aménagement après l’élection surprise d’une liste indépendante aux dernières élections municipales. Certaines sources proches de l’enquête s’interrogent sur un éventuel lien entre les activités politiques de Martin Dampierre et son assassinat. En effet, depuis plus de dix ans, il était également membre du comité directeur de la controversée « Geste Française » (GF) et était devenu à ce titre conseiller régional suppléant de Jean Hinon, en 2000.
 
Il affrontait, par ailleurs, depuis quelques mois des problèmes d’ordre judiciaire, devant répondre des soupçons de corruption et d’intimidation qui avaient planés sur le déroulement de la campagne de ces mêmes élections devant le tribunal correctionnel de Rouen (celui-ci, n’avait pas donné suite à l’affaire) et surtout en étant condamné pour calomnie et incitation à la haine raciale après des déclarations tenues lors d’un meeting dans la région d’Elbeuf en 2002… »
 
 
Suivaient les réactions choquées des habitants de la ville, le souvenir ému du maire et les promesses de vengeance des proches amis de Dampierre. Puis quelques précisions sur les circonstances de la découverte du cadavre : une voisine ayant remarqué que la porte du cabinet était restée ouverte alors que la nuit tombait, s’était risquée à l’intérieur. L’article était signé d’un F. Chanin.
Domfront nota le numéro de la rédaction puis replia le journal. Il ne termina pas son café. Au travers des larges vitres de la salle, les antiques ruelles semblaient prendre un peu vie. Domfront remonta dans sa chambre d’un pas vif. Marchant autour de son lit, il sortit son téléphone portable.
 
- Oui bonjour, je cherche à joindre monsieur Chanin, s’il vous plaît.       
 
- C’est à quel sujet monsieur ? interrogea une voix déformée par un chewing-gum.
 
- Des informations à transmettre, au sujet de la mort de Martin Dampierre.
 
- Il n’est pas encore joignable. Peut-être pourrait-il vous rappeler un peu plus tard dans la matinée ? Monsieur …?
 
- Domfront. Luc Domfront. Il peut me joindre à ce numéro pendant toute la journée. Qu’il appelle rapidement, je pense qu’il sera intéressé.
 
Domfront hésita quelques minutes sur la conduite à tenir. Il y avait enfin des traces mais une menace diffuse se précisait chaque instant. Il reprit le téléphone et composa le numéro de Line. Une petite voix.
 
- Allo.
 
- C’est Luc. Je vous réveille ?
 
- Oui… mais c’est pas grave. Des nouvelles de Vincent ?
 
- Pas directement. Je suis en Normandie. Est-ce que le nom de Dampierre vous dit quelque chose ?
- Non, rien. Qui est-ce ?
 
- Un homme qui vient d’être assassiné. Vous êtes sûre que vous n’avez jamais entendu ce nom ?
 
- Certaine. Mais il est mort… et il y a un rapport avec Vincent !?
 
- Je ne sais pas encore. Je pense qu’il devait le connaître. Je fais des recherches. C’est inquiétant.
 
- Je peux sûrement aider. Je n’ai rien trouvé de plus, je deviens folle à attendre… je pense à trop de choses. Je peux prendre un congé pour venir avec vous… je…
 
- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Mieux vaut qu’il reste quelqu’un à Paris. Il peut réapparaître. J’ai fait une première déclaration de disparition à la police, hier soir. Faites-en une seconde.
 
- D’accord. Si vous croyez que…
 
- On peut se tutoyer non, Line ?
 
- Bien sûr. C’est que la situation…
 
- Je comprends. Est-ce que tu pourrais m’envoyer des photos récentes de Vincent ?
 
- Pas de problème.
 
- Envoie par coursier, ce sera cher mais je te rembourserai. Je suis à l’hôtel Norois à Rouen. En les envoyant tout de suite, je devrais les recevoir avant midi. Je dois passer vérifier des renseignements à la bibliothèque.
- A la bibliothèque ?
 
- Oui, ça n’a peut-être rien à voir mais les racines de cette histoire pourraient remonter loin dans le passé. On a peut-être fait venir Vincent pour étudier des textes ou quelque chose comme ça.
 
- Ok.
 
- De toute manière, je rappellerai dans la journée.
 
- Fais attention à toi.
 
Domfront appela un troisième numéro. Celui de l’appartement de son frère. Il y avait un message, mais personne n’y parlait. Juste un souffle lointain vite coupé.
 

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