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Il avait un léger goût de poussière sur la langue. La tête lui tournait toujours un peu. Il parvint néanmoins à ouvrir les yeux et à se relever avec difficulté. La lumière du jour emplissait le couloir, mais la réalité semblait encore bien diffuse et bancale. En passant sa main sur son crâne, il sentit une bosse. On avait dû frapper fort car elle avait une bonne taille. Ses jambes étaient encore faibles mais il put tout de même se mettre debout et marcher jusqu’au salon. Ce qu’il y découvrit le surprit. Ses forces n’étant pas encore suffisantes, il se résigna à lourdement tomber sur le canapé. Une minute passa sans qu’il ne puisse vraiment réfléchir. Peu à peu, la mémoire lui revenait néanmoins avec plus de précision. Il se souvenait de la nuit précédente. Le bruit des clefs, le rayon au plafond, les intrus… et plus il se souvenait, plus il plissait les yeux, perplexe. Car il avait beau chercher, il n’y avait aucun désordre dans la pièce. Aucun objet n’avait été déplacé, aucune trace n’indiquait un quelconque cambriolage ou même une fouille des lieux. Domfront aurait pu croire avoir rêvé les évènements de la soirée s’il n’y avait eu cette bosse sur sa tête. Mais la bosse était bien là, empêchant ce qu’il voyait de le convaincre tout à fait de sa normalité. Tout cela ne pouvait être qu’une illusion. Il se leva et traversa le couloir jusqu’à la cuisine en s’aidant du mur pour assurer sa démarche. Là, il se fit couler un café noir, sûr que cette drogue lui permettrait d’y voir plus clair. Et le goût violent lui rendit en effet un peu de ses capacités. Il examina la porte d’entrée : elle non plus ne portait aucun signe d’effraction, aucune marque.
Les serrures n’avaient pas été forcées. Tout cela ne se pouvait pas. Et pourtant cela était. Domfront arpenta longtemps l’appartement mais ne découvrit rien. Comme si tout avait été oublié. Perdu et nauséeux, il revint dans le salon. La réalité lui paraissait encore plus floue qu’à son réveil, mais il ne se découragea pas. Il scrutait le sol, les murs. Il vérifiait plus attentivement le placement des objets, l’éventuelle absence de certains d’entre eux. Un grand jeu des sept erreurs. Il n’avait pas tout scruté la veille, mais il pensait pouvoir découvrir des variations. Pourtant, le temps passait et il ne remarquait toujours rien. Il s’assit de nouveau sur le canapé. Son regard continuait à se promener sur la pièce.
- Il y a une solution. Tout énigme a une solution, pensa-t-il.
Des gens étaient entrés. Il n’y avait aucun doute. Ils devaient bien avoir laissé des traces de leur passage. Il suffisait d’être attentif. Il fallait découvrir une anomalie, un signe. Il poursuivit sa recherche minutieuse pendant près de dix minutes. Seuls ses yeux bougeaient, furetaient, traquaient les objets et les reflets. Cherchant un petit quelque chose, un éclat sur la vitre trop parfaite qui couvrait la pièce. Et puis, enfin, il prit conscience d’une absence et tourna la tête. Il venait de découvrir une faute dans le tableau. Le changement était infime mais sensible : la lumière du téléphone ne clignotait plus. Il s’approcha de l’appareil. Celui-ci était éteint. Domfront le rebrancha mais il refusa de fonctionner. Il n’y avait aucune tonalité et les messages comme la mémoire étaient perdus, envolés. Le regard de Domfront glissa plus bas, vers un des tiroirs du guéridon.
Il était mal refermé et l’on distinguait un petit jour d’à peine un centimètre au niveau du premier tiroir. D’un geste rapide, il l’ouvrit. Celui-ci était tout à fait vide. Il vérifia les autres. Tous aussi vides. Il se leva et vérifia alors ceux du secrétaire. Même découverte, même vide. Il passa dans la chambre de son frère. Là aussi, tous les tiroirs étaient vidés. Il n’y avait plus un seul papier. Dans le bureau, dans la bibliothèque, plus une seule feuille. Carnet d’adresse, agenda, répertoire, notes, photos, il ne restait rien. Même le portrait du coin du frigo s’était volatilisé. Les intrus avaient emportés la mémoire du lieu.
- Et ce livre dans le bureau ? se demanda-t-il soudain.
L’étrange ouvrage qui l’avait tant surpris la veille avait lui aussi disparu. Pour la première fois, Domfront commença à ressentir l’immense danger qui semblait guetter son frère. L’absence de Vincent n’était donc pas un hasard. Il y avait une volonté derrière tout ça, il y avait un ennemi dans l’ombre. Il fallait agir. Et le plus vite possible. Luc Domfront attrapa sa veste et sortit de l’appartement à toute allure.
Monsieur Nunes dégageait alors la neige de la cour. Quand il vit Domfront sortir de l’immeuble, il posa sa pelle et lui fit un signe de la main.
- Alors, il a fini par rentrer ? demanda-t-il.
Domfront lui dit que non, mais ne mentionna pas les évènements de la nuit. Il demanda rapidement à monsieur Nunes s’il savait où se trouvait l’Institut de Langues dans laquelle son frère travaillait.
- Je dois encore avoir l’adresse dans la loge. Venez avec moi.
Pendant que monsieur Nunes cherchait l’adresse, Domfront essaya de recueillir des renseignements sur la vie et les connaissances de son frère en prenant garde de ne pas trop les alarmer. Malheureusement, les Nunes ne purent lui apprendre grand-chose : ils croisaient Vincent de loin, trois ou quatre fois par semaine, autrefois il venait souvent prendre un café ou discuter avec Lucia, mais depuis quelques mois, il semblait toujours pressé et il se contentait de quelques phrases aimables sur le temps avant de continuer sa route. Madame Nunes se souvenait l’avoir croisé en compagnie d’autres personnes, quelquefois. Mais rien de très précis. « Enfin oui, attendez, à la réflexion... », finit-elle par dire. Il y avait bien un détail dont elle se souvenait : un jour, à peu près un mois auparavant, elle avait croisé un homme qui lui avait demandé où se trouvait l’appartement de Vincent Domfront. Elle s’en souvenait parce que cet homme ne s’était pas montré très aimable et qu’il lui avait fait un peu peur. Est-ce qu’il avait quelque chose de particulier ? Oui, il semblait très pressé et puis il portait des taches brunes sur les joues. Comme celles de son neveu Rafael.
- Vous savez comme des taches de rousseur mais presque noires, précisa-t-elle en posant ses doigts sur son visage pour confirmer l’emplacement des traces.
- Voilà, je vous ai retrouvé l’adresse de l’institut, dit soudain Hector Nunes. C’est rue Saint-Jacques.
L’institut Tournier se trouvait dans un bel immeuble parisien à quelques dizaines de mètres des grilles de l’hôpital du Val de Grâce. Une vingtaine de minutes de métro avait suffit à Luc Domfront pour l’atteindre. L’endroit, typiquement haussmannien avec son allure de décor de plâtre, paraissait assez chic. Domfront poussa la porte tambour et entra. Le hall était sobre et classieux. Sans hésitation, il se dirigea vers une femme en tailleur, très affairée au dessus de son pupitre. Très pincée aussi.
- Monsieur…? dit-elle un peu sèchement, tant pour saluer que pour interroger.
Ne sachant trop comment présenter les choses, Domfront décida de faire simple. Quitte à prendre un ton un peu directif.
- Bonjour, est-ce que Vincent Domfront est là ce matin ? Il travaille dans la section langues anciennes, je crois…
La femme se détourna enfin de ses papiers et le regarda, surprise par la question.
- Je suis désolée mais monsieur Domfront ne travaille plus à l’institut.
- Comment ça, il ne travaille plus à l’institut ? Et depuis quand ?
- Je ne suis pas autorisée à vous transmettre ce genre…
- Je suis son frère, qu’est-ce que c’est que cette histoire ? s’énerva Domfront. Il n’a absolument pas prévenu de son départ.
- Dans ce cas je… je vais chercher un responsable. Si vous voulez bien attendre un instant.
La femme s’éclipsa par une porte et revint quelques secondes plus tard en compagnie d’un petit homme en costume à carreaux. Celui-ci fit un petit signe de tête vers Luc.
- Bonjour, je suis le responsable de la section Langues Anciennes. Je suis désolé, monsieur. Vincent Domfront ne travaille plus à l’institut depuis le mois dernier.
Le regard de Domfront sautait de la femme au petit homme. Après quelques secondes de stupeur, il reprit, tendu.
- Je… vous ne savez pas où il travaille à présent ? Où je pourrais le contacter ?
- J’ai bien peur que non. Il a démissionné sans plus de précision, nous n’avons eu aucune nouvelle. Pour être honnête, tout le monde ici en a été très surpris. Est-ce qu’il y aurait un problème ? Si je peux vous aider ?
- Je ne sais pas, je ne comprends pas très bien ce qui se passe. A tout hasard, il ne vous aurait pas parlé d’un projet qu’il aurait pu avoir ?
- J’ai bien peur que non.
- Tant pis. Je vous contacterai peut-être plus tard. Merci en tout cas.
Domfront les salua et quitta l’institut sous des regards incrédules. Les idées comme les craintes se bousculaient dans sa tête. Pourquoi son frère ne l’avait-il pas prévenu de sa démission ? Et pourquoi un homme aussi stable que Vincent avait-il quitté un poste dont il avait rêvé des années durant ? Luc se souvenait encore de la joie de son frère quand il avait pu décrocher son premier stage dans ce prestigieux centre de linguistique, la seule fois de sa vie où il avait vu Vincent boire que de
raison avant de monter sur une chaise et d’entonner une chanson. Il attrapa son téléphone et contacta les renseignements.- Bonjour, pourriez-vous m’indiquer les coordonnées du restaurant Le Taine, à Paris ?
Le Taine était un pub branché situé sur le côté Est de la place de la Madeleine. Luc Domfront y arriva vers 11 heures. Le lieu se couvrait de décorations brillantes et une mise en scène grandiose transformait des immeubles entiers en immenses paquets cadeaux. Après un effort de mémoire, il se rappela le terme qu’avait employé la jeune fille dans le message de la veille : « Passe me prendre à la boutique. » Des boutiques, il y en avait des dizaines, et de toutes sortes. La tâche n’était pas simple, d’autant que l’endroit était très fréquenté. Mais Domfront n’avait pas le choix. Il devait vérifier chacune d’elles. Il n’y avait pas d’autre plan. Il commença donc sa recherche. Stratégie simple : il entrait dans les magasins et disait chercher Line. On lui adressait des regards tour à tour agacés, amusés ou soupçonneux. Il n’y avait jamais de Line, bien sûr. D’ailleurs s’il y en avait eu une, il n’était pas certain que ce fût la Line du message. Le temps passait et il commençait à désespérer de ne jamais la découvrir. Il avait visité près d’une vingtaine de magasins, sans succès, et redoutait de plus en plus que la fameuse boutique ne se trouve pas sur la place elle-même mais dans quelque rue parallèle. Et dans ce cas, il lui faudrait des jours pour localiser l’endroit. Il continua néanmoins sa recherche avec acharnement. Et la chance lui sourit enfin.
Alors qu’il entrait dans une parfumerie en demandant à une jeune femme à voir Line, celle-ci lui répondit, un peu inquiète :- C’est moi.
- Vous êtes l’amie de Vincent ? enchaîna-t-il.
- Oui… est-ce que nous nous connaissons ?
- Je suis son frère, Luc.
Enfin, le visage de la jeune fille se détendit.
- Ah ! Bonjour ! Excusez-moi, mais je pensais que vous viendriez plus tard. Vincent n’est pas avec vous ? demanda-t-elle, sourire aux lèvres.
- Non… justement. Vous ne savez pas où il est ? Je suis à Paris depuis hier et je n’ai pas pu le joindre, il n’est pas chez lui.
- Il n’est pas chez lui ? demanda Line très intriguée.
- Non et je commence vraiment à m’inquiéter. Je ne sais pas vraiment où le chercher.
- Vous avez essayé à son travail, à l’Institut ?
- Oui. Ils ne savent pas où il est, répondit Domfront sans préciser ce qu’il avait appris.
- Ca ne ressemble pas du tout à Vincent de disparaître sans donner de nouvelles.
Des clients commençaient à former une file à la caisse et des appels montaient. Line jeta un coup d’œil dans son dos et remarqua le geste rapide d’une de ses collègues à son adresse.
- Désolée… je… je vais m’arranger pour partir le plus tôt possible. Si vous voulez, vous pouvez m’attendre au pub à côté, je fais vite.
- D’accord.
« Bonjour, vous êtes bien sur la boite vocale de… »
Domfront coupa la ligne. Il était toujours impossible de joindre Vincent. Le Taine se remplissait avec lenteur. Il y avait déjà près de dix minutes qu’il était installé à une table, attendant Line. Il essayait de ne pas trop penser, d’attendre de nouveaux éléments. Il s’aperçut pourtant que sa main tremblait un peu sur la table. Depuis la veille, il refusait de s’avouer qu’il avait peur, mais ce moment d’attente et de calme lui révélait soudain sa faiblesse. Et Luc Domfront détestait cela. Il ne devait pas trembler s’il voulait retrouver Vincent. D’ailleurs, il avait connu des situations bien pires. « Oui, bien pires », se répétait-il. Sa vie avait déjà été en danger. Son métier l’avait forcé à se mettre en jeu. Et il avait bien souvent failli perdre.
- Ne pas se laisser impressionner par l’inconnu, dit-il à haute voix.
Mais il sentait bien qu’il ne pouvait pas suivre sa propre recommandation. Car à présent, ce n’était plus lui qui était en danger mais son frère. Et pour son frère, il ne pouvait arrêter le tremblement de sa main. Il ne pouvait voir les évènements avec calme et raison. « Mais où est-il ? », hurlait Domfront dans son crâne. « Où ? ». Et ses questions reprenaient de plus belle : Qui s’était introduit rue Doré ? Et pourquoi ? Il ne pouvait s’agir d’une coïncidence.
L’intrusion était forcément liée à la disparition de Vincent. C’est peut-être cela qui était le plus inquiétant. Et le livre ? Qu’était-il exactement ? L’avait-on laissé là exprès ? Et si oui, qui ? - Excusez-moi, ce n’était pas très facile de partir avec autant de monde…
Line s’installa en face de Domfront. Elle lui parut plus jeune que dans la boutique. Ses cheveux courts plaqués en arrière et son maquillage un peu trop vif lui donnaient l’air d’une étudiante se préparant à sortir un samedi soir.
- Alors ? demanda-t-elle.
- Alors, pas grand-chose. Impossible de trouver Vincent. Impossible de le joindre.
- Vous pensez qu’il a pu avoir un accident ?
- C’est possible. Mais je pense que quelqu’un aurait appelé chez lui ou nous aurait prévenus, vous ou moi.
- Alors qu’est-ce que… ?
- Je n’en sais rien, avoua Luc. Est-ce que Vincent vous a parlé d’un voyage ou d’un travail à faire qui pourrait expliquer son absence ?
- Non. Il ne m’a rien dit.
- Quand l’avez-vous vu pour la dernière fois ?
- Je l’ai vu Dimanche. Il était venu passer la nuit chez moi.
- Déjà trois jours.
- Mais je lui ai parlé au téléphone Lundi, précisa la jeune fille après un temps.
- Vers quelle heure ?
- En début d’après-midi, je crois. On a fixé un rendez-vous pour aujourd’hui. Il m’a dit qu’il amènerait son grand frère. Il était très content.
- Est-ce qu’il vous a dit d’où il appelait ?
- Comment ça, d’où il appelait ? demanda la jeune fille, visiblement surprise. Mais de l’institut bien sûr ! Il travaillait.
- Ecoutez, je préfère vous dire que j’ai appris ce matin que Vincent ne travaillait plus chez Tournier depuis près d’un mois.
- Quoi ?
Domfront regardait le visage inquiet de Line.
- Il ne vous l’avait pas dit ? demanda-t-il avec douceur.
- Non…
La jeune fille se décomposait à vue d’œil. Elle eut le réflexe de plonger une main dans son sac, sûrement pour saisir un paquet de cigarettes, mais se ravisa finalement. Il reprit, d’un ton neutre.
- Est-ce qu’il avait des ennuis ?
- Je… je ne crois pas. En tout cas, il n’en a jamais parlé et je n’ai rien remarqué. Vous croyez qu’il lui est arrivé quelque chose ?
- Je ne sais pas. Avez-vous noté des choses bizarres, surprenantes ces derniers temps ?
Line secoua la tête.
- Non. Rien depuis que nous nous connaissons.
- Et ça fait longtemps ?
- Trois mois. On s’est rencontré chez un bouquiniste des quais de Seine. Je cherchais des vieilles reproductions d’affiches, il m’a conseillé. On s’est tout de suite entendu…
Un timide sourire tenta de percer le visage dur de Domfront à l’évocation des techniques de séduction de son frère. Mais il resta impassible, concentré sur tout fil qu’il pourrait saisir.
- Est-ce qu’il vous a présenté des gens, des amis qui auraient des renseignements ?
- Pas vraiment, juste deux ou trois collègues de l’institut, mais ils n’étaient pas intimes. On voit surtout des amis à moi… de l’université.
Line étouffa un sanglot. Brièvement. Puis elle se reprit et se força même à sourire. Domfront continua.
- Vous ne connaîtriez pas quelqu’un, dans son entourage, qui porterait des taches de rousseur très marquées ?
- Non.
Tous deux étaient assez désemparés. L’agitation du pub contrastait avec le calme de leur table.
- Est-ce qu’on ne devrait pas prévenir la police ? demanda Line.
- Il est trop tôt, ils vont s’en foutre. Surtout que vous ne viviez pas ensemble et que je ne l’ai pas revu depuis bien longtemps. Il faut tout faire pour le retrouver sans perdre de temps. Si vraiment on n’obtient rien aujourd’hui, on ira voir la police.
Line approuva de la tête.
- Je pourrais appeler tous les gens qui le connaissent ? proposa Line. Peut-être quelqu’un saura-t-il quelque chose. Et les hôpitaux, au cas où.
- Oui. C’est ce qu’il faut faire. De mon côté, je vais poursuivre les recherches. Appelez-moi si vous trouvez du nouveau, on fera le point. Voilà mon numéro. Donnez-moi le vôtre aussi.
Ils se levèrent tous les deux.
- Vous êtes sûre de pouvoir vous débrouiller ? demanda Domfront.
- Je pense, répondit la jeune fille dans un souffle. Elle leva les yeux vers Domfront et dit : « vous croyez que… »
La phrase de Line resta en suspens alors qu’ils échangeaient un regard.
- Ce qu’il faut, c’est le retrouver. C’est tout ce qui importe, répondit finalement Luc.
Elle approuva doucement. Elle paraissait si bouleversée que Domfront se félicita de ne pas lui avoir parlé des évènements de la nuit précédente.
- Une dernière chose, est-ce que mon frère vous a parlé d’un livre qu’il était en train de lire ?
- Un livre ? Vincent lit toujours des tas de livres…
- Oui, mais un livre particulier. A propos de légendes, de « créatures de peur » ?
- « Des créatures de Peur » ? Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda la jeune fille.
Domfront ne répondit pas. Il n’aurait pourtant eu qu’à décrire les formes qui peuplaient alors son esprit.
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