- Mais qu'est-c'que tu fous?!
Qu'il peut être pénible...
- Ben alors, tu réponds?
... et exigeant...
- Putain, mais tu fais quoi?!
Dites-moi que vous aussi vous le trouvez exaspérant...
Le silence... Je rêve de silence... Ne rien dire, rester muet. Une tombe.
Mais le type persévère. Le répondeur va finir pas être saturé. Ce serait embêtant.
- J'sais bien qu't'es là! Réponds, merde!
Et c'est reparti. Vous pensez qu'il va finir par se lasser?
Pourquoi ne laisse t-il pas un message, je veux dire un vrai message : un ensemble structuré, une information, un début, une fin?
Je l'imagine très bien : une Peter à la main gauche, le combiné dans l'autre, assis dans son fauteuil en velours vert. Très vintage d'ailleurs ce fauteuil.
- Bordel de merde, tu fais chier!
Un vocabulaire varié..., mais qui garde une cohérence.
Il doit boire un whisky. Je l'entends déglutir à chaque gorgée. Un sacré verre!
- T'as intérêt à avoir la thune!
Nous y voilà! Une information à se mettre sous la dent! Qu'il ne s'inquiète pas : l'argent est là, sur la table d'entrée, dans le couloir. La journée aura été rentable.
- Je t'envoie Giorgio. Tu vas moins faire la maline.
Giorgio... Le type est un mastodonte. Il est borgne. Je n'ai jamais su de quelle façon il avait perdu son oeil gauche. Ne le saurai-je jamais?
Les minutes s'égrènent... lentement...
Des coups frappent à la porte. Giorgio hurle mon nom, et très vite, ladite porte n'est plus. Je l'entends ramasser des billets dans l'entrée.
Ca y est, Giorgio est là. Il me regarde dans les yeux? Vous pensez comme lui, n'est-ce pas? Il ne m'adresse pas un mot... Mais ce mufle s'empare de mon téléphone.
- Tonio? Oui, c'est moi, Giorgio. J'ai récupéré la liasse, mais ta pute s'est fait planter.