Un petit bonheur
Finissant passablement heureux son repas, il eu soudain l'impulsion de passer un coup de téléphone. Par chance, il y avait une cabine de libre dans le restaurant, solitaire voyant vert parmi quatre rouges. Il entra, referma derrière lui et opacifia la vitre, puis il tapa TABATA.
"- Bonjour, fit une voix sensuelle et féminine. Virtuel ou visio, chéri?"
Il sortit de la bulle une demi-heure plus tard. La cabine ovoïde se retourna pour un nettoyage complet d'une minute, puis se repositionna pour accueillir une autre personne. Une femme entra juste après. Dehors, une légère brise se levait, un soleil éblouissant dardait de ses rayons les passants. Il était 12h30 et son rendez-vous à 15h. Dans ce contexte, il décida de flâner.
"- Je vois que vous n'avez pas eu de rapports depuis un certain temps, citoyen Ivanovitch.
- Effectivement mais cela ne me manque pas. Je suis un adepte du virtuel. Je suis en train d'expérimenter le nouveau Monica L. Il est fantastique.
Ah bon? J'irais peut-être y faire un tour. Toutefois, pour revenir à notre sujet, je vais vous faire une ordonnance pour des rapports rapprochés avec une de nos spécialistes. Cela vous fera le plus grand bien."
Ivan acquiesça puis monta à l'étage supérieur où son dossier avait été transmis par le réseau interne. Il s'assit dans la salle d'attente multiservices où il eu le loisir de discuter avec un vieux. Celui-ci était venu pour des problèmes de santé physique. En effet, les patients d'une maison du bien être humain se faisaient soigner pour des causes bien diverses. Le bien être dont il était question était autant moral que physique.
Le vieux argumenta que l'on ne pouvait s'occuper de cette façon du bien être moral. En laissant de côté le problème de définition bien compliqué, il ajoutait que la société ne pouvait se substituer à l'homme pour ce genre de besoin. Elle n'était là que pour prédisposer à la recherche de ce besoin par un bon cadre de vie. C'est pourquoi il ne profitait jamais des ordonnances dans ce domaine, mais les donnaient à son fils. " Ça fait toujours un heureux. Et puis à mon age.."
Au retour, Ivan regarda sa montre: Il était 18h00. Il se proposa d'aller faire un petit tour dans un parc avant sa fermeture. Celui qu'il choisit passait un vieux tube de Lauren Hill, du vingtième siècle. l'IA dirigeant ce parc adorait la chanteuse et avait créé, pour preuve de sa fervente admiration, un petit musé à son honneur: reliques(protégées par un champs de force), statues, végétaux sculptés. Il acheta à manger un kebab puis décida de rentrer. Un temps nouvellement couvert l'accompagna.
Ce soir-là en pénétrant dans ses appartements, il ne sut pourquoi, il se sentit enfermé. La surface n'avait pourtant pas diminué. Mais heureusement, les coups de cafards n'étaient que passagers. Il avança jusqu'à une commode située dans sa chambre, ouvrit un tiroir et en sortit une boite: "la mélodie du bonheur".
Les nuages s'écartèrent et un flot de soleil entra dans l'appartement.
FIN