Ce matin, j'ai oublié d'ouvrir les yeux
– Ce qui, d'ordinaire, ne m'arrive jamais –
J'ai glissé jusqu'au grand lit, ma place était tiède
Mon mari, près de moi, murmurait des salades
La folie, contre mon corps, s'animait
Je la tâtai et m'allongeai en creux
Cherchai le goût du miel en son tort
En son fort – intérieur – la passerelle qui s'endort
Ce matin, j'ai tant crû ouvrir les yeux
Mon mari, dans mon coeur, se regardait
Mais je plongeai son regard dans la transe
Ma peau était rance et mon souffle dense
Adieu poussière, oublie-moi rien qu'un instant
J'ai pris la tangente, ne t'ai pas vue à temps
J'en rigole à présent, étreins la vie
Et attends mon mari au bord du grand lit
Adieu poussière, oublie-moi rien qu'un instant
J'ai pris la descente, ne t'ai pas vue monter
J'en pleure maintenant, éteins la nuit
Allume la folie, cette garce éméchée
Les yeux écarquillés, la prise dans les dents
Les doigts écorchés dans ce décor – utopie.