In Libro Veritas

Les Chants d'AïmalUn

Par jean-baptiste Fouco

Cette oeuvre est mise à disposition du public sous un Contrat Creatives Commons (by-nc-nd)

Vous êtes en mode de lecture plein écran. Cliquez sur le lien suivant si vous souhaitez afficher la version classique de cette oeuvre

Table des matières
Que pensez vous de cette oeuvre ?

Poèmes pour une OrchidEé

    Amante
 
 
Où les entraînes- tu les âmes prisonnières
Des corps que tu façonnes au silex de tes mots
Tes nuits disent en sourdine des messes enfiévrées
Ta langue est enflée des baisers d’infortune
Des peaux amères sucrées que retissent tes mains
Les roses que tu plantes dans nos cœurs vagabonds
Se nourrissent du sang qui agite nos veines
Tu travailles nos chairs comme le vent la mer
Comme un souffle furieux brasseur de nos passions
Tu fais perler nos rêves du suc de tes fleurs
Tu ris dans le cristal qui devine nos songes
Amante insaisissable faucheuse des désirs
Ton sexe fixement  scrute nos jouissances
Derrière les lèvres closes des torrents d’impudeurs
Dans un bouillonnement qui t’arrache le ventre
Toutes les eaux de ton corps…
    « C’est beau l’amour »
 
A OrchidéE, vierge sombre.
 
L’Amour c’est la guerre !
Contre nous même, contre les autres, contre nos bassesses et nos dévoiements.
C’est le feu du ciel qui brise les certitudes, c’est le sacrifice de nos egos hypertrophiés, c’est le chemin de croix sous la couronne d’épines.
C’est l’arme ultime contre le pire des maux, l’espérance…
 
Quelle prière murmures- tu
Orante de l’amour
Ton cœur bat-il à sa parole
Ta peau s’irise sous ses yeux
Rêve de miel et de fleurs
 
Les mains plaquées sur ta poitrine
Le ventre collé au tien
Dans les sueurs sucrées salines
Le cœur qui tremble sous le sein
 
La fièvre qui brise la voix
Le ressac du corps haletant
Comme une vague qui vient et va
Dans les entrailles de l’instant
 
Cette fureur qui te pénètre
Cette lame chauffée à blanc
Ce cri jeté par la fenêtre
Souffle sifflant entre les dents
 
La douleur qui monte d’en bas
Le corps qui s’écarte en deux
L’éclair qui jaillie et foudroie
Cette brûlure dans le creux
 
La chair exulte de la chair
La chair la chair toujours violée
Dans les méandres ou tout se perd
Ivresses ivresses abandonnées.
Chanson pour une nuit
 
Fille voilée le coeur des anges
Transpire sous le ciel sanglant
Dans la venelle où va la fange
Crève l’amour dans le tourment
Le pied qu’accroche le malheur
L’incertitude des nuits grises
La corde qui pend le bonheur
Râle du plaisir qui dégrise
L’œil blanc et lourd cherche le rêve
La main sous la jupe s’agite
Le cœur brisé attend la trêve
Le mort vivant qui ressuscite
Ballade des enfants paumés
Voix cassées de l’habitude
Corps tordus soumis pliés
La mort unique certitude
Voile gonflée sous le vent fort
La mer écumante de rage
T’ouvre ses eaux ultime port
Amante du dernier naufrage…
    Dans ta main
 
Je suis dans ta main
Ce cœur noyé par l’amertume
De peaux suintantes sous les lunes
Je suis dans ta main
L’espérance vaincue
Le rêve dégrisé aux marges oublieuses
Des mondes de mémoires
Je suis dans ta main
La ligne qui s’efface
Entre cœur et destin
Entre trame et trace
Ombre déliée du corps
Corps tordu sous la blanche caresse
Obole incertaine
De ta main.
    Parle
 
Parle-moi avec tes doigts
Tes doigts diseurs des mots
Amants des feuilles
Amants des peaux
Musiciens
Magiciens
Doigts déliés déliants
Le mot la peau
Faiseurs de rondes
Faiseurs de mondes
Parle-moi avec tes doigts
Sur la page de ma peau
Ecris tes mots
Caresse-moi
 
 

    
    Donne
     
     
    Donne-moi ta bouche
    Donne-moi ton souffle
    Donne-moi ta voix
    Entière belle et nue
    Donne-moi
    Donne-toi
    Ouvre-toi
    Livre-toi
    Neuve pure souveraine
    Que nul jamais ne toucha
    Je te toucherai
    Sans retenue vers toi je viendrai
    Claire vierge présente
    Limpide fauve brûlante
    Promise oui promise
    Silence des caresses
    Baisers mordus
    Morsures qui baisent
    Baisers rendus
    Peaux sur peaux confondues
    Sexes épousés
    Epouse amour amant
    Donne-moi ta bouche
    Ton souffle
    Ta voix
    Embrasse-moi
Double
 
 
 
Cha’ de jour
OrchidéE de nuit
Viens démêler dans mes bras
De nos peaux
L’inextricable écheveau.
ELLE EST BELLE !


Lune sombre
Troublante troublée
Echo résonnant de mon âme
Qui toujours a le dernier mot
Cœur tremblant
Dans la chambre close
Prière de l’amour
Les mots pour enfanter le corps
Chairs frissonnantes
Sous les doigts
Des lèvres aux lèvres parcourues
Peau que perle le rêve
Quand éclate le sanglot
Du corps tendu
Sous l’unique caresse
Exfoliation
 
Je bannirai toutes clémences
J’aurai pour toi le corps cinglant
J’arracherai des nuits de glace
Tes rires gémissants de douleurs
Cette explosion dedans ton ventre
Comme la grenade trop mûre
Mille éclats mille couleurs
Brasiers fumants dans la nuit morte
Le cri strident d’un hallali
Je suis le feu et l’assassin
La dent mordante sous le sein
La totale inconvenance
Des remugles des jouissances
Cogner cogner à perdre peines
Brasser l’or des concupiscences
Mourir pour renaître peut-être
Porter le coup à l’innocence
Rugir comme le fauve en rut
Sur cette peau qui pleure le sang
Dans le désir et le tourment
L’énamourée
     
    Princesse enamourée
    Livrée à l’encan des désirs
    Promise aux pires du destin
    Promise au fer de l’assassin
    Promise aux remises dorées
    Enfant
    Bafouée
    
    Blessée
    Meurtrie
    Pourtant oh pourtant
    Hurlent les vents sur les granits
    Quand la camarde cruelle nourricière
    Gaveuse des charniers de l’innocence
    S’émeut et pleure
    Les cœurs souillés par l’indécence
    Pourtant Ô pourtant
    Au temple secret gardé par les chimères
    Où nul jamais ne vit les lumières du jour
    Dans l’alcôve sans retour
    J’ai dis sur ton corps les prières
    Les mots défunts
    Les notes mortes
    En contrepoint aux anathèmes
    Les ailes de la nuit seront nos messagères
    Nous rêverons sous le blanc linceul
    Epaves sur la mer des gisants.
La nef
 
La nef au fils de tes eaux
Je souffre
En dedans
Je souffre OrchidéE
Tu me parles je souffre
Tu fais silence je souffre
Pourquoi, pourquoi
Dans une lutte fratricide j’ai tué AïmalUn
J’ai cru
Mais toujours il est là
Au fond à l’intérieur
Chaque nuit il tient mon œil ouvert
Il fait danser ton ombre sur les murs
Tu auras ma peau OrchidéE
Tu as déjà ma peau
Tu me dépèces
Regarde ma chair à vif
Où jouissent tes ongles
Tes doigts glissent
Saisissent puisent ma force
Tu te nourris de moi
Tu me fais naître et mourir
Renaître pour mourir encore
Je suis l’enfant l’amant le vieillard
Je suis le gré et le hasard
La nef au fils de tes eaux
La parole que tu gifles
Tes lèvres closes sur les miennes
Au diable les mots
Silence
Nos langues nos doigts nos peaux
Disent mieux que l’oracle
OrchidéE !
La Quadrature de Cha’.
 
 
Cœur Hanté Assoiffé Rieuse Langue Orgue Triste Terre Envoûtée
     
Crieuse d’amour oscillante entre humide et seC
Hurleuse des mots qui fouillent oH
Ame née des eaux que la lave échaudA
Rêveuse vivace des nuits fille du jouR
L’or de tes prunelles lance l’envol
Oiseau chanteur des la si dO
Ton œil brise les miroirs qui mentenT
Terre des mémoires qui renaissenT
Eternelle amante du faunE
    LEVER EN RAYURES BLEUES
     
     
    De mes nuits prisonnière
    Que les matins éclairent
    Tu lèves en rayures bleues
    Le marine et l’écume
    L’étrange coïncidence
    D’un songe et de tes bras
    Chut
    Viens
    Danse avec moi !
    Prière pour un amour.
     
     
    Creuse, creuse,
    OrchidéE !
    Esprit troublant qui trouble.
    Cœur malade des maladresses,
    Dans le confus et le sombre.
    Corps qui tremble.
    Peau qui pleure.
    Doigts crispés sur l’illusion des éblouissances.
    Que retiens-tu, au fond du ventre de douleurs,
    Le mal qui ronge ?
    Fantômes qu’étreignent tes cuisses,
    Dans la solitude des draps.
    L’œil qui dit la tristesse des soirs.
    La main qui cherche la forme impensable.
    Frêle et coriace comme l’ortie,
    Comme la fleur du diable,
    Rieuse des souffrances.
    Princesse courtisée des âmes de faiblesses,
    Qui pose, qui parade !
    A l’heure où s’efface le fard,
    Dans la chambre solitaire,
    L’enfant qui pleure ;
    L’enfant, toi, ma sœur !
    Insoutenable face à face.
    La blessure dans le cœur,
    Le cœur posé dans la main,
    Offrande des sacrifices.
     
    OrchidéE du pays des délices
    L’ombre brune glisse
    Quand dans le gris se meurt le jour
    Mourante oh mourante promesse de l’amour.
Sanglots
 

Tu livres ton sexe aux pillards
Dans les nuits bleues
Du grand berger
Le sexe écarquillé
Œil qui scrute la tombe
Renifleuse de gibier
Chienne fumante des terres givrées
Lèvres avides
Peaux suantes
Et le désir que tu assassines
Dans le détour de l’instant rêvé
Tu donnes le coup de dents
Aines polies qui s’ensanglantent
Tu ris de l’outrage et du fard
Quand la nuit devient trop tard
Que les chairs se lamentent
Dans de vagues sanglots
Putain de la dernière heure
L’amant qui se décompose
Ombre dans le miroir
Corps mouillant la crasse du drap
Tu rêves alors de dentelles
L’amour sous le bras
L’oiseau sans ailes
Et le soubresaut du cœur
Qui meurt.
    Ta main
     
    Regarde, j’ai gardé ta main,
    Ta main blanche et belle,
    On dirait une main d’ange,
    Celle que l’on voit sur les statues d’albâtre dans les églises.
    Belle et pure…
Tu Es
 
 
 
Tu es la putain multicolore
Couleur des désirs mutilés
L’orgasme dans les décors
De tes œuvres inachevées
Tu es l’impie qui abandonne
La nuit à l’outrage du jour
Avec de faux air de madone
Les peaux suantes de l’amour
Tu es le geste factuel
La caresse comme une obole
Le baiser au goût de sel
Je crèverais dans tes rigoles
Tu es le feu au creux du rein
La supplique au cœur des corps
Les larmes froides du matin
L’espoir d’aimer qui se rendort
Tu es diva de ton spectacle
Le grand théâtre de ta vie
Buvant la parole d’oracles
Qui te refilent les paradis
Tu es la sente sous l’orage
Gonflée des eaux de l’infortune
La brume derrière le mirage
La solitude inopportune
Pleure  tes humeurs dilatoires
Qui foutent le cafard au temps
Le gris dans l’éclat des miroirs
Je m’en fiche maintenant
Je m’en fiche…
    
    Vers Toi
 
    Vers toi je vogue
    De mer en terre
    De cœur en cœur
     
    Pourquoi je t’aime
    De ciel en mer
    Comme un poème
     
    Cœur qui soupire
    De terre en moi
    L’arôme amer
     
    Jamais plus jamais
    Je ne passerai
    Charlotte OrchidéE