Poèmes pour une OrchidEé
Amante
Où les entraînes- tu les âmes prisonnières
Des corps que tu façonnes au silex de tes mots
Tes nuits disent en sourdine des messes enfiévrées
Ta langue est enflée des baisers d’infortune
Des peaux amères sucrées que retissent tes mains
Les roses que tu plantes dans nos cœurs vagabonds
Se nourrissent du sang qui agite nos veines
Tu travailles nos chairs comme le vent la mer
Comme un souffle furieux brasseur de nos passions
Tu fais perler nos rêves du suc de tes fleurs
Tu ris dans le cristal qui devine nos songes
Amante insaisissable faucheuse des désirs
Ton sexe fixement scrute nos jouissances
Derrière les lèvres closes des torrents d’impudeurs
Dans un bouillonnement qui t’arrache le ventre
Toutes les eaux de ton corps… « C’est beau l’amour »
A OrchidéE, vierge sombre.
L’Amour c’est la guerre !
Contre nous même, contre les autres, contre nos bassesses et nos dévoiements.
C’est le feu du ciel qui brise les certitudes, c’est le sacrifice de nos egos hypertrophiés, c’est le chemin de croix sous la couronne d’épines.
C’est l’arme ultime contre le pire des maux, l’espérance…
Quelle prière murmures- tu
Orante de l’amour
Ton cœur bat-il à sa parole
Ta peau s’irise sous ses yeux
Rêve de miel et de fleurs
Les mains plaquées sur ta poitrine
Le ventre collé au tien
Dans les sueurs sucrées salines
Le cœur qui tremble sous le sein
La fièvre qui brise la voix
Le ressac du corps haletant
Comme une vague qui vient et va
Dans les entrailles de l’instant
Cette fureur qui te pénètre
Cette lame chauffée à blanc
Ce cri jeté par la fenêtre
Souffle sifflant entre les dents
La douleur qui monte d’en bas
Le corps qui s’écarte en deux
L’éclair qui jaillie et foudroie
Cette brûlure dans le creux
La chair exulte de la chair
La chair la chair toujours violée
Dans les méandres ou tout se perd
Ivresses ivresses abandonnées.
Chanson pour une nuit
Fille voilée le coeur des anges
Transpire sous le ciel sanglant
Dans la venelle où va la fange
Crève l’amour dans le tourment
Le pied qu’accroche le malheur
L’incertitude des nuits grises
La corde qui pend le bonheur
Râle du plaisir qui dégrise
L’œil blanc et lourd cherche le rêve
La main sous la jupe s’agite
Le cœur brisé attend la trêve
Le mort vivant qui ressuscite
Ballade des enfants paumés
Voix cassées de l’habitude
Corps tordus soumis pliés
La mort unique certitude
Voile gonflée sous le vent fort
La mer écumante de rage
T’ouvre ses eaux ultime port
Amante du dernier naufrage…
Dans ta main
Je suis dans ta main
Ce cœur noyé par l’amertume
De peaux suintantes sous les lunes
Je suis dans ta main
L’espérance vaincue
Le rêve dégrisé aux marges oublieuses
Des mondes de mémoires
Je suis dans ta main
La ligne qui s’efface
Entre cœur et destin
Entre trame et trace
Ombre déliée du corps
Corps tordu sous la blanche caresse
Obole incertaine
De ta main.
Parle
Parle-moi avec tes doigts
Tes doigts diseurs des mots
Amants des feuilles
Amants des peaux
Musiciens
Magiciens
Doigts déliés déliants
Le mot la peau
Faiseurs de rondes
Faiseurs de mondes
Parle-moi avec tes doigts
Sur la page de ma peau
Ecris tes mots
Caresse-moi
Donne
Donne-moi ta bouche
Donne-moi ton souffle
Donne-moi ta voix
Entière belle et nue
Donne-moi
Donne-toi
Ouvre-toi
Livre-toi
Neuve pure souveraine
Que nul jamais ne toucha
Je te toucherai
Sans retenue vers toi je viendrai
Claire vierge présente
Limpide fauve brûlante
Promise oui promise
Silence des caresses
Baisers mordus
Morsures qui baisent
Baisers rendus
Peaux sur peaux confondues
Sexes épousés
Epouse amour amant
Donne-moi ta bouche
Ton souffle
Ta voix
Embrasse-moi
Double
Cha’ de jour
OrchidéE de nuit
Viens démêler dans mes bras
De nos peaux
L’inextricable écheveau.
ELLE EST BELLE !
Lune sombre
Troublante troublée
Echo résonnant de mon âme
Qui toujours a le dernier mot
Cœur tremblant
Dans la chambre close
Prière de l’amour
Les mots pour enfanter le corps
Chairs frissonnantes
Sous les doigts
Des lèvres aux lèvres parcourues
Peau que perle le rêve
Quand éclate le sanglot
Du corps tendu
Sous l’unique caresse
Exfoliation
Je bannirai toutes clémences
J’aurai pour toi le corps cinglant
J’arracherai des nuits de glace
Tes rires gémissants de douleurs
Cette explosion dedans ton ventre
Comme la grenade trop mûre
Mille éclats mille couleurs
Brasiers fumants dans la nuit morte
Le cri strident d’un hallali
Je suis le feu et l’assassin
La dent mordante sous le sein
La totale inconvenance
Des remugles des jouissances
Cogner cogner à perdre peines
Brasser l’or des concupiscences
Mourir pour renaître peut-être
Porter le coup à l’innocence
Rugir comme le fauve en rut
Sur cette peau qui pleure le sang
Dans le désir et le tourment
L’énamourée
Princesse enamourée
Livrée à l’encan des désirs
Promise aux pires du destin
Promise au fer de l’assassin
Promise aux remises dorées
Enfant
Bafouée
Blessée
Meurtrie
Pourtant oh pourtant
Hurlent les vents sur les granits
Quand la camarde cruelle nourricière
Gaveuse des charniers de l’innocence
S’émeut et pleure
Les cœurs souillés par l’indécence
Pourtant Ô pourtant
Au temple secret gardé par les chimères
Où nul jamais ne vit les lumières du jour
Dans l’alcôve sans retour
J’ai dis sur ton corps les prières
Les mots défunts
Les notes mortes
En contrepoint aux anathèmes
Les ailes de la nuit seront nos messagères
Nous rêverons sous le blanc linceul
Epaves sur la mer des gisants.
La nef
La nef au fils de tes eaux
Je souffre
En dedans
Je souffre OrchidéE
Tu me parles je souffre
Tu fais silence je souffre
Pourquoi, pourquoi
Dans une lutte fratricide j’ai tué AïmalUn
J’ai cru
Mais toujours il est là
Au fond à l’intérieur
Chaque nuit il tient mon œil ouvert
Il fait danser ton ombre sur les murs
Tu auras ma peau OrchidéE
Tu as déjà ma peau
Tu me dépèces
Regarde ma chair à vif
Où jouissent tes ongles
Tes doigts glissent
Saisissent puisent ma force
Tu te nourris de moi
Tu me fais naître et mourir
Renaître pour mourir encore
Je suis l’enfant l’amant le vieillard
Je suis le gré et le hasard
La nef au fils de tes eaux
La parole que tu gifles
Tes lèvres closes sur les miennes
Au diable les mots
Silence
Nos langues nos doigts nos peaux
Disent mieux que l’oracle
OrchidéE !
La Quadrature de Cha’.
Cœur Hanté Assoiffé Rieuse Langue Orgue Triste Terre Envoûtée
Crieuse d’amour oscillante entre humide et seC
Hurleuse des mots qui fouillent oH
Ame née des eaux que la lave échaudA
Rêveuse vivace des nuits fille du jouR
L’or de tes prunelles lance l’envol
Oiseau chanteur des la si dO
Ton œil brise les miroirs qui mentenT
Terre des mémoires qui renaissenT
Eternelle amante du faunE
LEVER EN RAYURES BLEUES
De mes nuits prisonnière
Que les matins éclairent
Tu lèves en rayures bleues
Le marine et l’écume
L’étrange coïncidence
D’un songe et de tes bras
Chut
Viens
Danse avec moi !
Prière pour un amour.
Creuse, creuse,
OrchidéE !
Esprit troublant qui trouble.
Cœur malade des maladresses,
Dans le confus et le sombre.
Corps qui tremble.
Peau qui pleure.
Doigts crispés sur l’illusion des éblouissances.
Que retiens-tu, au fond du ventre de douleurs,
Le mal qui ronge ?
Fantômes qu’étreignent tes cuisses,
Dans la solitude des draps.
L’œil qui dit la tristesse des soirs.
La main qui cherche la forme impensable.
Frêle et coriace comme l’ortie,
Comme la fleur du diable,
Rieuse des souffrances.
Princesse courtisée des âmes de faiblesses,
Qui pose, qui parade !
A l’heure où s’efface le fard,
Dans la chambre solitaire,
L’enfant qui pleure ;
L’enfant, toi, ma sœur !
Insoutenable face à face.
La blessure dans le cœur,
Le cœur posé dans la main,
Offrande des sacrifices.
OrchidéE du pays des délices
L’ombre brune glisse
Quand dans le gris se meurt le jour
Mourante oh mourante promesse de l’amour.
Sanglots
Tu livres ton sexe aux pillards
Dans les nuits bleues
Du grand berger
Le sexe écarquillé
Œil qui scrute la tombe
Renifleuse de gibier
Chienne fumante des terres givrées
Lèvres avides
Peaux suantes
Et le désir que tu assassines
Dans le détour de l’instant rêvé
Tu donnes le coup de dents
Aines polies qui s’ensanglantent
Tu ris de l’outrage et du fard
Quand la nuit devient trop tard
Que les chairs se lamentent
Dans de vagues sanglots
Putain de la dernière heure
L’amant qui se décompose
Ombre dans le miroir
Corps mouillant la crasse du drap
Tu rêves alors de dentelles
L’amour sous le bras
L’oiseau sans ailes
Et le soubresaut du cœur
Qui meurt.
Ta main
Regarde, j’ai gardé ta main,
Ta main blanche et belle,
On dirait une main d’ange,
Celle que l’on voit sur les statues d’albâtre dans les églises.
Belle et pure…
Tu Es
Tu es la putain multicolore
Couleur des désirs mutilés
L’orgasme dans les décors
De tes œuvres inachevées
Tu es l’impie qui abandonne
La nuit à l’outrage du jour
Avec de faux air de madone
Les peaux suantes de l’amour
Tu es le geste factuel
La caresse comme une obole
Le baiser au goût de sel
Je crèverais dans tes rigoles
Tu es le feu au creux du rein
La supplique au cœur des corps
Les larmes froides du matin
L’espoir d’aimer qui se rendort
Tu es diva de ton spectacle
Le grand théâtre de ta vie
Buvant la parole d’oracles
Qui te refilent les paradis
Tu es la sente sous l’orage
Gonflée des eaux de l’infortune
La brume derrière le mirage
La solitude inopportune
Pleure tes humeurs dilatoires
Qui foutent le cafard au temps
Le gris dans l’éclat des miroirs
Je m’en fiche maintenant
Je m’en fiche… Vers Toi
Vers toi je vogue
De mer en terre
De cœur en cœur
Pourquoi je t’aime
De ciel en mer
Comme un poème
Cœur qui soupire
De terre en moi
L’arôme amer
Jamais plus jamais
Je ne passerai
Charlotte OrchidéE