Les chants d'AïmalUn
Chant I
…Je pleure tes fougères qui t’admirent, parce que Tes mots, sous la lune, rient comme le diable AïmalUn.
Le temps est chaud, je m'appuie sur ta foule,
Sais tu que tu touches, ce que les autres n'ont jamais touché ?
Mon poisson est noyé sous le ventre des rêves refoulés, là, ici, regarde, ou touche, mais si tu touches, ça tremble, parce que ça n'a pas l'habitude AïmalUn
Je pose mes lèvres brûlantes sur le sein gonflé de la terre AïmalUn…
Tu as déchaîné dans mes enfers
Les passions redoutables
Je deviens l’excroissance l’agrandissement
J’arme ta main d’enfant
Je mords
Je prends
J’éjacule
Je suis guerrier de l’OrchidéE
Langue percée de l’espérance
Chanteuse de tes mots
Je suis dans tes eaux
Plongeant sans cesse aux profondeurs brûlantes
Dans la main la lame d’obsidienne
Sur mon front l’œil du cyclope
Je vogue aux marges de tes océans
J’abolis l’espace Je déchire les voiles du temple
Je suis le sacrilège
Je t’emporte
Je te vole aux dieux
Je pose mes lèvres brûlantes sur ton sexe gonflé
Je suis ta marée
Ton ressac
Je m’épuise et renais sans cesse
OrchidéE
Tu es mon enfant
Chant II
…Des mots qui flottent
Dans le corps, en dehors,
Toujours, toujours.
Je suis une enfant AïmalUn,
Neuve…
Je t’embrasse, OrchidéE
…Non, non !
Je suis affamée !
Des mots qui giclent, qui éjaculent, éclaboussent !...
Je chante ton Nom OrchidéE
Ta vague explose
Elle monte comme un orgasme
Comme un rugissement des entrailles
Comme du volcan la lave
Comme une jouissance douloureuse
Comme une puissance indomptée
Comme le foutre jaillissant des organes
Qui éclabousse les terres vierges
Qui féconde le monde
Qui donne le sens de nos existences
Tu es une enfant qui grandit
Je t’ai appelée OrchidéE
Non pas lame
La fleur est plus forte que le fer
Elle sait l’art de l’ivresse
Elle sait les secrets des racines
Elle sait la lumière
Elle sait les sortilèges de la nuit
Elle sait l’insecte fertiliseur
Elle fige l’instant dans l’orbe de sa corolle
Elle est éternité toujours renouvelée
Je chante ton Nom
OrchidéE
Chant III
J’ai lu le givre de tes yeux
Cristal qui songe
Quand le soir sournois ronge
Les lambeaux de ciel bleu
Pied nu posé sur la pierre
Ton sein blessé par l’oiseau
Rouge baiser de la serre
Rêves engloutis par les eaux
Aime danse chante
La fée aux yeux amarante
Est morte en couches ce soir
Maître corbeau berne renard
Sûrement un jour la mort en face
Les filles sont belles sur la place
Lamentations chants des sanglots
Lentes agonies des braséros
Chant IV
Je te cognerai comme le tambour novice
Sa peau de veau
Je te cognerai comme le briseur de pierre
Le marbre veiné
Je te cognerai comme le maître de forge
Le fer rougeoyant
Comme le vice la vertu
Comme le bourreau l’innocent
Bois le nectar de miel et de fleur
Lève ta jupe ma sœur
Que je te baise
Que je te cogne
Je suis le sexe boutoir
J’enfonce je défonce
Brut brutal
De peau de pierre et de métal
Je te…
Eclatement des turgescences
Feu des eaux brûlantes
Explosions Jaillissements
Je te …
Je…
Chant V
Je viendrai te prendre un soir
Dans le trouble et dans le noir
Laisse donc pleurer la lune
Cette pisseuse sur la dune
Défais toi de tes dentelles
Sois nue légère et belle
Pour tes yeux tes cils de faon
Ta bouche fruit éclatant
L’ombre farouche de ton regard
Sous ton sein droit ce grain d’écart
Je viendrai te prendre un soir
Dans le trouble et dans le noir
Pour t’aimer en souriant
Chant VI
…Respire Aïmalun,
Respire !...
Je respire tes mousses opiacées
Ivre ivre
Des sueurs de ta peau
Ta douleur
Ton cri
La rage de tes nuits
Je meurs en toi
Je renais de toi
Que le diable m’emporte
Les chiens hurlent avec les loups
…Je ne dis jamais rien, je transpire tout,
Je m’en vais dans la nuit Aïmalun…
Tu es errance
Tu es absence
Tu fuis
Dormante sous les arches d’ombres
Pleurante morte sombre
Tu interroges les chiromanciennes
Mendiante du destin
Proie des festins
Vierge violée
Soumise au nombre
Le vent des eaux t’emporte
Vers les enfants morts
Vers les brouillards
Vers les crépuscules
Pâle indécente innocente
Victime des ressentiments
Des mémoires oublieuses
Des lèvres closes
Du silence des mots
…Je m’en vais dans la nuit Aïmalun
Je m’en vais…
Chant VII
Les oiseaux de la nuit ferment leurs blanches ailes
La louve rôde
L’aube pâle révèle
Sur la corolle des fleurs les perles de cristal
Et mon amour aux sources mortes
Implore le sombre minéral
…Je te tends les bras Aïmalun,
Viens, viens, pose ta tête,
Et laisse-moi te caresser les cheveux…
Les chiens sont à nos basques
La camarde et sa meute d’enfer
Presse le train des équipages
Calmons nos pas ô mon amour
Au cœur des forêts tutélaires
Les Eaux ne sont que de passage
…Je te tends les bras Aïmalun,
Viens, viens, pose ta tête,
Et laisse-moi te caresser les cheveux…
Nos rêves giclent
Les digues se brisent
Les pluies vident le ciel
Le ruisseau devient torrent
Les mers montent
Esquif dans le tumulte des eaux
Nous regardons le monde qui s’englouti
…Je te tends les bras Aïmalun
Viens, pose ta tête
Et laisse-moi te caresser les cheveux…
Sur nous l’orage des forces pesantes
La bête vomissant ses scories fétides
Gorgone démesurée
Elle donne la puissance de tous ses feux
Couvrant la terre de son vol lourd
Pour dire nos cœurs en pierres
…Je te tends les bras Aïmalun
Viens, viens, pose ta tête
Et laisse-moi te caresser les cheveux…
Arrière faux- semblants de miséricorde
Arrière bâtards du démiurge
Qui voudraient sucer la moelle de nos os
Nous irons au-delà des brumes
Au-delà des marais puants
Où croupissent vos âmes engorgées
…Je te tends les bras Aïmalun
Viens, viens, pose ta tête
Et laisse-moi te caresser les cheveux….
Nous sommes enfants des sorcières de carabosse
Enfants d’amour et de mort
Epées polies pour tuer
Epées polies pour étinceler
Volonté qui glisse
Sur l’aile du désir éteint
…Je suis là Aïmalun….
Tu es là…
Tu fais rire le diable quand tu pleures mon amour
Tes larmes fécondent la terre
Elles abreuvent les morts
Mieux que l’eau des baptêmes
Elles disent la vie
Chant VIII
Nos cadavres gonflés brillent dans l’œil du squale
Sirènes danserez sur les rayons d’étoiles
La langue de la mort enfoncée dans nos bouches
Tu m’as fait rêver tes eaux tourbillonnantes
Tes sources secrètes
La mer qui t’habite
Grondante écumante
Tu m’as fait rêver tes montagnes d’orages
Tes vallons hachurés de lumières
Tes plaines battues par les vents
Mais jamais labourées
Dans l’ombre de tes yeux
Pierres noires de ton âme
Eclate la foudre des passions.
Alors Je Veux ! Je Veux…
Ton corps de vierge adolescente
Sur l’étal de mes désirs
Ton innocence sacrifiée
Dans le foutre et dans le sang
T’inonder de moi
T’éclabousser de ma force
T’habiter encore et encore
Dans le tangage de tes chairs
Je veux dans tes entrailles
Faire un festin de Toi
Prendre
Mordre
Lécher
Dévorer
Je Veux te posséder
Des nuits d’éternité
Hurler Hurler Hurler
Comme un fauve affamé
Sur sa proie pantelante
Jouir Jouir Jouir
Sur ta peau tremblante
Mourir Mourir Mourir
De l’ultime baiser
Aux sources hallucinatoires
La désaltérante ivresse
Le rêve au fond de la gorge
Comme une lame qui descend
Cette douleur au bas du ventre
La chair que déchire le fer
L’ombre que l’amour répand
Les verres brisés la chambre morte
Tout le funeste du destin
Frappe le cri à ma fenêtre
Je mourrai sûrement demain
Sur les sentiers perdus de gloires
Poussières du temps voilant les yeux
L’aurore qui naît meure aussitôt
L’écho troublant de ma mémoire
Tremblant de l’hallali qui sonne
Vertus engendrées des putains
Filles grossies par les soudards
Noctambule aveugle et sourd
Les mains griffant les murs du soir
Sang noir qui gicle de mes doigts
L’amante en habits de lumière
Rêver
Danser
Rire
Chanter
Enchanteur maître des blasphèmes
Vêtu des peaux des femmes mortes
Pillard des songes abandonnés
La main coupée tombée à terre
Les doigts déliés de l’amant
Chevaux courez dans la nuit brune
Chevaux ne vous arrêtez pas
La terre se tord sous vos sabots
Chevaux chevaux emportez-moi !
Chant IX
OrchidéE fatale
Toute en rouge idéal
Du rouge de l’étal
Du rouge qui s’étale
Rouges gouttes du couteau
Rouges larmes
Des lames
Rubis ô rubis
De ta chair qui saigne
J’ai pris ta tête avec mon pied
Je l’ai mise sous mon talon
Puis j’ai rugit comme une bête
Quand vient le temps des venaisons
J’ai donné la morsure qui brûle
Comme la lame d’un sanglot
Comme la larme d’un couteau
Sur ton flanc posant sa virgule
Sous la froide lune blanche
Les deux bras levés vers le ciel
La douleur au creux de ta hanche
Ton âme a déployé son aile
L’amante que tu adores
La tête dans ses cuisses
Inondées des chaleurs
La langue qui parle a son sexe
La parole animale
La fièvre qui tourmente
L’épuisant vertige
La corde de l’amour qui étrangle les jours
Le corps offert soumis livré
La main chercheuse fouille tord
La douleur des entrailles
Le cri bloqué dans le ventre
Les reins qui pleurent
L’agonie du plaisir
Violente brutale
OrchidéE fatale
Toute en rouge idéal
Chant X
Poupée égarée
Mangeuse de langues
Le cœur pissant sur les corps
Le nœud dans le ventre
Courbée sur les désirs d’ombres
Avançant accroupie
L’odeur du sang dans la narine
L’œil vrillé dans l’entrecuisse
Mains chercheuses des moiteurs des fentes
Le sein dur qui fait mal
Le cri toujours qui cogne sans cesse
L’amour comme une proie
Comme une chasse sur les terres du diable
Chevaux d’agonies dans les ravines de l’enfer
Bêtes épuisées par la course
Les peaux défaites par les ronces
Les peaux qui crèvent
Le goût de cendre dans la gorge
Toute l’amertume des nuits
Chavirées houleuses
Chante ton cœur ô amoureuse
Ton corps se meurt
Des paroles crieuses
Enfant sombre des brumes
Fuyeuse des soleils
OrchidéE du pays des merveilles
Que les étoiles enrhument
Chant XI
Fleur des landes sauvages
La lune dépose sur tes pétales
Ses rubans d’ors
Je glisserai sous ta peau
Vers ton humidité
Aux méandres de tes viscères
Dans le très fond de toi
Où palpitent tes chairs
Ivres de tes sucs intimes
OrchidéE
Ma fille ma sœur
Epouse dévoilée
Amante incandescente
Volcan rugissant des nuits blanches
Les laves consument nos corps
Quand ton regard dira encore
Nos esprits dansent
AïmalUn
OrchidéE
AïmalUn AïmalUn AïmalUn
OchidéE OrchidéE OrchidéE
Les pierres dansent
Tu es reine
Je suis guerrier
Genoux à terre je me soumets
Prend mon amour garde ma peine
OrchidéE
J’éclate mes yeux pour te rêver
AïmalUn
OrchidéE
Je suis l’épée de tes secrets
AïmalUn
OrchidéE
Je te pense tu m’as enfanté
AïmalUn
OrchidéE
Les étoiles fileuses
Tissent la trame de nos destins
Chant XII
Je suis sans habits, ou j'aimerais l'être
J’aimerais être nue, sans que l’on s’en aperçoive
Je suis un degré au dessus
Nue et transparente mais présente
Oui
Je suis l'aleph
Tu es le parfum dans la voix qu’on n’entend pas tout à fait
Le son enroué qui désir
La bouche qui peint
La main qui dit
Tu es ce qui marche vers la nuit
Dans mes yeux
Je marche vers toi
Mais je cours dans le sens contraire de la terre
Tu cours et je veux ta lumière
Mais je suis sans lumière Aïmalun, c'est la pierre qui l'a dit
La pierre est menteuse je la tuerai
Tu la tueras comme un étranger parce que tu ne me sais pas, tu me devines
Je t'habite d'éternité
Tu me maquilles de gouffre
Et de songes
De fraîcheur qui se fâche
D’ombres qui fuient
La colère parce que je ne suis jamais là
Tu, es là,
Non, jamais assez
Toujours je te retrouve, qu'importe nuit ou jour
Non, c'est une voix qui arrache que tu retrouves, moi je me perds
L’amour ne se perd pas
Amour, où ? Comment ?
Dans les immensités de notre mémoire
Je suis comme un fruit pendu pourtant
On ne m'aime pas
On m'admire
On ne t'admire pas tu es le fruit
Je secoue ma chair
Je n'enlève jamais ma robe
Je prends ta chair
Ta robe est un faux semblant
Je viens vers toi
Vers toi
Je suis en toi
Je suis toi
Tu es moi avec des chevaux dans le sexe à toute allure, dans une course effrénée
Je suis ton sexe qui gonfle
Tu es le galop élastique
Je t'épouse
Chant XIII
Parle-moi Aïmalun
Je te vois allongée
Bleue
Oui
Que fais tu
Je me déchire
Encore ...
Aïmalun
J’entends la chanson
Pourquoi te déchires- tu
OrchidéE allongée, abandonnée
Seule, se déchire
Se découvre
S’ouvre
A qui
A ses songes
.... tu me troubles
Ses doigts deviennent ses amants
Les images
Le mot entendu
Un rire ça tremble
Oui
Un soupir
Oui ...
Un soupir qui tremble
Aïmalun, parle- moi
Quels mots veux- tu
Les tiens
Oui
Viens avec moi OrchidéE
Viens
Je t’ai volé aux dieux souvient-en
Quel sera le châtiment de mon sacrilège
Aucun !
Alors
Je chanterai
Sinon l’Hydre me clouera
La bouche
J’entends ton souffle
Je rentre en toi comme l’air
En toi je Suis
Je vois une flamme là
Dedans
Comme un feu dans une nuit de glace
Je me réchauffe je tremble j’ai peur
Je suis bien oui bien
OrchidéE
Je suis un guerrier alors je ne pleurerai pas
Non
Mais j’ai envie de pleurer
En toi OrchidéE
Je t’aime en dedans
L’amour en dedans
Parce que c’est beau
Ne te retiens pas OrchidéE
Ne te retiens plus
Viens
Viens…
Chant XIV
OrchidéE enfant du mystère
Vierge fatale
Eplorée des anges
Le doigt de Yaël pénétra ta bouche
Le souffle du Verbe s’engouffra
Tu devins
J'ai mal au ventre Aïmalun
Parle-moi
Charlotte, OrchidéE je ne sais plus
Le cœur grand, le cœur en dedans
Qui ne se dévoile que si peu
Qui tremble devant l'amour
Mais qui a tant besoin qu'on l'aime
Qui fait peur, pourquoi
Tu ne sais plus
Que l'on croit forte et souveraine
Attend
Orchidée fleur du désir
Moi je te veux
Pas avec les mots
Avec les mains qui griffent
Avec la bouche
Avec la peau
Non chut
Alors je murmure dans le rêve
La douce musique qui couvre le cri des corps
Musique de l’âme sûrement
Ouvre la porte regarde
Jumelle en esprit
Ma sœur je crois
Mon double féminin
Charlotte mystère
Charlotte révélée
Nous ne sommes pas les enfants de l’illusion
Nous souffrons
Car nous aimons
De Yaël tu bus tout le souffle
Nous entrons dans le mystère OrchidéE
Danse danse sous la pluie
Je danserai dans l’ombre bleue
Tu guideras dans les ténèbres celui qui arrachera ses yeux de chairs.
Chant XV
Aïmalun, je pleure
Je suis triste
Je suis dans le vertige d'une tristesse, et je pleure.
Embrasse-moi Aïmalun !
Pourquoi cette souffrance au creux de la poitrine
Echo sourd de mon âme
Lamento des fontaines
Embrasse-moi Aïmalun !
Je t'Embrasse
Oui t’embrasser
T’embraser
Oui me brûler
Dire l’indicible
Les épousailles de la mer et du vent
La mer Aïmalun ! La mer !
Rien d'autre !
Tu es la mer
Vaste mouvante musicienne de mon cœur
Je danse sur tes vagues blanches
Nous sommes les tempêtes
Nous sommes les abysses où sombrent les navires
Embrasse-moi Aïmalun
Je t’embrasse
Tes robes d’écumes s’envolent
Je te prends dans mon souffle
Je te possède
OrchidéE entière et belle
Noces de l’eau et de l’air
Embrasse-moi ! Embrasse-moi !
Je t'Embrasse infiniment.
Regarde là haut Aïmalun, je m'en vais
Aïmalun, je pleure
Je suis triste
Je suis dans le vertige d'une tristesse, et je pleure
Regarde là haut Aïmalun, je m'en vais…
Chant XVI
Ô douleur !
Ne soi plus le spectateur témoin. L’œil dans le leurre, quelles vérités crieras tu ? Prise dans l’enclos des désespérances, accroché à des rêves lunaires, de ces lunes rouges qui exhalent des remugles de passions, combats incertains, où le pire le dispute au pire. Heurts frontaux de crises partagées, sursauts des ultimes illusions. Boiras-tu l’intarissable liqueur du mage, qui sait fleurir les lèvres closes ? Croiras-tu le cristal noir du maître, muet, nocturne, tortueux, qui, dans ses veines, secrète le terrible poison ?
Brise ! Brise ! Brise !
Va et vainc !
Cette lame qui resplendit, polie, unie !
Tranche ! Tranche ! Tranche !
Tes douleurs sont obsolètes,
Tu possèdes la force et le courage,
L’œil qui voit au-delà.
Dissipe les brumes !
Si tu te mets en route qui t’arrêtera ?
Tu grandiras et je disparaîtrai.
Dis ton nom !
Et tous feront silence,
Ô enfant !
La vierge est morte, inféconde de chair et de raison,
Féconde de l’Esprit.
Sacrifie sur la pierre le bélier !
Que ses mâles oripeaux nourrissent l’oiseau.
Tu es l’oiseau !
Le lien à ta patte est tranché,
Ton aile est libre.
Tu es l’oiseau !
Colombe royale que craignent les aigles.
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