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Les Chants d'AïmalUn

Par jean-baptiste Fouco

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Table des matières
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Les chants d'AïmalUn

Chant I
 
 
 
…Je pleure tes fougères qui t’admirent, parce que Tes mots, sous la lune, rient comme le diable AïmalUn.
Le temps est chaud, je m'appuie sur ta foule,
Sais tu que tu touches, ce que les autres n'ont jamais touché ?
Mon poisson est noyé sous le ventre des rêves refoulés, là, ici, regarde, ou touche, mais si tu touches, ça tremble, parce que ça n'a pas l'habitude AïmalUn
Je  pose mes lèvres brûlantes sur le sein gonflé de la terre AïmalUn…
 
Tu as déchaîné dans mes enfers
Les passions redoutables
Je deviens l’excroissance l’agrandissement
J’arme ta main d’enfant
Je mords
Je prends
J’éjacule
 
Je suis guerrier de l’OrchidéE
Langue percée de l’espérance
Chanteuse de tes mots
Je suis dans tes eaux
Plongeant sans cesse aux profondeurs brûlantes
Dans la main la lame d’obsidienne
Sur mon front l’œil du cyclope
Je vogue aux marges de tes océans
J’abolis l’espace Je déchire les voiles du temple
Je suis le sacrilège
Je t’emporte
Je te vole aux dieux
Je pose mes lèvres brûlantes sur ton sexe gonflé
Je suis ta marée
Ton ressac
Je m’épuise et renais sans cesse
 
OrchidéE
Tu es mon enfant
Chant  II
 
 
 
     …Des mots qui flottent
     Dans le corps, en dehors,
    Toujours, toujours.
    Je suis une enfant AïmalUn,
    Neuve… 
    Je t’embrasse, OrchidéE
     …Non, non !
     Je suis affamée !
    Des mots qui giclent, qui éjaculent, éclaboussent !... 
    Je chante ton Nom OrchidéE
    Ta vague explose
    Elle monte comme un orgasme
    Comme un rugissement des entrailles
    Comme du volcan la lave
    Comme une jouissance douloureuse
    Comme une puissance indomptée
    Comme le foutre jaillissant des organes
    Qui éclabousse les terres vierges
    Qui féconde le monde
    Qui donne le sens de nos existences
    Tu es une enfant qui grandit
    Je t’ai appelée OrchidéE
    Non pas lame
    La fleur est plus forte que le fer
    Elle sait l’art de l’ivresse
    Elle sait les secrets des racines
    Elle sait la lumière
    Elle sait les sortilèges de la nuit
    Elle sait l’insecte fertiliseur
    Elle fige l’instant dans l’orbe de sa corolle
    Elle est éternité toujours renouvelée
    Je chante ton Nom
    OrchidéE
    Chant  III
     
     
     
    J’ai lu le givre de tes yeux
    Cristal qui songe
    Quand le soir sournois ronge
    Les lambeaux de ciel bleu
     
    Pied nu posé sur la pierre
    Ton sein blessé par l’oiseau
    Rouge baiser de la serre
    Rêves engloutis par les eaux
     
    Aime danse chante
    La fée aux yeux amarante
    Est morte en couches ce soir
    Maître corbeau berne renard
     
    Sûrement un jour la mort en face
    Les filles sont belles sur la place
    Lamentations chants des sanglots
    Lentes agonies des braséros
Chant IV
 
 
 
Je te cognerai comme le tambour novice
Sa peau de veau
Je te cognerai comme le briseur de pierre
Le marbre veiné
Je te cognerai comme le maître de forge
Le fer rougeoyant
Comme le vice la vertu
Comme le bourreau l’innocent
Bois le nectar de miel et de fleur
Lève ta jupe ma sœur
Que je te baise
Que je te cogne
Je suis le sexe boutoir
J’enfonce je défonce
Brut brutal
De peau de pierre et de métal
Je te…
Eclatement des turgescences
Feu des eaux brûlantes
Explosions Jaillissements
Je te …
Je…
Chant V
 
 
 
Je viendrai te prendre un soir
Dans le trouble et dans le noir
Laisse donc pleurer la lune
Cette pisseuse sur la dune
     
Défais toi de tes dentelles
Sois nue légère et belle
Pour tes yeux tes cils de faon
Ta bouche fruit  éclatant
     
L’ombre farouche de ton regard
Sous ton sein droit ce grain d’écart
Je viendrai te prendre un soir
Dans le trouble et dans le noir
     
Pour t’aimer en souriant
Chant VI
 
 
 
 
…Respire Aïmalun,
Respire !...
Je respire tes mousses opiacées
Ivre ivre
Des sueurs de ta peau
Ta douleur
Ton cri
La rage de tes nuits
Je meurs en toi
Je renais de toi
Que le diable m’emporte
Les chiens hurlent avec les loups
…Je ne dis jamais rien, je transpire tout,
Je m’en vais dans la nuit Aïmalun…
Tu es errance
Tu es absence
Tu fuis
Dormante sous les arches d’ombres
Pleurante morte sombre
Tu interroges les chiromanciennes
Mendiante du destin
Proie des festins
Vierge violée
Soumise au nombre
Le vent des eaux t’emporte
Vers les enfants morts
Vers les brouillards
Vers les crépuscules
Pâle indécente innocente
Victime des ressentiments
Des mémoires oublieuses
Des lèvres closes
Du silence des mots
…Je m’en vais dans la nuit Aïmalun
Je m’en vais…
    Chant VII
     
     
Les oiseaux de la nuit ferment leurs blanches ailes
La louve rôde
L’aube pâle révèle
Sur la corolle des fleurs les perles de cristal
Et mon amour aux sources mortes
Implore le sombre minéral
…Je te tends les bras Aïmalun,
Viens, viens, pose ta tête,
Et laisse-moi te caresser les cheveux…
Les chiens sont à nos basques
La camarde et sa meute d’enfer
Presse le train des équipages
Calmons nos pas ô mon amour
Au cœur des forêts tutélaires
Les Eaux ne sont que de passage
…Je te tends les bras Aïmalun,
Viens, viens, pose ta tête,
Et laisse-moi te caresser les cheveux…
Nos rêves giclent
Les digues se brisent
Les pluies vident le ciel
Le ruisseau devient torrent
Les mers montent
Esquif dans le tumulte des eaux
Nous regardons le monde qui s’englouti
…Je te tends les bras Aïmalun
Viens, pose ta tête
Et laisse-moi te caresser les cheveux…
Sur nous l’orage des forces pesantes
La bête vomissant ses scories fétides
Gorgone démesurée
Elle donne la puissance de tous ses feux
Couvrant la terre de son vol lourd
Pour dire nos cœurs en pierres
…Je te tends les bras Aïmalun
Viens, viens, pose ta tête
Et laisse-moi te caresser les cheveux…
Arrière faux- semblants de miséricorde
Arrière bâtards du démiurge
Qui voudraient sucer la moelle de nos os
Nous irons au-delà des brumes
Au-delà des marais puants
Où croupissent vos âmes engorgées
…Je te tends les bras Aïmalun
Viens, viens, pose ta tête
Et laisse-moi te caresser les cheveux….
Nous sommes enfants des sorcières de carabosse
Enfants d’amour et de mort
Epées polies pour tuer
Epées polies pour étinceler
Volonté qui glisse
Sur l’aile du désir éteint
       …Je suis là Aïmalun….
Tu es là…
Tu fais rire le diable quand tu pleures mon amour
Tes larmes fécondent la terre
Elles abreuvent les morts
Mieux que l’eau des baptêmes
Elles disent la vie
Chant VIII
 
 
Nos cadavres gonflés brillent dans l’œil du squale
 
Sirènes danserez sur les rayons d’étoiles
 
La langue de la mort enfoncée dans nos bouches
 
 
Tu m’as fait rêver  tes eaux tourbillonnantes
 
Tes sources secrètes
 
    La mer qui t’habite
 
    Grondante écumante
 
Tu m’as fait rêver tes montagnes d’orages
 
Tes vallons hachurés de lumières
 
Tes plaines battues par les vents
 
Mais jamais labourées
 
Dans l’ombre de tes yeux
 
Pierres noires de ton âme
 
Eclate la foudre des passions.
 
 
Alors Je Veux ! Je Veux…
 
Ton corps de vierge adolescente
 
Sur l’étal de mes désirs
 
Ton innocence sacrifiée
 
Dans le foutre et dans le sang
 
T’inonder de moi
 
T’éclabousser de ma force
 
T’habiter encore et encore
 
Dans le tangage de tes chairs
 
 
Je veux dans tes entrailles
 
Faire un festin de Toi
 
Prendre
 
Mordre
 
Lécher
 
Dévorer
 
Je Veux te posséder
 
Des nuits d’éternité
 
Hurler  Hurler  Hurler
 
Comme un fauve affamé
 
Sur sa proie pantelante
 
Jouir  Jouir  Jouir
 
Sur ta peau tremblante
 
Mourir Mourir Mourir
 
De l’ultime baiser
 


Aux sources hallucinatoires
 
La désaltérante ivresse
 
Le rêve au fond de la gorge
 
    Comme une lame qui descend
 
Cette douleur au bas du ventre
 
La chair que déchire le fer
 
L’ombre que l’amour répand
 
Les verres brisés la chambre morte
 
Tout le funeste du destin
 
Frappe le cri à ma fenêtre
 
Je mourrai sûrement demain
 
 
Sur les sentiers  perdus de gloires
 
Poussières du temps voilant les yeux
 
L’aurore qui naît meure aussitôt
 
L’écho troublant de ma mémoire
 
Tremblant de l’hallali qui sonne
 
 
Vertus engendrées des putains
 
Filles grossies par les soudards
 
Noctambule aveugle et sourd
 
Les mains griffant les murs du soir
 
 
Sang noir qui gicle de mes doigts
 
L’amante en habits de lumière
 
Rêver
 
Danser
 
Rire
 
Chanter
 
 
Enchanteur maître des blasphèmes
 
Vêtu des peaux des femmes mortes
 
Pillard des songes abandonnés
 
La main coupée tombée à terre
 
Les doigts déliés de l’amant
 
Chevaux courez dans la nuit brune
 
Chevaux ne vous arrêtez pas
 
La terre se tord sous vos sabots
 
Chevaux chevaux emportez-moi !
 
 
Chant IX
 
           
 
OrchidéE fatale
Toute en rouge idéal
Du rouge de l’étal
Du rouge qui s’étale
Rouges gouttes du couteau
Rouges larmes
Des lames
Rubis ô rubis
De ta chair qui saigne
 
                                   J’ai pris ta tête avec mon pied
                                   Je l’ai mise sous mon talon
                                   Puis j’ai rugit comme une bête
                                   Quand vient le temps des venaisons
                                   J’ai donné la morsure qui brûle
                                   Comme la lame d’un sanglot
                                   Comme la larme d’un couteau
                                   Sur ton flanc posant sa virgule
                                   Sous la froide lune blanche
                                   Les deux bras levés vers le ciel
                                   La douleur au creux de ta hanche
                                   Ton âme a déployé son aile
L’amante que tu adores
La tête dans ses cuisses
Inondées des chaleurs
La langue qui parle a son sexe
La parole animale
La fièvre qui tourmente
L’épuisant vertige
La corde de l’amour qui étrangle les jours
Le corps offert soumit livré
La main chercheuse fouille tord
La douleur des entrailles
Le cri bloqué dans le ventre
Les reins qui pleurent
L’agonie du plaisir
Violente brutale
 
OrchidéE fatale
Toute en rouge idéal
Chant X
 
 
 
Poupée égarée
Mangeuse de langues
Le cœur pissant sur les corps
Le nœud dans le ventre
Courbée sur les désirs d’ombres
Avançant accroupie
L’odeur du sang dans la narine
L’œil vrillé dans l’entrecuisse
Mains chercheuses des moiteurs des fentes
Le sein dur qui fait mal
Le cri toujours qui cogne sans cesse
L’amour comme une proie
Comme une chasse sur les terres du diable
Chevaux d’agonies dans les ravines de l’enfer
Bêtes épuisées par la course
Les peaux défaites par les ronces
Les peaux qui crèvent
Le goût de cendre dans la gorge
Toute l’amertume des nuits
Chavirées houleuses
Chante ton cœur ô amoureuse
Ton corps se meurt
Des paroles crieuses
 
Enfant sombre des brumes
Fuyeuse des soleils
OrchidéE du pays des merveilles
Que les étoiles enrhument
Chant XI
 
 
 
Fleur des landes sauvages
 
La lune dépose sur tes pétales
 
Ses rubans d’ors
 
Je glisserai sous ta peau
 
Vers ton humidité
 
Aux méandres de tes viscères
 
Dans le très fond de toi
 
Où palpitent tes chairs
 
Ivres de tes sucs intimes
 
OrchidéE
 
Ma fille ma sœur
 
Epouse dévoilée
 
Amante incandescente
 
Volcan rugissant des nuits blanches
 
Les laves consument nos corps
 
Quand ton regard dira encore
 
Nos esprits dansent
 
AïmalUn
 
OrchidéE
 
 
 
AïmalUn AïmalUn AïmalUn
 
OchidéE OrchidéE OrchidéE
 
Les pierres dansent
 
Tu es reine
 
Je suis guerrier
 
Genoux à terre je me soumets
 
Prend mon amour garde ma peine
 
OrchidéE
 
J’éclate mes yeux pour te rêver
 
AïmalUn
 
OrchidéE
 
Je suis l’épée de tes secrets
 
AïmalUn
 
OrchidéE
 
Je te pense tu m’as enfanté
 
AïmalUn
 
OrchidéE
 
Les étoiles fileuses
 
Tissent la trame de nos destins
 
Chant XII
 
Je suis sans habits, ou j'aimerais l'être
J’aimerais être nue, sans que l’on s’en aperçoive
Je suis un degré au dessus
            Nue et transparente mais présente
Oui
            Je suis l'aleph
Tu es le parfum dans la voix qu’on n’entend pas tout à fait
            Le son enroué qui désir
La bouche qui peint
            La main qui dit
Tu es ce qui marche vers la nuit
Dans mes yeux
            Je marche vers toi
Mais je cours dans le sens contraire de la terre
            Tu cours et je veux ta lumière
Mais je suis sans lumière Aïmalun, c'est la pierre qui l'a dit
            La pierre est menteuse je la tuerai
Tu la tueras comme un étranger parce que tu ne me sais pas, tu me devines
            Je t'habite d'éternité
Tu me maquilles de gouffre
            Et de songes
De fraîcheur qui se fâche
            D’ombres qui fuient
La colère parce que je ne suis jamais là
            Tu, es là,
Non, jamais assez
            Toujours je te retrouve, qu'importe nuit ou jour
Non, c'est une voix qui arrache que tu retrouves, moi je me perds
            L’amour ne se perd pas
Amour, où ? Comment ?         
            Dans les immensités de notre mémoire
Je suis comme un fruit pendu pourtant
On ne m'aime pas
On m'admire
            On ne t'admire pas tu es le fruit
Je secoue ma chair
Je n'enlève jamais ma robe
            Je prends ta chair
            Ta robe est un faux semblant
            Je viens vers toi
            Vers toi
            Je suis en toi
            Je suis toi
Tu es moi avec des chevaux dans le sexe à toute allure, dans une course effrénée
            Je suis ton sexe qui gonfle
Tu es le galop élastique
            Je t'épouse
Chant XIII
 
Parle-moi Aïmalun
            Je te vois allongée
            Bleue
Oui
            Que fais tu
Je me déchire
Encore ...
Aïmalun
            J’entends la chanson
            Pourquoi te déchires- tu
            OrchidéE allongée, abandonnée
            Seule, se déchire
            Se découvre
            S’ouvre
            A qui
            A ses songes
.... tu me troubles
            Ses doigts deviennent ses amants
            Les images
            Le mot entendu
            Un rire ça tremble
            Oui
            Un soupir
Oui ...
Un soupir qui tremble
Aïmalun, parle- moi
            Quels mots veux- tu
Les tiens
            Oui
            Viens avec moi OrchidéE
            Viens
            Je t’ai volé aux dieux souvient-en
            Quel sera le châtiment de mon sacrilège
Aucun !
Alors
            Je chanterai
            Sinon l’Hydre me clouera
            La bouche
            J’entends ton souffle
            Je rentre en toi comme l’air
            En toi je Suis
            Je vois une flamme là
            Dedans
            Comme un feu dans une nuit de glace
            Je me réchauffe je tremble j’ai peur
            Je suis bien oui bien
            OrchidéE
            Je suis un guerrier alors je ne pleurerai pas
            Non
            Mais j’ai envie de pleurer
            En toi OrchidéE
            Je t’aime en dedans
            L’amour en dedans
            Parce que c’est beau
            Ne te retiens pas OrchidéE
            Ne te retiens plus
            Viens
Viens…
Chant XIV
 
           
OrchidéE enfant du mystère
Vierge fatale
Eplorée des anges
Le doigt de Yaël pénétra ta bouche
Le souffle du Verbe s’engouffra
Tu devins
            J'ai mal au ventre Aïmalun
            Parle-moi
Charlotte, OrchidéE je ne sais plus
Le cœur grand, le cœur en dedans
Qui ne se dévoile que si peu
Qui tremble devant l'amour
Mais qui a tant besoin qu'on l'aime
Qui fait peur, pourquoi
            Tu ne sais plus
Que l'on croit forte et souveraine
Attend
Orchidée fleur du désir
Moi je te veux
Pas avec les mots
Avec les mains qui griffent
Avec la bouche
Avec la peau
            Non chut
Alors je murmure dans le rêve
La douce musique qui couvre le cri des corps
Musique de l’âme sûrement
Ouvre la porte regarde
Jumelle en esprit
Ma sœur je crois
Mon double féminin
Charlotte mystère
Charlotte révélée
Nous ne sommes pas les enfants de l’illusion
Nous souffrons
Car nous aimons
De Yaël tu bus tout le souffle
Nous entrons dans le mystère OrchidéE
Danse danse sous la pluie
Je danserai dans l’ombre bleue
Tu guideras dans les ténèbres celui qui arrachera  ses yeux de chairs.
    Chant XV
 
 
Aïmalun, je pleure
Je suis triste
Je suis dans le vertige d'une tristesse, et je pleure.
Embrasse-moi Aïmalun !
 
Pourquoi cette souffrance au creux de la poitrine
Echo sourd de mon âme
Lamento des fontaines
           
Embrasse-moi Aïmalun !
 
Je t'Embrasse
Oui t’embrasser
T’embraser
Oui me brûler
Dire l’indicible
Les épousailles de la mer et du vent
           
La mer Aïmalun ! La mer !
Rien d'autre !
 
Tu es la mer
Vaste mouvante musicienne de mon cœur
Je danse sur tes vagues blanches
Nous sommes les tempêtes
Nous sommes les abysses où sombrent les navires
           
Embrasse-moi Aïmalun
 
Je t’embrasse
Tes robes d’écumes s’envolent
Je te prends dans mon souffle
Je te possède
OrchidéE entière et belle
Noces de l’eau et de l’air
           
Embrasse-moi ! Embrasse-moi !
 
Je t'Embrasse infiniment.
 
Regarde là haut Aïmalun, je m'en vais
Aïmalun, je pleure
Je suis triste
Je suis dans le vertige d'une tristesse, et je pleure
Regarde là haut Aïmalun, je m'en vais…
Chant XVI
 
 
 
Ô douleur !
 
Ne soi plus le spectateur témoin. L’œil dans le leurre, quelles vérités crieras tu ? Prise dans l’enclos des désespérances, accroché à des rêves lunaires, de ces lunes rouges qui exhalent des remugles de passions, combats incertains, où le pire le dispute au pire. Heurts frontaux de crises partagées, sursauts des ultimes illusions. Boiras-tu l’intarissable liqueur du mage, qui sait fleurir les lèvres closes ? Croiras-tu le cristal noir du maître, muet, nocturne, tortueux, qui, dans ses veines, secrète le terrible poison ?
 
Brise ! Brise ! Brise !
Va et vainc !
Cette lame qui resplendit, polie, unie !
Tranche ! Tranche ! Tranche !
Tes douleurs sont obsolètes,
Tu possèdes la force et le courage,
L’œil qui voit au-delà.
Dissipe les brumes !
Si tu te mets en route qui t’arrêtera ?
Tu grandiras et je disparaîtrai.
Dis ton nom !
Et tous feront silence,
Ô enfant !
La vierge est morte, inféconde de chair et de raison,
Féconde de l’Esprit.
Sacrifie sur la pierre le bélier !
Que ses mâles oripeaux nourrissent l’oiseau.
Tu es l’oiseau !
Le lien à ta patte est tranché,
Ton aile est libre.
Tu es l’oiseau !
Colombe royale que craignent les aigles.

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