Je retiens ton souffle et prends la poudre
Me mélange à l'eau pour diluer ton air
Te serre un coeur, tes membres à étendre
Sur un plateau d'argent, ton âme en chair
Je retiens ton souffle et prends l'envol
Te croise au coin d'une lèvre gercée
Plie tes ailes pour rejoindre le sol
Où tu gis tel un aigle percé
Je retiens ton souffle et ne fais qu'un
Avec l'ardeur précise de tes prises
Ta précision incisive, de rien
Avant enfin que le feu ne m'attise
Je retiens mon souffle puis m'éloigne
De ton corps désireux d'alimenter
La forte expiration dont je saigne
Qui me sauve de la folie gagnée
Mais dont je ne retiens que l'arrêt.