L'amourophage
Quelques années plus tard, je perfectionnais mon art d'aimer :
J’ai commencé par tes yeux
Qui m’avaient dévisagé.
Quelques pointes de cheveux
Dont la blondeur m’aliénait
Assaisonnèrent au mieux
Le plat que ton corps m’offrait.
§
Le plus tendre de ta chair
Envahissait mon palais.
Comme une viande casher
Dont le sang s’est écoulé
Je dégustais ton derrière
Comme un bon filet grillé.
§
Finalement c’est ton cœur
Qui me permit d’oublier
Tous tes cris et ta douleur
Lorsque je t’ai dépecée.
Cru, je sentais la saveur
Que mon amour dévorait.
Extrait de 'Semblables '