Vincent Jost - L'amourophage - texte intégral

In Libro Veritas

L'amourophage

Par Vincent Jost

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L'été 1988

    L'été 1988 reste dans mon souvenir comme l'été de la renaissance, voire de la naissance à mon essence. Durant cette période estivale, tous ceux qui n'avaient pas la chance de s'évader pour prendre des vacances en bord de mer se retrouvaient sur les rives du lac Bleu. C'est comme ça que les gens de la région l'avaient surnommé du temps où l'on pouvait s'y baigner.

Cette petite étendue d'eau, une ancienne sablière je crois, était située à la sortie du village. Par grand soleil, c'était un lieu paradisiaque, le dernier lieu à visiter avant d'entrer pleinement au paradis.

    L'été 1988, ce fut aussi la dernière année où l'on put découvrir les joies de la baignade collective. À la fin de la saison, le conseil municipal décida d'y faire interdire définitivement l'accès à l'aide d'une clôture suite aux noyades consécutives de quatre jeunes filles qui furent certainement entrainées vers le fond par d'imprévisibles et dangereux tourbillons.

    La première d'entre elles fut sans doute mon premier grand amour. Depuis longtemps déjà cette dernière me fascinait avec ses longues boucles blondes du temps où je la voyais jouer dans le jardin attenant à ma maison avec son petit lapin blanc.

Les trois suivantes ne furent que de rapides, mais délicieux coups de foudre imprévus dont je n'appris les prénoms que plus tard, à la lecture du journal...


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