Robert Christian - PHARAON CONTRE MAFIA - In Libro Veritas

In Libro Veritas

PHARAON CONTRE MAFIA

Par Robert Christian

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Table des matières
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Chapitre 42 : Prières à l'Unique

 
    Il y eu Eru, le Premier, qu'en Arda on appelle Iluvatar ; il créa d'abord les Ainur, les Bénis, qu'il engendra de sa pensée, et ceux-là furent avant lui avant que nulle chose ne fut créée. Et il leur parla, leur proposa des thèmes musicaux, ils chantèrent devant lui et il en fut heureux...
    Tolkein : le Simarrillion
     
    Tout est encore sombre. Râ est encore à se débattre dans la Douat. Les prêtres psalmodient pour l'aider à vaincre, à venir illuminer la création, à réchauffer ses créatures.
     
    Malgré l'heure matinale, Dominique est déjà debout. Il retourne vers le temple d'Héliopolis après avoir passé la soirée et la nuit chez un prêtre, devenu son ami. Tout en marchant, il se remémore le texte de la stèle de Ptahmose, qu'il a lu, il ne sait plus où :
    « Salut à toi, ô Rê, maître du temps éternel. Ô l'Unique, régent du temps infini, venu le premier à l'existence, sans second encore, toi qui a soulevé le ciel et établi la terre.
    >> Prodiguer la louange acclamante à Osiris, le dieu aimé. Combien il est agréable de te décerner des louanges. Tu es l'Unique, Tu demeures l'être qui a exister avant toute existence. »
     
    Il s'arrête encore une fois pour admirer les bâtiments dans la lumière violette qui précède l'aube. D'où il est placé, Dominique voit le plus ancien temple d'Égypte. Il a été construit à une époque très lointaine autour d'une pierre tombée du ciel, cadeau des dieux. Cette pierre est BenBen, le rayon de soleil pétrifié.
 
    Cet ensemble monumental semble jeune dans la froide lumière du matin; pourtant il a été construit par Imhotep, il y a déjà mille ans, pour remplacer l'ancien temple de bois et de roseaux. (Plus tard, le fils d'Amenemhat, Sésostris 1er le reconstruira encore plus important et il ramènera à grands frais, depuis la première cataracte, un obélisque en granit rose de 20 mètres de haut).

     

    Dominique doit se dépêcher s'il ne veut pas manquer l'office matinal, ce matin a lieu un rituel différent pour fêter l'anniversaire de BenBen. Pourtant, Dominique veut encore se remplir les yeux de cet ensemble monumental qui coiffe la colline et auquel le Nil offre son ruban bleu sombre.

    Un triple portique à colonnes débute la longue rampe d'environ 100m, un peu oblique par rapport à l'axe des temples.

    Dominique n'a plus le temps de rêver, il court, il franchit un autre portique dans la partie orientale du mur. C'est juste avant les premiers rayons de soleil qu'il pénètre par l'Est dans la salle principale du Temple.

    Cette salle est un émerveillement. La voûte en est étoilée naturellement. Contrairement aux temples et chapelles obscures, faites pour méditer, le Temple d'Héliopolis est fait pour adorer le Soleil et son plafond est le ciel !

    Le premier rayon de soleil fait resplendir la pyramide d'or qui coiffe BenBen. Les prêtres ferment les portes, l'encens s'élève depuis l'autel posé à l'Est de la Pierre.

    Les prêtres font le tour de la large esplanade sablée, encensant la représentation terrestre de l'Univers. Les grandes fresques murales hautes en couleurs retracent l'origine du Monde dans leur langage symbolique.

    L'officiant se met à l'Est, le symbole est UN, il salue l'Unité, et passe au symbole DEUX et psalmodie lentement :
    - A l'Origine était le NOUN, immense chaos, conçu comme un océan ou un magma informe, sans limite spatiale, ni temporelle, l'Espace, le Temps et la Lumière n'existait pas encore. Mais cette vaste étendue liquide primordiale renfermait un potentiel de vie, un principe conscient : le dieu Atoum, non encore manifesté.
    L'encens monte dans l'air frais et lumineux du matin, tous restent immobiles, essayant d'être en contact, en communion, avec les Forces Spirituelles. Le prêtre encense et se dirige vers le TROIS et reprend :
    - Atoum dit : « J'étais solitaire dans le Noun et inerte. Je ne trouvais pas d'endroit où je puisse me tenir debout, je ne trouvais pas de lieu où je puisse m'asseoir. La ville d'Héliopolis où je devais résider n’était pas encore fondée; le trône sur lequel je devais m'asseoir n'était pas encore formé. Je n'avais pas encore créé Nout au-dessus de moi, les dieux primordiaux n'était pas encore en moi, je flottais absolument inerte. »
    >> Noun dit à Atoum : « Respire ta fille Maât, élève là jusqu'à ton nez afin que ton coeur vive. Que ta fille Maât et ton fils Vie ne s'écartent point de toi. »
    >> Par un acte personnel et volontaire ATOUM surgit de l'informe et dit : « J'ai amené mon corps à l'existence grâce à mon pouvoir magique. Je me suis créé moi même. Je me suis constitué ainsi que je le souhaitais, selon mon désir.
 
    >> Je suis l'Eternel, je suis Rê qui est sorti de Noun, je suis le maître de la Lumière. »
    Le prêtre se déplace lentement du TROIS vers le QUATRE, il n'interrompt pas son chant :
    - Hors de Noun, Atoum-Rê par sa bouche crée le dieu Shou et la déesse Tefnout, et dit : « Tefnout, celle qui est la Vie est ma fille; elle est avec son frère Shou, appelé aussi Celui qui est la vie; Maât est également son nom à elle. Je vis avec mes deux enfants, je vis avec mes deux oisillons, je suis au milieu d'eux, l'un étant derrière moi, l'autre devant moi. Je me suis dressé au-dessus d'eux, tandis que leurs bras m'entouraient. »
    >> Shou (l'air) et Tefnout (l'humide) donnent naissance à Geb (la terre (mâle)) et à Nout (le ciel (femelle)).
    >> l'Univers, le temps et l'espace ainsi créé, Geb et Nout donnent naissance à deux couples : Osiris et Isis; Seth et Nephtys.
    >> Maintenant sur terre, humble prêtre à ton service, je peux, O Rê, entonner l'hommage à Toi le verbe que nous écrivons par le signe de la bouche, et à tes neuf dieux :
    >> Le seigneur de l'Horizon, Rê, l'Eternel ...., son Ennéade se brûle autour de lui, sa puissance effraie les divinités qui sont venues après lui. Ses millions de KA sont dans sa bouche, car il est la magie, celui qui est né de lui-même; quand ils le voient, les dieux sont en liesse, ils vivent de sa sueur parfumée; il est Celui qui a créé les Montagnes et formé le Ciel.
 
     
      Dominique en reste les bras ballants :
    - Cette création du monde, ce texte vieux de plus de mille ans, antérieur à la Genèse est celle qui correspond le mieux à ce que j'ai appris chez les Rosicruciens et elle correspond vraiment à la nouvelle théorie sur l'Univers inflatoire reproducteur, qui relègue le Big-Bang au titre de dinosaure[1].
     
      Dans un coin, un couple, la femme est jeune, l'homme est barbu. Ce ne sont pas des Egyptiens, ils sont vêtus comme des Bédouins. L'Homme prie :
    - Mon Dieu, dieu de mes pères, divin El, divin YHWH, divin BAAL, je t'ai enfin trouvé. Toi qui es adoré sous tant de noms. Permet, O divin Maître que je puisse rester encore un peu sous ton aile avant que tu ne me renvoies dans le monde des mécréants.
    La jeune femme prie aussi :
    - Dieu Bon, toi qui es le bon, le seul qui mérite l'adjectif ou le nom de BON, je te remercie de m'avoir sauvé de Pharaon, je te remercie de m'avoir emmené ici.
    >> Depuis de nombreuses années, malgré mon jeune âge je te sers dans tes temples sous tes différents noms. Aujourd'hui Toi que je ne sais comment nommer, je T'ai enfin retrouvé. Permet qu'en ce lieu et en cette fête, je sois tienne. Permet, mon Dieu, que je m'intègre à Toi. Permet qu'avec l'élu de mon coeur, Abram, nous arrivions enfin à la fin de nos vies.
 

=============== Notes =============

[1]              Voir l'article de "Pour la science" de Janvier 1995 : "L'Univers inflatoire autoreproducteur" de Andrei LINDE. 
              Ce numéro comporte aussi un article sur les méthodes de glaçure employées à la fin du 5ème millénaire dans la vallée de l'Indus et les méthodes différentes employées par les Egyptiens et les Mésopotamiens : "Perles glacées" de Anne BOUQUILLON et Blanche Barthélémy De Saizieu.