Chapitre 36 : D'autres expériences
Quand ils apprendraient ce qu'il avait réalisé, les exploits qu'il avait accomplis, pensait-il, les goélands seraient fous de joie.
Combien désormais les perspectives de leur vie allaient s'étendre !
Richard Bach : Jonathan Livingston le Goéland
D'un geste royal, Amenemhat a offert une belle demeure à Potolerri. Et il a chargé Sinouhit de veiller à son installation. Homme d'état avisé, l'ancien premier Vizir avait compris que Potolerri ne comprenait rien aux façons de penser des anciens égyptiens et qu'il fallait éviter qu'il fasse trop de bêtises.
Sinouhit est débordé de travail ! Pensez donc, le Vizir étant devenu Pharaon, son parent a encore plus de travail à veiller à ce que tout fonctionne à merveille dans sa maisonnée !
Alors Sinouhit a demandé à la belle Agar de veiller sur Potolerri, à superviser son emménagement, et surtout à ce qu'il reste dans les règles de la bienséance, rempart utile contre les bêtises...
Dans Memphis, la capitale provisoire, Agar a jeté son dévolu sur une maison aux pièces claires, avec un jardin ombragé et, luxe suprême, un petit bassin.
La maison a quatre pièces. Elle est rectangulaire, orienté au Nord pour éviter le soleil brûlant du midi.
Dans la chambre du maître, deux pilastres précèdent l'alcôve et, à la place d'honneur, il y a une petite chapelle pour les prières.
La cuisine est séparée par une cour intérieure, un patio.
Dans le jardin fleurissent les bleuets, la mandragore, les pois de senteur. Les lotus se dressent sur leurs tiges pour se faire remarquer au milieu du bassin où flottent deux canards désabusés.
Une maison coquette qu'envieraient beaucoup de hauts fonctionnaires.
Dans l'ancien temps, les fonctionnaires de Pharaon travaillaient pour la nourriture et le logement. Maintenant, ils désirent des récompenses, des primes, pour équiper leurs maisons et améliorer leur vie.
Un personnage aussi important que Potolerri, ami de Pharaon, doit avoir des domestiques !. Mais Agar veut aussi s'assurer qu'au sortir de son deuil, Potolerri ne tournera pas ses regards vers une autre femme.
Elle choisit soigneusement une gouvernante un peu âgée, Suzanne. Un cuisinier et une vieille femme complète le personnel.
Cette maîtresse femme prend les choses en main ! Après un rapide aménagement, elle fait allumer le poêle en terre cuite et elle fait chauffer de l'eau dans de grands récipients en terre cuite. Le cuisinier est ébahi; a-t-on jamais gaspillé autant de précieux bois pour chauffer autant d'eau !.Ne peut-il se baigner dans le Nil ou dans la piscine comme tout le monde ?
La réponse de Suzanne est cinglante :
- Un favori de Pharaon, Vie, Santé, Force, doit avoir ce qu'il y a de mieux ! Pour une fois, les scribes vont nous permettre de brûler un peu plus de bois pour ramener ce pauvre homme à l'état humain.
>> As tu vu à quoi il ressemble ? A force de voyager avec les Bédouins, il est aussi poilu qu'eux !. Et il sent l'odeur des chèvres et de l'ânesse. Je ne comprends pas que ma jeune maîtresse se soit entichée d'un tel Homme !.
>> Tu es un bon cuisinier, alors tu vas brûler ses vêtements dans ton brasier, que cette robe de laine crasseuse meure avec les poux !. Je sais qu'il n'est pas crasseux, qu'il s'est baigné dans le Nil, mais il ne ressemble pas à un Égyptien !
Joignant le geste à la parole, Suzanne met Potolerri à nu, et elle l'étrille vigoureusement avant de le rincer avec de l'eau très chaude préalablement parfumée.
Ensuite, elle le fait asseoir confortablement (toujours dénudé) et elle fait entrer un homme grand et mince, accompagné d'un adolescent. Le jeune homme porte un ballot.
Potolerri ouvre de grands yeux, essaie de masquer sa nudité. Suzanne n'an as cure. Du plat de la main, elle appuie sur son épaule, l'obligeant à rester immobile.
L'homme pose le ballot sur la table basse et l'ouvre...
Sur le tissu étincellent des outils en bronze. Des outils tranchants !
Le barbier frémit devant l'ampleur de la tâche ! Habitué aux égyptiens imberbes, il s'affole devant l'épaisse barbe hirsute et les cheveux emmêlés de l'Ami de Pharaon (V,S,F) !
Quand le système pileux de Potolerri git au sol, le barbier et son apprenti sortent, satisfaits du devoir accompli. C'est alors qu'un Nubien gigantesque entre ! Nu et luisant, la taille ceinte d'un morceau de tissu.
C'est sans pouvoir protester, que Potolerri est jeté, nu, chauve et imberbe sur la table pour subir un massage. Le masseur verse une grande quantité d'huile parfumée sur son corps. De ses larges mains d'un ample mouvement, il étale l'huile.
Puis, il pétrit l'Ami de Pharaon (V,S,F). Il assouplit les muscles de ses larges mains. Quoique apparemment brutal, le traitement est en réalité d'une grande douceur.
Vaincu, Potolerri n'a plus à penser et à réagir. Les grandes mains glissent sur sa peau huilée et lui apporte détente et réconfort. Il se sent comme un enfant, comme quand sa maman le talquait et le caressait lors de sa toilette. Pour la première fois depuis longtemps, Potolerri se détend, il se sent bien, et, sans s'en apercevoir, il oublie Messouada, il glisse dans le sommeil.
Le masseur parti, Suzanne le laisse dormir, ordonnant aux domestiques de ne plus bouger, de ne faire aucun bruit. La cuisine et le ménage peuvent attendre pour une fois !.
Frais et dispos, vêtu d'une robe de lin, les yeux passés au khôl Potolerri ressemble maintenant à un égyptien !.Suzanne le fait asseoir sur les coussins, près de la table basse. D'un coup d'oeil, elle vérifie que la décoration est correcte, que les bouquets de fleurs et les parures florales tiennent bien.
Le cuisinier est content car l'appétit de Potolerri est revenu. Il dévore l'oie rôti et les lentilles, faisant descendre les bouchées par de larges rasades de bière.
- Merci, Suzanne, pour ton traitement, je me sens bien et dispos. Et je dois être sincère avec toi, je trouve que la barbe ne me va pas. Quand à mes beaux cheveux, une simple coupe aurait suffit. Mais, ce n'est pas grave, je mettrais un chapeau pour éviter les coups de soleil.
>> Dis moi, ton nom, Suzanne, est ce vraiment égyptien ?
- Suzanne est une déformation arabe de mon nom Sesheshen, le lotus.
- Tu préfères que ton nom soit déformé ? Je croyais que seul un événement important pouvait amener à changer le nom ?
- Que de questions mon noble seigneur, merci de t'intéresser à ta gouvernante. Si tu le veux, je peux te raconter pendant que tu finis ton repas.
La table est vite desservie, Suzanne veille à ce que les gâteaux au miel et aux épices, la bière fraîche et le vin soient disposés sur la table basse. Le cuisinier, après avoir préparé une infusion digestive s'assoie discrètement et écoute lui aussi.
- Mes parents m'ont donné le nom du lotus Sesheshen car ma peau de bébé et mes yeux bleus leur ont fait penser à cette fleur lors de ma naissance. Ils auraient pu aussi bien me nommer Nennefer l'autre nom de cette fleur, que tu traduis par nénuphar.
>> Cette fleur à l'odeur suave et douce s'ouvre le matin au lever de Rê, le soleil, et elle se ferme à son coucher.
>> Mon nom a sûrement influé ma destiné. Le lotus, symbole de l'existence éternelle, m'a conduit au temple d'Hathor pour être danseuse.
>> Maintenant, tu n’es plus un étranger, mais tu ignores peut-être que HAT-HOR signifie le château d'Horus.
>> La vache-ciel HATHOR met le soleil, jeune veau d'or, au monde chaque matin. Il croît, à midi. Parvenu à maturité, le soir, il féconde sa mère-épouse; au crépuscule, celle-ci engloutit l'astre. Après une nuit de gestation dans le sein d'Hathor, le soleil est enfanté le matin.
>> Ma mère, la déesse est le ciel, et sa musique préférée est celle que font les sphères dans l'Univers. Alors, nous, les jeunes filles, nous dansons et tournoyons dans son sanctuaire à la musique de nos sistres, colliers et tambourins.
>> Un jour, une expédition dut aller en Bactriane, aux sources de l'Indus. Le prince de ce lieu est le grand fournisseur de l'Égypte en Lapis-lazuli. Ce prince demandait l'aide de nos prêtres pour guérir sa fille[1], il désirait aussi mieux connaître notre religion.
>> Hathor, la déesse des pays de l'Est, Sinaï, Byblos, Pount, demanda à ses prêtres et à ses danseuses de partir au-devant du soleil.
>> Le voyage fut long, très long. En bateau nous avons longé les côtes de l'autre Très Verte (la Mer Rouge) et de l'Arabie.
>> La princesse guérit de sa langueur en apprenant l'histoire de Kamoutef (le taureau de sa mère) et comment l'Unité est la trinité créatrice de Lumière. Comment le Père et le Fils se confondent au sein de la Mère.
>> Que Abram ici présent soit remercié pour m'avoir aidé. Il est nommé à ce jour conseiller personnel de Pharaon.
>> Que Potolerri, ici présent accepte mes remerciements pour s'être courageusement porté à mon secours. Qu'il accepte de se reposer près de nous. Nous lui offrons une maison et de quoi vivre, avec nous à Memphis, ou dans tout autre ville à sa convenance. Que le général Ameny tienne à sa disposition les moyens militaires que Potolerri jugera bon d'employer pour oeuvrer à détruire nos ennemis communs.
>> Mon nom Amenemhat signifie « AMON EST LE PREMIER » A partir de ce jour, l'Égypte est sous l'égide du dieu Amon.
>> Que les prêtres de Knoum, le dieu potier, transmette le culte du bélier au seul dieu Amon.
>> Que ce bélier soit le symbole de la corne d'abondance, qu'il redonne la suffisance à notre pays, et qu'il nous donne la force de lutter contre nos ennemis.
>> Que l'Égypte soit à nouveau réunie. Pour gouverner plus efficacement, le gouvernement va quitter Thèbes, pour la nouvelle ville de Ity-Taoui Saisir les deux pays que nous allons créer à 25kms au sud de Memphis.
>> Que Meri et Khenbik, mon architecte, me dessinent les plans de notre nouvelle capitale.
>> Que les dieux me permettent de différer les autres mesures qu'ils trouvent bonnes, et que les prêtres prévoient mon investiture. Que soit noués ensemble le lys et le papyrus. Que soit posé sur mon front la double couronne rouge et blanche, symbole de l'union du Nord et du Sud de l'union de Kemi,[2] l'Égypte.>>
>> L'un d'eux me plut beaucoup, il venait du pays où le soleil se lève. Le Soleil sort de la Mer, comme il sort de ma mère Hathor. Les yeux des habitants de ce pays sont comme le sexe de notre mère, en forme d'amande, et si l'on regarde bien, on voit, caché par les paupières, la Lumière de leur regard. Pour ce Prince, je vis tout de suite, la Lumière de son coeur.
>> Il décida de nous accompagner jusqu'en Perse avant de m'emmener dans son pays pour porter ses enfants.
>> Puis-je continuer, Seigneur Potolerri ? Ou préfères-tu te reposer ?
Potolerri relaxé et le ventre plein avait glissé de son coussin et il baillait machinalement. Dans son coin, le cuisinier ne bougeait plus, plongé dans les images de ce voyage. Comme tous les hommes heureux qui ont tout sous la main et ne désirant pas voyager, l'Égyptien adore frémir en s'imaginant loin de chez lui.
Potolerri se redresse, sourit aimablement :
- Excuse-moi, charmant lotus, permet moi de mieux m'asseoir sur mes coussins et je t'en prie, reprends ton histoire, je dormirai demain.
Suzanne enjambe le cuisinier, va à la cuisine chercher l'infusion et la sert à son nouveau maître dans une fine coupe en albâtre avant de reprendre :
-- Merci, O seigneur, de me permettre de me ressouvenir de ces jours heureux, car ce sont les jours de ma jeunesse.
- Les dieux te seront reconnaissants de m'accorder cette joie. Quand tu arriveras au séjour d'Anubis, la première question que l'on te posera sera :
Combien de personnes à tu rendu heureuses dans ta vie. Alors, toi, mon seigneur, tu pourras répondre que tu as rendu heureuse une danseuse de la maîtresse de la montagne des morts, de la déesse du sycomore, la divine Hathor.
>> Le prince accompagna notre caravane. Il était très aimable. Son peuple, nous raconta t-il, descend de celui de Mu[2]. Je vois à ton regard que tu ne le connais pas; l'histoire en est très longue. Je te la raconterai plus tard, sache seulement que des villes et des temples ont été engloutis par la Très Verte où naît le Soleil.
>> Notre caravane prit du retard à cause de toutes ces fêtes et les dieux ont peut être été jaloux de notre bonheur, car ils ont avancé l'hiver.
>> La neige fut en avance, balayée ensuite par de fortes pluies. En passant un col, les terres détrempées ont glissées. Les hommes, les bêtes, tout a été entraîné dans des fleuves de boue. Comment te décrire un tel événement. Les éléphants et les chameaux, malgré leur taille, ont été emportés comme des fétus.
>> Quand le calme fût revenu, je me suis retrouvée seule sous la pluie battante. Au-dessous de moi, sortant de la boue, je voyais une jambe, un bras, une écharpe, un morceau de harnais ......
>> Mon amie, ma Princesse, mon amour, mon Prince, tous les deux où était-ils ?.
>> Il y eut de nombreux survivants. Les recherches commencèrent de suite. Le soir approchait. Sous la pluie, on réussit à allumer quelques torches. Des serviteurs risquaient leurs vies en allant fouiller au milieu du fleuve de boue. Quelques uns furent engloutis sur place, d'autres furent entraînés par les ruisseaux et disparurent à jamais.
>> Nous sommes restés une semaine sur ce lieu, dans le froid, la neige, la pluie, le chagrin. Quelques secours venaient des villes de chaque côté du col. En aval du fleuve de boue, de nombreux corps furent retrouvés.
>> Quand tout espoir fut perdu, j'acceptais de me joindre à une caravane qui allait en direction de la Mésopotamie. De là je savais pouvoir rallier l'Égypte et rentrer chez moi pour y élever mon enfant.
Le peuple englouti survivait dans mon sein. J'avais perdu une amie et le père de mon enfant, il ne me restait plus qu'à rentrer chez moi retrouver mes parents.
>> La route fût longue. J'avais préjugé de mes forces. Il y a là un trou dans mon histoire. Je ne parviens pas à m'en souvenir...
>> Je me suis retrouvée dans une auberge où l'on me soignait depuis de nombreuses semaines. La caravane m'avait abandonnée en proie à une forte fièvre. J'avais perdu mon enfant, je délirais, je refusais de m'alimenter.
>> Quand la raison me revint, j'étais squelettique. Une assiettée d'orge me parut un banquet. J'aurais dû la refuser et finir de mourir de faim.
>> En joignant la caravane, j'avais quelques bijoux. Leur valeur m'aurait permis de revenir en mon pays. Ces bijoux avaient disparus. Les aubergistes, pauvres eux aussi, comme tous les gens de cette région désolée, ne sont sûrement pas les voleurs.
>> Dès que les forces me furent revenues, il me fallut m'inquiéter de la meilleure façon de m'acquitter de ma dette. Comment donner à ces pauvres aubergistes la contre-valeur des efforts qu'ils avaient faits pour me garder en vie.
Comme le veut la coutume, il me fallut être leur esclave jusqu'à l'acquittement de ma dette.
>> Tu penses peut-être, O seigneur Potolerri, que ces aubergistes m'avaient dérobé mes pierres ? gagnant ainsi une petite fortune et me forçant à être leur esclave. Cette idée m'était aussi venue.
>> Leur langue m'était presque inconnue. Après quelques semaines, je pouvais discuter avec eux et surtout avec leurs enfants. J'appris ainsi qu'ils s'étaient relayés jour et nuit à mon chevet. Il leur aurait été plus facile de me laisser mourir.
>> Quand les forces me sont revenues, ils m'ont demandé de les aider à accueillir les voyageurs et à cultiver le jardin. Malgré leur pauvreté ils ont toujours refusé de me vendre ou de louer mon corps à l'un ou l'autre homme. Quelquefois, ils me cachaient avec leurs filles quand les gens de passage leur semblaient dangereux.
>> Tu t'inquiètes seigneur Potolerri du traitement fait aux esclaves ?
>> En Égypte, nous ne faisons pas une vie plus dure aux esclaves que la vie faite aux fonctionnaires sous les premiers Pharaons. La nourriture et le logement leur est dû. Comme tous les domestiques, ils ont droit à la bastonnade en cas de bêtise. Il est formellement interdit de les blesser ou de les tuer.
>> Les prisonniers de guerre, les endettés, les punis ont toujours un tel statut de servage. Les esclaves peuvent avoir des biens, prendre un conjoint, ce dernier peut être un autre esclave ou être libre.
>> Mes nouveaux maîtres m'ont appliqué un tel statut. J'aurais pu m'enfuir, mais ils étaient gentils avec moi; ils m'ont permis de jouer de la musique et de danser pour gagner de quoi continuer mon voyage. Ils n'ont rien voulu recevoir des biens que j'ai acquis. Mon travail payait mon entretien.
>> Cette région est pauvre, peu de caravanes y passent. Quand j'ai amassé de quoi me rendre dans une contrée plus riche, ils m'ont trouvé des compagnons de voyage, et, dernière gentillesse, ils m’ont donné de quoi manger pendant quelque temps.
>> Grâce à cela, je suis rapidement arrivée dans les grandes villes de Mésopotamie.
>> J'ai aussi eu le temps de fréquenter les temples des Baal. J'ai ainsi appris des chants et des danses de leur pays. J'ai écouté et appris un peu de magie. J'ai appris une chose inconnue en Égypte : nos prêtres connaissent aussi le zodiaque, mais leurs prêtres s'en servent pour prédire l'avenir d'une cité ou d'un homme.
>> Mes talents de jeune danseuse m'ont rapidement permis de gagner ma place dans une caravane.
>> Je suis ainsi revenue en Égypte, et depuis quelques années je sers le seigneur Sinouhit qui m'a mise à ton service.
>> Voici, O Seigneur comment en Mésopotamie mon nom de Sesheshen est devenu Suzanne. Je tiens à conserver ce nom car il reflète la nouvelle femme que j'étais devenue.
Les yeux humides, Suzanne se relève, attentionnée :
- Puis je, noble seigneur Potolerri, te préparer ta chambre pour la nuit ?. Si tu trouve la chaleur trop forte, je peux disposer ta couche au bord du bassin. Ainsi tu pourras profiter de la fraîcheur de la nuit.
Tout en parlant, Suzanne fait reprendre ses esprits au cuisinier d'un coup de pied amical, prouvant une fois de plus que les fesses sont directement reliées au cerveau, ce qui justifierait les bastonnades ?.
Puis, telle une tornade bavarde, elle pousse les tables basses, les sièges et les coussins au pied du mur. Une natte est déroulée, un chevet y est posé.
Potolerri regarde ces préparatifs, intrigué. Il a pris l'habitude de dormir sur le sol ou sur un tapis, habillé et roulé dans une couverture. Mais cette fois, dormir sur une natte en roseau, nu, avec sous la tête un instrument ressemblant à une section de bol sur pied ?
Enroulé dans une couverture en coton et laine, fleurant bon la lessive et le soleil, il se met sur le côté et pose sa tête dans le berceau du chevet. Le bois patiné est doux au contact, il fleure bon la cire, mais il est horriblement dur. Potolerri reconnaît que sa tête est quand même bien logée dans ce chevet, et fatigué, il s'endort d'un coup.
Pas longtemps, car il aime dormir sur le dos, et, en se tournant, sa tête glisse du chevet, accrochant son nez.
Dans son premier sommeil, Potolerri ne cherche pas à comprendre, il repousse l'engin de torture, il tend le bras et se rendort avec un coussin sous la tête.
A l'aube, son aimable gouvernante vient le réveiller. Elle remarque que le chevet et le coussin ne sont pas à leur place. Elle hésite entre gourmander ou éduquer ce sauvage, avant de se résoudre à commencer la journée par un éclat de rire.
================= Notes ===============
================= Notes ===============
[1] L'envoie de prêtres et d'une statue du dieu pour guérir l'enfant du Prince de Bactriane est relaté dans les siècles suivants.
[2] Des traces du continent englouti de MU ont été effectivement trouvées à l'Est de la Chine et au Sud du Japon.
D'après les recherches, la race engloutie ressemblerait beaucoup aux Chinois et aux Japonais.
Pour un autre peuple mystérieux du Nord du Japon, des analyses sanguines leur trouvent les mêmes particularités qu'aux Mongols. Sont-ils des descendants des peuples de l'Altaï d'il y a 400.000 ans ?.
D'autres légendes donneraient les Egyptiens comme descendant de l'Atlantide (nommé AMENTET dans les textes anciens, voir Ezechiel XXVII 34 et XXVI 21).
La forte connotation sémitique de la langue égyptienne (300 racines) et ses coutumes montrent un apport important de l'Ouest; il n'y a que 100 racines africaines.
La culture du bassin égyptien a été marquée par les cultures du centre Sahara dans les millénaires précédant l'époque historique. Ces apports culturels sont constatés pour la taille de la pierre et la confection de la poterie.
Vous pouvez consulter les ouvrages d'Albert Slosman :
- Le grand cataclysme, en ces temps là vivaient Isis et Osiris
- Les survivants de l'Atlantide
- Et Dieu ressuscita à Dendérah ou la théologie restituée.
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