Robert Christian - PHARAON CONTRE MAFIA - texte intégral

In Libro Veritas

PHARAON CONTRE MAFIA

Par Robert Christian

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Table des matières
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Chapitre 34 : Les dieux sont en colère

 
    L'Égypte est immortelle, parce qu'elle est, par sa nature, la gardienne de l'immortelle sagesse ; de même que sa terre noire sort, fertilisée, des eaux du Nil qui la submergeaient, paraissant devoir la détruire.
    Isha Schwaller de Lubicz : Her Bak
     
    Dans les marécages du Delta, tel un crocodile à l'affût, le danger veille et s'éveille...
    Saraï et Abram vont rejoindre le Vizir Amenemhat, Potolerri pleure dans les bras d'une belle femme déçue,  Gil prépare ses plans.
     
    Toujours hanté par l'image de la belle Saraï, Gil, alias Djed-Sebek, « le crocodile », a demandé à Mesdjer, son oreille égyptienne, de la retrouver.
    Mesdjer connaît beaucoup de monde à la cour de Pharaon, dans les villes et les campagnes. Il ne lui faut pas longtemps pour se renseigner.
    Nantis de précieuses informations, Mesdjer rejoint Gil dans les marécages du Delta. Étendus sur le pont du navire à l'abri des crocodiles et des hippopotames, Gil écoute les nouvelles en écrasant les moustiques d'une main distraite.
    - Écoute, oh mon ami, ce que mes amis et associés ont réussi à m'apprendre. Ils ont pour cela, couru dans le sable brûlant; ils ont pour cela, écouter derrières les tentures au péril de leur vie; ils ont pour cela...
    - Laisse tomber les préliminaires, mon amour d'oreille, et donne moi les nouvelles, coupe abruptement Gil.
 
    Un peu vexé de voir couper ses effets de conteur, Mesdjer se dit que les barbares venus d'on ne sait où ne peuvent avoir son éducation raffinée. Et il confie :
    - Le Vizir Amenemhat ne peut envisager de voir se lever le soleil sans avoir TA Saraï à ses côtés.
    >> La bonne nouvelle, c'est que le Vizir est parti voir Pharaon avec une faible escorte.
    >> Un coup de main audacieux peut te permettre de récupérer l'objet de ton désir. D'après mes informateurs c'est une pièce royale, un bon placement. Tu pourras la revendre très cher sur un marché d'esclaves quand tu en seras lassé.
    >> Mes associés assouviront leurs désirs avec les objets précieux que le Vizir emporte toujours avec lui, conclu rapidement Mesdjer. Il se tait et prend un air têtu. « Mais vraiment quels sauvages, pense t-il, ces gens qui ne prennent même pas le temps d'écouter. Comment peuvent vivre les gens dans son pays sans communiquer ? »
    Gil se relève, excité à l'idée de re-conquête, de revanche !
    - Dis-moi vite ! Où est le Vizir actuellement ?
    - Amenemhat est en route pour Memphis, la ville aux murs blancs où l'attend le Pharaon, Vie, Santé, Force.
    >> Pour faire honneur à Pharaon, Vie, Santé, Force, et pour se montrer en beauté aux Memphistes, le Vizir va faire un dernier campement à une heure ou deux de marche de la ville. Ainsi, aux aurores, il se maquille et il se fait porter, frais et parfumé, aux portes de la Memphis. Il fait alors une entrée remarquée en interrompant le flot de livraison des légumes fraîchement cueillis.
 
    Gil s'esclaffe ! Devant l'ai ahuri de son âme damné, il s'explique :
    - Je vais t'exposer pourquoi je ris. Dans mon pays, l'on dit des gens importants que ce sont de "grosses légumes". Alors imagine la grosse légume de Vizir arrivant tout frais, avec les primeurs.
    Gil reprend vite son calme :
    - Dans toutes les guerres, l'attention se relâche au début du jour. Il faut assumer les besoins physiologiques, manger, démonter le campement. Et dans ce cas précis, se faire beau.
    >> Nous attaquerons son campement pendant qu'ils se chouchoutent.
    >> Les deux bateaux vont profiter du vent du Nord pour remonter le Nil. Si tu le juges utile, fais une razzia et enlève nous de quoi faire une bonne équipe de rameurs.
    >> Les navires vont accoster à l'endroit le plus proche du campement du Vizir.
    >> Tu me trouves un guide local qui va nous y attendre.
    >> Une partie de nos hommes vont attaquer par la terre... Il faut que la marche de nuit soit courte. Nous les encerclerons avant l'aube;  au moment où les malles sont faites. Juste avant qu'ils se regroupent pour partir, nous attaquerons !
    Mesdjer a un petit rire ravi :
    - Les dieux sont avec nous pour t'inspirer de si bonnes idées ! La surprise sera totale. Nous devrions tout leur prendre, biens et esclaves sans risques. Le transport du butin est simplifié car les bagages seront sur les bêtes.
 
    >> Le Vizir n'a aucune chance de nous échapper, Je m'imagine déjà en train de négocier sa rançon.
    *
    * *
    À Memphis, Pharaon, Vie, Santé, Force, s'ennuie... Pour tuer le temps, il a décidé d'aller à la chasse et de massacrer de l'innocent gibier.
    Pendant que l'on prépare son village de toile, et que les piqueurs regroupent les chiens, un messager arrive, il se précipite le nez dans le sable en signe de respect et il tend un rouleau de papyrus au-dessus de sa tête.
    Le cachet de cire est brisé, le papyrus est déroulé et lu. Pharaon (V,S,F) écoute et apprend que son Vizir accourt, porté par son amour pour son suzerain et, que pour aller plus vite il a augmenté le nombre des épaules des courageux porteurs.
     
    Pharaon est heureux de cet imprévu :
    Il est le bienvenu. Nous partons vers le Nord-Est et nous chasserons en attendant sa rencontre. Mon cher Vizir nous contera ses aventures le soir pendant que rôtira notre gibier.
    *
    * *
    Les dieux l'ont décidé ainsi ! Les deux troupes campent à peu de distance l'une de l'autre sous le ciel étoilé de cette Égypte ancienne. La décision royale n'a pas eu le temps d'être colportée. Gil et ses compagnons ne savent pas qu'à l'aurore, ils risquent d'attaquer une royale escorte, et une meute de chiens entraînés à la chasse aux lions.
 *
* *
 
    En lançant l'attaque, Gil flamboie dans le soleil levant. Son casque et sa cuirasse, fraîchement huilés, rougeoient aux premiers rayons de soleil. Sa longue épée de bronze étincelle, les revolvers artisanaux pendent à sa ceinture.
    En franchissant la dune, il découvre le campement de Pharaon (V,S,F) !
    L'importance du camp et la présence de la garde royale le fait hésiter...
    Gil a un ricanement :
    - Qu'à cela ne tienne. Nous avons l'avantage de la surprise. Et, pour la première fois, je vais pouvoir faire couler du sang soi-disant noble, du sang bleu. Et celui-ci est vraiment royal en plus. C'est le fils du soleil !
    Gil a un signe vers Mesdjer :
    - Ta religion te permet d'agresser ton Dieu-Roi ?
    - J'ai éventré les ventres de ses aïeux dans les tombes pour leur prendre leurs bijoux. Leurs peaux momifiées sont plus résistantes que sa peau rose et parfumée ! Tuons ! 
    Gil se redresse et hurle : <<Nous sommes les plus forts, tirez une salve et chargez; TUE ! TUE ! TUE ! >>
    La première salve des armes à feux balaye les soldats, les piqueurs et les chiens. Ceux qui ne sont pas blessés sont affolés par les coups de tonnerres et les flammes qui accompagnent l'agression matinale.  Les dieux descendent-ils avec colère ce matin ?.
     
    Gil se précipite en assénant de grands coups d'épée. Mesdjer est à ses côtés, et ils courent vers le royal personnage déjà assis dans sa chaise à porteur.
 
    Au passage, Gil va pourfendre un courtisant quand Mesdjer détourne son coup : <<Ne le tue pas ! >>
    Sans chercher à comprendre, Gil obéit, il le repousse du plat de la lame, et, d'un revers, il sabre Pharaon au ventre : <<Adieu, Vie, Santé, Force.>> ricane-t-il.
    Pour les égyptiens, Pharaon à terre, c'est le signe que les dieux les abandonnent. C'est le « sauve qui peu » pour éviter la mort ou l'esclavage.
      Gil arrache le pectoral d'or et de lapis-lazuli de la royale poitrine, il s'en pare. Royalement, il s'assoit sur le trône oublié à terre par les porteurs affolés.
    Le butin est impressionnant. Les bêtes de bâts sont chargées d'armes de luxe, de fines toiles, de bijoux, de parfums. Les meubles d'ébène incrustés d'ivoire se vendront une fortune à l'étranger, ainsi que la cinquantaine d'hommes et de femmes qui serons vendus comme esclaves.
     
    Debout sur une dune, Gil se met une main sur la poitrine, une main dans le dos, et, oubliant la belle Saraï, il explose de joie :
    - Du haut de ce tertre, plus jeune de 4000 ans, je vous contemple et je vous pille pour m'enrichir.
     
    Gil savoure un instant la victoire... Son large sourire s'évanouit.  Se tournant vers ses lieutenants, Mesdjer et Pirap :
    - Pourquoi, Mesdjer, as tu détourné ma main ? Cet homme distingué serait mort au maximum de sa beauté. Maintenant, mon épée réclame une vie. Justifie-toi !
 
    - Cet homme est l'un des conseillers de Pharaon. Il est admiré, cité en exemple. Il est beau, riche, intelligent. Tout lui réussi dans la vie.
    >> Étant donné ses qualités, il fera un esclave de prix. A moins que, un être si favorisé des dieux ..... Peut être veux tu le tuer toi-même ?
    - Contrairement à nos aïeux, je préfère raisonner en termes de profits.
    - Cet homme te fera faire fortune s'il travaille pour toi. Toutes les occasions de s'enrichir lui sont bonnes. Il a l'intelligence d'avoir de nombreux hommes de paille pour faire les mauvais coups à sa place. Et sa position au gouvernement lui permet de connaître toutes les bonnes occasions, sinon d'en créer.
    >> Parmi ses méfaits, il y a le traditionnel pillage des tombes, il sait circonvenir les scribes pour fausser la comptabilité, ou empocher des impôts. Il trafique aussi avec le réseau commercial à l'étranger et il a de nombreux contacts avec les rois des autres pays.
    - Soit, acquiesce Gil, amène moi cet homme !
    - De suite. Cet homme, ce Nashash, te sera reconnaissant. Ami Crocodile, ta fortune vient de faire un grand pas, en t'attribuant la vie de celui dont le nom est synonyme de serpent.
    >> Quand à ton épée, je te promets qu'elle ne chômera pas.

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