Robert Christian - PHARAON CONTRE MAFIA - texte intégral

In Libro Veritas

PHARAON CONTRE MAFIA

Par Robert Christian

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Table des matières
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Chapitre 32 : Marchandage

 
    Si j'ordonnais à un général de voler d'une fleur à l'autre à la façon d'un papillon, ou d'écrire une tragédie, ou de se changer en oiseau de mer, et si le général n'exécutait pas l'ordre reçu, qui, de lui ou de moi, serait dans son tort ?
    Saint Exupéry, Le Petit Prince
     
     
     
     
     
    Les troupes du vizir Amenemhat, premier ministre de l'Egypte, retournent dans leur pays. Elles scandent leur marche d'un chant victorieux créé lors de la VIème dynastie :
    Cette armée revient en paix
    Elle avait retourné le pays des Nomades-des-sables
    Cette armée revient en paix
    Elle avait détruit le pays des Nomades-des-sables
    Cette armée revient en paix
    Elle avait détruit ses forteresses
    Cette armée revient en paix
    Elle avait coupé ses figuiers et ses vignes
    Cette armée revient en paix
    Elle avait mis le feu à ses demeures
    Cette armée revient en paix
    Elle avait massacré, par nombreuses dizaines de mille, les troupes qu'il contenait
    Cette armée revient en paix
    Elle avait emmené, prisonnières, les troupes très nombreuses de ce pays
 
    Et Sa Majesté, grandement, me loua pour cela
     
    Abram, monté sur un âne, chemine à côté de la chaise à porteur du vizir. Amenemhat est en colère :
    - Je demande depuis longtemps une réorganisation de l'armée et un effort pour débarrasser nos frontières des pillards de toutes sortes.
    Abram approuve et réfléchit à voix haute :
    - Qu'est-ce que l'Egypte ?
    Amenemhat, surpris de la question prend un temps de silence et répond :
    - Depuis plus de 1000 ans, depuis la cataracte jusqu'à la Très Verte (la Méditerranée), l'Égypte est la bande de terre fertilisée par le Nil et occupée par mon peuple.
    - Est-ce que le Soudan est Égyptien ?
    - Non, le Soudan est un partenaire commercial, comme le Pount.
    - La Lybie est-elle Égyptienne ?
    - Les pays de l'Ouest sont tantôt nos amis, tantôt nos ennemis, mais ils ne sont jamais de notre peuple.
    Abram change de ton :
    - Si j'ai bien compris, les terres loin du Nil, non occupée par ton peuple ne sont pas Égyptienne. Le Sinaï est donc simplement pour vous un chemin vers l'Est et une zone minière.
    Amenemhat hausse les sourcils, intéressé et soucieux. Il se demande quel est le but d'Abram. Prudent, il rétorque :
    - Exactement, le Sinaï est ce que tu dis. Mais, tu m'intrigues, ton intelligence me parait redoutable; et, je ne vois pas où tu veux en venir.
 
    Abram sourit chaleureusement. Il prend le temps de la réflexion et ajuste sa position sur le bât de l'âne :
    - Je cherche juste à comprendre qui sont nos grands voisins. A l'Est, les Mésopotamiens; au Sud, les terres heureuses d'Arabie; dans la Très Verte, les peuples de Crête et de Ionie; à l'Ouest, mon redoutable ami Égyptien.
    - Pourquoi redoutable ? Nous essayons de vivre en paix avec nos voisins. Je ne suis pas toujours d'accord avec Pharaon, Vie, Santé, Force. Je pense que des bons contacts commerciaux et une bonne défense de nos frontières seraient plus économiques et finalement plus rentables que d'équiper des troupes pour occuper les autres pays.
    - Si tes dieux te donnaient le trône, longue vie à Pharaon, tu commercerais sans guerroyer avec tes voisins ?
    Amenemhat réfléchit trop peu :
    - Oui, commerce et bonnes relations avec mes voisins; et, j'en profiterais pour rétablir la Paix et la Prospérité au bord de nôtre dieu Nil Hâpi.
    Abram a ferré un gros poisson :
    - J'en prends tes dieux à témoins, au nom du Dieu Unique : si tu deviens Pharaon tu laisseras en Paix tes voisins.
    - Si les dieux le trouvent bon, c'est ce qu'il se passera. approuve Amenemhat.
    - Donc, si je m'installe au Centre du Monde, entre le Nil et l'Euphrate, tu deviendras mon ami et je pourrais laisser passer tes caravanes sans craindre tes guerriers.
 
    - Mais, tu es un roublard ! Je ne me dédirai pas. Si les dieux le trouvent bon, je commercerais honnêtement avec toi, tant que tu seras en paix, mes troupes respecteront ton sol.
    >> Tes tribus ont une grande confiance en toi. Si tu es aussi bon gouvernant que bon diplomate, j'ai intérêt à demander tes conseils dès aujourd'hui.
    >> Veux tu être mon ami ?
    Abram est ravi :
    - Avec grand plaisir. La science que m'insuffle l'Éternel est largement à ta disposition.

Chapitre suivant : Chapitre 33 : Séduction