Robert Christian - PHARAON CONTRE MAFIA - texte intégral

In Libro Veritas

PHARAON CONTRE MAFIA

Par Robert Christian

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Table des matières
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Chapitre 26 : Tant de bonheur !

   Tu apparais, merveilleux, à l’horizon du ciel Ô Disque Solaire vivant, origine de la vie. Dès que tu t’es levé à l’horizon de l ‘Est tu as empli la terre entière de tes splendeurs.
Grand hymne à Aton
    Et que devient Potolerri ?
    La caravane de lot a longé la vallée du Jourdain sous le chaud soleil hivernal alors que mille mètres plus haut le froid règne sur les montagnes.
    À Tel-Farah, un messager vient leur donner des nouvelles d’Abram et de sa caravane. Ce qui ennuie le plus Lot, ce sont les remontrances de son oncle sur les événements de Beit-Yerah. Ordre lui est donné d’éviter tout autre événement fâcheux à l’avenir, et de contourner largement Jéricho !
    Soucieux, Lot ordonne alors de voyager à marches forcées, il espère ainsi décourager d’éventuels coups de main ! La caravane est assez imposante pour dissuader une attaque en règle, mais il craint pour son arrière garde.
     
    C’est à regret qu’ils quittent la riante vallée et coupent à travers collines pierreuses et les gorges arides… L’étroitesse du chemin étire les hommes et les bêtes sur une grande distance.
    Potolerri marche de bon coeur à côté de Bourik, suivi de Messouada.
    Soudain un cri guttural rompt la monotonie de la marche !
    Des ombres se faufilent entre les arbres et les rochers. Des arcs se tendant et claquent ! Des hommes et des femmes tombent en criant de douleur. Les frondes ronflent…Les pierres sont lancées sur les ânes qui s’affolent, ruent, et font tomber les charges, ajoutant à la panique générale !
 
    Déjà, les hommes de Lot se reprennent et se lancent dans les rochers à la poursuite d’agresseurs. Les assaillants fuient. Ce soir, au bivouac, ils chanteront leurs hauts-faits ; ils clameront aux étoiles comment, à un contre quarante, ils ont défendu la vie de leurs familles.
    Rassuré, Potolerri se laisse aller contre Bourik. Sa joue barbue posée sur le bât et la main gauche flattant l’ânesse.
    À ce moment, il y eut un sifflement et un choc ! Une flèche a traversé la barbe et s’est fichée dans le bât. Pendant que la flèche vibre encore, Potolerri réalise qu’il a failli être tué ! Il en verdit de peur rétrospective !
    *
    * *
La caravane sort des collines et, par les canyons, elle redescend vers la Mer Morte. Les falaises de silex roses bordent la surface scintillante de l’eau.
    Lot lève la main, il ordonne d’installer le bivouac pour la nuit. L’emplacement est bien choisi, un ruisseau d’eau fraîche cascade vers la mer intérieure ; il y a de l’herbe pour les troupeaux. Des nomades avaient bâti des murs de pierres sèches, surmontés de fagots d’épineux pour parquer les chèvres et les moutons.
    Potolerri prend soin de son ânesse, veille à ce qu’elle mange et boive. Puis, il prend Messouada par la main et ils courent vers la plage.
    À l’abri des regards, ils se dévêtent et, en riant, ils plongent dans les courtes vagues tièdes !
Oh ! Surprise ! Ils n’arrivent pas à s’immerger. Malgré leurs efforts, ils restent au-dessus des vagues ! Messouada fait de grands mouvements pour plonger dans l’eau saturée de sel, mais en vain.
    *
    * *
    L'étape suivante est le plus beau souvenir, le meilleur moment qu'ont vécu Potolerri et Messouada.
    Le site de Ein Gedi est enchanteur, une oasis s'étend au pied de la falaise. La végétation grimpe jusqu’au sommet, derrière les cascades d'eau douce. Toute une faune s'abrite là : des centaines d'oiseaux, des gazelles, des ibex, des oryx, des renards, des chacals, des léopards.
    L'air embaume les parfums des herbes aromatiques et médicinales cultivées dans ce paradis.
    Au-dessus de l'oasis, plus haut que la chute d'eau, sur un petit plateau, un humble temple construit en brique crue et blanchi à la chaux s'étale au soleil.
    Messouada monte la côte, presque en courant et rit en attendant que Potolerri atteigne le sommet.
    Elle est heureuse, elle sait qu'une vie nouvelle se développe dans son sein et ce soir, sur leur couche, elle annoncera cette grande nouvelle à Potolerri.
    Mais maintenant elle vient ici remercier ses dieux de tant de bonheur. Elle apporte deux offrandes en remerciement : le bonheur étincelant dans ses yeux couleur de ciel et un présent qu'elle porte dans ses mains.
    Respectant la coutume, elle se déchausse à l'entrée du temple. Elle se lave les pieds au bassin avant de franchir la deuxième porte. Dans la pénombre et le calme, elle laisse son coeur émettre une prière de grâce. Elle remercie d'être jeune, d'être belle, en bonne santé et pour le fruit de son amour. Elle rend grâce d'être heureuse, de pouvoir profiter de la beauté du site. Un lieu tellement merveilleux que Saül, David, y vivront, et qu'un empereur romain en fera son domaine personnel.
 
    Ensuite, ses yeux habitués à la pénombre distinguent mieux les objets autour d'elle. Elle aperçoit des objets désuets, très anciens, en cuivre : des oiseaux sur des baguettes et d'autres animaux sculptés.
    Messouada entre ensuite dans la cour du temple et elle creuse un trou dans le sol, près des fondations ; elle y enterre religieusement son présent. Tout autour d'elle, le sol contient des petits bijoux, des poteries, les cendres et les os des sacrifices.
     
    Revenus sur la plage, ils courent, heureux, la main dans la main, parmi les vignes et les arbres fruitiers. Ils vont abriter leur bonheur dans les grottes de Nahal Hever.
    Le matin lumineux les verra partir vers l'Égypte en compagnie d'une autre caravane chargée de natron et de bitume. Ces deux produits tant prisés pour désinfecter, embaumer et pour servir de colle.
 

 

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