Robert Christian - PHARAON CONTRE MAFIA - texte intégral

In Libro Veritas

PHARAON CONTRE MAFIA

Par Robert Christian

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Table des matières
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Chapitre 20 : Rancoeur tenace

Chapitre 20
Rancoeur tenace.
    
    Ô ma fille ! s'écrie-t-elle, quelle douleur tu m'as causée !... j'ai cru que Pan t'avait enlevée : le dieu dangereux est toujours errant dans les forêts ; et, quand il a dansé avec le vieux Silène, rien ne peut égaler son audace.
     CHATEAUB. Mart. liv. I.
    
    
     Plus au Nord, la caravane de Lot sort enfin du paysage volcanique et tourmenté du Golan. Avec un soupir de contentement, les bergers plantent leurs tentes sur les vertes prairies aux alentours de Panas, la ville du dieu Pan.
    Joyeux touriste et amoureux, Potolerri prend Messouada par la main. Ils font un pèlerinage dans la grotte d'où le Jourdain sort en grondant entre les falaises avec un débit de plus de 20 m3 par seconde.
     Quelques jours de repos dans la verdure leur permettent de repartir gaiement pour une autre étape difficile dans ce pays montagneux. Il faut affronter la portion de route difficile qui monte au col où domine la ville d'Hatsor.
     Cette ville est bien protégée au Nord et à l'Ouest par un fossé et un rempart. À l'Est, un glacis abrupt garantit la ville de tout accès.
     Nos caravaniers ne sont pas impressionnés par ce système défensif. Ils connaissent bien cette ville car ils viennent souvent ici pour acheter l'étain du Golan ou faire des échanges à cette plaque tournante entre Canaan, la Mésopotamie, l'accès à la Méditerranée et à l'Arabie.
 
    
     Les habitants d'Hatsor étaient prévenus de leur passage et les notables les accueillent aux portes de la ville. Quelques-uns agitent des palmes en signe de bienvenue. Les enfants courent autour de la caravane en hurlant leurs souhaits de bienvenue. Les enfants et les adolescents quittent leurs parents le temps d'aller jouer avec les petits citadins.
     Après leur avoir souhaité la bienvenue, offert le pain et le sel, le "roi" d'Hatsor leur raconte que sa ville de plus de 1000 ans s'est dépeuplée. Il propose aux colons de s'y installer, des conditions favorables seront, bien sûr, faites aux nouveaux arrivants.
     Les possibilités commerciales et la douceur du climat convainquent une partie des familles qui accompagnent Lot. Les chefs de clans témoignent leur gratitude à Lot pour les avoir amenés là, et ils s'installent dans la ville. Plutôt que de restaurer les maisons restées vides, les notables décident de créer un faubourg sur le plateau au Nord de la ville.
    
     Lot n'attend pas que l'installation soit terminée ; il parcourt les villages de tentes de feutres et fait ses adieux à ses cousins et à ses amis, à tous ces gens avec qui il avait partagé les joies et les peines des nomades.
    
     Tristement, Lot quitte définitivement le Golan, il doit rejoindre son oncle. Une dernière fois, il se retourne désireux de conserver l'image de ce site accueillant, regrettant de ne pas pouvoir y rester, lui aussi.
 
     Songeur, il longe le lac d'émeraude au collier de galets noirs sans profiter de sa beauté !. Le lac de Tibériade Kinnor a la forme d'une lyre. Le vent tiède caresse le visage, désireux de faire oublier les violentes tempêtes; le soleil a une bonne chaleur après la traversée des plateaux. Lot envie énormément ses parents restés là.
    
    
     En longeant la côte Est du lac de Tibériade, Potolerri et Messouada vivent leur lune de miel. Les coutumes tribales interdisent à la jeune fille d'épouser un étranger, un homme qui n'est pas de son sang. Les parents ont voulu s'opposer à l'union entre leur fille et cet étranger venu de nulle part, désireux d'aller en Égypte. Calmement Messouada a écouté leurs arguments, puis elle les a fixés. Son regard était comme le lac : calme et doux, capable d'une grande violence quand on vient se mettre en travers de ses désirs. Les parents ont baissé la tête s'avouant vaincus. Patiemment, ils attendent que l'étranger reparte; ensuite, leur fille leur reviendra, repentante et soumise.
     L'étape de Hammat Gader est un enchantement pour les amoureux. Pendant que les troupeaux paissent au bord de la rivière Yarmouk, les hommes et les femmes se dénudent et se baignent avec délice dans les chaudes eaux volcaniques. La poussière et la fatigue s'estompent dans la douceur des bains et des baisers.
    
     Lot ne profite pas des bains régénérateurs, il réfléchit comment assumer son rôle de chef. La prochaine étape va sûrement être un lieu de conflit avec des ennemis héréditaires.
 
    À l'extrémité sud du lac de Tibériade, où le Jourdain sort du lac, s'élève un temple du culte lunaire. La ville de Beit Yerah est habitée par un peuple de potiers qui fabrique la poterie célèbre dite Khirbet-Kerat.1
     Installés depuis longtemps et ayant fait souche avec les premiers habitants du lieu, leurs lointains parents mènent là une vie paisible grâce à l'éloignement.
     La raison de l'inimitié entre ces tribus date d'il y a si longtemps qu'elle en est perdue. Seule reste une rancoeur tenace que n'a pas assouvie l'exode au Sud d'une partie des belligérants.    
     Malgré les appels au calme de Lot, les hommes et les femmes se munissent de gourdins, de massues enchâssées de silex tranchants, de pieux, de glaives en cuivre ou en bronze. Et tous ensemble, ils se ruent vers le paisible village de Beit-Yerah dont les portes ne sont même pas fermées.
     La troupe violente se rue dans les ruelles défonçant les portes des habitations et projetant aux dehors quelques malheureuses poteries oubliées.
     Les maisons sont vides, pas d'habitants. Les silos à grains, les étables, les greniers sont vides !
     Les habitants, en apprenant la migration de leurs ennemis, ont emmené leurs affaires. Ils ont fui vers d'autres lieux plus difficiles à trouver ou plus faciles à défendre telle la puissante ville de Jéricho.
===============NOTES==============
        1    Le village de Beit-Yerah produisait la poterie célèbre    dite Khirbet-Kerat jusqu'à cette époque. La    disparition de la population est inexpliquée.

   

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