Robert Christian - PHARAON CONTRE MAFIA - texte intégral

In Libro Veritas

PHARAON CONTRE MAFIA

Par Robert Christian

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Table des matières
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Chapitre 11 : Tout le monde part

Chapitre 11
Tout le monde part...
    
     Noble fils, à ce moment-là la tempête de ton karma deviendra si furieuse et si menaçante ! Sa colère deviendra intolérable et elle t'agrippera par derrière ! N'aie pas peur. Ce ne sont que tes propres illusions. Une terrible obscurité, profonde et intolérable, te précède avec des cris effrayants de "Frappe-le ! tue-le !". N'aie pas peur...
    Le livre tibétain des morts
    
     En ce jour d'automne, une légère pluie, la première pluie depuis ce long été, accentue la tristesse d'un départ définitif et du deuil trop récent. Térach n'est plus... Il ne peut cheminer vers la terre promise.
    
     Abram marche d'un pas ferme en tête de la caravane, son long bâton de berger à la main. Saraï le suit, montée sur un âne gris. Bouleversée par les derniers événements, elle ignore Gill. L'étranger la dévore des yeux. Ses pas sont incertains car il est bouleversé par la beauté de Saraï et la découverte d'un paysage magnifique, presque vierge d'occupation humaine.
     D'amers murmures gonflent et enflent, couvrant la fatigue de l'exode. Les membres de la tribu sont offusqués du comportement de cet étranger. Jamais un invité n'a manifesté une telle impudence en dévisageant outrageusement la femme de son hôte. Des mains se crispent sur les froids poignards de bronze. Sans l'avertissement d'Abram, la gorge de l'amoureux serait déjà tranchée ! La coutume doit rester la plus forte, un hôte est sacré !
 
     En admirant les beaux yeux de Saraï, Gill oublie sa victime... Il ignore que Potolerri est confortablement étendu dans une cellule du Temple de Sin, celui là même où il avait rencontré la belle Saraï...
    
     À l'aube, les prêtres avaient trouvé un homme évanoui dans la vasque destinée aux rituels. C'est un immense sacrilège car personne ne doit entrer dans les Temples sacrés, sauf bien sûr, les serviteurs du dieu, et encore moins profaner les objets du culte !
     Les acolytes ont pris des bâtons, ils ont encerclé l'impudent. Avec un sourire mauvais, ils avaient décidé de le sacrifier sur place. Son sang devait laver le lieu souillé !
     Sedek est arrivé juste à temps pour empêcher l'immolation. Il a tout de suite compris que cet homme bizarre venait lui aussi d'ailleurs.
     - Qu'allez-vous faire, bande de bons à rien ! hurla-t-il. Ne voyez vous pas comme cet homme est étrange ? Sa peau est blanche comme celle de notre Dieu Lune. Vous alliez mettre à mal un envoyé de Sin, dans son temple ! Allez chercher une civière et portez le délicatement dans une cellule. Que personne ne vienne le déranger ! Veillez à son bien-être, qu'il ne manque de rien. Et surtout, surtout, n'en dites mot à personne sinon le dieu desséchera votre langue. Allez et obéissez !
    
     Quand Potolerri était revenu à lui, quelques mets reconstituants étaient à côté de sa couche. Un serviteur s’était précipité pour le servir. Le blessé s'étonna du décor monacal, de la longue robe du prêtre. Puis, il baissa les yeux sur les aliments et il saliva.
Il hésita entre un gouleyant vin rouge, une mousseuse bière à base de pain d'orge, du poireau confit au vinaigre avec du persil, du salep : un plat léger nourrissant et réconfortant à base des tubercules d'orchis, et un plateau de fruits : pommes, figues, raisins.
     Une fois rassasié, une ravissante infirmière vint vérifier ses pansements. Elle lui avait mis des compresses faites avec de l'ail, de la clématite et de l'écorce de saule pour guérir les plaies occasionnées par la chute. Potolerri se sentait bien, il se sentait d'autant mieux qu'il avait été purgé au ricin et aux scammonées pendant son évanouissement. Il fallait faciliter, lui dit-on, le traitement médical à venir.
     D'abord, il s'inquiéta de sa belle rousse. Qu'était Sandra devenue ?
     Mais quand il s'aperçut que personne ne pouvait répondre à ses questions, il jugea plus important de se refaire une santé et de profiter des plaisirs de la vie. Bien que... ceux-ci soient beaucoup plus simples et naturels que ceux qu'il connaissait !
    
     Il se sent tellement bien après ces événements bizarres qu'il se demande s'il n'est pas en train de rêver.
     - Je vais me pincer et je verrais bien si je rêve. Mais, cela ne prouvera rien : une nuit, j'ai rêvé que je me pinçais pour vérifier si je dormais ou pas. Dans mon rêve, j'ai eu mal et je me suis dit : "J'ai mal, donc je ne rêve pas", et j'ai continué mon rêve. Et puis, cette partie du rêve est agréable, ne faisons rien qui puisse l'interrompre.
 
    
     Depuis, Potolerri ne pense plus à ses malheurs. Tout au long de la journée, il regarde sa garde-malade jouer de la musique sur les sept cordes d'une harpe en argent massif. Pensif, il se laisse distraire par la douceur de son infirmière et il rêvasse en contemplant l'instrument de musique incrusté de motifs en ivoire avec des lions, des bouquetins et des antilopes.
     La demoiselle est très désirable dans sa robe légère. Grâce au repos, Potolerri n'a pas besoin des effets secondaire et aphrodisiaque de l'orchis et du poireau pour se sentir tout émoustillé.
    
     Ce doux repos ne pourra guère se prolonger, car, dans la pièce d'à côté, Sedek et Lot complotent :
     - Il faut emmener Potolerri en Égypte. Mais on ne peut pas l'envoyer rejoindre la caravane d'Abram avec sa cheville foulée. Il faut attendre qu'il soit rétabli et tu pourras l'accompagner jusqu'en Égypte.
     - Tu as raison. Dans plus de deux semaines, Potolerri sera en pleine forme pour traverser à pied et à dos d'âne le Golan. Comme Abram doit livrer des marchandises sur la côte, je pourrais le rattraper. Et les deux étrangers feront ensemble le trajet depuis la Palestine, pour arriver enfin à Héliopolis, en passant obligatoirement par le Sinaï et le Delta du Nil. Ce sera un bon débarras !
     *
     * *
     Les protagonistes sont lancés dans diverses directions :
 
    Dominique est à Héliopolis, il se forme aux techniques des prêtres de Rê. Il apprend la Magie Blanche et les secrets de la Grande Fraternité Blanche.1
     Gill chemine avec la caravane et il oublie tout en admirant la belle Saraï.
     Potolerri, heureux comme un coq en pâte, se refait une santé en attendant de traverser le Moyen-Orient.
     Sandra, après avoir vainement fouillé la maison de Matarieh, se décide à attendre leur retour annoncé aux aurores.

=================NOTES=============
1     Voir glossaire.

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