Robert Christian - PHARAON CONTRE MAFIA - texte intégral

In Libro Veritas

PHARAON CONTRE MAFIA

Par Robert Christian

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Table des matières
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Chapitre 10 : Dernier voyage

Chapitre 10
Dernier voyage
    
     Quand Térah eut soixante-dix ans, il engendra Abram, Nahor et Harân.
     La descendance de Térach.
     Voici la descendance de Térah :
     Térah engendra Abram, Nahor et Harân. Harân engendra Lot. Harân mourut en présence de son père Térah dans son pays natal, Ur des chaldéens.
     Abram et Nahor se marièrent : la femme de Nahor s'appelait Milka, fille de Harân, qui était le père de Milka et de Yiska. Or Saraï était stérile : elle n'avait pas d'enfant.
     Térah prit son fils Abram, son petit-fils Lot, fils de Harân, et sa bru Saraï, fille d'Abram. Il les fit sortir d'Ur des Chaldéens pour aller au pays de Canaan, mais, arrivés à Harân, ils s'y établirent.
     La durée de vie de Térah fut de deux cent cinq ans, puis il mourut à Harân.
     La Genèse. La Sainte Bible de Jérusalem
    
     À Ur, toute la famille est réunie devant le caveau ouvert.
     Térach est parti dans la nuit, sans souffrance.
     Maintenant il repose sur un brancard en branches d'arbousier pour la cérémonie du dernier adieu. Son grand rêve de migration s'arrête là !
 
     Le caveau est creusé dans le jardin, au centre des bâtiments et des ateliers qu'il aimait autant que sa tente de bédouin. Abram, Saraï, Lot et les envoyés des tribus sont réunis autour de la dernière demeure du patriarche.
     Après les prières, Abram dit quelques mots :
     - Père, tu es parti dans l'autre monde. La mort est le repos définitif d'un homme rassasié de jours, satisfait de l'existence. Il est réuni à ses pères. Ton absence a l'amertume de l'absinthe. Tu nous as tous réunis pour aller en Canaan et nous y établir. Ton choix est bon, cette terre promise est aussi verte que le Delta de l'Égypte grâce aux pluies de Judée, l'hiver y est doux. Nous y honorerons ton nom.
    
     Après le rite funéraire, le patriarche est placé dans le caveau. Les maçons scellent la pierre circulaire qu'ils ont roulé pour clore le tombeau.
     Abram essuie furtivement une larme et reprend la parole.
     - Je suis votre nouveau patriarche. Malgré mon jeune âge, vous me faites confiance pour vous conduire, vous défendre, conseiller les familles, juger les différends. Je vais vous guider vers la terre promise. Notre ordre de marche est simple. Je pars en premier avec une partie des troupeaux et des marchandises que je compte vendre aux Phéniciens des villes de la côte. Ensuite, je traverserais les Monts de Judée et nous pourrons nous établir dans le pays de Canaan.
    Abram se redresse. Sa voix s'affermit. Il contrôle l'assistance d'un regard puissant. Il est le nouveau patriarche !

     - Leurs habitants, les Kinaahu, le peuple de la pourpre, viennent comme nous des tribus Amorrites et nos cousins nous appellent à occuper les territoires libres, à nous y installer. Lot ne part pas avec moi, il termine les préparatifs et attend mon frère Nachor ou son représentant pour lui remettre son héritage. Lot prendra ensuite la tête de nos tribus et de nos troupeaux pour atteindre Canaan en traversant le Golan. Cette région volcanique est la voie la plus directe, les forêts y sont épaisses, les troupeaux ne devraient pas manquer d'herbe. Nous devrions arriver ensemble dans notre nouveau pays.
     Abram se tourne ensuite vers Gill pour le présenter et satisfaire ainsi la curiosité.
     - Cet Homme va nous accompagner. Il n'a ni nos dieux, ni nos coutumes. Sa façon de s'habiller, de parler et de manger, prouve qu'il est étranger. Il est notre Hôte et en tant que tel, sacré. Gill, c'est son nom, nous accompagne vers le Sud. Il part avec ma caravane. Son voyage se poursuivra jusqu'à Héliopolis en Égypte...
     Déjà Gill n'écoute plus. Son regard est fixé sur une silhouette féminine parmi les autres, silhouette frêle d'une femme très forte.
     Il sent remonter dans sa mémoire des poèmes arabes et persans idéalisant l'être aimé. Il a hâte de déclarer sa flamme à la jeune orpheline, à Saraï.