Un Noël différent
24 Décembre, c'est un des jours les plus courts de l'année. Le ciel avait été gris toute la journée, l'obscurité noyait déjà le paysage. La journée de travail était terminée, il fallait rentrer à la maison. Ce soir était celui de Noël.
Dehors, un petit vent frais obligeait à relever le col. Les nuages étaient là, omniprésents, tout autour de l'horizon, pesants comme une chape de plomb sur le parking et la ville alentour.
Le cœur lourd, j'ai ouvert la portière, et, presque à regret, j'ai mis le contact. Il fallait rentrer, où aller sinon ?
Depuis des mois, la maison était déserte, sans vie. Plus de rires, ma fille était à l'autre bout de la ville, ce soir, pas d'arbre de Noël, pas de jouets, pas d'illumination, ce soir, pas de cris joyeux succédant au passage du père Noël.
J'ai renoncé à l'idée de me cuisiner un petit souper sur le camping-gaz. La cuisine était presque vide, mon ex avait emmené le mobilier avec elle. J'ai erré dans les pièces privées de leurs meubles qui renvoyaient le moindre bruit. J'ai tiré une chaise près d'une fenêtre et j'ai alimenté ma déprime en observant ce qui se passait dehors dans la nuit. J'ai regardé les lumières, les gens qui faisaient leurs courses et qui se hâtaient de rentrer chez eux. C'était écœurant de sentir les hommes joyeux pendant que je ressassais ma solitude. Mon cœur était aussi lourd que le ciel que je devinais toujours aussi bas au-dessus des toits. S'il pouvait neiger, tout serait noyé dans une blancheur silencieuse, cela nettoierait mon âme !
Aigri, je me remémorais les événements qui m'avaient fait venir ici, si loin de ma famille, de mes amis. Tout à l'installation de ce nouveau foyer, j'avais négligé de cultiver mes relations et de me faire de vrais amis. Les quelques connaissances avaient fui quand nous avions divorcé. Les chacals ne venaient que pour faire bombance. Les rats quittent le navire qui coule.
De repenser aux amis, à la famille, a fait remonter d'anciens souvenirs. En fermant les yeux, je me revoyais dans la petite église de mon enfance : l'odeur de l'encens embaumait l'air, l'orgue égrenait ses notes de musique. Suivis par monsieur le curé, des enfants portaient religieusement le petit Jésus dans la crèche. Ils le déposaient sur la paille, entre Marie et Joseph, sous le regard placide de la vache et de l'âne.
Presque sans y penser, une prière surgit au fond de mon cœur et s'est exhalée sur mes lèvres :
À Toi qui n'avais dans ta pauvre crèche que l'amour de tes parents
À Toi qui n'avais pour tout chauffage que la chaleur des animaux
À Toi qui éprouveras la solitude au Mont des Oliviers
À Toi qui serviras de guide à tous ceux qui rechercheront la lumière
Fais que cette nuit ne soit pas la nuit de mon âme
Je ne te demande que la chose la plus difficile à obtenir
Donne-moi la Paix
Les yeux fermés, je n'étais plus ici et maintenant. Je planais dans un univers irréel, un mélange de souvenirs d'enfance, de contes de Noël, d'histoires religieuses, de voyages dans des mondes imaginaires.
*
* *
La sonnerie du téléphone m'a fait sursauter. Je m'étais endormi sur la chaise et pourtant il était à peine 19 heures ! Tout courbaturé, je me suis étiré et j'ai traversé la pièce, me demandant quel pouvait bien-être ce raseur. J'étais si bien dans mes rêves, loin de la triste réalité.
Une chaude voix d'homme, très gaie, m'a fait remonter mon aigreur. Comment peut-on être joyeux le soir de Noël quand tant de gens souffrent ? Pourquoi faire une fête de consommation alors que Noël devrait être une fête religieuse de prière et de Paix.
La voix téléphonée ne m'était pas inconnue, c'était un collègue qui travaillait dans le même bâtiment que moi. J'avais quelquefois rencontré ce Vietnamien sympathique à la machine à café ou à la cantine. Au rappel de son nom, j'ai souri jaune : Claude Noël. Comment peut-on s'appeler Noël, et pourquoi me dérangeait-il le soir de sa fête ? Il devait avoir assez à faire avec sa femme, ses enfants, ses amis ?
<<Allô, Robert ? Je n'ai pas pu te voir au travail. Si je me rappelle bien, tu es catholique, veux-tu assister à une messe de minuit vietnamienne ? >>
J'acceptais rapidement, désireux de me changer les idées : <<Il y a longtemps que je n'ai pas été à l'église. Pourquoi pas ? Ça se passe où ? >>
<<C'est une église qui ne sert plus, elle est à côté du nouveau parc. Tous les Vietnamiens vont s'y retrouver ce soir. Je compte sur toi, à 23 heures ? >>
<<Je vois où c'est. D'accord pour 23 heures, >>
J'ai regardé ma montre, que c'était encore loin. ! J'ai largement le temps de manger un morceau en regardant une niaiserie télévisée.
Le temps s'est lentement écoulé. Je me suis surpris à regretter d'avoir accepté. Il allait falloir ressortir dans le froid et la nuit. Claude était sympathique, il a sûrement eu pitié de moi. Comment pouvait-il savoir que je serais seul ce soir ? je n'en avais parlé à personne.
Dans mon enfance, je m'endimanchais pour aller à la messe. Mais, ce soir, je n'avais pas envie de me mettre en frais, ils m'accepteront comme je suis.
Encore une fois, le téléphone m'a tiré de mes pensées. Un coup d'œil rapide à ma montre : 20 heures 30. Qui pouvait bien encore se manifester en ce soir de Noël ?
Une voix féminine inconnue chantait dans l'écouteur, une voix un peu grave avec un zeste d'appréhension, un français parfait, un accent étrange et charmant, un léger zozotement.
L'inconnue se présenta, elle s'appelait Alexandra et elle s'excusait de son intrusion dans ma vie. Elle se décidait à me téléphoner de la part de l'agence. L'agence ? j'ai compris tout de suite : pour vaincre ma solitude je m'étais inscrit à une agence de rencontres. Jusqu'ici je n'avais rencontré que des personnes dans mon cas : la trentaine et plus, divorcés, seuls, mal dans leur peau.
Allongé sur le divan, j'ai bavardé avec la belle inconnue. Comment ne pourrait-elle ne pas être belle ? On est toujours belle quand on n'a pas encore trente ans et une voix agréable. Elle m'a expliqué l'exotisme de son accent, elle venait de Madagascar, son père était Italien, sa mère Malgache. Elle était divorcée et elle vivait depuis peu chez sa sœur.
Le lendemain était un jour férié, nous étions seuls tous les deux, pourquoi ne pas se rencontrer ? Rendez-vous fut pris pour midi, non loin de la gare.
*
* *
Le vent était toujours aussi froid. À quelque distance de l'église, je dévisageais les arrivants aux yeux bridés. Ils me regardaient avec surprise, ils se demandaient visiblement ce que venait faire ici ce blanc... Ils étaient tous bien habillés, on devinait des robes de soirée sous les manteaux. J'aurais au moins pu mettre une cravate !
Les onze coups s'étaient égrenés depuis un moment, toujours pas de Claude. J'en venais à me dire qu'un tel lapin aurait du être posé à Pâques et non pas à Noël. Je me sentais vraiment cloche.
Enfin, la silhouette dégingandée du grand Claude s'est éloignée des voitures et s'est dirigée vers moi. Rapidement, il m'a présenté à sa femme et à ses enfants, et nous nous sommes frileusement précipités dans l'ancien bâtiment.
La porte est bruyamment retombée derrière nous, nous retranchant du monde sombre et glacé de l'extérieur. La nef était illuminée, la vieille église abandonnée avait recouvré sa jeunesse. L'air était tiède, des notes de musiques flottaient dans l'air parmi les volutes d'encens.
Des dizaines de têtes aux cheveux noirs regardaient vers la crèche, je n'aurais jamais pensé qu'il y eût tant de Vietnamiens, chrétiens de surcroît dans cette ville !
La messe de minuit s'est déroulée, semblable à toutes les anciennes messes de Noël chantées en latin. Heureusement d'ailleurs que le rituel était en latin, car, ce soir, il n'y avait pas un mot de français, la nativité était célébrée en vietnamien. En fermant les yeux, je pouvais m'imaginer accueillant Jésus dans la jungle.
Enfin, le Divin Enfant est né ! Le curé s'est dirigé vers la crèche, précédé par des enfants. Une fillette portait le nouveau-né, regardant le poupon de Celluloïd avec extase. Tout était contraste, elle avait de magnifiques cheveux d'un noir sombre, il avait quelques cheveux blonds ; elle avait le teint mat, il était tout rose, elle avait le visage parfaitement ovale, des yeux délicats en amande, il était un banal poupon joufflu.
La messe finie, l'électrophone s'est tu. Le curé a disparu dans la sacristie ainsi que les enfants de choeur. Tout le monde s'est levé, des exclamations ont fusé en vietnamiens, quelques-unes en français. Tous se connaissaient et se retrouvaient. Ils échangeaient de chaleureuses poignées de mains, des embrassades. Claude et sa famille étaient assaillis de toutes parts, il était visiblement apprécié de tous. C'était surprenant de voir les gens s'exprimer ainsi dans une église, cela se comprenait avec le froid extérieur, mais ça ne correspondait pas à mon éducation, le silence devait être total dans le lieu sacré.
Délicatement, Claude détournait l'attention de ses amis, de ses parents, pour me présenter, en français. Un court instant, je restais ébloui en voyant de près la fillette qui portait le petit Jésus. Elle était encore plus belle de près ! Elle avait des yeux magnifiques, un mélange soutenu de verts avec de délicieux filets marron. À côté de son père, de race blanche, il y avait la plus délicieuse femme que je n'ai jamais vue - je comprenais qu'ils aient eu une si belle enfant -. Elle était menue, fragile et elle dégageait une impression de force, ses traits étaient réguliers, elle avait un teint de pêche mure, un grain de peau incomparable. Dans son sourire, le reflet des lampes faisait briller ses dents blanches entre des lèvres symétriques finement ourlées. Les yeux étaient bruns, la courte déception de ne pas retrouver les yeux de sa fille était largement compensée par la sensation qu'ils offraient : contrairement au salut poli ou curieux des autres, elle me donnait l'impression d'exister. À regret, j'ai lâché la main fine et douce, j'ai cherché la porte des yeux.
Il fallait que je fuie cette église, ces gens heureux, cette femme anormalement belle et déjà mariée. Il fallait que je rentre dans mon antre pour lécher mes blessures. Il fallait que j'aille continuer ma triste vie solitaire.
Claude a stoppé ma tentative de fuite : <<Ne pars pas, nous restons ici, nous allons manger.>>
J'ai eu un instant de surprise, rester ici et manger ? Peut-on imaginer des actions aussi profanes dans un lieu aussi sacré ? Et, pourquoi pas, au Moyen-âge, les pèlerins campaient bien dans les églises, ils dormaient dans la nef, sur de la paille.
Des mains se sont agitées sous de féminins et radieux visages, elles distribuaient des gobelets, des assiettes. D'autres mains versaient l'apéritif. Les sourires étaient sur tous les visages. En cette nuit de Noël, le bonheur fraternel était une réalité.
Le calme et le silence sont revenus quand les fourchettes vidaient les assiettes de leurs mets parfumés et épicés. Après le café, de petits groupes se sont constitués, les voûtes ont répercuté l'écho des conversations aux accents orientaux.
Le silence est revenu progressivement. Par petits groupes, les gens rentraient chez eux, on sentait que les enfants avaient hâte de voir ce que le Père Noël leur avait apporté. C'était à regret que je devais aussi partir, avec émotion, j'ai remercié Claude de m'avoir invité. Je l'ai assuré que ce Noël était le plus beau de ma vie, qu'il n'aurait rien pu trouver de plus merveilleux comme cadeau. Vraiment, le Père Noël m'avait gâté !
*
* *
Après une courte nuit, je me suis réveillé, assez excité : <<Est-ce que la belle Malgache que je vais rencontrer sera aussi belle que la vietnamienne d'hier soir ?>> Laissant l'avenir en décider, je me suis lavé à grande eau pour me réveiller et je me suis dépêché pour être à l'heure au rendez-vous.
Je l'ai aperçue, frileusement enveloppée dans un manteau marron. Alexandra était assez grande et mince, elle avait de superbes cheveux étincelants de noirceur qui lui tombaient sur les épaules en gonflant. Son visage était d'un brun doré, exactement la couleur d'un grain de café fraîchement torréfié.
Son sourire était éclatant de santé, ses dents étaient régulières. Une petite cicatrice sur la joue accroissait son charme.
En m'approchant, j'ai remarqué ses yeux marron, ses grands cils, son front bombé. Elle me faisait penser à un chevreau, elle devait être aussi têtue et combative.
En ce jour férié, nos pas se sont naturellement dirigés vers le seul établissement ouvert : le buffet de la gare. Le manteau enlevé, Alexandra parut, elle était belle et radieuse, comme une princesse. Quelques phrases plus tard, ma première impression se confirmait : cette femme intelligente et distinguée me faisait penser à la reine de Saba. Une bouffée de jalousie envahit mon être : qu'un roi David ou Salomon ne vienne pas se mettre sur mon chemin !
Sur le ton agréable de la conversation, elle compléta son histoire, en l'émaillant de plaisanterie. J'étais éberlué, d'habitude, les femmes adoraient la plaisanterie, mais elles démontraient rarement leurs capacités dans ce domaine.
L'histoire de cette métisse était presque banale sans la touche d'exotisme qu'elle y apportait : très jeune, elle avait épousé un Malgache sans véritable profession contre l'avis de ses parents ; elle en avait eu deux beaux garçons, noirs et crépus comme leur père. Très vite, elle s'était rendu compte qu'elle ne pouvait pas être heureuse avec un homme primaire et brutal, elle avait demandé et obtenu le divorce. Mais c'était très difficile pour une femme seule de s'en sortir sur cette grande île pauvre. Un jour, elle s'était décidée à venir en France, sa sœur lui assurait un point de chute. Depuis son arrivée, elle mettait tous ses efforts à trouver un travail et un logement afin de faire venir ses enfants.
Cette bonne mère pensait qu'ils auraient beaucoup plus de chance en France que dans leur pays. Mais en quelques semaines, elle s'était aperçue que la métropole n'était pas le paradis qu'elle croyait. Pour lui remonter le moral, sa sœur lui avait conseillé de rechercher une compagnie masculine et elle l'avait inscrite à une agence de rencontre. J'étais le premier sur la liste qu'on lui avait proposée !
Le déjeuner à peine avalé, je lui ai proposé de visiter la Ville Rose qu'elle se plaignait de ne pas encore connaître, avant que la nuit tombe. Ce jour sombre sous un plafond de nuage bas était un des jours les plus ensoleillés de ma vie ! Ma touriste de charme voulait tout voir, les principaux quartiers, les monuments, au moins un musée. Avant qu'il fasse à nouveau nuit, nous sommes allés nous promener dans le parc, bras dessus bras dessous comme deux amoureux que j'aimerais qu'on deviennent.
La nuit tombée, seul dans la ville illuminée, fouetté par le vent froid, je me suis immobilisé un instant, un pincement au cœur : cette magnifique journée est terminée, elle allait sûrement vouloir rentrer chez sa sœur, pouvais-je espérer la revoir ?
À mes questions, elle a regardé mon visage inquiet et elle a éclaté de son petit rire : une cascade de fraîcheur sous des palmiers. Elle m'a pris le bras et elle m'a expliqué comme à un enfant que sa sœur ne se formalisera pas de ne pas la voir rentrer si tôt, elle était assez âgée pour savoir ce qu'elle voulait faire; si j'étais libre, elle voulait bien passer la soirée avec moi, et pourquoi pas, visiter ma maison. En me donnant un rapide baiser de ses lèvres rafraîchies par le vent hivernal, elle a clos la conversation.
C'était de sa démarche de princesse qu'elle a passée ma porte, appréciant le joli pavillon. En maîtresse de maison, elle a remarqué tout de suite la bonne disposition des pièces et l'absence cruelle de meubles. Mais cela ne la rebutait pas, elle avait vécu avec beaucoup moins que cela. Ce qu'elle voulait, maintenant, c'étaient des épices pour me faire un plat malgache : cannelle, gingembre, muscade..... En quelques minutes, elle était devenue une cuisinière compétente qui mijotait un plat au parfum divin avec ce qu'elle a pu trouver dans le frigo. Je ne la regardais plus faire, car je retournais sa dernière phrase en tous sens, n'osant y croire : <<Demain matin, nous irons au marché, je n'ai pas tous les ingrédients qu'il faut>>. Ces quelques mots sonnaient à mes oreilles comme des déclarations d'amour, pour moi c'était la fin de ma période de solitude, c'était l'effacement des peines du divorce.
C'était adorable, cette femme qui m'observait pendant que je mangeais pour vérifier si j'appréciais sa cuisine et si j'étais capable d'ingérer des piments comme un homme. À sa grande satisfaction, j'ai brillamment passé l'épreuve, n'hésitant pas à rajouter un peu de Tabasco, dévorant de bon cœur ce qu'elle m'avait préparé. Pour me récompenser et me démontrer qu'elle connaissait ses classiques, Alexandra m'a récité plusieurs textes, dont "la petite chèvre" de Monsieur Séguin. Son accent chantant, son front bombé, son petit air têtu m'ont fait chavirer, la fin de la fable s'est étouffée sous mille baisers.
À quoi bon décrire cette soirée consacrée à faire plus ample connaissance, écoute-t-on la signification des roucoulements des tourterelles ? Après avoir téléphoné à sa sœur pour lui raconter brièvement sa journée, et l'avertir qu'elle ne rentrait pas, Alexandra me laissa seul, le temps d'accaparer la salle de bains.
Ensuite, ensuite, je peux bien le dire, j'ai laissé glisser mes mains et mes yeux sur une peau sombre et veloutée, sur des seins lourds et fermes, hauts placés, je me suis enivré de baisers épicés, j'ai recherché des parfums inconnus, l'explorant comme une jungle ou un paradis. Et, dans un grand cri, elle m'a affirmé : <<Ça me fait comme des petits soleils dans le ventre.>>
Plus tard, blottis l'un contre l'autre, nous avons éprouvé ce doux moment où deux êtres peuvent communier en esprit, tous les autres appétits étant satisfaits. C'est à ce moment que, paternellement, je l'ai grondé, car elle était un peu inconsciente de suivre un inconnu chez lui, j'aurais pu être un individu peu recommandable ; le doux rire cascada : <<Tu le regrettes ?>> et deux lèvres brûlantes se sont posées sur les miennes mettant fin à la discussion.
Ce ne fut qu'au moment de m'endormir que j'ai réalisé enfin que ce Noël solitaire et déprimant est devenu le Noël le plus extraordinaire de mon existence. En si peu de temps, j'avais rencontré une famille amie, j'avais vécu une messe de minuit digne d'un conte, et, surtout, le Père Noël m'avait fait rencontrer la plus délicieuse poupée qu'un garçon puisse jamais lui demander.
============ Note ============
Cette nouvelle est incluse dans le roman "J'accepte ton baiser et ceux qui suivront"