Mic Mac à Elyath
Cela avait commencé par un simple cambriolage… tout semble toujours commencer par un simple cambriolage dans cette satanée ville. Elyath a beau être la Cité Sainte, ville centrale du puissant culte d’Arlam dans tout le Monde Connu, on y trouve tout autant de criminels et de malandrins qu’ailleurs… peut-être même plus car certains d’entre eux n’hésitent pas à se cacher sous l’apparente innocence de la Foi. J’ose dire que je fais moi-même partie de cette frange de la population qui doit recourir à des moyens pas toujours très légaux pour survivre. Abandonné par mes parents à la porte d’une chapelle d’Elyath, j’y ai été accueilli. Comme tout le monde, j’ai fait ma petite crise d’adolescence, amplifiée par la volonté de retrouver ma famille et tout ça ; bref, je me suis retrouvé à la rue. Et là j’ai dû apprendre à survivre au mieux, piochant de-ci de-là de quoi assurer ma subsistance. Je n’ai cependant jamais réussi à retrouver mes parents, et seuls certains de mes traits physiques me permettent de dire que je viens probablement du peuple izgane.J’ai rapidement rejoint une bande d’autres adolescents en quête d’une vie meilleure et nous avons constitué un groupe de six qui écumait le quartier et les étalages des marchés. Nous ne faisions rien de bien gros, juste deux-trois petits vols pour nous nourrir. Jusqu’au jour où nus avons été contactés par un certain Jugar, un homme mystérieux que nous avons vite soupçonné d’appartenir à l’une des grandes familles criminelles des Cités. Aucun de nous ne savait comment il nous avait découverts ni comment il avait su où nous trouver. Toujours est-il que cet homme a frappé un jour à la porte du grenier que nous squattions et qu’il est entré sans autre forme de procès. Björn, mon ami stövenger toujours un peu trop rapide à agir, s’est jeté sur l’intrus poings en avant. Les mouvements de notre visiteur vêtu d’amples vêtements noirs ont été si rapides que nous avons tout-à-coup vu Björn cloué au sol malgré sa force impressionnante. Nous ne savions pas quoi faire, et ce fut Jugar qui entama la conversation en se présentant et en disant qu’il avait un boulot à nous proposer. Les quelques pièces qu’il posa sur le sol en avance nous firent accepter son offre. Il s’agissait d’un simple petit casse au Village des Dieux, un quartier d’Elyath où pullulent des religions plus ou moins vraies, des faux prophètes, des illuminés, des chapelles dédiées à des divinités aussi éphémères que leurs prêtres, des sectes aux gourous complètement cinglés, et tout ce que peut attirer comme fous et arnaqueurs une ville comme la Cité Sainte. Enfin bref, notre job consistait à nous emparer d’une simple petite statuette dans une de ces toutes petites chapelles d’une fausse religion sans grande importance et de la ramener chez nous avant deux jours afin que notre employeur puisse venir la récupérer…et nous payer.
Pourquoi nous ? Pourquoi cette statuette qui semblait sans importance ? Pourquoi cette chapelle ? Qui était exactement notre employeur ? Tant de questions, et bien d’autres, que nous aurions dû nous poser. Mais nous étions jeunes et quelque peu ignorants du fonctionnement du monde nous environnant. Et surtout nous avions faim, donc un intense besoin des pièces promises pas Jugar.
Dans l’après-midi même, nous faisions une rapide reconnaissance. La chapelle était un tout petit bâtiment dans une des anarchiques ruelles du Village des Dieux. Elle était fréquentée par une dizaine d’adeptes de cette religion qui s’appelait La Voie de la Sainte Pratique Divine, et elle abritait trois « prêtres » qui guidaient leurs fidèles dans les voies qu’ils avaient choisies.
Dans l’après-midi même, nous faisions une rapide reconnaissance. La chapelle était un tout petit bâtiment dans une des anarchiques ruelles du Village des Dieux. Elle était fréquentée par une dizaine d’adeptes de cette religion qui s’appelait La Voie de la Sainte Pratique Divine, et elle abritait trois « prêtres » qui guidaient leurs fidèles dans les voies qu’ils avaient choisies.
Tout semblait très simple. D’après les renseignements que nous avions pu entendre, la chapelle fermait la nuit, ce qui nous laissait toute latitude pour agir, même si les prêtres étaient présents ; nous étions assez nombreux pour les mettre hors d’état de nuire si besoin était. Nous avons donc décidé de mettre notre plan en route le soir même.
La nuit était tombée sur Elyath, une de ces nuits où la lune est juste assez masquée par les nuages pour accentuer notre discrétion tout en nous permettant de voir correctement. Tout semblait bien parti. Nous avons approché dans la ruelle, calme à cette heure-là, contrairement au reste du quartier. Björn est resté à quelques mètres pour faire le guet, ainsi que Jacot le Gros, un garçon pas très malin mais fidèle en amitié ; ils avaient le signal pour nous avertir si les choses tournaient mal et on pouvait toujours les appeler si on avait besoin de gros bras à l’intérieur.
Merne était notre mécanicien de la bande. Jeune nain qui n’avait pas fini son apprentissage pour une obscure raison d’incompatibilité d’humeur avec son maître, il n’était plus du tout accepté par sa communauté d’origine ; sûrement ce que l’on appelle un déviant, un de ces nains qui n’est pas calme, docile et bêtement travailleur comme les autres, mais en tout cas un compagnon utile et sympathique. La serrure de la porte de chapelle ne lui résista pas plus de trois minutes et il put remballer son matériel. Ce ne fût cependant pas lui qui ouvrit la porte, mais plutôt Lunil, une sang-mêlé elfe aux yeux en amande violets ; comme tous les métis, Lunil n’avait jamais été à sa place dans une communauté stable et elle avait donc très vite atterri dans la délinquance.
La nuit était tombée sur Elyath, une de ces nuits où la lune est juste assez masquée par les nuages pour accentuer notre discrétion tout en nous permettant de voir correctement. Tout semblait bien parti. Nous avons approché dans la ruelle, calme à cette heure-là, contrairement au reste du quartier. Björn est resté à quelques mètres pour faire le guet, ainsi que Jacot le Gros, un garçon pas très malin mais fidèle en amitié ; ils avaient le signal pour nous avertir si les choses tournaient mal et on pouvait toujours les appeler si on avait besoin de gros bras à l’intérieur.
Merne était notre mécanicien de la bande. Jeune nain qui n’avait pas fini son apprentissage pour une obscure raison d’incompatibilité d’humeur avec son maître, il n’était plus du tout accepté par sa communauté d’origine ; sûrement ce que l’on appelle un déviant, un de ces nains qui n’est pas calme, docile et bêtement travailleur comme les autres, mais en tout cas un compagnon utile et sympathique. La serrure de la porte de chapelle ne lui résista pas plus de trois minutes et il put remballer son matériel. Ce ne fût cependant pas lui qui ouvrit la porte, mais plutôt Lunil, une sang-mêlé elfe aux yeux en amande violets ; comme tous les métis, Lunil n’avait jamais été à sa place dans une communauté stable et elle avait donc très vite atterri dans la délinquance.
Elle savait faire preuve d’une très grande discrétion et d’une agilité incroyables. De ce fait, elle ouvrit la porte et jeta un premier coup d’œil avant d’entrer dans la chapelle. Skuell et moi-même la suivirent, puis Merne à quelques pas derrière ; il n’était pas très discret, mais ses talents pourraient être utiles si d’autres serrures se mettaient sur notre chemin.
L’intérieur était sombre, les rares fenêtres étant bien évidemment fermées. J’allumais notre lanterne, usant de ses parois métalliques réglables pour diffuser juste ce dont nous avions besoin comme lumière. L’ambiance était bien plus glauque et oppressante que pendant le journée. Le problème restait que nous ne savions pas où la statuette était entreposée, car nous ne l’avions pas aperçue exposée dans la salle principale. Merne se mit en quête d’un quelconque mécanisme caché dans un mur qui ouvrirait sur une cache spéciale. Il y avait 2 autres portes dans la salle auprès desquelles Skuell et moi-même sommes restés pour monter la garde. Tout ce que le nain découvrit était un petit coffre caché qu’il mit dans son sac ; y’a pas de petit profit.
Nous nous sommes donc lancés dans une exploration du reste de la chapelle, en commençant par l’une des portes. Le couloir débouchait sur deux ou trois pièces quasiment vides, dénuées de tout intérêt. Puis une nouvelle porte donnait sur des escaliers descendants. Toujours pas de lumière. Skuell passa devant Lunil ; sous terre, le gouri se sentait plus à son aise. Nous descendions avec l’impression de nous rapprocher de l’objet de nos recherches. Nous avons débouché dans une crypte circulaire sur les murs de laquelle se trouvaient des étagères où étaient disposés des objets étranges : crânes, ossements, tubes remplis de poussières diverses, colifichets, statuettes, etc.
L’intérieur était sombre, les rares fenêtres étant bien évidemment fermées. J’allumais notre lanterne, usant de ses parois métalliques réglables pour diffuser juste ce dont nous avions besoin comme lumière. L’ambiance était bien plus glauque et oppressante que pendant le journée. Le problème restait que nous ne savions pas où la statuette était entreposée, car nous ne l’avions pas aperçue exposée dans la salle principale. Merne se mit en quête d’un quelconque mécanisme caché dans un mur qui ouvrirait sur une cache spéciale. Il y avait 2 autres portes dans la salle auprès desquelles Skuell et moi-même sommes restés pour monter la garde. Tout ce que le nain découvrit était un petit coffre caché qu’il mit dans son sac ; y’a pas de petit profit.
Nous nous sommes donc lancés dans une exploration du reste de la chapelle, en commençant par l’une des portes. Le couloir débouchait sur deux ou trois pièces quasiment vides, dénuées de tout intérêt. Puis une nouvelle porte donnait sur des escaliers descendants. Toujours pas de lumière. Skuell passa devant Lunil ; sous terre, le gouri se sentait plus à son aise. Nous descendions avec l’impression de nous rapprocher de l’objet de nos recherches. Nous avons débouché dans une crypte circulaire sur les murs de laquelle se trouvaient des étagères où étaient disposés des objets étranges : crânes, ossements, tubes remplis de poussières diverses, colifichets, statuettes, etc.
Le tout donnait une impression malsaine. Ca sentait le démoniste à plein nez et je commençais à regretter d’avoir accepté ce boulot. Nous n’osions pas parler. Je me suis dit qu’il serait bon de dénoncer ceci aux Gardiens de la Foi une fois sortis de ce lieu. Je ne suis pas du genre collabo habituellement, mais je ne supporte pas ces immondes démonistes et nécromants.
Skuell nous fit signe alors… Il se tenait devant l’une des étagères et nous montrait la statuette que nous cherchions. Lunil s’approcha et s’en empara.
« Filons vite d’ici, dis-je. J’aime pas c’t’endroit…
-T’as raison Karan, répondis Merne. Moi non plus. Ca me fiche la trouille.
- Trop tard »
C’était Lunil qui avait parlé ainsi. Elle se tenait au pied de l’escalier, regardant le haut de celui-ci d’un air inquiet. Deux silhouettes encapuchonnées et armées de longues épées descendaient les marches, nous bloquant toute possibilité de retraite. Nos deux combattants étant restés au-dehors, nous n’étions pas très bien partis. Lunil recula lentement dans notre direction. J’étais le plus disposé au combat, aussi je sortis mes deux dagues, une dans chaque main, et je me suis préparé. Skuell prépara sa pioche qui ne lui servait pas qu’à creuser… et nous avons attendu leur approche.
Une voix caverneuse émergea de l’un des capuchons…
« Vous n’auriez jamais du venir ici, les gamins… »
Puis soudainement ils se sont jetés sur Lunil, qui était encore la plus proche d’eux. Du moins le premier type. Le second s’est rué sur nous. J’ai juste eu le temps de voir Lunil esquiver le coup d’épée avec son agilité habituelle avant de devoir moi-même plonger sur le côté.
Skuell nous fit signe alors… Il se tenait devant l’une des étagères et nous montrait la statuette que nous cherchions. Lunil s’approcha et s’en empara.
« Filons vite d’ici, dis-je. J’aime pas c’t’endroit…
-T’as raison Karan, répondis Merne. Moi non plus. Ca me fiche la trouille.
- Trop tard »
C’était Lunil qui avait parlé ainsi. Elle se tenait au pied de l’escalier, regardant le haut de celui-ci d’un air inquiet. Deux silhouettes encapuchonnées et armées de longues épées descendaient les marches, nous bloquant toute possibilité de retraite. Nos deux combattants étant restés au-dehors, nous n’étions pas très bien partis. Lunil recula lentement dans notre direction. J’étais le plus disposé au combat, aussi je sortis mes deux dagues, une dans chaque main, et je me suis préparé. Skuell prépara sa pioche qui ne lui servait pas qu’à creuser… et nous avons attendu leur approche.
Une voix caverneuse émergea de l’un des capuchons…
« Vous n’auriez jamais du venir ici, les gamins… »
Puis soudainement ils se sont jetés sur Lunil, qui était encore la plus proche d’eux. Du moins le premier type. Le second s’est rué sur nous. J’ai juste eu le temps de voir Lunil esquiver le coup d’épée avec son agilité habituelle avant de devoir moi-même plonger sur le côté.
J’entendis l’épée frapper le sol là où je me trouvait juste auparavant ; en même temps, un hurlement de douleur sortit de la capuche. Skuell avait réussi à envoyer un coup de pioche dans le mollet de notre adversaire, la partie métallique cognant violemment la jambe. Le gouri et moi-même avons commencé notre course vers les escaliers, Merne faisant de même à son rythme de nain. Au moment où nous sommes arrivés vers Lunil, celle-ci recevait un coup d’épée contre l’avant-bras, faisant couler son sang, mais elle sauta sur les marches et commença à fuir aussi. Nous avons entendu l’un des hommes nous poursuivre. Un cri retentit derrière nous dans la crypte ; c’était Merne. J’ai tourné la tête et j’ai vu notre pauvre compagnon tomber au sol, gravement blessé dans le dos. Nous ne pouvions rien faire pour lui à ce moment, du moins pas sans Björn et Jacot.
Peu doués pour le combat, nous l’étions tous les trois pour la course, et cette montée d’escaliers fut sans doute la plus rapide (et la plus désordonnée) de toute l’histoire des Cités Franches. Aucune porte n’était refermée à clé, et nous avons pu sortir en mettant un peu de distance entre nos poursuivants et nous. Lunil tenait fortement sa blessure, le sang coulant rapidement. A peine dehors, j’ai appelé nos deux compagnons. Ils sot arrivés, prêts à se battre. Mais ce sont cinq silhouettes encapuchonnées et armées qui sont sorties de la chapelle. Là, c’était trop, et c’est à contre-cœur que nous avons fui, laissant Merne sur place ; nous ne pouvions rien pour le nain.
Les rues d’Elyath n’avaient que peu de secrets pour nous. Nous nous sommes dispersés pour fuir, essayant de semer nos poursuivants.
Peu doués pour le combat, nous l’étions tous les trois pour la course, et cette montée d’escaliers fut sans doute la plus rapide (et la plus désordonnée) de toute l’histoire des Cités Franches. Aucune porte n’était refermée à clé, et nous avons pu sortir en mettant un peu de distance entre nos poursuivants et nous. Lunil tenait fortement sa blessure, le sang coulant rapidement. A peine dehors, j’ai appelé nos deux compagnons. Ils sot arrivés, prêts à se battre. Mais ce sont cinq silhouettes encapuchonnées et armées qui sont sorties de la chapelle. Là, c’était trop, et c’est à contre-cœur que nous avons fui, laissant Merne sur place ; nous ne pouvions rien pour le nain.
Les rues d’Elyath n’avaient que peu de secrets pour nous. Nous nous sommes dispersés pour fuir, essayant de semer nos poursuivants.
Pour ma part, le mien a disparu quand je suis arrivé dans une rue fréquentée, un peu plus loin dans le Village des Dieux. J’ai quand même pris garde à ne pas être suivi, et j’ai fait de nombreux détours avant de rejoindre notre repaire, espérant que mes compagnons avaient pris les mêmes précautions. Skuell était déjà là, empestant les égouts ; il n’était pas difficile de deviner le chemin emprunté par le gouri pour fuir. Inquiets, nous sommes restés postés aux fenêtres du grenier pour nous assurer que nos adversaires étaient bien perdus. Après une demi-heure, ce fut Björn qui entra, essoufflé et en sueur.
« Qu’est-ce qui se passe, bordel, nous demanda-t-il.
- Ca a merdé, lui expliquais-je. On s’est fait surprendre. Ils ont eu Merne.
- Il est mort ?
- Probablement, lui dit Skuell. Lunil est blessée, j’espère qu’elle va s’en sortir.
- Et quelqu’un a vu Jacot, demandais-je ? Björn, tu étais avec lui…
- On s’est séparés dans la poursuite… mais tu sais bien qu’il a jamais été très rapide. »
La porte s’ouvrit brusquement sur une Lunil titubante. Sa blessure saignait abondamment. Nous nous sommes précipités sur elle. Je me suis jeté sur notre coffre à herbes ; pas très garni, il contenant quand même de quoi stopper l’hémorragie et la tenir en forme jusqu’à ce que l’on ait un médecin plus compétent. Elle nous a dit être passée par les toits…et elle a entrevu Jacot qui semblait mal parti pour s’en tirer, un type encapuchonné sur les talons.
Nous étions là, atterrés, ayant possiblement perdu deux compagnons dans la nuit… et tout ça pour quoi ? pour cette petite statuette adoubale, ce truc à la mord-moi-le-nœud.
« Qu’est-ce qui se passe, bordel, nous demanda-t-il.
- Ca a merdé, lui expliquais-je. On s’est fait surprendre. Ils ont eu Merne.
- Il est mort ?
- Probablement, lui dit Skuell. Lunil est blessée, j’espère qu’elle va s’en sortir.
- Et quelqu’un a vu Jacot, demandais-je ? Björn, tu étais avec lui…
- On s’est séparés dans la poursuite… mais tu sais bien qu’il a jamais été très rapide. »
La porte s’ouvrit brusquement sur une Lunil titubante. Sa blessure saignait abondamment. Nous nous sommes précipités sur elle. Je me suis jeté sur notre coffre à herbes ; pas très garni, il contenant quand même de quoi stopper l’hémorragie et la tenir en forme jusqu’à ce que l’on ait un médecin plus compétent. Elle nous a dit être passée par les toits…et elle a entrevu Jacot qui semblait mal parti pour s’en tirer, un type encapuchonné sur les talons.
Nous étions là, atterrés, ayant possiblement perdu deux compagnons dans la nuit… et tout ça pour quoi ? pour cette petite statuette adoubale, ce truc à la mord-moi-le-nœud.
Lunil la sortir de sa besace… une quarantaine de centimètres de haut, représentant un être assez ignoble avec une certaine ressemblance avec les Démons des Ténèbres. Pas très joli, et semble-t-il sans valeur.
Nous ne parlions pas vraiment, et pourtant nous entendions les pensées de chacun. Toutes tournaient autour du même sujet. Nous étions mêlés sans le vouloir à un truc de démonistes visiblement. L’histoire qui semblait simple était en fait louche et complexe. Nous avions perdu des amis. Et nous ne nous sentions absolument pas en sécurité. Si vraiment nos adversaires étaient démonistes, leur magie leur permettrait sans doute de nous retrouver. Nous devions tenir encore jusqu’au lendemain soir, moment auquel Jugar devrait revenir nous voir. Une fin de nuit et surtout toute une journée.
Nous ne parlions pas vraiment, et pourtant nous entendions les pensées de chacun. Toutes tournaient autour du même sujet. Nous étions mêlés sans le vouloir à un truc de démonistes visiblement. L’histoire qui semblait simple était en fait louche et complexe. Nous avions perdu des amis. Et nous ne nous sentions absolument pas en sécurité. Si vraiment nos adversaires étaient démonistes, leur magie leur permettrait sans doute de nous retrouver. Nous devions tenir encore jusqu’au lendemain soir, moment auquel Jugar devrait revenir nous voir. Une fin de nuit et surtout toute une journée.
L’aube vint… lentement, mais sûrement. Nos agresseurs n’avaient pas pointé le bout de leur nez. Björn, Skuell et moi-même nous sommes relayés pour la garde tandis que Lunil se remettait. Le soleil pointait son nez sur les toits de la Cité Sainte, les rues résonnaient des premiers bruits de la journée ; celle-ci s’annonçait tranquille et ensoleillée, mais pour nous elle s’annonçait pénible. A peine Lunil réveillée et un rapide déjeuner englouti, Björn prit sur lui de l’accompagner chez le Barbu, un « médecin » que nous fréquentions quand le besoin s’en faisait sentir ; ils partirent donc les deux, le fort stövenger soutenant la sang-mêlé. Skuell et moi sommes restés à la planque un moment. Je ne savais pas quoi faire, à part attendre que Jugar vienne, espérant que nos adversaires de la veille nous aient perdus.
C’est une heure plus tard que les problèmes ont surgi.
C’est une heure plus tard que les problèmes ont surgi.
On a frappé à la porte… trois coups puis deux puis trois : le code d’Owan, un gamin du quartier (dans le sens que nous, adolescents, étions des « grands ») qui nous filait des infos en échange de quelques piécettes. Je suis allé lui ouvrir. Owan était essoufflé.
« Vite, dit-il. Y vous faut vous tailler. Les gardiens sont là. Y vous cherchent.
- Les Gardiens de la Foi ? Qu’est-ce qu’ils nous veulent, demandais-je.
- Ch’ais po, mais ils sont pas d’bonne et y’a un inquisiteur avec eux… Vous êtes dans la merde, les gars. »
J’ai lancé une piécette à Owan qui a détalé. Nous avons embarqué un minimum d’affaires et fui au plus vite, passant par une fenêtre sur l’arrière du bâtiment où une corde à nœuds nous permettait de descendre dans la rue. La veille au soir, je m’étais juré de dénoncer la chapelle aux Gardiens, mais je ne pensais pas les voir débarquer d’eux-mêmes ; je remis donc à plus tard ma délation et nous avons mis les bouts à toute vitesse, Skuell emportant la statuette dans sa besace.
Après nous être assurés de ne pas être suivis, nous avons foncé chez le Barbu ; il fallait éviter que nos compagnons ne retournent à la planque après les soins de Lunil, pas maintenant en tout cas. Par chance, ils étaient en train de sortir, nous ne les avions pas manqués. Nous leur avons rapidement expliqué la situation ; tout devenait très compliqué. Nous avions des gens pas nets à capuche sur le dos, l’inquisition et les Gardiens de la Foi qui nous voulaient, et un gars dont nous ne connaissions que le nom qui devait venir à notre planque pour nous payer en échange de cette foutue statuette.
« Vite, dit-il. Y vous faut vous tailler. Les gardiens sont là. Y vous cherchent.
- Les Gardiens de la Foi ? Qu’est-ce qu’ils nous veulent, demandais-je.
- Ch’ais po, mais ils sont pas d’bonne et y’a un inquisiteur avec eux… Vous êtes dans la merde, les gars. »
J’ai lancé une piécette à Owan qui a détalé. Nous avons embarqué un minimum d’affaires et fui au plus vite, passant par une fenêtre sur l’arrière du bâtiment où une corde à nœuds nous permettait de descendre dans la rue. La veille au soir, je m’étais juré de dénoncer la chapelle aux Gardiens, mais je ne pensais pas les voir débarquer d’eux-mêmes ; je remis donc à plus tard ma délation et nous avons mis les bouts à toute vitesse, Skuell emportant la statuette dans sa besace.
Après nous être assurés de ne pas être suivis, nous avons foncé chez le Barbu ; il fallait éviter que nos compagnons ne retournent à la planque après les soins de Lunil, pas maintenant en tout cas. Par chance, ils étaient en train de sortir, nous ne les avions pas manqués. Nous leur avons rapidement expliqué la situation ; tout devenait très compliqué. Nous avions des gens pas nets à capuche sur le dos, l’inquisition et les Gardiens de la Foi qui nous voulaient, et un gars dont nous ne connaissions que le nom qui devait venir à notre planque pour nous payer en échange de cette foutue statuette.
Nous sommes allés à la première taverne venue, histoire de passer le temps, nous demandant bien comment trouver Jugar si nous n’étions plus à notre planque. Nos finances étaient au plus bas, suite en plus au traitement de Lunil, et nous avions désespérément besoin de la récompense promise pour nous renflouer. Les heures passèrent, nous rendant plus tendus qu fur et à mesure. Nous regardions la porte à chaque fois qu’elle s’ouvrait. Après le repas, n’en pouvant plus d’attendre, nous avons décidé d’aller jeter un œil près de notre planque, voir si les Gardiens de la Foi y attendaient toujours.
Nous avancions à pas de loups dans les ruelles, nous rapprochant discrètement de chez nous. Le quartier n’avait bien évidemment aucun secret pour nous et chaque cachette potentielle nous était connue. Soudain, une silhouette sortit d’une autre ruelle juste devant nous. C’était Jugar, avec ses amples habits noirs. Il avait l’air inquiet ; pas autant que nous, mais quand même.
« C’est quoi ce bordel, demanda sèchement Björn.
- Rien de particulier, répondit l’homme. Vous avez la statuette, non ?
- Oui, répondis-je. Et on a aussi perdu deux potes avec votre truc. On veut des détails.
- Vous n’avez pas besoin d’en connaître. Donnez-moi la statuette et vous serez tranquilles. »
Il fit un pas en avant, l’air menaçant. Nous étions vraiment remontés dans cette affaire, et nous en avions marre de passer pour les abrutis de service.
« Qui sont ces gens de la chapelle ? Pourquoi tout-à-coup on a les Gardiens sur le dos, lui demandais-je.
- Vous ne serez plus inquiétés si vous me laissez la statuette, répéta-t-il.
- On veut des réponses, grogna Björn en serrant les poings.
- Ecoutez les gamins,
Nous avancions à pas de loups dans les ruelles, nous rapprochant discrètement de chez nous. Le quartier n’avait bien évidemment aucun secret pour nous et chaque cachette potentielle nous était connue. Soudain, une silhouette sortit d’une autre ruelle juste devant nous. C’était Jugar, avec ses amples habits noirs. Il avait l’air inquiet ; pas autant que nous, mais quand même.
« C’est quoi ce bordel, demanda sèchement Björn.
- Rien de particulier, répondit l’homme. Vous avez la statuette, non ?
- Oui, répondis-je. Et on a aussi perdu deux potes avec votre truc. On veut des détails.
- Vous n’avez pas besoin d’en connaître. Donnez-moi la statuette et vous serez tranquilles. »
Il fit un pas en avant, l’air menaçant. Nous étions vraiment remontés dans cette affaire, et nous en avions marre de passer pour les abrutis de service.
« Qui sont ces gens de la chapelle ? Pourquoi tout-à-coup on a les Gardiens sur le dos, lui demandais-je.
- Vous ne serez plus inquiétés si vous me laissez la statuette, répéta-t-il.
- On veut des réponses, grogna Björn en serrant les poings.
- Ecoutez les gamins,
j’ai pas de temps à perdre. Sortez cette statuette… sinon je viens la chercher de moi-même. »
Il fixait la besace de Skuell, comme s’il savait où était ce qu’il désirait. La tension montait.
Et soudain il se jeta en avant. Björn tenta de le saisir, mais il passa entre ses mains comme un poisson. Son saut l’amena directement près de Skuell qu’il renversa au sol. En se relevant, Jugar tenait la statuette. Mais nous l’avions entouré, prêts à en découdre. Il sourit.
« Voilà vos pièces… »
Il jeta une bourse au sol, et juste derrière une petite capsule de verre qui se brisa. La fumée qui s’en échappa nous surprit, et lorsqu’elle se dissipa Jugar avait bien évidemment disparu. Des bruits de métal se firent entendre au bout de la ruelle…
« Ne bougez plus, fit une voix sèche. »
Les Gardiens de la Foi… ils avaient bloqué toute retraite. Lunil a vite ramassé la bourse discrètement. Nous sommes restés immobiles au milieu de la ruelle.
« Jetez vos armes »
¨Nous n’avons pas eu besoin de nous faire prier. Après cela, ils se sont approchés, ont récupéré nos armes et leur chef nous a intimé l’ordre de les suivre. Ils nous ont conduit au Temple-caserne le plus proche où on nous placés dans une pièce sombre et sobre. Deux Gardiens sont restés en faction, personne ne répondait à nos questions. Un inquisiteur entra et s’assit tranquillement.
« Où est la statuette, demanda-t-il.
- On n’en sait rien, répondit sèchement Lunil.
Il fixait la besace de Skuell, comme s’il savait où était ce qu’il désirait. La tension montait.
Et soudain il se jeta en avant. Björn tenta de le saisir, mais il passa entre ses mains comme un poisson. Son saut l’amena directement près de Skuell qu’il renversa au sol. En se relevant, Jugar tenait la statuette. Mais nous l’avions entouré, prêts à en découdre. Il sourit.
« Voilà vos pièces… »
Il jeta une bourse au sol, et juste derrière une petite capsule de verre qui se brisa. La fumée qui s’en échappa nous surprit, et lorsqu’elle se dissipa Jugar avait bien évidemment disparu. Des bruits de métal se firent entendre au bout de la ruelle…
« Ne bougez plus, fit une voix sèche. »
Les Gardiens de la Foi… ils avaient bloqué toute retraite. Lunil a vite ramassé la bourse discrètement. Nous sommes restés immobiles au milieu de la ruelle.
« Jetez vos armes »
¨Nous n’avons pas eu besoin de nous faire prier. Après cela, ils se sont approchés, ont récupéré nos armes et leur chef nous a intimé l’ordre de les suivre. Ils nous ont conduit au Temple-caserne le plus proche où on nous placés dans une pièce sombre et sobre. Deux Gardiens sont restés en faction, personne ne répondait à nos questions. Un inquisiteur entra et s’assit tranquillement.
« Où est la statuette, demanda-t-il.
- On n’en sait rien, répondit sèchement Lunil.
Vous nous voulez quoi ?
- Du calme, petite bâtarde, lui dit l’homme. Tu n’es pas en position de poser des questions. Réponds plutôt aux miennes, et je m’arrangerai pour que vos pas retrouvent le chemin vertueux d’Arlam sans complications.
- Je vous jure qu’on en sait rien, repris-je.
- Dis-moi, petit Izgane, crois-tu vraiment que je vais vous laisser filer comme ça en me mentant pareillement ? Je sais que vous l’avez eue, donc vous devez l’avoir cachée quelque part, puisque vous devez connaître son pouvoir. Vous n’avez pas pris de tels risques pour la récupérer pour rien, non ? »
Evidemment, nos regards furent plus qu’interloqués.
« Des pouvoirs, fit Skuell… Quel genre de pouvoir ?
- Ne fais pas l’innocent, sale vermine gouri. Comme tes semblables, tu es tellement porté sur la dissimulation et le mensonge que je suis persuadé que tu es au courant des pouvoirs de la statuette.
- Mais j’vous jure qu’on sait rien, criai-je.
Je fus rejoint dans mes cris de protestation par mes trois camarades.
« Suffit, hurla l’Inquisiteur »
Le ton de sa voix et la présence insistante des deux Gardiens dans nos dos nous firent taire.
« Je commence à croire que vous n’êtes vraiment pas au courant, dit l’Inquisiteur avec un petit sourire. C’est incroyable… Racontez-moi donc votre histoire, les enfants… »
Il avait un sourire carnassier, l’air prêt à nous dévorer dans l’instant ; et je crois encore qu’il en aurait été capable.
- Du calme, petite bâtarde, lui dit l’homme. Tu n’es pas en position de poser des questions. Réponds plutôt aux miennes, et je m’arrangerai pour que vos pas retrouvent le chemin vertueux d’Arlam sans complications.
- Je vous jure qu’on en sait rien, repris-je.
- Dis-moi, petit Izgane, crois-tu vraiment que je vais vous laisser filer comme ça en me mentant pareillement ? Je sais que vous l’avez eue, donc vous devez l’avoir cachée quelque part, puisque vous devez connaître son pouvoir. Vous n’avez pas pris de tels risques pour la récupérer pour rien, non ? »
Evidemment, nos regards furent plus qu’interloqués.
« Des pouvoirs, fit Skuell… Quel genre de pouvoir ?
- Ne fais pas l’innocent, sale vermine gouri. Comme tes semblables, tu es tellement porté sur la dissimulation et le mensonge que je suis persuadé que tu es au courant des pouvoirs de la statuette.
- Mais j’vous jure qu’on sait rien, criai-je.
Je fus rejoint dans mes cris de protestation par mes trois camarades.
« Suffit, hurla l’Inquisiteur »
Le ton de sa voix et la présence insistante des deux Gardiens dans nos dos nous firent taire.
« Je commence à croire que vous n’êtes vraiment pas au courant, dit l’Inquisiteur avec un petit sourire. C’est incroyable… Racontez-moi donc votre histoire, les enfants… »
Il avait un sourire carnassier, l’air prêt à nous dévorer dans l’instant ; et je crois encore qu’il en aurait été capable.
Je me suis donc lancé dans l’histoire depuis la rencontre avec Jugar, mes compagnons acquiesçant au fur et à mesure. L’Inquisiteur me fixait intensément, semblant me sonder jusqu’aux tréfonds de mon âme. Je ne me sentais pas capable de lui mentir ni d’omettre quoi que ce soit. A la fin de l’histoire, il éclata d’un grand rire…
« Mes pauvres enfants, vous vous êtes faits avoir…et en beauté. Vous aviez raison, cette chapelle abritait bien des démonistes ; une petite secte peu importante, mais démoniste quand même. Nous les avons attaqués et réduits à néant, et nous devions récupérer cette statuette qui fait un lien avec une part des univers démoniaques. Mais visiblement un concurrent a eu vent de la chose, et vous a utilisé pour nous devancer. Je vous crois innocents, et je vais donc vous laisser partir. Mais vous devriez quitter Elyath… Si Jugar apprend que vous nous avez parlé, je ne donne pas cher de votre peau. Quand à moi, je n’apprécierais pas du tout apprendre que vous avez parlé de cette histoire ailleurs. »
« Mes pauvres enfants, vous vous êtes faits avoir…et en beauté. Vous aviez raison, cette chapelle abritait bien des démonistes ; une petite secte peu importante, mais démoniste quand même. Nous les avons attaqués et réduits à néant, et nous devions récupérer cette statuette qui fait un lien avec une part des univers démoniaques. Mais visiblement un concurrent a eu vent de la chose, et vous a utilisé pour nous devancer. Je vous crois innocents, et je vais donc vous laisser partir. Mais vous devriez quitter Elyath… Si Jugar apprend que vous nous avez parlé, je ne donne pas cher de votre peau. Quand à moi, je n’apprécierais pas du tout apprendre que vous avez parlé de cette histoire ailleurs. »
Voilà donc comment un groupe de jeunes gens a pu être manipulé facilement au sein d’une histoire dont ils ignoraient tout. Nous avons quitté Elyath et nous sommes établis à Bejofa où nous sommes rapidement devenus incontournables, affiliés aux Félins pour finalement en devenir une guilde importante, l’une des premières avec un gouri d’ailleurs. Je mets maintenant tout ceci par écrit afin que les jeunes voleurs qui lisent ceci ne refassent pas le même genre d’erreur. Faites bien attention, vous qui entrez dans les rangs des Félins ; ne vous laissez pas abuser par de belles récompenses sans savoir où vous mettez les pieds.
Je finirai ceci en disant que nous avons retrouvé par hasard Jugar quelques années plus tard, lors d’une descente dans une guilde des Thaumaturges.
Je finirai ceci en disant que nous avons retrouvé par hasard Jugar quelques années plus tard, lors d’une descente dans une guilde des Thaumaturges.
Il en était visiblement le chef, et nous nous sommes fait un plaisir de l’éliminer. Donc, avis aux gens bien établis aussi : n’abusez pas des petits ; cela risque de vous revenir un jour dans la figure.
La vie est bien dure dans la Principauté des Sept Cités.
La vie est bien dure dans la Principauté des Sept Cités.