Une affaire de famille
Sarko patientait dans l’ombre d’un recoin à l’Elfe Borgne, une taverne des quais de Bejofa. L’air enfumé que bien des gens auraient trouvé irrespirable ne lui causait plus de problèmes, et il appréciait de venir dans cet endroit ne payant pas de mine car il savait pouvoir y trouver une excellente bière brassée sur des terres lointaines et apportée en contrebande par les relations de Rannlis, le sang-mêlé elfe dirigeant l’établissement. Et surtout, il était reconnu que Sarko pouvait être trouvé ici par de nombreux employeurs potentiels. La plupart de ses contrats avaient été négociés autour d’une choppe sur les tables usées de la salle. La population locale ne posait pas de questions et savait qu’il ne fallait pas se mêler des affaires des autres ; l’idéal pour un mercenaire de l’illégal comme lui.L’homme qui entra n’avait jamais mis les pieds ici. Au-delà du fait que Sarko ne l’avait jamais vu, il le constata à sa démarche hésitante, à ses regards légèrement apeurés qu’il tentait de ne pas montrer, à ses habits plus coûteux et mieux entretenus que la moyenne dissimulés sous un manteau sombre. Bref, quelqu’un venant de quartiers « mieux fréquentés », donc probablement un employeur, que cela soit destiné à Sarko ou à un autre. Mais cette fois c’était visiblement pour lui. Après avoir regardé dans tous les sens, le nouveau venu s’approcha de la table, lentement, et posa sa main à plat dessus, juste devant Sarko. Le mercenaire ne bougeât pas ; son regard seul naviguait de la main au visage de l’inconnu, un visage jeune et peu marqué par les dures réalités de la vie. L’homme retira sa main, laissant en place sur la table une chevalière marquée d’une armoirie qui fit réagir Sarko.
- Assieds-toi, dit le mercenaire.
L’homme obéit prudemment.
- Ainsi ma chère famille se dit que j’existe à nouveau… C’est fou comme les gens changent quand ils ont besoin de quelque chose.
- Assieds-toi, dit le mercenaire.
L’homme obéit prudemment.
- Ainsi ma chère famille se dit que j’existe à nouveau… C’est fou comme les gens changent quand ils ont besoin de quelque chose.
- Ecoutez, monsieur d’Argierie…
- Je ne suis plus monsieur d’Argierie, le coupa Sarko. La famille d’Argierie n’a plus voulu me voir depuis dix ans. Et tout à coup un petit jeunot de serviteur qui ne m’a jamais connu débarque sur mon territoire avec une chevalière portant ses armoiries. Avoue que j’ai de quoi être étonné.
- C’est que… le baron a un problème, monsieur.
- Ben tiens, tu m’en diras tant. Et il t’envoie ici pour me demander de l’aider.
- C’est son fils, votre neveu, monsieur. Il a été enlevé et on demande une rançon. La milice ne semble trouver aucune piste, l’ultimatum va bientôt expirer.
- Et pourquoi mon cher frère ne paie-t-il pas la rançon ?
- Il s’y refuse. Il ne veut pas céder.
- Ou alors il n’a pas les moyens. Je sais que depuis quelques temps ses coffres ne sont plus aussi pleins qu’avant.
- Vous savez monsieur, je ne suis pas au courant de ce genre de choses. Mais ce que je sais, c’est que le baron vous implore de retrouver son fils vivant et de le lui ramener. Il dit que vos connaissances seront au moins aussi efficaces que celles de la milice, et il est prêt à vous payer. Le jeune Argone ne mérite pas de vivre ça, il est si gentil.
- Que sais-tu qui pourrait m’aider, si j’accepte ?
- Eh bien pas grand-chose. Argone a été enlevé alors qu’il rentrait de l’anniversaire d’un de ses amis, un après-midi, en pleine rue dans le Quartier du Prince. Son garde du corps a été pris en traître et tué d’un coup dans le dos.
Un témoin a vu alors deux félys en manteaux gris emmener Argone. La milice est arrivée trop tard, le garçon avait disparu.
- Vas dire au baron que je vais voir ce que je peux faire. Qu’il s’attende à avoir de mes nouvelles.
- Vas dire au baron que je vais voir ce que je peux faire. Qu’il s’attende à avoir de mes nouvelles.
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A peine le serviteur du baron d’Argierie avait-il quitté la taverne que Sarko se leva, paya sa consommation, et sortit dans les rues de Bejofa. Une pluie automnale battait depuis le matin ; pas un temps à félys ça, ils devaient se terrer. Mais pas où commencer ? Déjà, pour s’en prendre ainsi à une famille influente en sachant quand, où et comment frapper, ils devaient avoir des relations, ce n’était pas un petit groupe de bas étage, ou en tout cas pas leurs commanditaires. Ils avaient réussi à s’introduire dans l’enceinte du Quartier du Prince de Samarande en plein jour, donc ou bien ils étaient particulièrement discrets, ou bien des gardes avaient été payés. La milice n’avançait visiblement pas dans l’enquête. Tout indiquait un coup minutieusement préparé par quelqu’un qui savait exactement ce qu’il faisait…et par quelqu’un de haut placé avec de bonnes relations.
Sarko commença à déambuler dans Bejofa. Il visita bouges et tavernes, arrière-cours et ruelles, interrogeant, questionnant et échangeant des informations. Son réseau était devenu conséquent avec le temps. Mais visiblement personne ne savait quoi que ce soit au sujet de l’enlèvement en question. La réponse lui vint finalement tard dans la nuit de la part du Manchot. C’était un gouri hamster dont personne ne connaissait le véritable nom qui avait perdu son bras longtemps avant lorsqu’un groupe de félys avait fait une descente dans son nid ; depuis il bossait en solo à Bejofa, faisant commerce d’informations et aussi de petites babioles ramassées à gauche et à droite.
Sarko commença à déambuler dans Bejofa. Il visita bouges et tavernes, arrière-cours et ruelles, interrogeant, questionnant et échangeant des informations. Son réseau était devenu conséquent avec le temps. Mais visiblement personne ne savait quoi que ce soit au sujet de l’enlèvement en question. La réponse lui vint finalement tard dans la nuit de la part du Manchot. C’était un gouri hamster dont personne ne connaissait le véritable nom qui avait perdu son bras longtemps avant lorsqu’un groupe de félys avait fait une descente dans son nid ; depuis il bossait en solo à Bejofa, faisant commerce d’informations et aussi de petites babioles ramassées à gauche et à droite.
Au cours d’une de ses récentes ballades nocturnes, il avait effectivement vu un garçon correspondant à la description donnée par Sarko. Il était tenu entre deux félys armés qui le traînaient dans une ruelle. Le Manchot étant toujours prêt à recueillir des infos pour nuire aux matous, il les a suivi discrètement et les a vu pénétrer dans une petite baraque anonyme dont il indiqua l’adresse en échange de quelques pièces sonnantes et trébuchantes. Voilà un bon début pour Sarko ; en une nuit, il avait visiblement avancé plus que la milice.
L’aube se levait. Les félys étaient plutôt nocturnes et Sarko aurait pu profiter de cette opportunité. Mais en même temps, il était debout depuis de nombreuses heures et il aurait besoin de repos avant de s’attaquer à la demeure ; en attendant, une petite reconnaissance s’imposait. Il approcha donc discrètement dans les ruelles avoisinantes. L’endroit faisait partie de ces quartiers de Bejofa anciennement bourgeois et abandonnés quand cette frange de la société avait quitté la ville ; les maisons étaient belles et hautes, mais une population d’un autre genre avait décidé de les squatter : dealers, receleurs et passeurs constituaient le voisinage.
La demeure en question faisait deux étages, construite en pierre de taille avec de jolis encorbellements, des corniches et des balcons. Toutes les fenêtres étaient fermées de solides planches. Sarko remarqua la silhouette d’un félys aux aguets sur le toit ; ils avaient probablement une voie de passage par là, mais la porte d’entrée ne devait guère être praticable.
L’aube se levait. Les félys étaient plutôt nocturnes et Sarko aurait pu profiter de cette opportunité. Mais en même temps, il était debout depuis de nombreuses heures et il aurait besoin de repos avant de s’attaquer à la demeure ; en attendant, une petite reconnaissance s’imposait. Il approcha donc discrètement dans les ruelles avoisinantes. L’endroit faisait partie de ces quartiers de Bejofa anciennement bourgeois et abandonnés quand cette frange de la société avait quitté la ville ; les maisons étaient belles et hautes, mais une population d’un autre genre avait décidé de les squatter : dealers, receleurs et passeurs constituaient le voisinage.
La demeure en question faisait deux étages, construite en pierre de taille avec de jolis encorbellements, des corniches et des balcons. Toutes les fenêtres étaient fermées de solides planches. Sarko remarqua la silhouette d’un félys aux aguets sur le toit ; ils avaient probablement une voie de passage par là, mais la porte d’entrée ne devait guère être praticable.
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Sarko passa l’essentiel de sa journée à se reposer, histoire d’être frais et dispos pour son excursion du soir. Le reste fut de la préparation, vérification de matériel. Il allait tomber en infériorité numérique, et il fallait mettre toutes les chances de son côté. Son matériel et ses compétences seraient ses atouts.
Au crépuscule, il se mit en route vers la maison des félys. Il prit un chemin passant par les toits, approchant discrètement en restant au maximum collé aux tuiles et derrière des cheminées. Il arriva en vue de la demeure ; sur le toit se tenait un félys accroupi contre la cheminée, aux aguets. Sarko se savait trop loin pour être repéré. Il sortit l’un de ses héritages de son passé dans une famille riche : une arbalète ; heureusement qu’aucun garde ne l’avait pincé avec ça. Il mit en place un carreau, tendit l’arme et visa. Le projectile se planta dans la gorge de la cible qui s’écroula sans un bruit sur le toit.
Sarko combla le reste du trajet, toujours aussi discret. Aucun autre garde n’était en vue. Il se retrouva sur le toit de la demeure en question. Il y avait effectivement une trappe donnant dans le grenier, sur laquelle il posa son oreille. Aucun son. Prudemment, une dague effilée à la main, il entrouvrit la trappe. A l’intérieur, la faible lueur tremblotante d’une bougie éclairait un aménagement simple mais confortable : quelques tapis élimés, une table et des chaises, une armoire, et trois hamacs ; l’un d’eux était occupé par un enfant d’une dizaine d’années que Sarko reconnut comme étant Argone, dans l’autre dormait un félys. L’homme se faufila discrètement dans la trappe et posa les pieds en douceur dans le grenier. Il jeta un coup d’œil circulaire puis s’avança vers le félys endormi.
Au crépuscule, il se mit en route vers la maison des félys. Il prit un chemin passant par les toits, approchant discrètement en restant au maximum collé aux tuiles et derrière des cheminées. Il arriva en vue de la demeure ; sur le toit se tenait un félys accroupi contre la cheminée, aux aguets. Sarko se savait trop loin pour être repéré. Il sortit l’un de ses héritages de son passé dans une famille riche : une arbalète ; heureusement qu’aucun garde ne l’avait pincé avec ça. Il mit en place un carreau, tendit l’arme et visa. Le projectile se planta dans la gorge de la cible qui s’écroula sans un bruit sur le toit.
Sarko combla le reste du trajet, toujours aussi discret. Aucun autre garde n’était en vue. Il se retrouva sur le toit de la demeure en question. Il y avait effectivement une trappe donnant dans le grenier, sur laquelle il posa son oreille. Aucun son. Prudemment, une dague effilée à la main, il entrouvrit la trappe. A l’intérieur, la faible lueur tremblotante d’une bougie éclairait un aménagement simple mais confortable : quelques tapis élimés, une table et des chaises, une armoire, et trois hamacs ; l’un d’eux était occupé par un enfant d’une dizaine d’années que Sarko reconnut comme étant Argone, dans l’autre dormait un félys. L’homme se faufila discrètement dans la trappe et posa les pieds en douceur dans le grenier. Il jeta un coup d’œil circulaire puis s’avança vers le félys endormi.
Il avança sa dague près de la gorge lorsque soudain un bruissement lui fit tourner sa tête vers l’arrière. Il y avait là un autre félys, sorti des ombres, qui s’était discrètement approché et tentait de poignarder Sarko dans le dos. Son instinct lui sauva la vie et la lame ne fit que déchirer sa manche. Dans son mouvement de rotation, il tenta une riposte en direction de son adversaire ; et il entendit bouger dans son dos : le félys du hamac s’était réveillé. Le coup de Sarko fut esquivé et il roula immédiatement pour se retrouver face à deux adversaires plutôt que pris en tenaille. Les deux félys se jetèrent sur lui. Il bondit de côté, esquivant un coup et en portant un ; sa dague se planta dans la poitrine du félys qui hurla de douleur, et elle y resta profondément fichée. Sarko était maintenant désarmé face au deuxième félys. Au moment où il reprenait pied pour le regarder, il le vit lancer sa dague droit sur lui. Sarko se pencha pour esquiver, mais la lame lui entailla l’épaule. Il se rua en avant et se jeta sur son adversaire pour le plaquer au sol. Le félys tomba sous le poids de son adversaire. Deux crochets de Sarko le mirent KO.
Sarko se releva. Il vit Argone assis dans son hamac, regardant la scène complètement hébété.
Sarko se releva. Il vit Argone assis dans son hamac, regardant la scène complètement hébété.
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Sarko avait ramené l’enfant dans sa planque. Il était tétanisé et ne disait plus rien. Probablement qu’il n’avait jamais vu quelqu’un mourir. Les choses ne s’étaient pas déroulées comme prévu, avec ce troisième félys surgi d’on ne sait où. Mais Sarko avait pu embarquer l’enfant. Il lui fit avaler une tisane tranquillisante et lui parla doucement afin de le rassurer.
Petit à petit, lentement, l’enfant repris pied dans la réalité. Il regarda autour de lui, ne reconnaissant rien.
- Ca va mieux, demanda Sarko.
- Oui monsieur. Qui êtes-vous ?
- Je suis celui qui va te ramener à la maison.
- Vous avez tué les félys ?
- Plus ou moins. J’y ai été forcé pour te sortir de là. Tu vas te reposer ici cette nuit et je te ramènerai demain matin au réveil.
- Je peux au moins connaître votre nom ? Après tout, vous êtes mon sauveur.
Sarko resta silencieux un instant. Il ne savait que lui révéler.
- Je me nomme Sarko.
- Ah oui, fit l’enfant. C’est marrant. J’avais un oncle qui s’appelait comme ça. Je ne l’ai jamais connu, on m’a dit qu’il était mort durant la Guerre Civile.
- Intéressant… On t’a dit qu’il était mort ?
- Oui. En combattant l’hérésie républicaine. J’ai appris tout ça de mon professeur.
- C’est vraiment intéressant. Maintenant tu devrais dormir. Demain tout ira mieux.
L’enfant se coucha dans le lit qu’il lui avait préparé et, épuisé, s’endormit rapidement malgré les terribles émotions de la nuit.
Sarko le regarda un instant, puis il sortit de sa poche le petit billet qu’il avait trouvé sur l’un des Félys ; il étudia le texte écrit d’une main habile…
- Ca va mieux, demanda Sarko.
- Oui monsieur. Qui êtes-vous ?
- Je suis celui qui va te ramener à la maison.
- Vous avez tué les félys ?
- Plus ou moins. J’y ai été forcé pour te sortir de là. Tu vas te reposer ici cette nuit et je te ramènerai demain matin au réveil.
- Je peux au moins connaître votre nom ? Après tout, vous êtes mon sauveur.
Sarko resta silencieux un instant. Il ne savait que lui révéler.
- Je me nomme Sarko.
- Ah oui, fit l’enfant. C’est marrant. J’avais un oncle qui s’appelait comme ça. Je ne l’ai jamais connu, on m’a dit qu’il était mort durant la Guerre Civile.
- Intéressant… On t’a dit qu’il était mort ?
- Oui. En combattant l’hérésie républicaine. J’ai appris tout ça de mon professeur.
- C’est vraiment intéressant. Maintenant tu devrais dormir. Demain tout ira mieux.
L’enfant se coucha dans le lit qu’il lui avait préparé et, épuisé, s’endormit rapidement malgré les terribles émotions de la nuit.
Sarko le regarda un instant, puis il sortit de sa poche le petit billet qu’il avait trouvé sur l’un des Félys ; il étudia le texte écrit d’une main habile…
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Le lendemain matin, un jeune garçon frappa à la porte de sa maison, seul. Argone rentrait chez lui, dans le Quartier du Prince, à Samarande. La liesse envahit la maisonnée. Tout le monde était heureux de le voir revenir sain et sauf. Tandis que l’enfant s’expliquait sur les conditions de sa libération, Sarko s’avançait dans la brume matinale sur les pavés humides du Quartier du Prince. Caché, il avait vérifié que l’enfant entrait tranquillement dans sa demeure puis il était reparti. Il ne pleuvait plus ce jour-là, mais l’air était toujours chargé d’humidité. Il ne croisa presque personne sur son chemin.
Arrivé devant une belle demeure, Sarko en fit le tour. Personne n’étant en vue, il escalada rapidement le mur à l’arrière de la propriété et sauta dans le jardin. Il n’y avait aucune protection en vue. Il avança rapidement jusqu’à la maison en elle-même. Construite en vieilles pierres de taille, sa façade offrait de nombreuses prises. Bien qu’ayant rejoint le monde de la pègre, Sarko avait toujours un pincement au cœur lorsqu’il voyait ces vieilles demeures nobiliaires tombées aux mains de bourgeois, ces nouveaux riches clinquants ne connaissant rien de leur passé et qui en chassaient les familles tombées en désuétude. Il escalada jusqu’au premier étage où il s’approcha d’une fenêtre chichement éclairée. Les renseignements qu’il avait pris étaient justes ; il s’agissait du bureau du propriétaire et l’homme était là, assis, en train de consulter de gros ouvrages remplis de colonnes de chiffres. Sarko put facilement soulever le loquet en passant la pointe d’un stylet entre les deux battants, sans faire aucun bruit, et il entrouvrit la fenêtre pour se glisser à l’intérieur.
Au moment où le bourgeois entendit un léger mouvement derrière lui, il était trop tard.
Arrivé devant une belle demeure, Sarko en fit le tour. Personne n’étant en vue, il escalada rapidement le mur à l’arrière de la propriété et sauta dans le jardin. Il n’y avait aucune protection en vue. Il avança rapidement jusqu’à la maison en elle-même. Construite en vieilles pierres de taille, sa façade offrait de nombreuses prises. Bien qu’ayant rejoint le monde de la pègre, Sarko avait toujours un pincement au cœur lorsqu’il voyait ces vieilles demeures nobiliaires tombées aux mains de bourgeois, ces nouveaux riches clinquants ne connaissant rien de leur passé et qui en chassaient les familles tombées en désuétude. Il escalada jusqu’au premier étage où il s’approcha d’une fenêtre chichement éclairée. Les renseignements qu’il avait pris étaient justes ; il s’agissait du bureau du propriétaire et l’homme était là, assis, en train de consulter de gros ouvrages remplis de colonnes de chiffres. Sarko put facilement soulever le loquet en passant la pointe d’un stylet entre les deux battants, sans faire aucun bruit, et il entrouvrit la fenêtre pour se glisser à l’intérieur.
Au moment où le bourgeois entendit un léger mouvement derrière lui, il était trop tard.
Une main gantée se fermait sur sa bouche pour l’empêcher de crier et une lame se posait devant sa gorge.
- Ecoutes bien ceci, murmura Sarko à son oreille. Plus jamais tu ne t’en prendras à cet enfant, ni à aucun. Je t’ai à l’œil. ET si tu recommences, je te dessinerai personnellement un deuxième sourire ici…
… un très mince filet de sang apparut sur la gorge de l’homme lorsque la lame de la dague se déplaça. Ses grands yeux trahissaient une panique qu’il ne pouvait exprimer par la voie.
- Quelque soit le différent commercial qui vous oppose, reprit Sarko, ne t’en prends jamais au petit.
Soudainement, l’homme assis à son bureau reprit son souffle en constatant que la lame n’était plus là. Il sentait une flaque chaude sur sa chaise, dans son pantalon. L’homme était ressorti…
- Ecoutes bien ceci, murmura Sarko à son oreille. Plus jamais tu ne t’en prendras à cet enfant, ni à aucun. Je t’ai à l’œil. ET si tu recommences, je te dessinerai personnellement un deuxième sourire ici…
… un très mince filet de sang apparut sur la gorge de l’homme lorsque la lame de la dague se déplaça. Ses grands yeux trahissaient une panique qu’il ne pouvait exprimer par la voie.
- Quelque soit le différent commercial qui vous oppose, reprit Sarko, ne t’en prends jamais au petit.
Soudainement, l’homme assis à son bureau reprit son souffle en constatant que la lame n’était plus là. Il sentait une flaque chaude sur sa chaise, dans son pantalon. L’homme était ressorti…