III Léna-désamour
III LENA
Amour-Désamour
1 Avril Rupture +2j. elle me fait reprendre la plume, la compagne des jours mauvais, tout comme l’avait fait l’exaltation des jours heureux ; à nouveau ce sont les premiers. Le sort s’acharne. L’équilibre à peine retrouvé est ébranlé par un décès inattendu. Rétabli assez vite, il vise la durée et quelques semaines plus tard, patatras, plus rien. Encore plus inattendu. Rien ne va plus et à nouveau plus envie de faire mon jeu.
La souffrance encore, moins brûlante que la première fois, si ce n’est par accès. L’expérience sans doute, mais aussi le désabusement. A quoi bon construire si à chaque fois… Mais c’est la loi, tomber et repartir. Partager la tristesse avec le papier à qui l’on peut presque tout dire. Le papier est accueillant, on voudrait le remercier de son aide.
Pourquoi encore s’accabler de ses propres souvenirs ? Se durcir et aggraver les situations pour mieux supporter et presque aussitôt souffrir de s’être ainsi durci. Quelques conseils pourtant, une tentative d’aide touchante quoi qu’il en soit et puis dans tout cela – paradoxe – voir un sourire autre mais frère et bien vite la tentation de recommencer, au milieu de la douleur qui encore l’emporte.
2 Les débuts, les choses habituelles, faites seul. Ce point côté cœur. Bon Dieu ! Recommandation d’une amie, ne pas écrire, ouvrir les yeux, tout de suite redémarrer. Pourtant là au creux de moi, l’envie de gémir, la gorge qui se noue,......../
...../ les yeux embués, imaginer encore la douceur…
Savoir aussi que si les choses perdurent, fatalement l’apaisement viendra ? Nouvelle source de souffrance : ne pas vouloir, ne pas vouloir, ne pas vouloir. En vain. Des mots que j’ai créés vont disparaître, remplacés. Celui là aussi : Léna !…
3 La tristesse après son départ, immense. L’envie forcée d’en draguer une autre pour me prouver que je vis, sans y croire, mais dans la certitude de ne pouvoir vivre sans aimer. Hier soir j’ai essayé de prier pour elle, pour qu’elle y voie un peu plus clair dans ses conflits intérieurs…Bibounet…Souvent l’envie furieuse de l’appeler, aller vers le téléphone ou l’Internet et résister, revenir, brisé.
Touchant le pardon que par deux fois elle m’a demandé, m’assurant de son amour. Sincère ma générosité, répondant qu’elle n’avait pas à faire cette demande. Il n’y a rien qui puisse aller contre la passion. Forte sa phrase : « je me suis dit que c’est mon mari (mort deux mois plus tôt) qui se venge de là-haut ! »
J’étais avec elle depuis dix-huit mois. Elle m’aimait plus que moi. J’ai été balayé en trois jours. Elle voulait continuer à me voir en ami (amour ? d’après le comportement). Cette fois j’ai coupé net, deux jours après l’annonce. Je suis à vif.
4 Même jour. Elle craque, m’appelle, je craque. Déjeuner commun. Elle m’apprend qu’elle part avec l’autre selon le plan que nous avions imaginé pour nous. ...../
.../. J’avais renoncé par prudence, par amour, pour ne pas choquer son entourage. Cela aurait été nos premiers jours de liberté. Ironie du sort, elle a cru que je ne l‘aimais pas assez. Ce n’est pas gagné pour l’autre, au courant. Il avait prétendu l’empêcher de déjeuner avec moi. Elle lui a demandé pour cette semaine de lui préparer une chambre d’ami. Y verra-t-elle plus clair dans dix jours ? Ces mots d’elle encore « je devrais être heureuse et je ne le suis pas »
5 Lors de cette rencontre nous étions tous les deux très amoureux l’un de l’autre. Depuis trois jours elle s’interdisait de m’embrasser, me désirait encore. Ce jour là elle m’a confié avoir envisagé un moment ne pas partir. « Cela va te faire plaisir » dit-elle. Le lendemain soir au téléphone elle était toujours très désorientée et n’est pas parvenue à raccrocher. J’ai dû le faire.
La veille de leur départ j’ai demandé, près de m’effondrer, à une amie de prier pour moi. Aujourd’hui ils sont ensemble, depuis hier déjà.
Tu m’as là fait un sacré poisson d’avril, Bibounet. Entrevu aux obsèques après quelque trente-trois ans, cet ami /amour de jeunesse t’a téléphoné chaque semaine. Venu un lundi- je le savais- le mardi encore tu m’aimais. Tu fus troublée dès le mercredi ; il t’a revue à mon insu le vendredi et le soir même mon sort était réglé. Le week-end tu refuses de me voir. ...../
..../ Rupture annoncée le lundi pour être en règle avec toi-même. Le mardi c’est lui que tu embrassais. Toute la semaine comme moi tu fus déboussolée et il t’échappait encore de nombreux gestes d’amour.
Où en est-tu à présent ? Dans deux heures j’essaierai de te téléphoner, toi tu ne peux le faire. Le voudrais-tu ? Après dix-huit mois est-ce la fin ? Tu pleurais à chaudes larmes contre moi en disant « c’est trop dur »
Ton amour pour moi – grand pourtant – a-t-il cédé à ce que tu appelles le coup de foudre, que je dirais l’amour fou. Tu murmurais « je vais sûrement faire la plus grosse connerie de ma vie, je vais vous perdre tous les deux » L’autre soir dans la rue pour nous deux l’émotion. Enorme. Nous fûmes sauvés par l’arrivée d’un tiers.
………
Ca y est, je lui ai parlé. Elle a sauté le pas. La passion est plus forte que tout. Je sais.
7 jours après l’annonce d’une rupture qui a traîné à se concrétiser, treize jours après que nous nous sommes aimés pour la dernière fois ? Quatorze jours après sa première entrevue avec l’autre.
Il me faut aller vers un nouvel amour. ......../
...../
Elle restera au moins mon amie, elle. Je me sens déjà me durcir intérieurement, mais mes jambes refusent presque de marcher. Il me reste le tabac, repris hier, l’alcool, quelques rares amis, les femmes si j’y arrive encore. J’avais cru à l’amour fou –anéanti -, je commençais à croire à l’amour –anéanti lui aussi – Je vais devenir un type presque normal, qui ne croit plus en rien. La vie est amère : j’ai été aimé d’elle quasi exclusivement, puis prioritairement, ensuite minoritairement, très minoritairement enfin. 17 mois et 21 jours de bonheur, plus 2 à peu près, ce n’est pas à dédaigner.
Qu’est devenu ton amour pour moi ? Ai-je demandé. Tu as répondu en pleurant « il est encore là ».
.... / 6 Je te sais avec lui. Inutile d’insister sur ce que je ressens. Hier tu tentais de te justifier avec une pauvre explication, juste du reste, « la passion c’est beaucoup plus fort que l’amour ». Ayant vécu les deux, je pense à présent que l’amour est infiniment supérieur. Aimer l’autre d’amour, c’est l’aimer pour lui même, aimer de passion, c’est aimer pour soi. Tu comprendras cela plus tard, Bibounet. Ce qui m’étonnait ces derniers temps, c’est que mon amour pour toi, sur certains points, avait l’intensité de la passion. J’attends ton improbable retour. Aujourd’hui bière, cigares, amis, les habituelles béquilles contre le malheur. Es- tu heureuse dans les bras de mon successeur, qui ne sera jamais mon remplaçant ? ...../
Je t’ai tout appris de la sexualité et beaucoup de la vie, largué en trois jours, je n’en reviens toujours pas. Ton amour, mon amour : de peu de poids ! Depuis dix jours j’arrive à dormir 3 à 4 heures par nuit avec des anxiolytiques. Ici en Alsace, sur les hauts d’un col vosgien, je regarde la neige tomber, je pense à toi et toi ? J’ai ton écharpe autour du cou.
7 Contrairement à mon histoire précédente, j’essaie de ne pas me refermer sur la douleur et de regarder autour de moi. Le monde comme source de petits plaisirs… Ca marche un peu le jour, beaucoup moins bien vers le soir et alors Elle revient. J’ai dit ne pas t’en vouloir, c’est vrai pour ce que tu as fait, mais peu à peu je sens que je t’en veux de m’apporter ce mal. 17 heures, l’appel téléphonique presque promis n’est pas venu… c’est toujours troublant la voix, n’est-ce- pas ?
8 La lettre promise ne viendra sans doute pas non plus ; tu as trop à vivre et à découvrir en ce moment. Je te pardonne quoi qu’il m’en coûte. Pas seulement l’absence de lettre. J’aurai beaucoup de mal à sourire en te revoyant, à bien réagir à ton probable « bonjour, ça va ? »
...../9 Aucune nouvelle de toi. Comment as-tu pu (ou dû) me faire cela après avoir déclaré au tout début de « nous » que tu ne me ferais jamais de mal ? ...../
C’est réussi. Suis-je à présent complètement extérieur à ta vie ? Je n’ai que le silence pour réponse.
Comme tu étais mal, Bibounet, le jour où tu m’as menti et où tout a basculé ! Dès l’entrevue suivante tu as rétabli la vérité et rompu d’avec moi. … Demain tu le quittes, peut-être vas-tu connaître les affres de la passion. J’ai prié pour que cela ne soit pas trop douloureux.
10 J’appelle, ultime « explication », rage impuissante, je raccroche, je rappelle, rage à nouveau. Un troisième appel calme cette fois. C’est fini.
11 Il s’achève le mois de mon malheur. Treize jours après notre dernière étreinte elle s’est donnée à un autre. Hier je les ai vus. Lui à distance ; après le premier regard de curiosité il n’a plus osé croiser mes yeux. Je lui avais écrit, il m’avait répondu en une espèce de sympathie respectueuse.
Elle s’est brièvement approchée, quelques mots de moi lui demandant de ne plus m’appeler pour quelque temps. Je lui ai remis en porte bonheur une médaille de la vierge que je détenais depuis plus de 30 ans...../
L’après midi elle devait le présenter à ses parents, ignorants de tout, 11 semaines après le décès de son mari.
13 Mai. Se sentir seul pour –par intermittence hélas- se sentir fort. Il y a deux jours je l’ai revue, elle disait ne pouvoir vivre sans me voir ni me parler. J’ai à nouveau demandé qu’elle ne m’appelle plus. C’est elle qui est partie ; c’est à moi de gérer la rupture, c’est presque au delà de mes possibilités.
14 Aujourd’hui malgré mes résolutions j’ai appelé. Répondeur. Ensuite tu l’as fait toi aussi. Ma voix, triste, long échange avec de longs silences. Ton invitation, mon acceptation de principe sous réserve que tu me laisses guérir. Seule une nouvelle relation chasse vraiment une précédente, et encore seulement en surface, mais elle peut rendre la joie. Le manque est terrible.
15 Tu veux savoir comment je vais ? Comme quelqu’un qui a été rejeté pratiquement du jour au lendemain par la femme qu’il aime et qu’il aimera tant qu’il n’aura pas rencontré un autre amour, ...../
...../ qui tourne et retourne dans sa tête l’inutile question « pourquoi » ? jaillissant du refus de la réalité du bonheur arraché. Toujours restera en moi le souvenir de cette fin brutale, non voulue.
16 J’entame le deuxième mois de souffrance quand tu sors d’un mois de vacances et d’espérance
17 Après un mois de flottement, de déréliction, après avoir quitté le champ de bataille onze jours afin de te permettre d’assumer ton choix tout en gardant ta raison, écartelée entre ton ancien amour et ta nouvelle passion, je décide de te reconquérir. J’ai vite constaté que si ta droiture et ta volonté te faisaient tenir bon, ton amour et ton désir pour moi étaient encore présents. Je mise sur le long et peut-être le moyen terme. Je saurai par mon amour, ma générosité, ma bonté te séduire pour qu’un jour tu retombes dans mes bras. Je préfère te laisser libre de vivre ta passion jusqu’au bout afin qu’elle meure de son propre mouvement. Cela peut être long, de un à cinq ans. Je ne t’attendrai pas, je n’en ai plus l’âge. Déjà j’ai remarqué ta jalousie quand je te parle d’autres femmes. Le procédé est sans doute un peu pervers, mais j’ai le droit d’en user pour sauver mon amour. Je vais t’arracher à ton aveuglement car je t’ai aimée peu à peu , découvrant lentement qu’en plus des autres femmes , tu étais –aussi- belle à l’intérieur : je n’ai pas le droit d’abandonner.
18 Quatre jours plus tard je n’éprouve plus que le sentiment d’abandon. Vite l’action pour sortir du marasme. Surtout ne pas l’appeler maintenant, en position de faiblesse.
19 Le jeu ainsi défini est une construction intellectuelle dangereuse. De surcroît frustrante, car je ne t’ « ai » plus, et inhibante, car elle bloque mon éventuelle ouverture à un nouvel amour. Je crois que je vais laisser les circonstances décider de la conduite à tenir. Au fond de moi la tristesse, celle de la perte de l’Avoir, même s’il me reste une part de l’Etre.
Juin: J + 11 semaines : elle m’a largué, elle m’a largué… Inexplicable, imprévu, incompréhensible. J’allais ces jours ci un peu mieux, à coup d’antidépresseurs, quasi sidéré. Et voilà qu’elle a reparu : l’entrevue fut houleuse, j’éructais ma fureur, elle, restait silencieuse, s’accrochant à sa foi en son nouvel amour. Depuis deux jours je suis taraudé par le souvenir de mon bonheur passé.
20 12 semaines après, je suis étouffé par la solitude absolue après ces mois de plénitude. La souffrance procède surtout de la brutalité de l’arrachement. ...../
21 Pèlerinage au lieu où pour la dernière fois, ignorant comme toi de l’avenir, je t’ai fait jouir. Tu criais « regarde moi ! »
22 Juillet Mon dernier mail est resté sans réponse. Je viens de t’appeler et de crier ma douleur. Que Dieu me donne à présent la force de choisir le silence.
23 J’ai enlevé ta médaille et hier je t’ai refusé les quatre bises auxquelles tu prétends, le droit de toucher mon corps.
24 Je ne sais si je vais me relever. Je ressasse l’ingratitude, l’amertume, le dégoût vital. C’est l’été et la beauté des femmes que je croise – quand je parviens à les regarder _ accroît ma douleur. Tant d’aptitude à faire souffrir sous une telle perfection des silhouettes : quelque chose m’échappe. Comment font la plupart des hommes pour rechercher le sexe pour le sexe, moi j’y vois surtout un accès au divin. Il vaudrait mieux ranger ces pensées au rayon des accessoires d’une douce folie qui pourtant ne me quitte pas.
25
Je suis sonné par cet abandon, je dirais presque trahison mais tu ne m’as pas trahi : durant deux entrevues avec ton nouvel amour tu as résisté à sa fulgurance, le temps de m’annoncer la rupture. C’est mon amour qui a été trahi. J’aimerais dire notre amour, mais cette entité n’existe pas. Un amour entre deux êtres est toujours fait de la somme de deux amours distincts. Tu as brutalement repris le tien pour le porter ailleurs. En trois jours; meurtri je n’en reviens pas. De cette blessure sourd tour à tour l’abattement, la colère, la révolte, l’écœurement, l’attendrissement et en permanence la douleur. Durant deux mois j’ai continué de te fréquenter, je n’en ai à présent plus la force. De loin en loin une pulsion sauvage me pousse à rompre cet isolement. Tu sembles alors peinée, mal à l’aise et en même temps inébranlable dans ta décision. Je repars vers le silence, réalisant que c’est l’amour seul qui donne un sens à chaque geste du quotidien, à toute parole. Je ne ris ni ne souris plus beaucoup. Avec la vie disparaît l’envie.
Je suis sonné par cet abandon, je dirais presque trahison mais tu ne m’as pas trahi : durant deux entrevues avec ton nouvel amour tu as résisté à sa fulgurance, le temps de m’annoncer la rupture. C’est mon amour qui a été trahi. J’aimerais dire notre amour, mais cette entité n’existe pas. Un amour entre deux êtres est toujours fait de la somme de deux amours distincts. Tu as brutalement repris le tien pour le porter ailleurs. En trois jours; meurtri je n’en reviens pas. De cette blessure sourd tour à tour l’abattement, la colère, la révolte, l’écœurement, l’attendrissement et en permanence la douleur. Durant deux mois j’ai continué de te fréquenter, je n’en ai à présent plus la force. De loin en loin une pulsion sauvage me pousse à rompre cet isolement. Tu sembles alors peinée, mal à l’aise et en même temps inébranlable dans ta décision. Je repars vers le silence, réalisant que c’est l’amour seul qui donne un sens à chaque geste du quotidien, à toute parole. Je ne ris ni ne souris plus beaucoup. Avec la vie disparaît l’envie.
Je suis arraché et parfois n’essaie même pas de rassembler mes bords effilochés. Quand et comment viendra la délivrance ? Mon existence n’est plus qu’attente, l’Absolu de l’attente. Je suis inadapté à la vie ordinaire, immature, et je refuse cette maturité là.
26
27 Août. Je rentre de vacances. Pourquoi a-t-il fallu que je rencontre quelqu'un qui m’a parlé de toi ? De la fête que vous avez faite fin juillet et à laquelle tu m’avais invité. Cela m’a fait mal. Il paraît que vous avez pensé à moi, comme j’ai pensé à vous, à toi en particulier. Aujourd’hui je ne sais que trop où tu es. Vite passer à autre chose.
28 Hier pour ton anniversaire tu as dû penser à moi, peut-être même vaguement espérer un appel. Quand briseras-tu ta fierté pour vraiment t’adresser à moi, avec la qualité d’échanges que nous avions il y a quelques mois ? ......./
Moi, je ne le ferai sûrement pas même si j’en crève d’envie. Je suis l’offensé.
29 Je repense à Yasel, la Cubaine, la première fille que j’ai touchée après Léna. J’aurais pu tomber amoureux de toi. Tu m’as rappelé de Cuba et cela m’a fait plaisir d’entendre ta voix. Je suis tellement seul et paumé depuis le départ de Léna que je me sens bien faible.
30 Rencontre avec Léna. Je refuse ses bises de salutation. Elle semblait émue elle aussi ; j’ai eu beaucoup de mal à retenir mon agressivité. On a réussi à parler un peu ; elle se réfugie dans l’anodin. Je lui ai dit une ou deux choses fondamentales et qu’un jour je pourrai à nouveau la saluer de deux bises. J’imagine que ce sera quand je serai à nouveau heureux. Elle n’a pas prolongé la rencontre quand elle pouvait et que nos chemins étaient susceptibles de se séparer. Moi non plus. Comme j’aurais aimé le faire !
31 Echanges encore, peut-être ultimes. ..../
32 Septembre. Je repense à l’émotion éprouvée à toucher le grain de la peau de Yasel. La douceur m’avait submergé. J’ai deux fois son âge et pourtant j’aurais aimé y croire. Je voudrais la revoir.
33 Je suis surpris de constater comment brutalement le charme s’est rompu. 5 mois après ta décision, je l’accepte enfin. Je me sens à nouveau libre. Encore un peu de nostalgie certes, mais la souffrance semble avoir lâché. Incertain j’évite de te revoir, par prudence.
34 Le train fonce. Soudain je lève les yeux et vois à l’endroit habituel la Seine gris vert. Un sourire monte à mes lèvres, « la rivière » comme j’aimais l’appeler quand je voyageais avec toi et que je découvrais le coude qu’elle fait là-bas, coupant d’un écrin de beauté le paysage sinon quelconque. Chaque fois que je la remarquais au milieu de nos conversations je m’interrompais brutalement et lâchais « regarde, la rivière ! » Alors nous souriions à cette incantation, une parmi d’autres, de notre amour.
35 Près de 10 jours sans douleur. Elle était devenue moi-même. A la place j’éprouve certes une sensation de mieux être, mais aussi une espèce d’absence. Une vie sans amour. Presque une non vie. Etape nécessaire pour permettre l’éventualité du nouvel amour auquel j’aspire.
36 Je remarque que le plus souvent l’écriture s’aligne sur mes états d’âme : au bonheur, à l’exaltation répond le plus souvent le fragment poétique. Au malheur, à l’atonie, c’est plutôt la prose, le discours.
37 On n’aime pas quelqu’un , on est amoureux de l’amour , de l’autre partie de soi que l’on connaît trop peu, pour l’homme de la féminité. Je me souviens comme au début j’admirais tes ongles chaque jour peints d’une teinte différente, associée à tes vêtements, ces gants de laine couleur fauve bordés de fourrure qui dansaient, agiles, à tes mains ; je les appelais mes petits écureuils. C’était déjà le bonheur de cette plénitude tant recherchée, être soi dans l’altérité. L’amour ne serait donc que la vénération d’une image idéale de soi que seul(e) l’Autre peut vous permettre d’approcher ?
Pour l’homme que je suis, vivre sans aimer une femme est d’une platitude insondable.
39 Cinq mois après ta trahison il semble que mon amour a enfin lâché prise. Je ne souffre plus, plus vraiment. A la place c’est une morosité douceâtre qui m’envahit et me plonge dans une réflexion désabusée sur la destinée, sur ma destinée. Je ne suis pas heureux.
40 J’ai souffert de très longs jours durant. Je voudrais qu’elle, comme mon « successeur », connaissent un jour les mêmes maux, aussi soudains, que l’amour de l’un se heurte à la fuite de l’autre, que chacun d’eux perde la personne à qui il voue sa passion. Il faut que vous découvriez l’étendue du mal que vous m’avez fait, que vous voyiez votre malheur accru en imaginant la félicité de l’autre sans vous. Tu m’avais dit : on ne peut souhaiter le malheur des gens. Le vôtre me paraîtrait juste.
41 La déception que m’a causée notre dernière entrevue a laissé en moi une steppe dont l’aridité n’a d’égale que la monotonie. Ce n’est plus à toi que je rêve, en tant que grande prêtresse de ma religion, mais aux situations de bonheur que nous avons vécues ensemble. Leur reflux me laisse amer et nostalgique.
42 Octobre Enfin un vrai début de normalisation. J’ai rencontré d’autres femmes, j’ai pu avoir avec toi une relation sans agressivité, empreinte de tendresse réciproque. Le cœur en chamade quand tu t’es approchée, ne sachant quel jeu tu allais jouer, et tout de suite tu m’as donné les quatre baisers de paix ; la tension est tombée d’un coup. Juste encore empêcher mes mains de trembler en t’offrant un bonbon. Plus tard se dire au revoir avec un sourire plus signifiant que mille mots.
43 Tu étais mon Bibounet,
Je ne sais pas si tu mérites que je t’écrive ceci. J’ai pourtant envie de le faire. En commençant je ne sais pas où cette lettre ira, dans quel sens. Je l’écris pour toi seule et pas pour ce monsieur qui t’a prise à moi et dont, au moins pour l’instant, je ne veux pas entendre parler. Mais je lui ai bien écrit, une fois, quand tu es partie, alors pourquoi ne pas t’écrire à toi, comme on élève un monument du souvenir.
Tu m’as plu tout de suite, j’étais bien avec toi, mais j’ai mis longtemps à t’aimer. Je le refusais. Pas parce que c’était toi. Je ne pouvais plus aimer. J’ai dû par là beaucoup te faire souffrir. Tu me l’as bien rendu par la suite. Enfin… Il y a deux ans commençait pour moi une époque qui a été un temps de bonheur, malgré toutes les difficultés, et qui à une semaine près a duré un an et demi. ...../
...../ Ce n’est pas rien. A tes côtés j’ai peu à peu appris, presque au bout d’un an, vers ton retour de vacances, à aimer l’autre pour lui-même. J’ai donc pris confiance en moi et en la vie et je commençais à penser possible de construire quelque chose. La vie, dans son incertitude, allait bientôt nous rendre libres l’un et l’autre. Et puis un nouvel imprévu est arrivé et tout a été détruit. Je l’ai d’abord accepté, puis je t’en ai voulu énormément, à la mesure de ma désillusion. Mon agressivité en a été l’expression. Tu m’as au moins et sur le tard fait oublier le regret de mon ex grand amour et maintenant, six mois après dont trois d’anti-dépresseurs, je remonte. Depuis six semaines déjà. Simplement la foi, en moi, est encore un peu plus morte que quand tu m’as rencontré. Il est vrai que tu l’avais ressuscitée. Je t’en veux moins aujourd’hui, presque plus. Je suis seulement désabusé et à nouveau je ne veux plus croire, même si j’ai approché des femmes. Je risque de les faire souffrir comme je t’ai fait souffrir. Je ne sais pas ce que la vie nous réserve à l’un et à l’autre. Je repense souvent avec émotion à certains moments que nous avons partagés, très divers. Je pourrai au moins dire : j’ai été heureux. Merci pour cela. Je t’embrasse : un ex petit fou.
44 Ca y est ! la revoilà, hélas, la nostalgie de toi.
Quelques rencontres, notre réconciliation, le plaisir d’à nouveau se côtoyer ont suffi à la ramener. Rien n’est plus comme avant…et pourtant… !
Donc je te fuis. Tu as lu ma lettre-bilan devant moi et l’a dite très touchante, après avoir cherché le mot. Te composais-tu un personnage ? Ou tu n’éprouvais rien ou tu te maîtrisais à l’extrême. Moi je fuis et à nouveau j’espère que tu viendras une fois encore me donner de tes nouvelles. Je trouve l’existence auprès de ma nouvelle amie bien fade, la pauvre n’y peut rien, hélas, c’est encore toi qui me hante. J’aimerais tant savoir comment tu ressens dans ta nouvelle vie l’absence de moi. Je ne crois pas que tu me le diras ; tu as toujours été avare de mots et doutant de ta capacité à exprimer. A tort. Cependant quand nous nous revoyons, tes questions témoignent de ton intérêt.
45 Novembre Trois semaines que je t’ai remis cette lettre de vérité où j’étais « à poil » devant toi. Depuis, ma fuite, et ton silence. Tu incarnais mon rêve. Tu l’as brisé et continues à le détruire par ton attitude, à me détruire…
47
J’avais un amour ; il s’est arrêté dans les faits apparents d’un vendredi soir à un samedi matin. Avec toi, j’avais déjà eu du mal à aimer à nouveau ; je ne sais pas si j’y arriverai encore. Si oui, j’aurai en permanence à l’esprit que ça peut s’arrêter d’un jour à l’autre. Voilà ce que c’est l’amour, quelque chose qui peut s’arrêter du jour au lendemain.
48 Humidité de novembre dans la lumière faible du petit jour. La vue s’arrête à une cinquantaine de mètres, au pied du mur compact que forme dans l’air la condensation. Couleur dominante en l’absence de toute réverbération, le marron laid et terreux. C’est moche. En moi aussi. ....../
....../ Ce n’est plus le cuisant de la révolte, l’acuité de la douleur, l’intraitabilité d’un esprit furieux se cognant aux barreaux d’une cage, non,, c’est un morne dégoût sur les relents de ta trahison, le défaut de la joie, la vacance d’une foi. Pas de projet. Quelque chose comme une attente vaine qui n’en est plus une. Et malgré tout, chercher de petites choses pour égayer le présent, pour tenir jusqu’à l’hypothétique renouveau. Voilà le sort des idéalistes.
49 J’évite toujours la rencontre avec toi. Ce matin dans le train, une banquette devant moi, ta fille. En partie ton vivant portrait ; ta fille qui de nous ne sait rien. Ta fille et sa souffrance, dans cette guerre qu’elle mène contre toi, accrochée au souvenir de son père ; elle t’a même traitée de putain. .
Cette envie que j’ai de lui parler, comme toi quand tu voyais ma fille perdue dans les immenses couloirs du RER. Envie de la prendre sous ton aile as-tu dit alors.
Je n’accepte toujours pas le terme brutal que tu as mis à notre amour, au moins dans ses manifestations concrètes. Je suis blessé, sans doute pour un long moment encore.
50 Un semaine que je t’évite, scrupuleusement ; et même là, tu es encore avec moi. Vu le psy hier, il semble n’avoir pas vraiment de solution à me proposer.
Encore ta fille sous les yeux. Elle lit. Et toi, comment vis-tu à cet instant, dans le train qui suit le mien, sachant qu’une fois encore je t’ai fuie ? Ma nouvelle amie m’a demandé si je te reprendrais au cas où tu reviendrais. Un peu lâchement j’ai répondu « possible ».
51
Coup de téléphone ; mes mots « je crois que je t’aime encore… je crois que je voudrais que tu me reviennes »
Ta réponse « oui, mais, bon ! » Qu’ils sont loin tes propos d’il y a quinze jours en réaction à mon affirmation « un jour tu le regretteras »
« Tu en es persuadé ? »
………………….
« Alors j’aurais tout perdu. »
« Pas encore ! »
53 Léna,
Je ne t’enverrai probablement pas ce mot. Après la discussion de ce matin où tu disais t’être sentie trahie de ce que je connaisse ta copine (amie, disais-tu), je pense encore à toi et au passé. J’essaie désespérément de t’oublier. J’ai été véhément ce matin ; sauras-tu interpréter ma colère ? J’ai dit ne pouvoir supporter de te voir plus de quelques minutes. Sauras-tu décoder ?
Trahi, je l’ai été ;
- la fin brutale de notre relation : de ton fait !
- ton vœu du 6 juin de l’an dernier de rester toujours avec moi : balayé par toi dix mois après !
- ta promesse récente de m’écrire pour me dire comment tu vis tout cela : lettre morte sans doute ! ..../
Ta croyance naïve en l’éternité de ton (nouvel) amour, je ne peux m’empêcher de la piétiner. Ton mec, de l’insulter en pensée. Il a été à son insu le voleur de ce que j’ai cru être le bonheur.
54 Décembre Rencontre. 10 secondes. Tu arrives en discussion avec C. Je m’approche ; laquelle embrasser d’abord, finalement toi. 2 bisous seulement. « Bonjour », « bonjour ». Votre discussion n’a pas vraiment cessé. Le train arrive. « Je vais plus loin » et je m 'éloigne.
55 Temps doux. Je suis au bout du quai. Tu arrives, t’engouffres dans l’abri. Je vais t’y chercher, furieux. Tu me vois approcher, tu sors. 2 bises chacun, chacun « bonjour ». Passe d’armes, 15 secondes. Moi : « alors, tu te planques, tu te mets à l’abri quand il fait doux ! » « Pas du tout, et toi, hier tu es parti ! » « J’avais dit que je ne voyagerais plus avec toi, ça n’empêche pas de se dire bonjour » « je m’en fiche complètement » « fais comme tu veux, en tout cas je ne ferai plus un pas vers toi. S’il faut venir te chercher, … j’attendrai que ça te reprenne. »
Je m’éloigne sans un regard (un quand même, à la dérobée). Dans le cœur colère et tempête. Aurai-je la force de tenir ? ...../
Demain, un an que je lui ai acheté le bracelet en or. Dans sa tête, quelle tempête ? Ne plus la voir du tout pour retrouver la paix ? Difficile avec le train commun.
56 Ces échanges exacerbés témoignent de ce qui reste de notre passion. L’important n’est pas ces propos de guerre mais ce qui subsiste dans la vie intérieure de chacun, l’occupation par l’autre. En apparence s’épanche seulement la fureur de ne pas se résoudre à n’être plus rien dans la vie extérieure.
57 Janvier Je t’aperçois, tu es avec ta fille. On fait comme si on ne s’était jamais vus. Pas de vœux, rien. En moi colère et aussi émotion, encore.
58 Dans le train. Ta fille en face de moi. Ignorance totale pour elle. La rivière, entrevue dans sa permanence, me rappelle l’inconstance des sentiments humains.
59 Hier j’ai provoqué la possibilité d’une rencontre. Celle ci eut lieu. 15 secondes, assez pour que je te donne le bref mot résumant ce que j’ai sur le cœur : ....../
...../ l’inexistence pour moi de ton nouveau compagnon, les non-vœux que je forme pour toi avec lui par opposition à toi seule, le ressentiment dû à ton abandon, mon amour (je n’ai pu écrire que a.) que tu ne méritais pas, le peu de rôle que le mérite a affaire là dedans. Puissé-je être libéré ! 59 Hier j’ai provoqué la possibilité d’une rencontre. Celle ci eut lieu. 15 secondes, assez pour que je te donne le bref mot résumant ce que j’ai sur le cœur : ....../
60 Je t’en veux toujours.
61 Hier soir est arrivé ce que j’attendais sereinement depuis longtemps. Du train et pour la première fois je t’ai vue sur le quai avec lui. Il vit à présent avec toi. Il m’a semblé que tu lui tenais la main. Mes regards se sont ensuite arrêtés au niveau des bustes. Je ne t’ai pas dévisagée. Lui encore moins. Je n’ai pas pu ; pas voulu. Même à la troisième personne j’ai du mal à cautionner par écrit son existence. Vous (mot horrible) êtes montés à l’étage du wagon où j’étais avec une amie. A la descente, foule devant la porte, nous nous sommes trouvés côte à côte, lui juste derrière ; temps d’arrêt. Grossièrement je ne t’ai pas cédé le passage pour en aucun cas le lui céder, pour ne pas vous voir aussi. Nous nous sommes frôlés. Je ne t’ai pas regardée.
Je ne savais qu’éprouver : l’émotion se mêlait à la résignation calme et même à une pointe de mépris. Pas le choix. Pendant un an et demi c’est ensemble que nous voyagions.
Il n’y a qu’un amour qui puisse chasser un autre amour.
62 Tu m’as quasi complètement sorti de ta vie. Je sais qu’en gardant le contact je pourrais y rester, au moins pour un rôle mineur. Je refuse en matière de sentiment de jouer les seconds rôles. C’est ma dignité. Si nous devons à nouveau avoir une relation, fût-ce d’amitié, c’est toi qui reviendras. C’est toi qui m’as jeté, qui as détruit ma foi et ma joie du printemps dernier. Je finis d’écrire ces lignes au moment où le train s’arrête et c’est cocasse, je te vois sur le quai avec mon successeur, qui ne sera jamais mon remplaçant. Je le méprise, même s’il ne savait rien de ta vie lorsqu’il t’a levée. Je méprise le choix que tu as fait. Tu as tant imploré mon amour en défaitiste, te sentant inférieure à l’inspiratrice de mon ancienne passion. Avoir tant râlé contre quelque chose qui finalement n’est plus. Au nom de quelque chose qui aujourd’hui n’est plus. Décidément, l’amour est, aussi, bien dérisoire.
63 Février J’ai une fois de plus beaucoup parlé de toi avec mon ami R. Il a raison, le choix de partir, c’est le tien. Je ne dois pas en vouloir à ton compagnon ; à ton mec, comme j’ai envie d’écrire. Tu avais raison. R. essaie de comprendre ce que tu ressens (peut-être) de tout ce gâchis. Moi je me durcis, rien qu’à l’évoquer. La souffrance est encore là. Il pense que c’est aussi un peu l’amour propre. Je ne sais pas. ....../
C’est en tout cas la trahison qu’a subie l’idée que je me faisais de l’amour, le nihilisme vers lequel tu m’obliges à aller quand tout mon être aimerait encore se rebeller contre. Tu as détruit mes espérances ; étaient-ce les dernières ?
64 Quai de gare : brève rencontre car je l’abrège. Je peux te regarder car cette fois tu es seule. J’essaie de museler la froidure qui d’ordinaire m’envahit et m’emmure dans un silence presque agressif. On échange quelques mots d’une banalité attristante. C’est toi qui lances ces mini-échanges, auxquels aujourd’hui je tente de participer. J’ai pourtant l’impression qu’on aurait encore beaucoup à se dire. Mais toi tu n’oses pas devant ma froideur rébarbative (que pourtant pour l’heure je parviens à adoucir), et moi avec au cœur la volonté de te punir car t’approcher ravive en moi le souvenir de la blessure. Nous nous racontons des histoires sans paroles. ..../
..../ Séparés ensuite, chacun dans son wagon, que fais-tu ? J’écoute en moi le silence qui fait débat.65 Qu’il est dur à accepter l’abandon brutal. Trois cents jours plus tard, nouvelle rencontre ; deux minutes . De ma part quelques mots acides. Elle « bonjour » « bonjour, plus de bisous ? » « J’ai la crève » « quand elle sera passée, on pourra s’en faire au moins deux » (je la ramène ainsi au niveau de n’importe qui). Elle portait un manteau qu’elle mettait l’hiver de notre rencontre. Moi « il ne manque que les petits écureuils pour retrouver la tenue d’il y a deux ans ! » Je m’éloigne. En descendant du train, je ne t’ai pas lancé un regard.
...../Je sens entre nous quelque chose comme l’ancienne complicité, ton besoin de contact, peut-être même de contact avec moi, mais aussi une persistance cependant un peu hésitante dans ton choix. Tu « espères » que notre histoire est quelque chose de passé et d’enterré. La veille à une question visant à connaître la certitude de ta décision, tu as répondu « je ne sais pas ». Je t’ai dit tout ce que cela a cassé en moi. Je n’arrive pas à t’en vouloir. Je crois que je ne voyagerai plus avec toi si ce n’est seul. Il nous faut au moins une vraie communication. La balle est dans ton camp : te voilà dans l’incertitude d’agir.65bis Est-ce parce que je n’ai pas eu une relation « normale » à mon père, drogué à l’alcool, ni à ma mère pour qui le sexe était tabou, que ne parviens pas à avoir une relation satisfaisante avec mes enfants ? La reproduction des schémas.
La beauté des femmes en général reste pour moi un mystère fascinant.
66 Je crois que les douches de la vie commencent à m’éloigner de ce vécu d’amour. Vais-je rejoindre la foule des gens blasés et sans foi ? Peut-être que la trahison à l’amour opérée par Léna était-elle simplement inscrite dans l’ordre des choses ?
67 mars Depuis deux jours la paix est faite. Tu as eu un geste vers moi, ce que j’attendais. On a voyagé ensemble......./
68 Le printemps n’est pas loin et ma vieille obsession me taraude. Homme, je vois dans la beauté des femmes tout ce qui fait ma complétude. Je vénère donc cet être qui pour moi est tout et me heurte à ce paradoxe ; la femme elle aussi est partielle et sans l’homme se sent un être incomplet. Elle peut aussi avoir tendance à diviniser son manque et à croire que lui, par opposition, est complet. Je n’en sors pas. Comment un « tout » peut-il en même temps être un « pas tout », voire un presque rien aux moments de doute ?
69 Contact par mail. Tu ne réponds jamais à l’essentiel, mais dérives à partir d’un détail ; peur de t’engager ?
70 Silence. Je n’arrive pas à accepter le « meurtre » que tu as commis. Je n’ai pas dit l’ « assassinat ». Quand je te vois, j’hésite entre les deux bisous (un peu méchants, te ramenant au niveau de n’importe qui) et les « quatre ou rien », selon l’humeur. Aujourd’hui je penche pour la seconde solution, avec bisous.
71 Je poursuis seul ce dialogue avec toi parce que tu as "brutalissimement" interrompu il y a onze mois le vrai dialogue, le dialogue total et je ne peux me résoudre à l’admettre.
72 Rencontre par semi hasard seul à seul. « ..Mais le passé ne perd pas sa valeur en cessant d’être le présent. En fait il est plus important parce qu’il est devenu invisible pour toujours. » Salman Rushdie La Terre sous ses pieds
Ces mots très simples que tu répètes : « je ne voudrais pas qu’il t’arrive du mal ou que quelqu’un dise du mal de toi. » et qui traduisent l’affection que tu me gardes. J’ai toujours aimé ta simplicité et ta droiture. Bientôt l’anniversaire de ton départ. Je n’aime pas voir approcher ces échéances. Cela me donne l’impression que quelque chose se clôt. Je voudrais que tu attendes le 10 pour fêter l’anniversaire de « vous ». Je te l’ai dit et tu as répondu « je sais ». En fait je voudrais que le 9 soit pour « nous » deux un jour de deuil.
73 Extérieurement ça va à peu près. Je ne cherche plus que quelques instants de bonheur et parallèlement je suis effroyablement triste.
73 Extérieurement ça va à peu près. Je ne cherche plus que quelques instants de bonheur et parallèlement je suis effroyablement triste.
74 J’espère que l’anniversaire passé je serai libéré. L’an dernier à pareille époque nous ne savions pas que le terme arrivait. Le deuil est bien long. Je suis dans le train, je revois la rivière et -hélas- je pense encore à toi. Qu’il était doux ce passé. Je sais par expérience qu’un temps qui fut vital peut mourir. J’aspire à cette paix et aussi à l’exaltation de l’amour. Pour l’heure le passé obstrue mon présent, ce qu’il en reste.
75 Avril Anniversaire. Toi devant ma tristesse, à nouveau : « je n’aime pas te voir comme ça. ». Moi : « tu es partie avec ma gaieté » et plus tard, plus mordant après ton discours : « tu es obligée de me parler de ce type, il ne m’intéresse pas ? »
C’est toi qui m’as montré la rivière. J’ai répondu en citant Héraclite : « on ne se baigne jamais dans le même fleuve.
76 Grande agressivité de ma part. Il vaudrait mieux que je cesse toute tentative d’entrevue. En serais-je bientôt capable ? Sans le savoir ni le vouloir tu m’as utilisé comme une étape de ta vie, après tu n’avais plus besoin de moi.
77 L’anniversaire est passé. Je vais enfin peut-être m’engager dans l’après. J’avais fini par entrer dans cet amour après une longue lutte. En ayant été sorti, j’ai du mal à en sortir.
78 Trois semaines je me suis tenu à ma décision de ne plus écrire sur toi : à présent je craque, j’aime trop écrire et pour l’instant il me semble que je ne peux écrire que sur toi. La force d’un amour comme celui qui a été le nôtre me manque. Je suis dans le train. Nos amours furent en grande partie ferroviaires. Une amie m’a dit que si tu es partie, c’est parce que tu n’étais pas pour moi. Probablement, même si je ne veux pas l’admettre. Avec toi j’ai eu la simplicité et la droiture. C’est dur de se casser la gueule une fois encore. Auras- tu à nouveau un jour envie de me parler vraiment ?
79 Fin mai Voici huit jours que je t’ai envoyé mes textes sur nous avant la rupture, tes textes, nos textes. Bien sûr pas de réaction. Hier cependant un plus que bref « bonjour » à semi distance. Aucun de nous ne voulait prolonger.
80 Entrevue brève sur ce quai de gare où nous prenons le même train. Comme nous convergions je t’ai d’abord ignorée puis dépassée. C’est toi qui es ensuite venue jusqu’à moi et as voulu me faire les 4 bises. Malgré ma froideur, mon animosité je n’ai pas eu le cœur de refuser. Devant mes répliques courtes et glacées tu as soupiré. Plus tard dans le train, loin de toi, résister à l’envie d’aller te chercher pour prendre un café. Qu’as-tu fait de notre relation ? Un néant lourd de l’empreinte en creux de nos non-dits. La plénitude pour toi - si elle est - est à présent ailleurs.
Ce petit signe de la main que tu m’as fait de la fenêtre d’étage du train où tu surveillais ma descente quand mon regard, attiré, passait sur toi. J’ai bien sûr fini par répondre, contre mon gré. Quel gâchis !
81 Lu d’Eric Neuhoff in «Un bien fou » : Il est relativement facile de pardonner, il suffit que l’objet du délit ne soit pas la confiance que vous portez au genre humain ou du moins à l’un de ses représentants…
82 Dans le train où je me croyais à l’abri, à cette heure, devisant avec une de tes connaissances avec qui tu es en froid, soudain, à une gare inattendue, tu es venue jusqu’à nous et as pris place à côté de nous. Je te tournais le dos et ne t’ai pas vue arriver. Je me glace, essaie d’éviter ton approche pour me faire la bise – nos quatre bises – en levant la main. Te voilà interloquée, avec un témoin entre nous. Alors par charité je m’approche, une bise et je me rassois. Te revoilà sidérée. Ensuite quarante minutes durant je tente de ne pas te regarder et y parviens. Je ne peux littéralement plus te voir tellement la pensée de ta trahison me met en fureur. Je lis, j’essaie, je n’écoute plus rien, ne participe pas aux conversations, me sens dans le malaise. A l’endroit où je devais descendre, inhabituellement trois stations avant la « nôtre », je peux enfin et brutalement partir, à votre étonnement, avec pour seuls mots « je suis arrivé ». ...../
..../ Je croise tes yeux étonnés, je suis de marbre, la colère m’étrangle, je souffre. Vite écrire tout ceci pour lever la tension. Et malgré tout dans ce train je te trouvais bien belle. Même involontairement je dois te faire payer cette souffrance que tu m’infliges. J’espère que cette rencontre aura aussi troublé ta sérénité. Il nous resterait alors cela en commun. Encore, encore cette pensée « pourquoi m’as-tu abandonné ? » Pourquoi as-tu trahi l’amour au nom de la passion ? L’amour doit-il ainsi générer la trahison ?83 Le lendemain. Après l’orage enfin un début d’explication. Ma colère s’est fait jour ce matin sur le quai en une sorte de malédiction « j’espère que vous passerez par où vous m’avez fait passer ! » Plus tard ton appel, enfin cette forme de reconnaissance minimale. Tu commences seulement à réaliser le mal que tu m’as fait, essaies de me montrer ce qui doit être au moins de l’affection par des propos maladroits qui me touchent. Le souhait que je ne t’ignore pas, qu’on reste amis.
Ecrasante la responsabilité que je te laisse : « tu as fait en sorte que jusqu’à présent je ne puisse plus aimer personne. Je t’en veux pour cela, énormément ». Assourdissant ton silence. Puis tes tentatives d’explication partielles. J’aurais dû montrer l’amour pour toi (auquel j’avais laborieusement fini par parvenir) autrement que dans mes poèmes. Peut-être. Et cependant ton attachement à moi n’avait nullement décru sur la fin. Incohérent. ....../
..../. Je n’accepte pas ce que tu m’as fait. Mon aveu : oui j’ai mal, je dois te faire mal. Je ne peux pas faire autrement, mais contrairement à ce que tu penses, je ne vais pas calculer quels sont les points où je peux t’atteindre le plus. A demi ingénus tes espoirs dans l’effet du temps, ton incitation à me tourner vers l’avenir. Tu ne sais pas si c’est bon que l’on se voie pour un déjeuner ou un café. A la fin ta demande de gros bisou, que j’accepte de te donner. Tu as compris que je souhaitais que même pour des échanges anodins ce soit toi qui viennes vers moi. Après ce que tu m’as fait. Maladroits encore tes souhaits de bon week-end après que j’ai ce matin refusé ceux de bonne journée. « Depuis ton truc, il n’y a plus pour moi de bonne journée »
J’étais le second, je suis devenu maintenant le deuxième homme de ta vie, celui qui t’a appris l’amour, à qui tu n’as laissé que le désamour, la fêlure.
J’étais le second, je suis devenu maintenant le deuxième homme de ta vie, celui qui t’a appris l’amour, à qui tu n’as laissé que le désamour, la fêlure.
84 Juin Dans mon train de retour, à présent et depuis très longtemps sans toi, je viens d’apercevoir le double coude de le « rivière ».Une apparente inamovibilité. J’ai envie de dormir, peut-être pour ne pas penser à la monotonie de la vie depuis lors. Endormir l’ennui, la morosité. Sans doute encore t’aimer. Quitté en trois jours, en plein amour ! Il y a près de quatorze moi. Après un an et demi. J’en ai été renversé. Je ne me suis pas encore relevé.
85 Juillet Face à la mer. Repos. 10h30, les plagistes sont à présent arrivés ; il va être temps de quitter le lieu devenant bruyant. Agrément de venir tôt le matin avant eux et aussi le soir, à leur départ.
Sentir en moi les nets progrès de la convalescence avancée ; percevoir la caresse du soleil sur la peau ou la fraîcheur de l’eau ; renaître aux sensations.
Hier soir sourire au sourire immédiat d’une étrangère alors que, grave, je la dévisageais au restaurant, tentant une nouvelle fois de percer le mystère de la beauté d’un visage de femme. Apprécier de même quelques silhouettes de femmes. Guérir.
...../86…Décidément ça ne passe pas bien. Plus de quinze moi après la trahison je reste amer et désabusé. Je suis en deuil de la joie et de la légèreté. Devant moi l’incertain, Derrière, ces mois et ces mois de marasme. Et bien loin, mon ancienne joie, insouciante, pleine. Sais-tu seulement cela, cela que tu as provoqué ? Qu’en as-tu à faire du reste. Je t’en voudrais encore longtemps. Je souhaite que tu connaisses toi aussi cet abandon. Alors tu repenseras à ce que tu m’as fait.
87 Je repars dans deux jours vers la mer, le soleil. Vite profiter de cet été et surtout ne plus penser, comme je suis maintenant parfois capable de faire. ....../
Dans ce train à l’arrêt, tous ces gens. La plupart silencieux, les yeux dans leurs pensées. Autant d’univers enfermés dans ces enveloppes charnelles contingentes. Pour certains le « plus » apparent de la beauté. Un pas de plus vers la tentation de l’oubli de l’humaine condition. D’autres bavardent, concentrant dans ces mots le présent d’une existence.
89 Voilà, j’ai plus de 50 ans et aujourd’hui presque le besoin d’aborder un sujet tabou. Après avoir connu dans la deuxième moitié de la quarantaine une recrudescence de mon activité et potentialité sexuelles, j’ai depuis l’impression de traverser un lent, très lent déclin. Cela accompagne constamment mon existence comme petite, toute petite préoccupation. Sont-ce là les premières manifestations du vieillissement ? Simplement l’impression de n’être plus comme avant, de ne plus démarrer au quart de tour. L’impuissance programmée ? En tout cas l’impuissance à y changer quoi que ce soit. Sentir parfois son sexe pendouiller entre ses cuisses. J’ai du mal à m’y faire. Et concomitante la question : qu’as-tu fait de ta vie ?
90 Je n’ai pas su ou pu agréger autour de moi les quelques amis fidèles (1 ou 2) ou plutôt fidèles et ayant besoin du contact pour retremper l’amitié. Les miens se contentent de relations très épisodiques. ...../
...../ Cela fait que, comme chacun, mais avec une extrême conscience je suis seul. Je me suis très éloigné aussi de mes enfants, le regrettant mais n’ayant jamais su comment m’y prendre. J’ai été réduit à vivre vraiment dans les seules fulgurances de l’amour, suivies de leur lot de déceptions.91 Je suis à présent pétri du sens de la relativité qui fait vivre dans la désillusion. J’ai vu comment une personne qui m’aimait m’a abandonné en trois jours, succombant à un amour fou auquel se mêlait le retour du passé, la nostalgie de l’adolescence chez cette personne d’âge mûr. La mort de mon dernier rêve.
92 Dernier jour de plage. Avant ce n’était pas mon style. A présent j’y trouve, à doses modérées- une heure, une heure et demie matin et soir- avant l’afflux, quelque plaisir. Surtout celui du soleil sur la peau nue. Cela donne une petite densité à l’instant, c’est à dire un peu de sens. Certes ce n’est pas le sens, celui que donne l’amour, mais il est déjà appréciable et plus fiable. Aisé à retrouver.
93 16 mois ont passé depuis que tu m’as quitté et je suis toujours là à les compter. Combien de temps encore ? Quand seras-tu remplacée ?
Je ne parle pas de ma relation avec mon amie actuelle. Elle a la sagesse d’investir aussi peu que moi. ....../
..../ Plus de deux mois déjà que nous n’avons pas eu de vraie conversation. Je voudrais que tu prennes enfin l’initiative de me contacter à nouveau et pourquoi pas à ma nouvelle adresse que tu as depuis six semaines. Moi je voudrais le faire, mais je résiste, depuis longtemps. Tu m’as largué. D’une part je ne veux pas donner l’impression que je te harcèle, d’autre part je suis blessé d’avoir été ainsi déposé, en plein amour, si soudainement que mon orgueil m’interdit d’aller te rechercher ? Du moins sans un signe d’encouragement. D’ailleurs quelle relation pourrions nous avoir si tu persistes dans ton choix ? Tu voulais que nous soyons amis. Je ne t’ai pas choisie comme telle. Depuis ton départ je constate que ma relation aux femmes est changée, méfiante, glacée. Je ne veux plus souffrir comme ça. La solitude est difficile à vivre. Même le chat n’est plus là. Ma fille l’a repris.
Dans trois jours tu fêteras tes 50 ans. Je crois que tu auras une pensée pour moi. Comme tu dis, tu me dois beaucoup de choses, et même ton bonheur actuel, si tant est que tu vives le bonheur, un bonheur. (J’ai écrit tout ceci avec le stylo que tu m’as donné quand au début j’écrivais des poèmes pour toi)
94 Un dimanche de solitude. Le soir, après une promenade à notre lac, à notre endroit, j’ai fait tes numéros de téléphone (trois… si tu lisais, tu comprendrais) Au deuxième je t’ai entendue- un mot : allô ?- immédiatement j’ai raccroché. Allons, vite tâcher de me ressaisir.
95 Je poursuis, bêtement sans doute, mon dialogue monologue solitaire, fruit de ma solitude. Demain tu auras cinquante ans. J’aurais désiré franchir cette étape avec toi.( Je venais d’avoir cet âge quand je t’ai rencontrée. ) Tu ne l’as pas voulu. Tu ne m’as pas souhaité mon dernier anniversaire. Je devrais en faire autant. Je présume néanmoins que nous penserons quand même l’un à l’autre. Oui, même toi. Enfin, j’espère.
96 Toujours le silence total. Je viens de relire presque la totalité de ce que j’ai écrit sur toi depuis ton départ. Je ne l’avais jamais fait. Je suis persuadé qu’un jour tu reviendras, au moins pour me parler. A moins que je craque avant et aille vers toi. Je ne sais pas si cela aura lieu.
98 Me revoilà dans ce qui était mon train avant le déménagement, ce qui longtemps a été notre train. Peut-être y es-tu ? Si oui, une voiture plus loin. J’évite…mais à moitié. Ma présence est un demi hasard. C’est curieux mais j’ai encore fait un rêve dont je me souviens. Il m’a réveillé juste avant minuit. Avant que s’achève ce cinq centième jour suivant ta décision. Tu me revenais et cela dans la partie consciente dont j’ai le souvenir se manifestait sensuellement, sexuellement. La force des images m’a tiré du sommeil. Prémonition ou illusion. ? Finalement ce n’est pas si étrange, je pense tellement à ce qui fut notre histoire que tu viens me hanter, même si j’ai très, très rarement mémoire d’un rêve.
Et toi, A., ma confidente. Au jour décisif d’avril tu as prié pour moi. Pourquoi m’a-t-il, LUI aussi, laissé tomber ? Le salut dans la chute ? Ça ressemble à une blague. Depuis des mois mon tourment : je ne comprends pas. La raison. Aimer à perdre la raison.
Bien sûr tu étais là à la descente du train, à la fenêtre du dernier wagon, seule, surveillant semble-t-il de l’étage la descente des passagers. Nos regards, prolongés…(c’est moi qui ai fini par baisser les yeux… pour prendre l’escalier.) à distance, sans sourire ni geste, sans mot possible ou voulu. Poignant. Première vision depuis un mois et demi. Tu sais que je ne suis pas mort, physiquement. Quelles sont tes pensées lors de ces « rencontres » ?
99 Tu étais la simplicité et la droiture. Tu me valorisais aussi car je t’apprenais tout. J’étais ton professeur. Et puis est venu -brutal- le coup de tonnerre dans ma sérénité et mon bonheur. Et pourtant tu m’aimais…croyais-tu.
100 Septembre Toi que j’ai relancée aujourd’hui par mail, qui m’as rappelé et à qui j’ai dit mon mal être. Qui m’as rappelé encore pour que nous déjeunions ensemble, première fois depuis 16 mois et demi. Qui as fini une fois encore par ta simple présence par réveiller mon corps qui n’y croyait plus, toi avec qui la complicité est revenue, toi qui veux rester avec mon successeur mais dont le corps ne suit pas à 100% quand l’esprit me dit non, toi qui essayais de fuir et dont j’ai pu quand même toucher les cheveux, le front, la joue. Toi à qui j’ai volé un bisou chaste sur un coin de lèvre. Etais-tu vraiment rebelle ? Toi que j’aime encore et à qui je l’ai dit, t’extorquant aussi l’aveu que cela te faisait plaisir ; toi que j’ai embrassée sur le front après avoir saisi ta main récalcitrante juste avant de m’éloigner sans me retourner, le cœur en fête.
Et pourtant je ne dois surtout pas croire que c’est gagné, que tu me reviens. Simplement une telle rencontre et surtout si elle se reproduit de ton fait - et je sais que tu seras tentée - est de nature à t’ébranler. Ce soir, alors que j’écris ce compte rendu, je sais que toi aussi tu repenses à moi et même à nous, au moins au nous passé, peut-être même sous SA caresse.
101 Il faudrait que je cesse d’écrire sur toi, pour toi, à toi et donc de vivre ainsi avec toi, toi qui a choisi de vivre sans moi. Et bien sûr, devant le vide, je n’y arrive pas.
102 Dix sept mois et une semaine que tu m’as arraché au bonheur. Longtemps que je vis séparé de mon ex- épouse. Une amie de cœur ou plutôt de corps pendant les dix premiers, vraisemblablement en partie pour tromper la solitude. A présent elle est là et j’apprends à vivre avec elle. J’ai la cinquantaine bien entamée et après la montée, le plateau, je suis sur le troisième versant de la vie, le début de la descente. Alors on se met à réfléchir au sens. Je crois que c’en est fait de l’insouciance. A mon âge il était temps .
Il te reste à peine une semaine de vacances en Turquie avec l’autre. Nous, nous n’en avons jamais eues. Dommage. Tu ne serais peut-être pas partie. Tu vas sans doute reprendre contact avec moi. Sais-tu au moins quelles sont tes intentions exactes ? Moi je te revois avec la nostalgie de ce qui a été et dont je refuse la disparition. Et toi ? Tu as avoué ne pas m’avoir oublié… Tu pensais à la richesse de notre relation.
103
J’ai lu il y quelques jours un article sur l’amour romantique disant à peu près : celui qui en est brutalement privé est voué à la folie et à la mort. Je les ai encore une fois côtoyées, j’en suis revenu, mais vide. ; ça ne vaut guère mieux. J’écris ici par hasard avec ton stylo et ce faisant j’assiste à un lever de soleil sur ce que j’appelais pour toi « la rivière ». J’ai la rage au cœur, résignée. Au delà de la déconvenue personnelle je suis cassé par le fait que tu aies pu sciemment, froidement mettre fin à ce qui était dans toute sa force notre amour. Comment croire à présent ? en quoi ? Je sais que je ressasse. Que faire d’autre devant le deuil de l’absolu ?
18h30 train de retour après l’agitation frénétique de la journée. J’en éprouve comme des crampes au cœur…les nerfs… me revoilà avec ma solitude. Quel contraste ! Fatalement je repense à toi, qui as trahi. Tu es en ce moment ma dernière belle histoire…inachevée. J’aurais pu construire avec toi. Je suis un peu zombifié. L ‘expérience me dit que ça peut repartir mais ces dix-sept mois et plus me paraissent bien longs. Je suis enceint, gravide de nostalgie. A quand la délivrance ? Entrevue cet après midi celle qui fut un an durant ta rivale spectrale. Vague signe de loin, formel ; en moi froideur totale à présent. Dérisoire. Et à gauche, par dessus mon épaule, dans sa permanence l’ex témoin de nos amours, la rivière.
104 C’est l’heure grave où dans le train mes pensées te reviennent. Tu te « tapes » en ce moment ton gigolo en Turquie. Voilà ma version. Peut-être es-tu selon toi ( ?) simplement amoureuse et aimée d ‘un homme.
Ce culte épistolier je le voue en fait, non à toi, mais à l’idée que je me fais de ce que fut notre relation, à la beauté de l’idéal. Même si c’est une fantasmagorie, la réalité et sa laideur ne tiennent de toute façon en regard pas la route.
105 Encore un voyage en train sans toi, avec toi en filigrane. … mes pensées, orientées, font que le présent n’est rien alors que dans une vie il n’y a dans les faits que le présent . Qu’est-ce qui vaut le plus : un présent sans valeur ou une valeur sans présent ? Pour moi le choix est clair mais en réalité je n’ai pas le choix. Deux jeunes filles en face de moi alimentent le mythe de l’éternelle beauté des femmes. D’autres les remplaceront et elles comme moi n’ont pas vraiment conscience de la non permanence. Moi d’avantage sans doute , l’âge venant, mais cette connaissance reste un peu abstraite, une simple construction intellectuelle. Je resterai peut-être toujours un gamin. Une troisième les a rejointes et me voici involontairement-volontairement attentif à leur babil sur les horaires des trains. Toute la vie est aussi dans ces échanges anodins en apparence. Elle est étrange, curieuse.
106 Pourquoi ce « coup de foudre »,comme tu dis ? pourquoi a-t-il fait que tu n’aies plus voulu de moi ? on était si bien ensemble. D’ailleurs tu n’attends qu’un geste de moi pour revenir me côtoyer, à l’insu de ton mec, en amie dis-tu. Je ne veux pas d’amitié et ne fais donc aucun geste … et j’en souffre aussi.
107 Ca y est. Tu le fréquentes depuis quasiment autant de temps que tu m’as fréquenté. C’est l’équinoxe. Puisses-tu réfléchir encore et faire pencher le fléau dans le bon sens. En réalité je n’y crois plus. Aujourd’hui je n’ai pu m’empêcher de reprendre le train d’autrefois. Un pèlerinage certes inutile, mais qui m’aide à vivre en me rappelant que ma vie pouvait avoir un sens.
108 Octobre Logiquement il devrait me paraître indécent de poursuivre ce journal sur ce qui fut nous au delà de ce qu’a été la durée de notre relation. Dans cette optique il me reste deux ou trois jours, même si la dernière semaine de notre relation ce n’était déjà plus complètement nous. Vais-je ainsi t’abandonner comme toi tu l’as fait ? Je rumine encore ces pensées. A l’heure qu’il est je devrais me forcer pour ne plus t’écrire ces mots que tu liras un jour( ?)
109 Après ton appel téléphonique. D’abord tu n’es pas X., comme tu t’es présentée. Tu es Léna.
110 Je devrai t’envoyer tout ça au boulot et non chez toi tant qu’y habite l’usurpateur. Il souille la maison qui a aussi abrité notre amour. Je t’ai tant apporté, c’est toi qui l’as dit. Mon cœur t’avait choisie. Il ne veut pas mourir comme ça. Je n’ai plus d’amour, c’est à dire plus rien, je ne suis plus personne. Je n’arrive pas à oublier. Je vais reprendre les anti- dé presseurs pour ne plus penser à ce que tu m’as fait.
111… et réussir à vivre. Aujourd’hui juste 3 ans que je t’ai rencontrée. Un an et demi de bonheur, un an et demi de malheur. Ca suffit. On est quitte. Il faut que cette souffrance cesse pour que je n’en vienne pas à te détester.
ENTRE-EUX-VU
Toi, le quai,
Moi, le train.
Après ma dernière colère,
Vingt et cinq jours avant,
Te chercher du regard,
T’apercevoir.
Mon visage fermé pour te dévisager.
Tu me vois et souris,
Oui, souris…largement.
Involontairement ma main te salue…sobrement levée.
Je crois que seuls mes yeux ont répondu à ton sourire-lumière,
Préférant me désobéir.
Le train repart, je garde les yeux baissés.
En un instant la misère est revenue.
Je voudrais je crois, si tu ne veux revenir, qu’après le temps, après les ans, de toi-même, tu songes à me demander une nouvelle fois le pardon. Peut-être qu’alors seulement apaisé je pourrais le donner.
1 Novembre Renouvembre Comment faire pour que cette trahison à mes sentiments, qui m’a été infligée, ne me pourrisse plus le cœur et me laisse regarder l’avenir d’un œil confiant ? Je dois museler les pronoms de la deuxième personne qui affleurent sous ma plume. C’est vrai qu’au bout de tant de mois on peut se demander à quoi bon . La blessure est encore là et retarde probablement la guérison, qui ne peut venir que d’une rencontre. Je les attends l’une et l’autre. Puissent-elles venir vite pour que s’éloigne le spectre du renoncement, qui ne m’est pas naturel.
Et la rivière encore, entrevue cette fois dans la nuit du train qui fuit. Le jour se lèvera sur elle comme sur le fleuve d’Héraclite. Même et autre. Les initiatives prises récemment devraient me procurer cette nécessaire ouverture aux autres, à l’autre, un renouveau. Regarder les mêmes choses autrement, endiguer la sape de la mémoire. Se consacrer au présent et donc provisoirement cesser d’écrire si je ne peux en changer la matière.
2 Non, car c’est une partie de ma joie et donc de ma VIE. Hier soir déjà recommencer à rêver en répondant à quelques annonces, déjà curieux d’une éventuelle réponse, même impatient. C’est l’espoir qui balbutie. Orienter ce journal autrement. Réveiller la foi.
3 Depuis quatre jours des contacts par internet avec des inconnues et ça frémit à nouveau. L’une d’elles de par ses écrits me trotte dans la tête et je n’arrive plus à me concentrer suffisamment pour lire. Je commence à me reconnaître, « indécrottable », pour ne pas employer un autre mot qui a eu son temps.
4 Décembre Devoir admettre après 600 jours que cette « trahison » me taraude encore. Hier j’ai essayé de renouer avec un ancien amour, rencontré il y a près de trente ans. Je ne crois pas que le contact sera rétabli. Le vide de mon présent me renvoie aux « splendeurs » du passé. A moins que ce ne soit l’approche du troisième âge ? Un retour nostalgique sur soi.
5 Plusieurs semaines que j’essaie les rencontres sur l’internet. Après l’exaltation des débuts je suis obligé de reconnaître que l’intérêt est plus limité qu’il y paraît. On ne sait jamais, ne désespérons pas, j’aurai peut-être une bonne surprise l’un de ces jours. Peut-être même ce soir, pourquoi pas ?
6 Et bien non.
7 Janvier Seul dans le train au milieu des gens. C’est étrange d’être à la fois semblable à ce que j’étais avec elle , des pensées , des émotions, et de ne plus pouvoir le partager tant qu’elle n’est pas remplacée. Garder par nécessité tout pour soi. . Semblable et en même temps différent sans que ce soit le produit d’un choix. D’où l’obligation de confier cela à la page.
8 La différence entre les deux états s’appelle simplement bonheur. Presque inconscient quand on le vit, tellement évident après. La solitude aiguise l’acuité de la conscience , par exemple de la certitude que tout est inane, dérisoire. Tout sera remplacé auprès d’autre personnes qui se complairont involontairement et volontairement dans la même illusion de durée. Certitude de la totale impuissance face à ce constat. Seule échappatoire : tenter d’habiller convenablement une vie. Transformer en beauté, elle aussi provisoire, le règne de l’Apparence. Privilège de l’âge, qui donne une prescience accrue, à l’approche , que l’on espère lente, du Terme.
9
Cette folie de m’être placé dans le train là où j’aurais pu l’apercevoir sur son quai. Le malaise qui s’est emparé de moi à l’approche de celui-ci et qui n’a cessé qu’après que je l’ai eu passé. Je la relègue difficilement à la troisième personne.
10
je suis allé hier à l'étang gelé qui resplendissait sous le soleil. Sur sa surface poudrée de neige des patineurs évoluaient en arabesques gracieuses rompues çà et là par une chute un peu lourde, évoquant un tableau de Breughel l’Ancien.
11 A l’instant entrevue dans la nuit tôt venue de janvier, la rivière, dans l’éclat orangé de quelques réverbères. Où est-il le temps sacré de l’émotion, de la vision partagée ? Hier retour du livre Hommage envoyé à l’aimée précédente. Vanité de tout partage ? Inéluctable solitude.
12 Ce renvoi de mon livre par celle qui en fut l’héroïne ! un échange acerbe entre elle et moi le lendemain. Des planètes totalement différentes. Chacun pense avoir été trahi par l’autre. Incommunicabilité des êtres, même après qu’a existé l’illusion de la fusion. Elle n’a su user de mes nouvelles coordonnées communiquées 6 mois plus tôt que pour des actes de guerre.
13 J’ai aperçu Léna sur le quai, manteau long anthracite, longue écharpe rose et béret rose aussi, incliné mutin, assise près du gorille qui m’a succédé et qui avait la main posée sur ses genoux. Elle m’a vu et a détourné la tête. Le train repartait. Je ne regarderai plus le quai à cet endroit.
14 Elle était (il me coûte énormément de ne pas dire « tu ») étonnamment semblable physiquement à ce qu’elle fut lorsque nous partagions une partie de nos univers mentaux comme physiques. Cette envie et cette crainte mêlées de la chercher du regard quand je passe là, le serrement vers le cœur quand j’espère la voir et en même temps ne pas la voir. Hier le train filant devant un, deux, oui trois bancs vides, le soulagement commençait à vaincre ma tension intérieure lorsque…patatras, sur le dernier banc avant que le train s’engouffre dans le tunnel…. ......
15 J’attends la « victoire » que représentera l’appel de Léna. Bientôt trois mois qu’elle n’a fait aucun geste déclaré vers moi. Moi depuis je lui ai envoyé trois courriers. Il ne me paraît pas possible qu’elle ne pense plus à moi (à nous ?) et que cela ne se traduise un jour par un geste. En attendant tâchons d’oublier le passé. Comme l’a dit Françoise Giroud « la vie c’est demain ». Curieuse formule car demain ce peut-être l’espoir de la vie d’hier. La vie c’est aujourd’hui.
Depuis que je vis totalement seul, je n’ai plus envie de grand chose. Plu d’achats de vêtements ou de quoi que ce soit de festif, plus envie de sorties ? « Je ne m’aime plus depuis qu’elle ne m’aime plus. ».
En milieu d’après-midi je me suis forcé à aller jeter un œil aux soldes avant leur fin. J’y ai pris goût et ai fait plein d’achats. Vouloir-vivre ? Disons plutôt que cela m’agace tellement de m’acheter des fringues qu’une fois lancé j’ai tout acheté d’un seul coup.
Il y a plus de 4 mois Léna m’a dit qu’elle m’écrirait. J’attends toujours. Le silence lui est facile après que l’Autre m’a succédé, celui qui jamais ne me remplacera. ...../
16 Hier cette phrase à une amie, que je n’ai pu retenir : les souvenirs ça te bouffe, ça t’empêche de vivre.
17 Sa réponse : je ne crois pas, les bons comme les mauvais te font grandir.
Depuis qu’elle est partie ma vie affective est insipide, comme souvent ma vie tout court. Quel contraste avec l’intensité de tout quand je le faisais avec elle, repas à la sauvette, promenade dans Paris, trajets en train ; il suffisait que nous nous donnions la main et tout s’agençait, nécessaire. Même sans contact physique d’ailleurs. Il suffisait en fait de sa présence. Ce soir encore, la rage impuissante, l’écœurement d’avoir été trahi, contre toute attente .
18 La trahison fait partie de la vie, qu’on en soit la victime ou l’auteur. Sans doute la ressent-on davantage dans le premier cas..../
19 « Le bonheur c’est d’avoir quelqu’un à aimer « Stéphane Guibourgé Le train fantôme
Pourtant, à 16 heures je découvre son appel sur mon répondeur, pas de message, ça venait de son bureau. Je lui mets un courriel qui techniquement cafouille et elle m’appelle, malgré l’interdiction. Je n’ai pas le courage de la jeter. Longue conversation, elle a apprécié mon livre et elle a pleuré en lisant certains passages… Questions plus personnelles : elle reste avec son zozo, ne me revient pas. Sans élever la voix, je me fâche, lui souhaite l’explosion de son actuel bonheur. Vexation de sa part. Conflit. Je ne lui épargne rien. Elle assure que je n’entendrai plus parler d’elle, pas davantage par écrit. Pas même si elle venait à se séparer d’avec le successeur. Je souffre comme elle n’imagine pas. Entendre cela me fait souffrir, rester sans nouvelles est encore souffrance.
Me réfugier dans l’oubli momentané que me procurera un manhattan. … le soir, malgré mon propre précepte de ne pas aller vers elle je lui envoie un deuxième courrier électronique pour lui dire mon mal : ......./
20 Je ne peux que vouloir la fin de son bonheur sans moi. Bien qu’elle en ait appelé à la gentillesse, à la religion, je n’en ai rien à foutre. A moi le mal ils me l’ont fait. Je veux qu’elle sache ce que c’est. Je le lui ai dit. Elle ne comprend pas pourquoi je lui en veux, à lui, il n’aurait rien fait, ne savait pas. On ne peut en vouloir à quelqu’un qu’on aime encore. Quant à l’autre, le successeur, il a pris ma place. Voilà ce qu’il m’a fait ce gorille, ce bouffon, ce connard. Il a mis fin à mon bonheur ce salaud. Je n’ai plus que cette violence verbale. Je refuse son amitié à elle. Je n’accepterai jamais d’être rétrogradé.
21 Hier soir j’ai appelé la malédiction sur leur amour. Question de justice. Je lui en ai fait part.
22 Février « Nous traversons le présent les yeux bandés. Tout au plus pouvons nous pressentir et deviner ce que nous sommes en train de vivre. Plus tard seulement, quand s’est dénoué le bandeau et que nous examinons le passé, nous nous rendons compte de ce que nous avons vécu et nous en comprenons le sens. » Milan Kundera Risibles amours. ..../
Ce matin sur le net je tombe sur l’annonce époustouflante d’une femme à ma mesure, tellement absolue que j’en suis effrayé, moi qui selon une amie dois effrayer les femmes par les mêmes exigences. Je lui ai répondu, deux fois même, on verra bien.
23 On n’a rien vu.
24 Si je reviens sur la relation que j’ai eue avec elle, je crois qu’inconsciemment la supériorité qu’elle me trouvait me confortait dans un sentiment de sécurité total. J’étais peut-être plus cultivé qu’elle, plus expérimenté sexuellement et au moins au début moins amoureux. Tout pour me sentir en position de force. Même si ma nature n’est pas de me flatter de mes avantages, inconsciemment je m’offrais le luxe de me mettre à sa portée, sincère et à la fois non-sincère donc dans ma modestie naturelle. Son départ brutal et inattendu alors que j’en étais devenu amoureux fou a été un choc terrible. Près de deux ans après je ne m’en remets toujours pas. Je n’ai plus mes repères.
25 Finalement pour m’abandonner comme elle l’a fait, c’est surtout le sexe qui l’intéressait.
27 Mars Cette rencontre avant-hier avec D., une femme avec qui je correspondais depuis 15 jours sur le net, et qui virtuellement, sans photo, à sa préférence, avait beaucoup rêvé sur moi. Soirée agréable, moi en confiance mais pas amoureux au premier regard, certes. Des confidences de part et d’autre. Beaucoup trop de moi, incorrigible. Elle pourtant enjouée, assez à l’aise, et puis le désir, les quelques caresses dans la voiture, ce qu’elle m’a dit le lendemain ne pas avoir aimé malgré l’envie omniprésente tous les jours de se faire sauter, d’où son renoncement. Peur de s’engager avec quelqu’un ayant un vécu et un paysage intérieur beaucoup trop proches des siens.
Moi très surpris de cette réaction ai immédiatement relancé M., un autre contact de l’internet.