Claude Colson - Léna, une rencontre - texte intégral

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Léna, une rencontre

Par Claude Colson

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Table des matières
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II Léna, l'amour

II  
Léna, l’amour
 
 
 
 I  Depuis plusieurs semaines j’ai rencontré une dame qui m’attire. Peu à peu je succombe à son charme et elle le sait. Je la trouve belle. Jusqu’à présent elle n’a pas fait grand-chose pour m’encourager, rien non plus ou presque pour me dissuader. Quel tour va prendre notre relation ? Je n’ai pas envie de la perdre, je me sens si seul. Je devrais moins montrer mon attirance, elle pourrait en prendre ombrage. Comme je regrette de ne pas posséder
la beauté physique. Elle je la trouve jolie et n’ai pu m’empêcher de le lui dire. Je suis si transparent que déjà elle lit en moi. Je devrais la revoir bientôt.
 
 2 Je suis séduit. Je la sens flattée de l’intérêt que je lui porte et bienveillante. Ajouterais-je, sans plus ? Déjà je lutte pour que mes mains ne partent pas toutes seules vers elle. Elle a compris et reste encore assez circonspecte. Quelle que soit la suite, ces moments sont précieux. Lors de la dernière entrevue je l’ai sentie plus accessible. Elle n’aime pas son prénom ; je crois avoir trouvé celui que je vais lu donner : Véni (  qui deviendra vite Léna)
 
3 Une espèce de silence complice s’installe entre Léna et moi. J’ai envie de lu faire plaisir.
 

4 A l’écrit au moins je décide de passer au tu, nous avons un degré d’intimité suffisant. Je n’arrive pas à imaginer tout ton visage et cela m’irrite, seulement ta bouche. Ce tutoiement nouveau ne m’est pas encore familier, il reste un peu étrange. Ce matin la peur m’a passé ; c’était la peur que ta peur ne te détourne de moi. Lue cette maxime de La Roche Foucauld : «  l’absence diminue les médiocres passions et augmente le grandes comme le vent éteint les bougies et allume le feu. »
 
5 Dans la relation véritable, Léna, tu n’aimes pas le mensonge. Encore un point commun qui te rend très chère à mon âme. Tu t’es posé des questions sur le devenir proche. Cela m’a irrité ; je n’ai pas supporté que tu attentes à la magie de l’instant. Ce n’était peut-être que l’expression de ta peur. J’aime tes mots retenus, cette sorte de pudeur. Tu dois aussi penser à  moi en ce moment. Tu cherches des messages dans mes propos allusifs, je n’ai voulu que te rassurer, mais tu sembles faire face bravement.
 
6 L’autre jour après le premier baiser chaste, furtive, ta langue. J’aime l’idée que tu m’as pénétré la première. Et puis à présent la séparation, ta voix lointaine au téléphone. Je la reconnais à peine Et pourtant, impressionnante toujours, ta sérénité.
 

7  Tu m’as dit ta pratique matinale de la télépathie. Cela a marché à moitié : émouvante l’idée que toi aussi tu diriges tes pensées. Impressionnant le don de toi que tu effectues dans la plus grande discrétion, presque sans un mot. Et toujours ta tranquillité, ton rire.
 
8  Léna, c ‘est bien sûr à toi que je pense ce matin. Mon ex m’avait dit : « je te prépare pour une autre. » et si cette autre c’était toi ? Ton image est toujours brouillée, cela me navre. Restent quelques souvenirs de ton apparence, un geste de salut. C’est long onze jours ; il y en a encore quatre à passer ? A minuit en ce début de l’an neuf  je tiendrai ma promesse, je penserai à toi.

 
9  Novembre    Il n’y a que le bonheur a-t-on dit qui rende l’écriture inutile. Est-ce vrai. J’ai écrit autrefois dans la souffrance bien sûr mais aussi dans les intermittences du bonheur qui portait tout à son paroxysme. Je n’écris presque plus et c’est encore une souffrance. Il est cependant confortable d’avoir vu, de voir la douleur décroître jusqu’à n’être plus qu’un souvenir. Le prix, si c’est l’écriture, est élevé. Serait-ce chez moi la différence entre la passion et l’amour. Je ne regrette pas la première. La sérénité retrouvée est inestimable, même dans ces circonstances difficiles de nos deux mariages malheureux. Inestimable aussi le sourire de l’amour, le sourire de Léna.
 


10  Coquine, tu as su te frayer un chemin de l’antichambre vers le salon de mon cœur, probablement par le détour du corps. Et pourtant j’avais formé le vœu de ne pas t’y laisser pénétrer, toi ou quelque autre femme. Aujourd’hui je suis heureux d’avoir ainsi évolué. Je me sens moins résistant, gagné à nouveau par la faiblesse d’aimer…
 
 
 
 
POEMES
 
 
REVE
 
A peine vous voir et m’émouvoir
Fasciné vous observer
Innocemment vous intriguer
Vous faire sourire et,  complice,  en cela vous imiter
Puis votre rire
Et retrouver émerveillé derrière ses accents
La vue d’un visage oublié, un visage d’enfant.
 
 
LENA
 
Léna par hasard sur ma route
Léna vent de déroute
Léna mutine ou bien taquine
Aussi par mon regard      divine
Léna la déraison, Léna de guérison
Léna aux yeux sourires
Instant qui nie l’avenir
Léna boudeuse et contrariée, les soirs parfois fatiguée
Léna envie de consoler et de rêver tendresse
Léna caresse.
 
HEURE DIFFICILE
 
Brûlant
dans ma mémoire
l’image de votre sourire en partie complice incendie mon désir.
 
PLAISIR
 
Découvert et mobile, un cou de cygne
Un pull marin à l’air mutin
Sourire fossettes, œil de malice et bouche carmin
Pour dominer, altier un tantinet, sur un fond grège
Deux écureuils qui vite s’agitent au bout de vos mains, s’alliant au gracieux
D’un cheveu fou tendant vers le roux.
 
 
 
 
 
 
DOREE


Léna ce matin détendue, d’ambre toute vêtue,
Une beauté qui resplendit et me voilà fort interdit
Léna forteresse prudemment approchée
Oui, contre moi devoir lutter 
Une couleur qui fait rêver, s’il m’arrivait…oh… d’oublier
Et le bonheur de voir luire sur vos ongles un or qui se mire farouche dans l'ombre pure du cartouche.


LE BIEN ET LE MAL

Vous regarder sans me lasser, visage insondable dans l’altérité de la féminité
Regard rivé, au risque de vous lasser
Visage déjà sacré
Terme de l’ancienne souffrance par l’émergence d’un nouveau manque
Guérir d’un mal par maladie

Ouvrir les yeux et être heureux.

 
IMPRESSION
 
Une citadelle devant le siège semble se lézarder
Et l’assaillant, soudain hésitant, …probablement pour peu de temps…
Légèrement de trembler.
 
 

IVRESSE
 
Mauvais élève du bon sentiment
Presque vrai cancre
Près de vous enfin à nouveau je jette l’encre
Petit garçon devenu humble auprès de l’Autre
Je m’enivre de votre distinction simple.
 

 
ADMIRATION
 
Moi qui suis plutôt fougue élan et don, parfois hâtif même, j’aime votre retenue, votre circonspection
 
Elles ne sont ni froides, ni calculatrices, mais simplement prudentes et pudiques
 
Et ce vous qui à l’écrit veut parfois en tu se transformer est par légère crainte très vite corrigé
 
Je trouve vos défauts mignons, vous m’étonnez, me séduisez d’un rien
 
Vous êtes un vrai petit lutin.
 

 
 
INSTANT PRECIEUX

Léna bien loin, je vous rêve là
Et par votre seule présence me voilà bien,
comblé déjà par le meilleur de moi auquel vous me portez,
grisé par vous
 merci à vous
j’imagine aussi votre jambe assagie et sa chaleur à la mienne mêlée,
bien petite promiscuité
qui pourtant sur l’heure m’inonde, m’inonde d’un monde de douceur.

ARRETEZ 

J’aime encore lorsque intensément je vous regarde
Et que d’un ton un tout petit peu agacé, charmant et amusé vous me dites : « arrêtez »
Ce qui m’incite à tout, à tout faire pour vous plaire, sauf précisément à
Arrêter.
 
ENCRE BLEUE

Avec ferveur je tiens votre stylo-cadeau dont le bleu pour vous il me  faut essayer

Je ne sais que vous dire, vous m’avez déjà tellement apporté
J’ai aussi tant à donner, mais je ne voudrais vous effrayer

Et le grigri que vous m’offrez, qui m’attendrit

Pour vous symboliquement je l’ai partagé,
Je vous le rends à demi, qu’il vous protège de tout,
Et surtout de l’ennui, vous si belle, petit mistigri
 
LEGERE INQUIETUDE
 
Léna, si l’un des termes de mon alternative vous a paru précipité,
J’en espère le pardon
Prenez le comme un don
Pour des gens comme moi, un peu hommes de surcroît, se donner n’est pas se donner à moitié
 Vous femmes êtes différentes et c ‘est aussi très bien ;
Que chacun soit comme il veut bien 
Vous savez que ma tête est pleine de rêves et d’étoiles
Votre pull en est semé, c’est un signe qui me plaît
Je suis prêt à beaucoup pour enfin les étreindre
Et j’aime tous les chemins qui peuvent les atteindre.


PETIT CHAT
 
Petit chat qui a revêtu un bleu de rêve
Un bleu qui me donne l’envie, l’envie de dire tu, un bleu si envoûtant qu’il me rend trop pressant
Mais dans le bleu lumière qui orne vos paupières j’ai cru discerner l’envie de pardonner
Aussi essaierai-je d’être sage auprès de votre image dont la beauté secrète m’est déjà une fête.
 
 
 
VOUS
 
Vous dont le sourire m’exalte à en mourir
Vous que j’emporte en moi comme source de joie
Votre bras angora, votre main enfin sous ma caresse… je la voudrais sans fin
Votre féminité pour moi plus que sacrée
Votre gaieté joueuse, pas encore tout à fait amoureuse,
Vous dans l’instant donné
Mon bonheur retrouvé
Vous.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
INCORRIGIBLE
 
A peine votre voix à l’appareil et déjà mon corps en éveil, il vous accepte avant que je le veuille
Vous m’avez sorti de mon deuil, vous déclenchez dans ma tête et mon cœur des torrents de rêves vainqueurs,
Vous me sortez de moi pour me porter vers un autre qui lui aussi est moi
Il serait sage d’arrêter bientôt ce poème flot, déjà je vous entends me dire d’un ton terrible : incorrigible !
 
INCORRIGIBLE
A peine votre voix à l’appareil et déjà mon corps en éveil, il vous accepte avant que je le veuille
Vous m’avez sorti de mon deuil, vous déclenchez dans ma tête et mon cœur des torrents de rêves vainqueurs,
Vous me sortez de moi pour me porter vers un autre qui lui aussi est moi
Il serait sage d’arrêter bientôt ce poème flot, déjà je vous entends me dire d’un ton terrible : incorrigible !
 
DOULEUR
 
J’ai perçu l’hésitation, j’en comprends les raisons, puisse venir – libre - la décision avec le temps qui passera
J’ai peur à présent du côté où elle penchera
J’ai eu moi même à faire ce choix ; pour ma part j’ai fini en confiance par conclure à
L’innocence.
  
NOËL PENULTIEME

Ô, haut des Champs
Recueillement, temps peu clément, minuit-concert de klaxons, la joie résonne 
14h 20 allée des M. Je crois que j’aime 
15h envie furieuse d’appeler, stylo-cadeau en main, « œil » regardé et gants parfum , pour résister.

Votre intérêt seul sait m’en dissuader en me laissant cœur déchiré; si peu jouir, déjà souffrir
                                                                                                                    ATTENTE

Deux jours et demi ont passé, vous voilà éloignée
Dure le temps dure
Qu’avez vous décidé ? nous rendre la vie dure ?
Il n’est pas de facilité, je suivrai votre choix ; bientôt je saurai la loi et comment vous évoluez
....../
 
/...
Déjà je bataille en moi pour vos traits essayer d’assembler et me voici en désarroi ne le pouvant plus qu’à moitié
Etes-vous en proie au même mal ? M’avez vous rejeté. L’angoisse me foudroie
Or l’espoir est dur à étouffer.
 


CHIMERE
 
Avant le départ, après la douceur, la dureté pour tenter de se protéger
Puis le souvenir, le vague au cœur, peu à peu l’image s’estompe en vains efforts pour la garder
Tu restes là pantois, indécis, sans savoir à quoi te vouer
Alors vient la peur, elle croît et s’amplifie, le cœur qui bat jusqu’au moment où la voix revenue te rend, gracile, une sorte de calme pourtant fragile.
 
 
RATE 2
Nos voix de part et d’autre peu tranquilles ont peine à trouver le ton, elles laissent le regret de n’avoir pas dit ce que l’on aurait voulu, l’impatience de corriger cette impression, la crainte d’avoir déplu
Cependant, rapporté aux circonstances, elles témoignent – et ce n’est pas rien – d’un lien,
Ténu encore il ne demande qu ‘à s’amplifier
      
JEUDI 
Champ de neige sous le soleil, voix qui n’est plus dans mon oreille
Fin d’année chacun pour soi
Impossible pourtant, seul, d’être soi

Fausse coupure, gants de parfum, présence intime, douce chaleur
Et les cristaux comme en écho, infatigables de resplendir.

      
VEILLE 
Dernier soir avant le retour, promesse d’une nuit difficile, une nuit léxomil, la crainte en sourdine avant l’essor jusqu’à la chamade demain
Impossible toujours de rassembler l’image, au début la rage puis une sorte de résignation devant l’impuissance
Attente patience-impatiente de la vision 
Inquiet retrouverai-je l’acmé des sensations ? Sûrement, mais vous ? Serez vous à nouveau le réceptacle joyeux de mon exaltation ?
Voudrez-vous bien, bien disposée, à nouveau me considérer ?
Me laisserez-vous seul, sidéré ?
TON RETOUR – MON RETOUR

Te retrouver, revoir ton visage oublié
Au début je ne l’ai pas tout à fait reconnu, la coiffure sans doute,  et déjà la marque d’un souci, le départ d’une autre personne chérie
Semblable, lui, ton comportement, tranquille et confiant, en un mot
Impressionnant
Semblable encore, l’émoi de mon corps, indicibles les sensations plus d’un an mises en prison
Elles me laissent aujourd’hui quasi étourdi, insatiablement lancé vers toi, du regard et des bras, et aussi peiné, touché par ta tristesse avec au cœur l’incoercible désir de te serrer, de bercer mon petit chat blessé.

SUPPLICE 
Léna si belle
Que c ‘est cruel
Vous voir si près de moi
Et ne pouvoir quoi que ce soit
C’en est presque scandale
Il évoque Tantale
 Quand donc sera le temps où je pourrai être moi
Moi enfin moi
Moi près de toi
 
 
 
 

COUP DE TABAC
 
Tout va à vau l’eau, j’en ai le cœur gros
Aujourd’hui tout va mal, j’en ai même mal
 
Tes questions sont légitimes, mais la peur revient vite, intime
J’essaie de la chasser et ne peux que rester là, corps serré
 
Mon moral est bien bas
Au secours docteur Boukariba, docteur Graeme Allwright
Qui lui « sait en lisant dans tes yeux, en lisant ton sourire que demain, que demain
Sera bien »



RENOUVEAU
Je t'ai vue ce matin, l'air un peu plus serein
Aux lèvres le sourire qui te va si bien                       
Le mauve du foulard s'alliant à merveille           
au vermeil de tes lèvres, au pull carmin
L'incarnat de ton teint rehaussant l'ensemble pour faire de toi
- j'en tremble -
Mon unique Lena
REPORT
Matin d'hiver, brouillard de verre, froid glacé
Par mes trois tours l'eau encerclée
Mais la beauté à la beauté n'est pas venue s'allier
Tristesse non plus n'est pas venue car je sais
Oui sans savoir je sais que tu en fus empêchée
Alors je pars le cœur quand même léger
D'autant que - miracle - le brouillard s'est levé.


PLAISIR
Te dire aujourd'hui le plaisir infini
De t'entendre répéter à l’envi “ pas envie ! ”
 

CHOIX
Toi qui le même jour pour la première fois m'as fait jouir
Par ton amour, toi qui m'a aussi ce jour là fait pleurer en voulant me quitter déjà
Toi qui est devenue ma mie et mon amour,
Je ne te laisserai pas t'empêcher d'être heureuse au nom de quelque complexe ou par doute de toi
Je te rappellerai inlassable que je t'ai choisie, toi, parce que tu es précisément toi
Rien d'autre ni personne que toi.

TREIZE HEURES ENCORE
Soixante heures et même trente minutes sans toi, autant d'heures sans toit
Pourtant la tempête avait cessé, le calme reparu avait permis de redresser les fondations pour un temps abattues
Demain cependant sera source de ma joie
Car elle reviendra la fête du bouquet qui à toi comme à moi
Très sûrement rapportera et la paix et la foi.
 

RAGE IMPUISSANTE
Dans les transports en folie qui nourrissent ma haine
Tu es devenue ma belle lointaine
Chaleur impitoyable t'accable et t'ennuie
Tu deviens rosissante ma belle jolie
Impassible, inaccessible.
 
 
  UN BAISER
Un baiser oublié depuis vingt et cinq mois
Un baiser dont je ne sais s'il était malhabile ou savant,
un baiser enivrant me laisse pantelant
un baiser pour un roi
un baiser de toi.
PARTAGE  (=partagé)            
Le deuxième jour hésitant on lui dit
On dit à une oreille ravie qu'il était lui aussi le deuxième ou plutôt le second
Et aussitôt le secret fila tel trésor enfoui se lover
Précieux et chéri au plus profond du moi
Tout contre lui

DON
Dans la douleur tu m'as confié un secret,
Le secret peut-être
Tu m'as touché
Confiance confidence, « confides »avec foi
Du fardeau soit allégée comme de la peur
Qu'elle soit avec toi qui ne dois
avoir crainte
Tu es à la hauteur
 
MORNES EAUX
Bruine très fine englue le lac, aujourd'hui d'un gris méconnu
Marron l'eau charrie le limon
Aux berges arides s'agrippe revêche une herbe roussie qui mourir se dépêche
La tempête a passé
Aux bois brisés mon lac s'ennuie
Dont le flot brun semble d'airain
Pourtant autour, couronne de vie, serties à vif dans l'air lourd,
Les herbes jaunies rêvent l'amour.
 
CHATON
II est discret et distingué en tout – ou peu s'en faut -
II a la pudeur des secrets
Une plainte très simple lui échappe parfois, la même toujours, qui résume tout
Pas de discours alambiqués, un soupir plutôt, c'est tout
Et même quand s'approche la vague, il rejette la tête, léger soupir  encore, joues rosies, lèvres ouvertes,
Serre simplement les paupières
Et moi j'aime cela. c’est fou.
 JOUR DE BAPTEME
Arraché cette fois à ta circonspection, comme l'ébauche d'un bruit
Le début de ton cri
LA PEUR
Elle redit sa peur
A l'aube de l'union
Et lui par contagion se fit tout petit
Devant la gravité de l'heure
Vite ils voudront oublier le brouillon
Toujours pourtant s'en souviendront
PRIVILEGE
Le parc est calme, presque désert
Nous, le banc, ta tête sur mon épaule, tes jambes sur mon genou
C'est l'instant plénitude.
 
 

 
JOUR SANS TOI
Quatre fois ta voix vint jusqu'à moi en messagère pour ma joie
Une fois même de surcroît oui la chercher m'en suis allé
 
Et en moi chaque fois ce fut le même éveil du corps
Entendre pour à nouveau entendre les tout, les rien pourtant si pleins, les soupirs et les rires
Qui aujourd'hui si bien me masquent
Les très proches silences de ta prochaine absence.
 


EMPORTES
Des jours et des jours puis enfin la chair
Frissonnante .silencieuse elle se presse contre lui
Entrouvre la bouche
Yeux clos, elle cambre un peu la tête
Savourant les caresses
Ses lèvres descendent
Frôlent les pétales de rosée nimbés
Un léger gémissement, voici le baiser déchaîné
jusqu'à la défaite du vainqueur déversant à ses pieds   l'hommage de l'humeur
Qui précède l'acmé.
 
     
     
     
     
     
    QUATRIEME JOUR
Ma Léna bien loin, ma Léna trop loin
Proche pourtant ce matin par le geste commun
Qui allie pour toi et moi la pensée et la joie
Proche aussi par la voix qui redit et unit
Qui bannit l'interdit ou recrée le pays
Ma Lena de constance et non d'obéissance
Ma Léna espérance
Ma Léna à moi.
     
     
     
     


RETOUR
Je t'ai sentie entière attente, impatience
J'ai entendu ta plainte monocorde, dolente
Me voici à présent à une heure de toi
Et je perçois que doucement II croît
Images, odeur et sensations mêlées
Pour un sentiment composer
Je le vois presque
II est là
Le désir de toi.



SOURIRE
Toi compliquée, toi révélée, toi angoissée
Tu soupires et dans tes yeux l'éclat rieur vite est figé
Tu t'interroges, te reprends, au moins tu essaies
Puis pour finir malgré les dires, malgré l'ire qui quelquefois égratigne
Tu reviens encore dans un sourire.
   




    COMPLEMENT

Après le déchaînement - c'est drôle - aussi important
Cet autre moment : ta tête sur mon épaule
 
SENSATION

Assis devant l'horizon vert du lac été
Epaules - volupté très doucement chauffées
Je respire la fraîcheur des senteurs aux oiseaux enchantées           
C'est ici lenteur d'exister
 ...et miss Tigri, amie, habite mes pensées
 
 
LENA, DIS MOI

Lena, dis moi :
    Un lent demain d’anis
Vers Cère
    Comme le bonbon au même nom
Lena sans moi pour Hippolyte
Peut-êt.. même sans joie
Sans "pu" de foi
Sans loi
Léna pourtant en moi !

PEUT-ËT (à A. et Y)

 Contemplant les eaux calmes tout en bas, seul, je pense à toi
Toi qui sans te plaindre a dit craindre le provisoire, et moi qui n'ai connu que ça
Qui en parlant n'imaginais même pas un autrement
 
Quand j'y ai cru, je fus déçu
Aussi avais-je chassé de moi l'espoir d'une trace de foi
 
Et voilà que toi, sans le vouloir, l'espace d'un seul mot, tu chamboules ma quiétude
Et qu'à nouveau sur ma route paraît le joyeux doute
 
Il est aussi pourtant terrible avec son tranchant double que je redoute
Et qui me rend prudent
       
 
ENSEMBLE

Au retour bien sûr, heureux et purs, cédant au désir,
Enfants,
Ils firent l'amour
Emportés, le moment important,
Les voici soudain jetés en étonnement
Car diffus d'abord, inattendu
Puis certain, bientôt souverain, voilà que sur eux se rue
L’ardeur qui tremble, le jouir ensemble.
    

  DESTINEE

Cinq ans durant, révélé, j’avais vogué de conserve,
Je le croyais. Pour elle les ans en fait ne furent que quatre, ou trois je ne sais.
Quand les orbites pour moi soudain ont divergé, explosé j'ai failli m'abîmer. Puis lentement, seul d'abord, ensuite près de toi j'ai tenté de rassembler de ma vie les éclats.    Ne sachant, cette fois, j'ignore encore jusqu'où j'y parviendrai, si tout entier se reconstruit ce qui brutalement fut détruit
Je me demande bien tard - ou tôt peut-être - quel est auprès d'un autre le rôle d'un être. Sans doute achever - parfaire ou tuer ? -
Peut-on à cela échapper qui bien obscurément me semble destinée

EXTASE
Tes yeux qui s'ouvrent, ronds de stupeur, comme je t'aime avec lenteur
Douceur extrême t'envahit alors qu'à peine le temps fuit
Et puis que croît soudain en toi
Bouche arrondie de par l'émoi
La certitude étonnée que rien ne viendra t'arrêter
Jusqu'au cri retenu marquant
La déchirure - relâchement
 





DECHIRURE
 
Ensemble enfin une deuxième fois, encore le doute, les questions du malheur
Un regard par dessus l'épaule  et puis l’attente
ô manhattan
Deux jours et plus sans savoir 
Lendemain cruel déjà lorgnait le temps où il te foudroierait
Tandis qu'insouciante tu m'achetais pour toujours un gage d'amour,   médaille d'avant les funérailles 
Depuis silence et en tous sens de supputer, le blanc le noir, encore le blanc
Gestes d'appel retenus, bribes indirectement perçues, pudeur
Respect aussi devant l'immensité 
Mais toujours éprouver l'intense compassion, le désir d'ancrer le fier navire brisé
Qui ne peut pour l'heure que follement dériver. 


DOULEUR

Valentin à sa promesse à failli, Rodolphe en est tout marri
Et surtout dé- stabilisé
N'a pas voulu dans la joie célébrer le culte du si bel an d'avant
Seule à l'interrogation l' interrogation répond
 
Comment vis-tu l'horreur, que fais-tu à cette heure ?
Sais-tu ce que tu fais ?    .../

 

.../
Une question suscite une question et le silence est la ponctuation
 Suis-je pilier ou balayé

Aider vouloir mais ne pouvoir, se demander, ne pas savoir
Unique manière, d'où je suis, de tenter modestement ta douleur partager.

MISERE

Matin d'hiver ciel plombé
La boule rouge du soleil jaillit de ton deuil gris
Je t’attends
 
 
REVENUE
Ce matin enfin
Le signe de voix
Et dans la tristesse encor
Bien lourd décor
Revient la joie
Merci
Merci
Merci à toi
 
 
 
IVRESSE
Vite ton retour
Pour encore m'enivrer de douceur dans ta voix
D'étincelles par ton rire
Lumière à ton sourire
Mouillure sur ton sexe
Dont je cherche et recherche l'odeur fade presque neutre
L'ivresse des sens protège mon corps heureux
Comme le ouaté du feutre.

6 ET 9 AVRIL
..L’horreur...
    LA FIN
Déréliction, Avril cruel m'apporta la misère-giboulée. Ses prémices le 1 er succédèrent aux délices du dernier jour de mars et même les accompagnèrent au même soir.
Craintes de février déjà oubliées, je voguais insouciant sur douceur d'océan.

J'ai été fusillé

L'amour naissait en la deuxième année, se fortifiait, à la passion en maints points prétendait ressembler
Et cependant prédominait savoureuse tranquillité. 


Autre passion, vraie celle-là soudainement passa par là.
Inopinée, invincible en le moment, mon bel amour elle emporta.

Et le voici, écartelé, déboussolé, à tout prêt sauf déjà m'oublier,
la raison près de vaciller. 

Alors aimant, contre moi-même violent, je me suis écarté,
Lui laissant la sérénité de bientôt la folie décider. 
Renoncer en beauté, ma conscience apaiser, et pourtant mon pauvre cœur piétiner.

Que Dieu nous veuille absoudre et comme toujours au mieux veiller




IRONIE

Je l'aimais ;
Elle m'aimait, disait le faire plus que moi.
Et le passé a surgi. ; à peine un jour elle résista, mais avec remords pourtant me laissa.
Puis déchirée, de passion emportée, tous les jours cependant vint me rechercher,
Ne sachant plus quel rôle exactement me donner
Moi j'ai coupé
Avec immense regret, plus que regret et plus qu'immense
Je n'appelle plus et le courage me manque pour ne plus le faire lui ordonner.



PETIT HEROS

C'est elle qui pour un autre part
Et me relance chaque jour
C’est moi - un autre - qui dois la fuir et sa raison sauver
En un ultime geste d'amour.
PETIT HEROS
C'est elle qui pour un autre part
Et me relance chaque jour
C’est moi - un autre - qui dois la fuir et sa raison sauver
En un ultime geste d'amour.
 
LES TROIS PREMIERES

L'une m'a tout appris, l'amour que l'on dit fou.
Elle m'a laissé, cinq ans après, aux bornes mortelles de la folie. 
L'autre en amour ne comptait guère. Partie, elle aussi, elle resta grande amie. 
A la troisième que peu à peu j'ai appris à aimer, je commençai à tout donner
Et d'abord j'ai offert tout ce qu'on m'avait enseigné.

Un beau jour l'amour fou elle aussi l'a emportée,
Déchirée elle a dit me quitter et ne sut pas le faire.
Sera-t-elle mon amie ?pour l'instant, moi je ne le puis, j'ai dû la rejeter.
J'attends son improbable retour ou l'inéluctable mais très lente guérison ou encore Celle à venir, la quatrième.. 
 
CIEL NO1R
Le lac
Ma place
Luisait aujourd'hui faiblement d'un gris d'argent
Comme une menace.
RAGE
Au début il pardonna, il voulut tout comprendre.
Puis la douleur s'intensifia, et pour longtemps -vive- s'installa ?
Le pardon il ne put que reprendre.                                   
                      
Trahi, non il ne le fut pas,
Le furent en revanche et son amour et leur amour
En une faute bien plus lourde.
 
Un jour - qui sait ? - il pardonnera, le jour ou la blessure s'endort
Jamais ô non il n'oubliera ; jusqu'à l'instant de la mort.

RENCONTRE
Te voir quelques instants, femme de peu de mots,
Vite ne plus pouvoir supporter l'intensité des regards.
Emu te fuir, vite de ton image m’éloigner, qui parle plus que tout langage.
Dans la solitude regretter
A côté, invisible à présent, me protéger
Toujours par toi hanté.

LES BAISERS REFUSES
 
II voulait le faire, contre l'émotion une manière de protection,
Ne savait s'il saurait, il pensait que c'était là la frapper un peu bas.
Puis elle arriva, pour le saluer s'approcha, et lui. malgré l'été, saisi par le froid,                         ....../


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Véritable spectateur de soi, doucement, laborieusement, très doucement en reculant articula
“ s'il te plaît, pas maintenant ”
Surprise elle commença de rire
Et le rire dans la gorge immédiatement se figea
Emu il s'attardait à regarder la gorge qui faiblement ondoyait.
Plus tard il voulut voir ses yeux, et prudemment, avec précaution il souleva les verres sombres, la dissimulation.
Il cherchait un lien.
Et au “ pourquoi ? ”, à sa question, se détournant il répondit très bas “ pour rien ”
Alors et bien qu'il ne vît pas, il entendit que longuement elle soupira.

CŒUR EN MIETTES
Les miettes de mon cœur tu avais ramassées.
Peu à peu, sans bruit, les rassembler avais presque réussi.
Quand brusquement t'en es allée.
Les miettes de mon cœur, les voilà concassées.
 
POUR TON FUTUR ANNIVERSAIRE

Toi autrefois ma mie, aujourd'hui mon amie ?
Camarade au grand cœur. tu affiches ta belle humeur.
Toi que tout fait rire, tu chasses d'un sourire charmeur les nuées qui souvent m'assombrissent.       ....../

 
    ...../

    
Toi pour qui les choses sont très simples, ou blanc ou noir, il faut savoir.
Spécialiste du bon sens, vite tu remets le dés-orienté dans le “ bon ” sens
Et par la chaleur de ta parole, le bonheur pour moi tu dispenses.
Alors ici je dis “ merci pour ce rôle ”

.DERNIERE FOIS
Ce jour que tu ne savais pas être celui de la dernière étreinte, inconsciente encore de la décision que tu allais prendre,
Ce jour tu t'es entièrement consacrée à moi, veillant à mon seul plaisir pour la première fois,
Ce jour tu m'interdis de partager les caresses, de te donner la joie.
Après protestation j'ai accepté le don, étonné, mais me disant pourquoi pas, retour de don.
Après je t'ai fâchée, demandant en guise de provocation si c'était là cadeau d'adieu.
Toi offusquée : “ tu as le don de tout gâcher ”
Je plaisantais, croyant encore à un cadeau de Dieu.
Hélas me trompais quand l'avenir sombre s'amoncelait, et toi non plus ne le savais.
SEUL
L'homme est seul. Des contacts fugaces égaient son espace, fugaces car l'homme est seul.
Le rhum de Cuba pris à jeun crée un écran bienveillant, éloigne la réalité dans un brouillard momentané.      ......../

....../
Pris en trop faible quantité point n'apporte la gaieté, comme la pluie des Tropiques qui à l'instant tombait
En moi mélancolique humeur sombre engendrait.
Où es-tu compagne désirée qui enfin me rendras joie de vivre ? Où es-tu sœur attendue à qui je rêve sans trêve et sans but    
Depuis que de ma vie ta vie tu as repris ?

RENAISSANCE

Bouteille du malaise de mars, bouteille fétiche confisquée
Portefeuille dérobé, œil tunisien volatilisé et avec lui un début se trouva disparu
Nouveau chapitre, amis, amies, ciel ouvrant sur la vie et surtout, surtout envie d'enfin reprendre l'air
… mais plus tard la bouteille fut retrouvée....
                               
                                    
HANTE
Hiver,
Une fois te revoir et replonger, voir le présent céder à l'obsession du passé ;
Même sans le vouloir, emporté, ne pouvoir qu'agresser et par là ensuite le malheur augmenter.         ....../


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Replonger, se débattre comme un damné, ressasser
T'entrevoir encore, t'agresser, te fuir t’agresser en réponse à l'agression qu'est ta seule image physique.
Ne pouvoir t'échapper.
Serait-ce là t'aimer ? ? ?
 
VIE (in mémoriam)
Un an quelle m'a quitté, coup de tonnerre dans un ciel d'azur.
Revue hier dans la douleur.
A ma question “ es-tu heureuse ? ” vint en réponse
-difficile- un “ oui ” de verité.
Un an de malheur contre ou pour un an de bonheur..... enfin presque.

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