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L'Ève Anaissance

- Catégorie : Poésie
- Par françois d'alayrac
-
- Date de publication originale : 26 mai 2006
- Date de publication sur In Libro Veritas : 26 mai 2006 à 10h14
- Dernière modification : 17 décembre 2006 à 19h17
-
Histoire de ce qui fut comme une renaisance
In memoriam
Rien n'est éternel.
Mais tout toujours recommence.
Telle est la loi de l'impermanence.
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4319 lectures |
43 pages
L'Ève Anaissance
REQUIEM
Quand tu devras poser mon corps
Sur le bûcher des indigents
Sous les étoiles de plein juillet
Qui attendront
Le maigre diable qui t’as aimée
Comme il a pu,
Te faisant croire comme il croyait
Que toute sa Vie on a vingt ans
A foutre le printemps,
Et qu’il suffit de la vouloir,
Et qu’il suffit de la rêver
Au coin de la ruelle des frissons.
Alors, mon bel Amour, alors,
Ne dis pas non, ne pleure pas.
C’est inutile, ça sert à rien.
Je te laisserai avec Beethoven et Baudelaire,
Lautréamont et la Callas.
Avec eux, tu auras encore de beaux jours.
Tu ne porteras pas mon deuil.
La mort, tu sais, c’est pas grand chose.
Quand on y pense.
Juste une vapeur de café noir.
C’est rien de plus
Que moins que rien.
Regarde la dans ses images,
Regarde la, fraîche et joyeuse,
Comme elle se marre
D’avoir à son âge tant d’amants et tant de concubines.
La mort bisexuelle n’a jamais peur du loup
Sous l’arbre des noyés où gîtent les pendus.
Je te lègue
Des cent mille ans de souvenirs,
Dans ce tabac qu’on se roulait
A la force des poumons
Au corps à corps de nos draps bleus
Dans nos sublimes insomnies,
Tous nos fous rires pour pas grand chose,
Trois francs six sous,
Et qui pourtant sonnaient
Aux quatre orients de notre lit
Quand nos cheveux s’y emmêlaient
A nous délier de nos piquets,
Ma poésie dans ses délires
Qui t’essoufflait le bas du dos
En s’étirant sous ton corsage,
Qui se rythmait sur tes envies,
Qui se rimait au mot orgasme
A n’en plus vivre que pour toi.
Je te laisse aussi,
Et c’est moins gai mon pauvre Amour,
Tous ces chiens que j’ai tirés à quatre épingles
De mon fusil à invectives
Quand ils voulaient nous faire la peau.
Mais la leur te tiendra chaud encore.
A toi aussi,
Ma collection de masques de tous genres,
Et pour toutes les circonstances,
Qui, même s’ils ont beaucoup servi,
Restent comme neufs.
Pas une ride et pas un cheveu blanc.
Je n’en aurai plus besoin
Après ce dernier tour d’arène
De l’histrion
En bout de piste
Et qui s’épuise
A te faire rire. Un dernier coup.
Et Toi, dernier public
Du vieil acteur qui joue encore sa comédie,
Je te demande de l’applaudir et lui sourire
Sous les trompettes d’Aïda qui accompagnent
Son dernier cirque à faire semblant
De n’avoir pas su le vertige du dernier saut.
Sur le bûcher des indigents
Sous les étoiles de plein juillet
Qui attendront
Le maigre diable qui t’as aimée
Comme il a pu,
Te faisant croire comme il croyait
Que toute sa Vie on a vingt ans
A foutre le printemps,
Et qu’il suffit de la vouloir,
Et qu’il suffit de la rêver
Au coin de la ruelle des frissons.
Alors, mon bel Amour, alors,
Ne dis pas non, ne pleure pas.
C’est inutile, ça sert à rien.
Je te laisserai avec Beethoven et Baudelaire,
Lautréamont et la Callas.
Avec eux, tu auras encore de beaux jours.
Tu ne porteras pas mon deuil.
La mort, tu sais, c’est pas grand chose.
Quand on y pense.
Juste une vapeur de café noir.
C’est rien de plus
Que moins que rien.
Regarde la dans ses images,
Regarde la, fraîche et joyeuse,
Comme elle se marre
D’avoir à son âge tant d’amants et tant de concubines.
La mort bisexuelle n’a jamais peur du loup
Sous l’arbre des noyés où gîtent les pendus.
Je te lègue
Des cent mille ans de souvenirs,
Dans ce tabac qu’on se roulait
A la force des poumons
Au corps à corps de nos draps bleus
Dans nos sublimes insomnies,
Tous nos fous rires pour pas grand chose,
Trois francs six sous,
Et qui pourtant sonnaient
Aux quatre orients de notre lit
Quand nos cheveux s’y emmêlaient
A nous délier de nos piquets,
Ma poésie dans ses délires
Qui t’essoufflait le bas du dos
En s’étirant sous ton corsage,
Qui se rythmait sur tes envies,
Qui se rimait au mot orgasme
A n’en plus vivre que pour toi.
Je te laisse aussi,
Et c’est moins gai mon pauvre Amour,
Tous ces chiens que j’ai tirés à quatre épingles
De mon fusil à invectives
Quand ils voulaient nous faire la peau.
Mais la leur te tiendra chaud encore.
A toi aussi,
Ma collection de masques de tous genres,
Et pour toutes les circonstances,
Qui, même s’ils ont beaucoup servi,
Restent comme neufs.
Pas une ride et pas un cheveu blanc.
Je n’en aurai plus besoin
Après ce dernier tour d’arène
De l’histrion
En bout de piste
Et qui s’épuise
A te faire rire. Un dernier coup.
Et Toi, dernier public
Du vieil acteur qui joue encore sa comédie,
Je te demande de l’applaudir et lui sourire
Sous les trompettes d’Aïda qui accompagnent
Son dernier cirque à faire semblant
De n’avoir pas su le vertige du dernier saut.
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