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L'Ève Anaissance

- Catégorie : Poésie
- Par françois d'alayrac
-
- Date de publication originale : 26 mai 2006
- Date de publication sur In Libro Veritas : 26 mai 2006 à 10h14
- Dernière modification : 17 décembre 2006 à 19h17
-
Histoire de ce qui fut comme une renaisance
In memoriam
Rien n'est éternel.
Mais tout toujours recommence.
Telle est la loi de l'impermanence.
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4160 lectures |
43 pages
L'Ève Anaissance
PORTEUSE DE LUMIÈRE
Tu m’as appris,
Sous un carré de Ciel bleu dans la déchirure d’un réveil trouble,
Nue aux éclats dans ta blancheur de peau
Et née de ton propre mystère,
Toute entière
Dans la fleur à deux pétales repliés de ton ventre qui me reflète,
Qui ne reflète plus que moi,
Porteuse de lumière
Dans ton odeur de jardin mouillé
A m’en enchrister à vif de sang poli d’écume
Au sextant de tes bras,
A m’en révéler
En abondance ton clair de femme vent debout
Et ta tendresse à mes genoux qui met à la voile pour me gréer l’amour à tes chevilles.
Tu m’as appris,
A moi,
Maraudeur
Du jour accroché à la pointe de tes seins,
Voluptueux
Vorace à l’oraison sous tes dentelles liturgiques,
Transubstantiationneur
Du pain chaud et vivant de tes cuisses,
Musicien
Accordé juste aux cordes jalouses de tes reins mes horizons où le destin délire,
Buveur
Impénitent ivrogne de la dernière pluie tombée de la commissure verticale de tes lèvres,
Toxicomane
A fumer sur tes épaules et sur ta nuque le craquant végétal de tes cheveux.
Tu m’as appris
Que même si,
Dans l’épaisseur du Ciel englué en lui - même de ses crachats de marée noire,
Le Soleil assassinait la Terre en toute tranquillité, pour en mourir ensuite à petits feux,
L’été brusquement faisait pleurer par son indifférence la rose églantine,
Et dans une inexplicable colère, faisait flamber le noir des veuves,
Que même si,
Sous le hachoir de la folie du temps,
La neige éteignait toute souvenance,
Le cœur quadraplégique et les flancs vidées de jouissance,
Les saintes des cathédrales expiant leurs menstrues et les anges mourant de continence,
Le monde, dans ce désastre quotidien,
N’avait plus sa raison d’être,
Tu m’as appris
Que nous aurions toujours dans notre lit,
Un beau printemps en robe de velours sauvage,
Du pavot léger à glaner pour nos courses étoilées de rapines,
La mer
Et ses chevaux, pour régler nos souvenirs comme du papier musique,
Des nids d’abeilles en gésine
Pour brouiller nos caresses hors boussole,
Des poumons de marin
Humant un vent de grand large chlorophylle,
Une lyre sensible
Aux souffles des amants éreintés et heureux,
Tout un monde à refaire
Chaque fois dans notre orgasme au goût d’orange et de mercure,
L’amour enfin qui se fait, se défait et s’enchante
Dans une messe adultère,
Entre ses pages d’ombre et ses marges béantes.
Avec du thé brûlant et Mozart en sourdine.
Sous un carré de Ciel bleu dans la déchirure d’un réveil trouble,
Nue aux éclats dans ta blancheur de peau
Et née de ton propre mystère,
Toute entière
Dans la fleur à deux pétales repliés de ton ventre qui me reflète,
Qui ne reflète plus que moi,
Porteuse de lumière
Dans ton odeur de jardin mouillé
A m’en enchrister à vif de sang poli d’écume
Au sextant de tes bras,
A m’en révéler
En abondance ton clair de femme vent debout
Et ta tendresse à mes genoux qui met à la voile pour me gréer l’amour à tes chevilles.
Tu m’as appris,
A moi,
Maraudeur
Du jour accroché à la pointe de tes seins,
Voluptueux
Vorace à l’oraison sous tes dentelles liturgiques,
Transubstantiationneur
Du pain chaud et vivant de tes cuisses,
Musicien
Accordé juste aux cordes jalouses de tes reins mes horizons où le destin délire,
Buveur
Impénitent ivrogne de la dernière pluie tombée de la commissure verticale de tes lèvres,
Toxicomane
A fumer sur tes épaules et sur ta nuque le craquant végétal de tes cheveux.
Tu m’as appris
Que même si,
Dans l’épaisseur du Ciel englué en lui - même de ses crachats de marée noire,
Le Soleil assassinait la Terre en toute tranquillité, pour en mourir ensuite à petits feux,
L’été brusquement faisait pleurer par son indifférence la rose églantine,
Et dans une inexplicable colère, faisait flamber le noir des veuves,
Que même si,
Sous le hachoir de la folie du temps,
La neige éteignait toute souvenance,
Le cœur quadraplégique et les flancs vidées de jouissance,
Les saintes des cathédrales expiant leurs menstrues et les anges mourant de continence,
Le monde, dans ce désastre quotidien,
N’avait plus sa raison d’être,
Tu m’as appris
Que nous aurions toujours dans notre lit,
Un beau printemps en robe de velours sauvage,
Du pavot léger à glaner pour nos courses étoilées de rapines,
La mer
Et ses chevaux, pour régler nos souvenirs comme du papier musique,
Des nids d’abeilles en gésine
Pour brouiller nos caresses hors boussole,
Des poumons de marin
Humant un vent de grand large chlorophylle,
Une lyre sensible
Aux souffles des amants éreintés et heureux,
Tout un monde à refaire
Chaque fois dans notre orgasme au goût d’orange et de mercure,
L’amour enfin qui se fait, se défait et s’enchante
Dans une messe adultère,
Entre ses pages d’ombre et ses marges béantes.
Avec du thé brûlant et Mozart en sourdine.
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