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L'Ève Anaissance

- Catégorie : Poésie
- Par françois d'alayrac
-
- Date de publication originale : 26 mai 2006
- Date de publication sur In Libro Veritas : 26 mai 2006 à 10h14
- Dernière modification : 17 décembre 2006 à 19h17
-
Histoire de ce qui fut comme une renaisance
In memoriam
Rien n'est éternel.
Mais tout toujours recommence.
Telle est la loi de l'impermanence.
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4319 lectures |
43 pages
L'Ève Anaissance
MA FEMME
Ma femme,
Aux paupières majeures de syllabes,
Accordées à tous les modes de mes attentes,
Si le sort nous est clément,
C’est pour la Vie que je t’ai dit
Viens dans mon lit.
Nous n’avons plus rien à perdre.
Plus de défaillance à suturer,
De cicatrice à couturer.
L’âge m’est passé, et tu le sais,
De faire germer ton sein.
Et c’est ainsi que tu m’aimeras.
Car il nous reste encore assez de jours
Et de jeunesse encore,
Pour projeter une histoire du futur.
Ne pèse plus sur mon cou
Que le poids plume des souvenirs
Que tu me traces à effacer la nostalgie.
Crois - moi. Il n’est plus l’heure
De l’esclavage, dans les mensonges d’éternité.
Plus de sang écrasé sous la lèvre scellée.
Nulle chaîne à ton doigt,
Tes chevilles déverrouillées.
Et ton nombril ailé de front.
Je te l’affirme.
Nous saurons vivre sans la loi,
La loi des hommes, la loi des dieux,
Celle des voleurs et des mendiants,
La loi des chiens et des pigeons.
Loin de la couverture usée du devoir,
De la dictature antique du sperme et de l’ovule
Des gestes feints et des soupirs truqués,
Nous reste la jouissance vraie, pure et libre.
Et c’est par nature,
Sur l’horizon de tous nos rêves en gémellaires,
Que nous restons amants sincères.
Nos draps tissés à blanc d’écume
Ont cette odeur particulière
Des amants qui surent rester fidèles.
Si nous prions les dieux de nous apprivoiser,
C’est pour durer au jour le jour,
Aussi longtemps que nous vivrons.
Et si nous demeurons ces amants là,
C’est pour en jouer à l’infini
Et nous poser sur les gradins du Ciel.
Ma femme non épousée,
Dans nos étreintes sans contrat
A dénuder tous les enfants de la Terre,
Ma femme
Au corps souple de peuplier,
A l’intelligence fraîche, simple et subtile,
Ma femme
Coulée de vin de miel au piment rouge
Sur mon torse entre chair et peau,
Ma femme
Dans les champs du savoir le plaisir des sens
Dans ton ancien, très ancien désir,
Ma femme
Par la croisée de ta poitrine
Inlassable guérisseuse de mes plaies d’épines,
Ma femme
Au ventre à vif, à Toi seule
Le sens de mon frisson,
Pour qu’ils puissent dire un jour
Et quant à l’amour,
Il n’a connu qu’Elle!
Aux paupières majeures de syllabes,
Accordées à tous les modes de mes attentes,
Si le sort nous est clément,
C’est pour la Vie que je t’ai dit
Viens dans mon lit.
Nous n’avons plus rien à perdre.
Plus de défaillance à suturer,
De cicatrice à couturer.
L’âge m’est passé, et tu le sais,
De faire germer ton sein.
Et c’est ainsi que tu m’aimeras.
Car il nous reste encore assez de jours
Et de jeunesse encore,
Pour projeter une histoire du futur.
Ne pèse plus sur mon cou
Que le poids plume des souvenirs
Que tu me traces à effacer la nostalgie.
Crois - moi. Il n’est plus l’heure
De l’esclavage, dans les mensonges d’éternité.
Plus de sang écrasé sous la lèvre scellée.
Nulle chaîne à ton doigt,
Tes chevilles déverrouillées.
Et ton nombril ailé de front.
Je te l’affirme.
Nous saurons vivre sans la loi,
La loi des hommes, la loi des dieux,
Celle des voleurs et des mendiants,
La loi des chiens et des pigeons.
Loin de la couverture usée du devoir,
De la dictature antique du sperme et de l’ovule
Des gestes feints et des soupirs truqués,
Nous reste la jouissance vraie, pure et libre.
Et c’est par nature,
Sur l’horizon de tous nos rêves en gémellaires,
Que nous restons amants sincères.
Nos draps tissés à blanc d’écume
Ont cette odeur particulière
Des amants qui surent rester fidèles.
Si nous prions les dieux de nous apprivoiser,
C’est pour durer au jour le jour,
Aussi longtemps que nous vivrons.
Et si nous demeurons ces amants là,
C’est pour en jouer à l’infini
Et nous poser sur les gradins du Ciel.
Ma femme non épousée,
Dans nos étreintes sans contrat
A dénuder tous les enfants de la Terre,
Ma femme
Au corps souple de peuplier,
A l’intelligence fraîche, simple et subtile,
Ma femme
Coulée de vin de miel au piment rouge
Sur mon torse entre chair et peau,
Ma femme
Dans les champs du savoir le plaisir des sens
Dans ton ancien, très ancien désir,
Ma femme
Par la croisée de ta poitrine
Inlassable guérisseuse de mes plaies d’épines,
Ma femme
Au ventre à vif, à Toi seule
Le sens de mon frisson,
Pour qu’ils puissent dire un jour
Et quant à l’amour,
Il n’a connu qu’Elle!
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