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L'Ève Anaissance

- Catégorie : Poésie
- Par françois d'alayrac
-
- Date de publication originale : 26 mai 2006
- Date de publication sur In Libro Veritas : 26 mai 2006 à 10h14
- Dernière modification : 17 décembre 2006 à 19h17
-
Histoire de ce qui fut comme une renaisance
In memoriam
Rien n'est éternel.
Mais tout toujours recommence.
Telle est la loi de l'impermanence.
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4147 lectures |
43 pages
L'Ève Anaissance
ET VOICI
Depuis trop longtemps,
Sur la vitre hostile qui noyait mon visage arraché au jour dans la brume sur les berges hésitantes du vent d’un hiver déraciné,
Le gel aux lèvres et me croyant déjà au bout du temps imparti, à en avoir perdu tout espace d’espoir,
Je tenais mes yeux à l’arrêt.
Et voici qu’est venue dans son sommeil l’ange - femme lumineux presque transparent, dans une presque totale nudité,
Femme - animal
De vieille félinité et fermeté dans ses débordements, à s’enlacer de sa propre chair incendiée de l’attente,
A céder son corps à l’extrème qui la calcine du vide infini qu’elle ressent jusqu’au bout des entrailles de la nuit.
Sous mes yeux qui en prennent la mesure,
Corps langage en monologue, dans un miroir à l’unique reflet de peau blanche ourlée de blondeur,
Sous la clarté des épaules, les seins d’aubépine énervée à mûrir sous la pointe des ongles qui glissent sans griffer,
Dans la retenue de l’impatience chuchoteuse de chapelets d’images habités par mes mots érections qui la mordent au cou et à la nuque
Quand, au dessous de ma folie blanche à l’aimer, elle s’accroche aux draps pour ne pas s’envoler trop vite pour s’envoler plus haut,
Sa descente par la boucle bouclée du nombril au plus souple du ventre,
Vers les clapotis de clarté de ses cuisses ciseaux en sueur, deux mains de fines lames précises dans leur agilité à se trouver et où flambe déjà l’esprit de ses désirs,
A peigner en spirales ses passions au feuillu du pubis.
Enfin sous sa paume au goût d’épi de grands blés mûrs levés de chair, dans les dentelles humides,
Le Ciel, ouvert,
Dans l’ombre de ses jambes qui vibrent de sa seule volonté comme une urgence de jouir.
Quand elle ruisselle ainsi le gémir d’hirondelles de s’effriter à sa source,
Combien de temps lui faudra - t - il encore pour s’égarer dans les détours nacrés de sa coquille où elle éprouve le soleil,
Inlassablement, dans son écume dont elle s’inonde au quadrille de ses phalanges efficaces?
Souffle qui s’emballe jusqu’à la rencontre de l’éclair dans un cri qui se délie et la flamme,
Genoux incommensurables d’abîmes qui se referment, hanches qui s’inversent, bassin qui se soulève sous d’immenses syllabes de soupirs contenus entre les dents.
La vague dont j’ai été l’épicentre dans mon absence vient d’avoir raison d’elle.
Et dans une dernière convulsion, elle bascule en elle même, le corps retombé dans son repos en attendant de descendre vers l’homme qu’elle remplira de sa substance.
Elle se rendort, un doigt dans la bouche comme un dernier plaisir d’enfance.
Un rayon de soleil s’allonge sur la chaise.
Je ne peux pas me désolidariser de la beauté fulgurante qui m’a rompu à en renaître.
Quand je me penche sur elle,
Mon baiser dans ses lèvres est une chrysalide.
Je n’ai plus qu’à me glisser entre sa chair et sa peau, qu’à m’étendre au chaud de l’amour occupé d’étoiles,
Et frémir à mon tour sous mes paupières de ses doigts qui me trouvent au hasard de son rêve.
Sur la vitre hostile qui noyait mon visage arraché au jour dans la brume sur les berges hésitantes du vent d’un hiver déraciné,
Le gel aux lèvres et me croyant déjà au bout du temps imparti, à en avoir perdu tout espace d’espoir,
Je tenais mes yeux à l’arrêt.
Et voici qu’est venue dans son sommeil l’ange - femme lumineux presque transparent, dans une presque totale nudité,
Femme - animal
De vieille félinité et fermeté dans ses débordements, à s’enlacer de sa propre chair incendiée de l’attente,
A céder son corps à l’extrème qui la calcine du vide infini qu’elle ressent jusqu’au bout des entrailles de la nuit.
Sous mes yeux qui en prennent la mesure,
Corps langage en monologue, dans un miroir à l’unique reflet de peau blanche ourlée de blondeur,
Sous la clarté des épaules, les seins d’aubépine énervée à mûrir sous la pointe des ongles qui glissent sans griffer,
Dans la retenue de l’impatience chuchoteuse de chapelets d’images habités par mes mots érections qui la mordent au cou et à la nuque
Quand, au dessous de ma folie blanche à l’aimer, elle s’accroche aux draps pour ne pas s’envoler trop vite pour s’envoler plus haut,
Sa descente par la boucle bouclée du nombril au plus souple du ventre,
Vers les clapotis de clarté de ses cuisses ciseaux en sueur, deux mains de fines lames précises dans leur agilité à se trouver et où flambe déjà l’esprit de ses désirs,
A peigner en spirales ses passions au feuillu du pubis.
Enfin sous sa paume au goût d’épi de grands blés mûrs levés de chair, dans les dentelles humides,
Le Ciel, ouvert,
Dans l’ombre de ses jambes qui vibrent de sa seule volonté comme une urgence de jouir.
Quand elle ruisselle ainsi le gémir d’hirondelles de s’effriter à sa source,
Combien de temps lui faudra - t - il encore pour s’égarer dans les détours nacrés de sa coquille où elle éprouve le soleil,
Inlassablement, dans son écume dont elle s’inonde au quadrille de ses phalanges efficaces?
Souffle qui s’emballe jusqu’à la rencontre de l’éclair dans un cri qui se délie et la flamme,
Genoux incommensurables d’abîmes qui se referment, hanches qui s’inversent, bassin qui se soulève sous d’immenses syllabes de soupirs contenus entre les dents.
La vague dont j’ai été l’épicentre dans mon absence vient d’avoir raison d’elle.
Et dans une dernière convulsion, elle bascule en elle même, le corps retombé dans son repos en attendant de descendre vers l’homme qu’elle remplira de sa substance.
Elle se rendort, un doigt dans la bouche comme un dernier plaisir d’enfance.
Un rayon de soleil s’allonge sur la chaise.
Je ne peux pas me désolidariser de la beauté fulgurante qui m’a rompu à en renaître.
Quand je me penche sur elle,
Mon baiser dans ses lèvres est une chrysalide.
Je n’ai plus qu’à me glisser entre sa chair et sa peau, qu’à m’étendre au chaud de l’amour occupé d’étoiles,
Et frémir à mon tour sous mes paupières de ses doigts qui me trouvent au hasard de son rêve.
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