LE CRUCIFIÉ
Tu leur diras.
Que moi, j’ai eu l’insolence de vivre, à mes risques et périls, la poitrine ouverte sur une étrave,
Que ma Vie, parce que c’était sa nature, ne fut qu’insurrectionnelle, dans ses sueurs, dans ses larmes, dans ses humeurs, dans ses coulures de sexe,
Qu’elle n’aura été finalement qu’une vigilance sans défaut au plaisir fou du blé qui mûrit et d’herbes folles qui fleurissent sur les champs de batailles de mes éjaculats,
Que pour moi, il n’y eut d’autres dieux que Mozart et Beethoven, Rimbaud et Baudelaire,
Et d’autres seins que les tiens,
Que ma seule religion fut celle de mon désir d’inconnu dressé dans mes mots qui ruisselaient entre tes cuisses nues,
Que la seule chose qui me fit véritablement gémir fut ton Nom qui me nimbait de la tête aux pieds chaque fois que nous nous sommes appliqués à la brûlure délicieuse de nos jeux précis et tendres,
Que mon seul chant fut celui à ta chair et à mon corps roulant l’un sur l’autre à tout épuiser sauf notre joie,
Que ma seule croyance se situait au creux de ton épaule d’où descendaient d’entre mes lèvres une expression mouillée de mer au ventre de mon amante,
Enfin l’orgueil de ma virilité accrochée à chacun de tes orgasmes.
Tu leur diras.
Mes éclairs de désespoirs qui traversaient mes organes gonflés à l’excès d’envie de vivre,
Et qui me laissaient là, jusqu'à décréter l’amour contre nature dans ses douleurs de longue illusion,
Le long d’horribles murs en détresse où mes fantômes moribonds dessinaient leurs squelette,
Les zébrures de colère blanche qui lézardaient le visage grimaçant de la vertu du jamais jouir,
Ma cruauté aussi, sans honte, sans remords, sans regret.
Tu leur diras aussi
Que tout cela n’appartient qu’à moi et qu’ils n’y peuvent rien.
Comme moi tous sont en route, selon ce qu’il convient à chacun, que tous, indubitablement vont quelque part,
Que ce Golgotha de pitrerie qu’ils m’ont dressé dans un fiel de nuit où aucune aube ne se trempera jamais est le leur. Pas le mien.
Tu leur diras surtout,
Que c’est moi qui t’ai demandé de les aider à me clouer les pieds et les mains sur le bois pourri de leur infamie,
Que quitte à avoir le flanc percé, j’ai préféré que ce fut de ta main,
Que couronné d’épines, j’ai voulu que ce fût Toi qui essuies mon sang au visage,
Dis - leur enfin que malgré eux, ma Vie aura eu le puissant goût de Toi jusqu’au fond de ma mort,
Que s’il m’est arrivé de souffrir par Toi, moi seul en fut la cause et que tu en as toujours été, et par avance, absoute,
Simplement parce que ton souffle à travers la vive lumière de tes dents a tout racheté et que la putréfaction de leurs crachats ne peut corrompre tout cela.
Tu le leur diras bien.
Que moi, j’ai eu l’insolence de vivre, à mes risques et périls, la poitrine ouverte sur une étrave,
Que ma Vie, parce que c’était sa nature, ne fut qu’insurrectionnelle, dans ses sueurs, dans ses larmes, dans ses humeurs, dans ses coulures de sexe,
Qu’elle n’aura été finalement qu’une vigilance sans défaut au plaisir fou du blé qui mûrit et d’herbes folles qui fleurissent sur les champs de batailles de mes éjaculats,
Que pour moi, il n’y eut d’autres dieux que Mozart et Beethoven, Rimbaud et Baudelaire,
Et d’autres seins que les tiens,
Que ma seule religion fut celle de mon désir d’inconnu dressé dans mes mots qui ruisselaient entre tes cuisses nues,
Que la seule chose qui me fit véritablement gémir fut ton Nom qui me nimbait de la tête aux pieds chaque fois que nous nous sommes appliqués à la brûlure délicieuse de nos jeux précis et tendres,
Que mon seul chant fut celui à ta chair et à mon corps roulant l’un sur l’autre à tout épuiser sauf notre joie,
Que ma seule croyance se situait au creux de ton épaule d’où descendaient d’entre mes lèvres une expression mouillée de mer au ventre de mon amante,
Enfin l’orgueil de ma virilité accrochée à chacun de tes orgasmes.
Tu leur diras.
Mes éclairs de désespoirs qui traversaient mes organes gonflés à l’excès d’envie de vivre,
Et qui me laissaient là, jusqu'à décréter l’amour contre nature dans ses douleurs de longue illusion,
Le long d’horribles murs en détresse où mes fantômes moribonds dessinaient leurs squelette,
Les zébrures de colère blanche qui lézardaient le visage grimaçant de la vertu du jamais jouir,
Ma cruauté aussi, sans honte, sans remords, sans regret.
Tu leur diras aussi
Que tout cela n’appartient qu’à moi et qu’ils n’y peuvent rien.
Comme moi tous sont en route, selon ce qu’il convient à chacun, que tous, indubitablement vont quelque part,
Que ce Golgotha de pitrerie qu’ils m’ont dressé dans un fiel de nuit où aucune aube ne se trempera jamais est le leur. Pas le mien.
Tu leur diras surtout,
Que c’est moi qui t’ai demandé de les aider à me clouer les pieds et les mains sur le bois pourri de leur infamie,
Que quitte à avoir le flanc percé, j’ai préféré que ce fut de ta main,
Que couronné d’épines, j’ai voulu que ce fût Toi qui essuies mon sang au visage,
Dis - leur enfin que malgré eux, ma Vie aura eu le puissant goût de Toi jusqu’au fond de ma mort,
Que s’il m’est arrivé de souffrir par Toi, moi seul en fut la cause et que tu en as toujours été, et par avance, absoute,
Simplement parce que ton souffle à travers la vive lumière de tes dents a tout racheté et que la putréfaction de leurs crachats ne peut corrompre tout cela.
Tu le leur diras bien.
François d’Alayrac - Mai 2006
In memoriam
Et in aeternam