In Libro Veritas

PULL ENVIE : L'ESSAYAGE

Par DEMOTIER

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Table des matières
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J'AIME PLUS ALEXANDRE ASTIER

J'ai bien dormi. Je suis satisfait. Non, content. Un peu plus, même. Enjoué. Ho et puis mince : je suis euphorique. Avouons que c'est un peu plus que le satisfait du départ. Je suis empli d'une espérance qui me fait lever tôt d'impatience, le sommeil troublé par les espoirs qui se veulent terre à terre, implacablement logiques, d'un élan légitime. J'écris des trucs comiques !
 
Je vais avoir des messages. J'ai semé partout. Des mails par ici, par-là, au milieu. Nul ne peut passer au travers de la nasse que j'ai tressée. Elle est conçue pour. Toutes les possibilités, les voies, les opportunités de correspondances électroniques qui m'étaient offertes ont été exploitées. Je n'ai rien concédé au hasard, rien laissé à la traîne. Chaque sillon est ensemencé, chaque parcelle est quadrillée, repérée, minée : Alexandre ASTIER ne peut m'échapper. Alexandre ASTIER ne m'échappera pas.
 
L'inventeur de Kaamelott, série burlesque produite par CALT pour M6, travaille seul. Ok. Jusqu'à maintenant. Jusqu'à aujourd'hui, j'ai laissé faire. Cela va changer. Il va s'ouvrir aux autres et à l'extérieur, le jouvenceau, se confronter à de nouvelles idées, les miennes, à une fraîcheur qui lui embaumera la création et lui fouettera les sangs, la mienne. Et son changement, ce sera moi. Il n'y a que Monsieur ASTIER pour ne pas le savoir encore. On est bien ignorant des choses qui nous attendent.
 
Mon réseau d'internaute a été interrogé et va m'indiquer des liens directs pour tenter de joindre l'auteur, des trucs et astuces pour être sur son chemin irrémédiablement. Peut-être même sera-ce lui qui sera sur le mien.
 
Je suis satisfait. Ha non, j'avais dit euphorique au début.
 
Je suis euphorique.
 
Je ne suis pas le seul à chercher à me placer ? D'accord, mais tu as vu ce que je ponds comme épisodes ? Original, non ? J'ai bien restitué le ton de chacun, rendu les manières, les tics de langage, les situations cocasses, non ? Il me semblait aussi, merci. Alors, la concurrence, elle peut toujours se l'accrocher. Je suis le meilleur. Il suffit que les autres s'en aperçoivent enfin, c'est tout.
 
Le petit canard jaune qui me prévient des entrées de nouveaux messages vient de coincointer à l'ouverture de mon PC. Sûrement l'équipe de CALT ou plus directement celle de monsieur ASTIER qui me fait signe.
 
Trois messages... La gloire. Lecture.
    1°) Une pub en anglais pour se faire rallonger le, le ??…. Ha bon, ç'est possible ça ? Vous allez me dire, pour moi, c'est pas la peine de se documenter plus avant : j'ai pas de sous. Mais je dois avouer que c'est tentant. Passons.
    2°) La Redoutable trois suisses qui offre vingt pour cents de réduction sur tous les articles achetés au delà de quatre vingt €uros. Direction la corbeille. Ma femme serait capable de commander et ce n'est pas le moment. C'est vrai que cette pub américaine ventant l'opération de chirurgie corporelle que je n'ose qualifier d'esthétique me charme. Mais je n'ai pas les moyens pécuniaires à la hauteur, en ce moment. Je dois économiser, si je veux…. Mais je rêve de quoi, là ? J'oublie Annette, dans cette histoire ! Elle ne voudra jamais.
Ni de l'opération, ni de me laisser me servir des résultats de l'opération.
    Direction la poubelle virtuelle quand même, les vingt pour cents de rabais.
    3°) "Tu es jeune, tu es beau, tu as envie de t'éclater avec de la techno, rejoins-nous sur Feune Radio." Tout est faux depuis le départ. Corbeille aussi.
 
Qu'est ce qu'il fout, ASTIER ? S'il s'imagine pouvoir me faire patienter comme ça longtemps, il se l'accroche au porte-manteau, je préfère prévenir tout de suite.
 
Bon, allons chercher du réconfort auprès de mon public chéri sur le site de lecture où j'ai daigné déposer quelques œuvres pour remonter le niveau. Grand calme, dites-donc. Pire, des commentaires pour les autres et rien pour moi ? Mais où va t-on ? L'ingratitude des gens, je ne vous raconte pas. J'ai l'impression, au fil du peu de temps qui me sépare de mon arrivée sur cet hébergement littéraire que je suis devenu mon plus nombreux lecteur. Imaginez que chacun pratique de même ! On aurait peut-être pu épargner aux concepteurs tant de travail en relisant perpétuellement ses propres textes sous Word. Gâchis.
 
Malgré tout, je suis enjoué.
 
Le coincoin jaune qui se radine. UN MESSAGE. Ouais !!! Précipitation. Mince. L'accusé de réception de l'envoi de photos que j'ai fait à ma sœur. Commencent à me courir, ce coincoin et ma sœur. Même jaunes.
 
Je suis également passé par la poste pour l'envoi de mes textes sur papier. Ça se fait. J'ai téléphoné aussi. Incontournablement, la vendange (une seule me conviendrait amplement) arrivera, l'heure de la récolte sonnera. Et deux-trois contrats à glaner me suffiront bien. Dans un premier temps.
 
Garde ton optimisme légendaire, Philippe.
Je suis content.
 
Je le vois partout, le père ASTIER. Dans les magasins, dans la rue, il est là, en bas, il arrive, il cherche l'adresse, il va sonner. Un copain à moi qui n'aura rien à me refuser le connaîtra, me le présentera. Ha, c'est vrai, je n'ai pas d'ami. Je sentais bien qu'un jour j'aurais pu en avoir besoin. J'aurais dû me forcer. Trop tard. Tant pis. Ce n'est pas que je fasse une fixette sur cet Alexandre ASTIER, loin de là, mais je dois humblement avouer qu'il m'obsède, me hante, m'obnubile, monopolise ma pensée, la rend unique. Sinon, à part ça, je n'y pense pas trop.
Je suis satisfait.
 
Il me reste toute cette soirée pour recevoir des signes. A ces heures, les gens sont plus disponibles parce que dégagés de leurs obligations journalières. Je n'ai pas d'obligations journalières. J'ai pris onze kilos à veiller les arrivées de coincoins sur mon écran. Quelquefois, j'ai envie de m'envoyer des messages pour le voir enfin arriver, cette saleté de canard. J'en ai marre de l'espérer. J'en ai marre. Je suis fatigué d'attendre ce qui n'arrivera pas. Las d'être grotesque à ne plus avoir de vie sociale autre que celle de chercher Monsieur ASTIER au rayon fruits et légumes de mon magasin Match. Ereinté d'être assis toute la journée durant à épier un volatile hypothétique annonceur de bonnes nouvelles.
Je hais les canards. Je me hais. Je suis un nul. Je ne fais que de la merde infâme dont personne ne veut. Même ma femme s'en aperçoit et devient gentille avec moi. C'est bien la preuve que rien ne va plus, non ? Je suis exténué de me tourner en tête toujours les mêmes mirages, les mêmes mirages, mêmes mirages, mirages …..
Je suis désespéré.
Je vais me coucher.
 
Mercredi matin. 05 h 60.
J'ai bien dormi. Je suis satisfait. Non, content. Un peu plus, même. Enjoué. Ho et puis mince : je suis euphorique. Avouons que c'est un peu plus que le satisfait du départ. Je suis empli d'une espérance qui me fait lever tôt d'impatience, le sommeil troublé par les espoirs qui se veulent terre à terre, implacablement logiques, d'un élan légitime.
J'écris des trucs comiques ?
 
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