In Libro Veritas

PULL ENVIE : L'ESSAYAGE

Par DEMOTIER

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Table des matières
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LE PULL-OVER BOUGE

PREALABLE PRELAVABLE ET TRES VALABLE A CET EPISODE
ATTENTION : TOUTE NON-LECTURE PRELIMINAIRE DE LA PREMIERE HISTOIRE EDITEE CI-DESSUS POURRAIT NUIRE A LA BONNE COMPREHENSION DE CELLE QUI SUIT.
ET TOUTE LECTURE PRELIMINAIRE DU PREMIER EPISODE POURRAIT AUSSI NUIRE A LA BONNE COMPREHENSION DE CE TEXTE. A TOI DE VOIR.
RE ATTENTION : TOUTE LECTURE DE LA PREMIERE HISTOIRE EDITEE CI-DESSUS POURRAIT NUIRE A L'ENVIE DE LIRE TOUT CE QUI SUIT.
 
Quelle sale journée que cette sale journée-là ! Faudra que tu me pardonnes les éventuelles fautes de frappe qui pourront émailler ce texte, ça et là. Ce coup-ci, j'ai une excuse : j'ai eu un accident de voiture, il y a moins d'une semaine.
Mauvais point pour mon adversaire d'un jour : il venait de ma gauche.
Bon point pour moi : j'arrivais de sa droite.
Malgré tout, un très mauvais point pour moi : j'étais à pied.
Excellent point, par contre : je traversais au passage protégé.
Mauvais point, je suis tout cassé du dedans : une jambe, quelques bras, et de menus os dont on ne voit pas bien l'utilité dans la vie courante, très discrets dans leur fonction usuelle, mais qui te font un mal de chien dès qu'on te les casse un peu.
Je suis partiellement recouvert d'une couche de plâtre bleue qui me donne un petit air de Gauloise sans filtre qu'on n’a pas envie de schtroumpfer. J'ai quelques broches, notamment une qui dépasse de mon bras au niveau de mon coude replié, qui ne me gêne pas pour rire mais qui m'aide bien à souffrir. Surtout qu'Annette, par distraction et manque d'attention, je suppose, me l'a déjà accrochée avec ses vêtements à plusieurs reprises en passant trop près de moi.
Je dois admettre que cette chère âme s'est beaucoup rapprochée de moi depuis mon accident. Ça fait chaud au cœur mais mal au coude.
Donc, il ne m'est pas très facile de taper au clavier et re-donc, quelques petites coquilles pourront se glisser à certains moments, lorsque Annette m'accrochera le coude, par exemple, sans que tu m'en tiennes rigueur, je l'espère.
Avant que de traverser cette rue fatidique, j'avais eu ce que je considère avec le recul comme une grosse compensation. Je sortais de chez ma belle-mère. Ne va pas croire que de se barrer de chez la vieille de ma femme est un réconfort. C'est pas ce que je veux dire. Non, mais là, on avait bu une sacrée pinte de rire.
Ma belle-doche habite dans une résidence très chic de Leffrinckoucke où vivent des vieilles dames aisées. Des bourgeoises opulentes qui ont toutes leur Smart rouge coupée sport sur le parking. Des mégères tellement prétentieuses qu'elles ne se contentent plus des diamants en piercing qui se plantent dans la narine ou au-dessus des lèvres. Non ! Elles se laissent pousser de vraies verrues.
La maman d'Annette m'avait branché la télé sur TF1 qui retransmettait un match de Coupe de France de football. Qui ne la connaît pas pourrait croire qu'elle désirait me faire plaisir, mais elle sait pertinemment que je hais le foot. D'emblée, j'entends les commentateurs annoncer ce qu'ils nomment la question du jour. Je te la restitue telle quelle : "Qui, de Strasbourg, de Lille ou de Bordeaux a remporté la finale de la coupe de la ligue l'année dernière ? Nous demanderons bien sûr à nos téléspectateurs strasbourgeois, pour qui la réponse est trop simple, de ne pas appeler.
Merci." Ça donne pas envie de se mettre au foot. Même sa télé n'est pas normale, à ma belle-doche.
Imagine-toi qu'à la suite du CD offert un certain dimanche (c'est là qu'il faut se référer au premier point du préalable), ma belle-mère s'est vue offrir à Noël dernier un lecteur CD par son fils. Un bien joli, avec télécommande et tout (le lecteur de CD, pas le fils, bien qu'il ait des boutons aussi, le lecteur CD) !
Dans la conversation qui nous anime aujourd'hui, la belle-mère demande à sa fille, l'Annette, de lui expliquer le maniement de l'appareil. Fifille se lève et avance avec sa mère vers le lecteur en question. C'est à partir de maintenant qu'on utilise les dialogues. Et que, normalement, on rigole.
-  Comment on le met en route, ton Krampeut' ?
- J’sais pas, moi, quand je veux l'allumer, je blanche la plise et j'la letile quand j'en ai malle et que j'veux allêter.
- T'as vite fait, toi ! Il doit y avoir un bouton ou un commutateur, c'est obligé. Tu vas l'esquinter à l'allumer et l'éteindre comme tu le fais.
Je m'approche et regarde.
- Tiens, c'est pas clair, mais ça doit être ce bouton-là. Ouais, c'est ça.
- T'as vu, manman ? C'est ce bouton-là !
- On appuie aplès ou avant de letiler la plise ?"
- A la place, mémère, à la place. Explique à ta mère !
- Tu appuies là et ça fonctionne. Si tu veux écouter la radio, tu mets ce bouton sur FM, sinon sur CD. Donne-moi un disque qu'on essaie.
- J'en ai déjà mis un dedans" déclare ma belle-mère sans rouler un seul 'r'.
Annette appuie sur le petit biniou qui commande l'ouverture de la trappe à CD de l'appareil.
- Tu l'as mis à l'envers, ton disque. Faut que tu vois le dessin qu'il y a dessus quand tu le mets en place. Je vais le remettre bien.
Elle ôte le support.
- Ben, y'en a un deuxième en dessous. A l'envers lui aussi ! Comment qu'tu fais ton compte ?
- Ah bon ? j'sais pas, moi !
- Mais combien t'en as mis ? J'en vois un troisième là-dessous !
- Elle est constante, ta mère : çui-là aussi est à l'envers!
Annette le retire, l'examine et s'en va d'un fou-rire. Je lui retire délicatement le CD des mains, le contemple à mon tour et découvre l'objet de cette rigolade : c'est un logiciel de jeux. Elle nous aura bien fait rire, la mémère.
N'empêche. J'lui ai planqué la télécommande avant de partir, rien que pour l'emmerder.
Et c'est peu après, en allant chercher le pain, que je me suis fait renverser. Et je gardais le meilleur pour la fin : devine qui conduisait le véhicule culbuteur de Philippe, je te le donne en mille ? Pourquoi t'as pensé à ma belle-doche ? Ben non, enfin ! C'te pauv femme ! Non ; c'était le président de la ligue anti-alcoolique du coin : un gramme vingt dans le sang... Un gramme vingt, par chez nous, avec nos climats rudes, c'est pour ainsi dire à jeun. Il s'est excusé et m'a promis qu'on irait arroser ma guérison dès que je serai sur pieds.
Oh put…….. J'ai failli dire un gros mot, excuse-moi : Annette vient encore une fois de me triturer la broche.
 
***

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