Petit matin pluvieux
Mes lèvres, papillons, se posent sur ton cil,
Puis elles longent ta joue, s'évadent dans ton cou.
Magique, suspendu, cet instant est fragile,
Tu es là, je suis nue, brûlante, et désir fou.
- Tu dors ?...
Murmure de fontaine, vent et feuilles, au dehors.
C'est l'automne et il pleut... Chaleur contre ton corps,
Moi je guette ton souffle, qui jusque là si sage,
Se réveille, comme la mer au creux d'un coquillage.
La caresse s'envole, vive comme le vent,
Effleure ton épaule et descend... doucement.
Elle enlace ton dos, s'engouffre sous ton aile.
Tu comprends à mi-mot, mais je te le rappelle :
Tu dors ? Tu m'as dit oui ! Ai-je bien entendu ?
Oeil ouvert, tu souris, je vois : tu ne dors plus !
Chapitre suivant : Et voilà !