Perrine Cambon - Je l'aime, ne me le tuez pas - texte intégral

In Libro Veritas

Je l'aime, ne me le tuez pas

Par Perrine Cambon

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Table des matières
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3

J'ouvris les rideaux, le soleil était déjà haut dans le ciel, il était éblouissant. Il faut dire que nous étions en plein mois de juillet. Quatorze juillet 1918. Nous pouvions être le 14 juillet, jour de la fête nationale, jour de trêve, rien ne changerait aux jours ordinaires, me dit-on. La guerre pour la guerre, un point c'est tout. Ceux qui m'apprirent cela savaient ce qu'ils disaient, voilà déjà plusieurs années qu'ils participaient à cette guerre.
Je me levais donc à sept heures, un quart d'heure après je partis déjeuner, après avoir fait une rapide toilette. Il n'y avait plus, maintenant, dans le réfectoire, que les invalides et les blessés. Ceux qui ne pouvaient pas se servir de leurs mains étaient nourris par des infirmiers, les autres se réunissaient entre camarades. J'aperçus Allan pas très loin, il déjeunait avec un homme, qu'il semblait ne pas apprécier. Ce dernier fumait et il le dérangeait. Mais l'importun s'en alla vite, je m'approchai d'Allan. Il sembla surpris quand je me penchai pour lui faire une bise, mais il ne refusa pas. Je déjeunai en sa compagnie, il me parla de la vie à l'hôpital, et me promit de me le faire visiter plus en détail dans la journée. Il parlait peu, il ne devait pas avoir l'habitude de communiquer. Quelques minutes plus tard, un homme vint me chercher :
- Excusez-moi, il faudrait que vous alliez donner à manger à la personne qui est assise là-bas, s'il vous plaît.
- Bien sûr, répondis-je, j'arrive tout de suite… Et bien c'est d'accord Allan, je te retrouve à neuf heures devant le réfectoire.
J'étais étonnée d'arriver à lui parler ainsi, à le tutoyer, j'étais sûre que dès que je l'avais aperçu, je savais que nous allions devenir amis. Et je n'avais à aucun moment pensé à le vouvoyer.
- Oui, à tout à l'heure ! lança-t-il.
Et il sortit du réfectoire. Je me dirigeai donc vers la personne qu'on m'avait indiquée. C'était un homme assez âgé, il n'avait plus qu'un bras, et il était aveugle. Je pris la cuillère qui était dans son assiette, la remplit de soupe, et la plaçai devant lui. Je lui dis doucement :
- Vous pouvez ouvrir la bouche maintenant.
Il ne réagit pas, je compris qu'il entendait mal. J'essayai de parler plus fort, de crier, mais rien n'y faisait, il était bel et bien sourd. Alors je lui tapai sur l'épaule, il se retourna brusquement, me montrant ses yeux brûlés. Je poussai un cri, lâchai la cuillère, surprise et horrifiée. L'homme venait juste de remarquer ma présence. Je fis une deuxième tentative, il savait que j'étais là maintenant. Il ouvrit la bouche, j'y enfournai la cuillère, puis la ressortis. La soupe coula le long de son menton, il ne l'avait pas avalée, et il n'avait plus de dents. Je réfléchis alors à ce dont souffrait cet homme : il était manchot, aveugle, sourd et édenté. Comment peut-on vivre comme cela ? Je décidais de m'y prendre autrement. Je lui fis pencher la tête en arrière, et il but au bol. Il y parvint sans trop se salir, j'étais soulagée.
Puis on vint me chercher pour changer des draps, les draps des lits qui avaient contenu des cadavres. Tous étaient sales, tachés de sang et d'urine. J'allai les tremper dans un bassin, les frottai avec du savon, et les étendis pour qu'ils sèchent. Malgré cela, ils étaient toujours sales, et les taches s'accumulaient, certains draps n'avaient pas un seul centimètre carré de blanc.
Après cela, il fut neuf heures, on me laissa du temps libre, et je partis rejoindre Allan. Il était adossé contre le mur, il n'avait pas de béquilles. Je lui tendis mon épaule pour l'aider à marcher, et nous nous dirigeâmes vers le dortoir. Il était réservé aux médecins, infirmiers et soldats les plus gradés. Et exceptionnellement, on m'avait offert une place. Il me désigna toutes les chambres, une par une, en citant les noms de leurs propriétaires. La pièce à coté de la mienne était celle d'Albert Montjol, le général. Allan me prévint que cet homme savait être très sympathique, mais qu'il avait parfois une attitude louche. On disait qu'il avait voulu faire venir sa femme, car il s'ennuyait, mais que celle-ci n'avait pas pu venir, obligée de rester à la maison pour s'occuper de ses enfants. Le général était alors très énervé, il savait qu'elle aurait pu les faire garder par une amie de la famille afin de se libérer, et c'est ainsi qu'il se brouilla avec elle.
Allan me montra ensuite les douches, la mienne était au fond, séparées des autres par une cloison peu solide, mais on avait fait un effort pour me préserver un peu d'intimité. Ensuite, nous passâmes à la cuisine, puis nous sortîmes au jardin. Il y poussaient toutes sortes de légumes, des fruits, et même des fleurs. Il y avait également un cimetière aménagé pour l'occasion. Il me désigna l'une des tombes, ou plutôt l'un des trous recouverts de terre, on y avait planté une petite croix de bois, et dessus était gravé un nom : Geoffrey Vigault, et deux dates : 1900-1917. Il déposa une fleur et murmura :
- Je pense à toi Geoffrey, chaque jour et pour toujours.
Il versa une larme, se retourna et rentra. Je regardais la petite croix. 1900-1917. Qui pouvait être ce jeune homme de dix-sept ans mort dans cette horrible guerre ? À coté, on pouvait voir un autre tas de terre, mais vide : Allan Lemarchand, 1902- ? . Le pauvre garçon s'était déjà creusé une tombe. Je compris qu'il n'avait plus d'espoir, il était sûr qu'il allait mourir dans cette guerre. J'espérais pouvoir le dissuader, mais je n'avais pas vraiment de solution, je n'avais pas le droit de lui promettre quoi que se soit. Je le rejoignis à la cuisine, il ne pleurait plus, mais ses yeux ne pouvaient pas être plus tristes. Je lui pris la main, celle qui n'était pas dans le plâtre, et je lui proposai d'aller se reposer dans sa chambre.
- Je n'ai pas de chambre, rectifia-t-il. J'avais un lit avant d'être soigné, mais il est maintenant occupé par un autre.
- C'est vrai, excuse-moi.
Je sentais que je rougissais, j'étais vraiment confuse de
ce que je venais de dire.
- Ce n'est pas grave, murmura-t-il.
- Mais où dors-tu alors ?
- Je peux dormir par terre, avec une couverture, dans la grande salle. Ou alors sur une chaise. Il est vrai que les blessés comme moi, dont le cas n'est pas grave, mais qui ne peuvent pas se rendre utile, sont très encombrants. Les médecins ne souhaitent qu'une chose, qu'on se rétablisse au plus vite, pour faire de la place.
Je le regardais, j'étais stupéfaite. Je lui proposai alors
d'aller dans ma chambre, il accepta. Je le fis asseoir sur mon lit, et me posai à ses cotés. Il était neuf heures trente, mon temps libre se terminait à dix heures. J'avais
encore une demi-heure pour discuter avec Allan.
- Quand est-ce que tu repartiras au combat ? demandai-je.
- Quand ils m'enlèveront mes plâtres, c'est à dire dans trois jours.
Il soupira, les larmes lui montèrent aux yeux.
- Tu ne dois pas me trouver très courageux, mais j'ai très peur de la mort.
- Je ne permettrais pas de te juger, tu sais, répondis-je, et je comprends très bien que tu aies peur, moi aussi j'ai peur.
- Parce qu'il faut que tu saches, continua-t-il, le jeune homme qui est enterré dans le jardin…
Il s'arrêta. Il hésitait à me parler. Je le regardais, il en avait trop dit, ou pas assez, je voulais savoir. Il comprit.
- Ce jeune homme, reprit-il donc, c'était mon meilleur ami. Nous nous connaissions depuis que nous étions nés. On a grandi ensemble, et on a fait les plus grosses bêtises ensemble. Mais quand je l'ai vu s'effondrer, je me suis dit que jamais plus nous ne partagerions de moments ensemble. Ceci était sa dernière bêtise, et la plus grosse, mais il ne l'avait pas faite, il l'avait subie. La bêtise humaine, la connerie de la guerre.
Entre chaque parole il sanglotait, il pleurait, il pleurait comme un enfant, et je serrais dans mes bras un petit garçon de seize ans meurtri par la guerre.
Il dût pleurer pendant un quart d'heure, il ne se retenait pas, de temps en temps il me regardait, je lui disais : "Pleure, pleure, autant que tu voudras, je resterai auprès de toi aussi longtemps qu'il te plaira." Parfois il s'arrêtait, puis il reprenait, on aurait dit une pauvre fontaine qui coulait éternellement. Enfin il se calma, il me regarda et me dit :
- Merci Anna, tu es très courageuse.
Je lui souris, il se leva et me demanda :
- Quelle heure est-il ?
- Dix heures, répondis-je, il faut que j'y retourne.
Je lui donnai une bise sur la joue, et le laissai dormir.
Je me rendis donc vers l'hôpital, on m'avait dit que j'allais faire des piqûres, ce dont j'avais horreur, mais je ne pou-vais pas refuser, on m'aurait prise pour une petite fille capricieuse. Faire des piqûres, ce n'était pas bien difficile, mais voir les pauvres malades souffrir, ça l'était plus.
On m'emmena vers Stanislas, dont j'avais fait la connaissance la veille ; il fallait que je lui injecte du chloroforme, parce qu'on allait l'amputer. Je ne comprenais pas pourquoi on voulait l'amputer, je crois qu'un plâtre aurait suffi. Mais d'après ce que j'avais compris, les infirmiers n'avaient plus le matériel nécessaire à la confection des plâtres, et puis de toutes façons c'était trop long, ils avaient abandonné cette méthode depuis quelques jours. Allan y avait échappé de justesse.
Je vins donc vers Stanislas, il me sourit, mais il savait ce qui l'attendait.
- Est-ce que c'est toi qui va me charcuter ? me demanda-t-il.
Je fus surprise de son expression, mais dus reconnaître qu'il n'avait pas tout à fait tort.
- Oh non, m'exclamai-je, ce n'est pas moi ! Je n'ai pas l'expérience qu'il faut, et je crois que je ne pourrais pas supporter un tel spectacle.
- Il te sera pourtant difficile d'y échapper, me fit-il remarquer, si ce n'est pas moi, ce sera un autre.
- Je sais… Bon, tu es prêt ?
- Prêt ! clama-t-il, en faisant le salut militaire.
- Alors allons-y !
Le chloroforme ne s'injecte pas par une seringue, mais on m'avait dit de le faire quand même, car ce n'était pas difficile. J'attrapai la bouteille, imbibai un morceau de tissu de son contenu, et le lui portai au visage. Il le respira fortement, et s'effondra sur son lit. J'avais l'impression de l'avoir tué. Peut-être que cela lui plairait de mourir de cette façon, sans sang ni douleur. Mais le chloroforme n'achève pas les souffrants. Beaucoup le redoutaient, car ils n'étaient pas conscients de ce qui leur arrivait quand ils étaient endormis. Ils se réveillaient plus tard avec les deux jambes en moins, sans qu'on les ait avertis. Certains l'aimaient, car il leur permettait d'être opérés sans douleur. La douleur vient après, au réveil. Mais je savais que lorsque les infirmiers manqueraient de chloroforme, ils amputeraient à vif, sans rien pour apaiser les souffrances, et on entendrait les hurlements des blessés à des kilomètres à la ronde. J'essayais de ne pas imaginer la scène, mais quoi qu'il arrive, je devais savoir tout surmonter. Difficile pour une jeune fille de quinze ans issue d'une famille où tout le monde rie, où les larmes n'existent pas, si ce ne sont pas des larmes de joie.
Je sortis bientôt de la rêverie, la vie ne serait plus jamais comme avant maintenant. Je me dirigeai vers un groupe, je crus percevoir un nom : Paul. Mais Paul comment ? Combien y avait-il de Paul dans cette guerre ? Je m'approchai :
- Excusez-moi, demandai-je, puis-je connaître le nom de ce Paul dont vous parlez ?
Je savais que ce que je faisais étais stupide, car combien de chance avais-je pour que ce Paul soit le mien ?
- Durandier, Paul Durandier, me répondit un des hommes.
Mon sang ne fit qu'un tour, ces hommes étaient en train de parler de mon frère ! Je bafouillai :
- Et qu'est devenu ce Paul, s'il vous plaît ?
Ils m'observaient, surpris, je les suppliais du regard.
- Est-ce que c'est votre fiancé, mam'selle ? me demanda l'un d'eux.
- Non, m'écriai-je, c'est mon frère !
Ils me regardèrent tous avec des yeux ronds, ceci ne me disait rien de bon.
- Est-ce qu'il est mort ?
- Oh non, rassurez-vous, c'est le seul de notre groupe à s'en être sorti indemne. C'est qu'il est costaud, le gaillard ! s'exclama l'un d'eux en riant.
J'étais soulagée. Ces hommes me parlaient de mon frère, mon frère était vivant !
- Il nous a beaucoup parlé de vous, vous savez. Il vous décrivait comme une jeune fille courageuse et avec beau-coup de caractère.
Je rougis, je voyais que mon frère ne m'avait pas oubliée. Je discutais un peu avec ces hommes, ils étaient sympathiques, et surtout ils me parlaient de mon frère, ils avaient vécu avec lui . Mais ils ne savaient pas ce qu'il était devenu.
Un infirmier peu aimable s'approcha de moi, il était énervé :
- Écoutez-moi bien, jeune fille, si vous continuez à discuter avec les blessés au lieu de travailler, j'en ferai part à M. Montjol, et il vous renverra chez vous.
- Excusez-moi, balbutiai-je, je suis désolée, j'étais distraite…
- Vous n'avez pas le droit d'être distraite !
- Mais vous allez arrêter de l'embêter ! s'exclama Jean-Paul, un des amis de mon frère. Anna est venue ici de son plein gré, pour aider son pays, et pas une autre jeune fille ne l'a suivie. Vous n'avez pas le droit de lui parler comme ça !
L'infirmier grommela quelque chose, puis me fit signe de le suivre, je remerciai Jean-Paul du regard, il me lança un "Y a pas de quoi", et reprit sa conversation avec les autres.
Je me dirigeai ensuite vers l'endroit que me désignait l'infirmier. Il y avait là une vingtaine de lits, j'allais devoir faire des piqûres à tous leurs occupants. Tous étaient torse nu, ils attendaient le contact douloureux de l'aiguille avec plus ou moins d'appréhension. L'infirmier mit un masque sur son visage, il m'en remit un. Ces hommes étaient tous atteints d'une maladie contagieuse. Ils avaient les yeux bouffis, la peau rougie à certains endroits, quelques-uns avaient des boutons qu'ils grattaient, et cela faisait des croûtes qui saignaient, c'était écœurant. On m'expliqua encore une fois que j'allais devoir faire une piqûre à chacun de ces hommes. On me montra comment il fallait faire sur l'un des patients, et on me demanda de faire la même chose sur les autres. Chaque seringue devait servir deux fois, ce qui n'était pas hygiénique du tout, mais je savais qu'il n'y avait pas d'autres solutions, le matériel étant insuffisant.
J'approchai donc du premier malade , il poussa un cri lorsque la grosse aiguille lui entra dans la peau ; cela m'effraya au début, mais plusieurs hommes réagirent de la même manière, et je fus vite habituée, d'autres se retenaient de crier. J'étais un peu honteuse de pouvoir m'habituer à des choses aussi atroces que des hommes qui souffrent, mais comment aurais-je pu tenir, psychologiquement, si je n'avais pas réussi à m'accoutumer à ces horreurs ?
Quand j'eus fini cette tâche, il était presque l'heure du repas, on me laissa faire ce dont j'avais envie. Je regagnai ma chambre, Allan était toujours allongé sur mon lit.
- J'ai beaucoup réfléchi, me dit-il. Je crois que ça ne sert à rien de pleurer, car mes larmes ne feront pas revenir Geoffrey. Je suis presque un homme, et les hommes ne pleurent pas. Ils cachent leur tristesse.
- C'est tout à fait normal de pleurer quand on est triste, les pleurs ne sont pas réservés aux femmes et aux enfants. Il est vrai que les femmes pleurent beaucoup plus que les hommes, mais en cachant leur tristesse, les hommes ne se rendent que plus tristes à l'intérieur d'eux-mêmes. Tu sais que si tu as besoin de te confier à quelqu'un, je suis là.
- Je sais, répondit-il. Merci Anna. Tu es ma seule amie ici. Je crois que si tu n'avais pas été là, j'aurais déjà tenté de me suicider… tu m'as redonné espoir ; désormais, je combattrais jusqu'à ce que je n'en aie plus la force.
Il souriait, il était fier de lui, on aurait presque pu dire qu'il était heureux.
- Ah oui, au fait, reprit-il, j'ai oublié de te le dire Anna, mais le médecin a changé d'avis, on m'enlève mes plâtres demain, et je repars après demain.
Je le regardais tristement, j'étais inquiète, j'étais sure qu'il le comprenait, je tenais à lui. J'en étais étonnée moi-même, car je ne le connaissais que depuis la veille, mais je savais qu'il me manquerait, je me sentais toute drôle, je n'avais jamais ressenti cela avant.
- Ne t'en fais pas, tenta-t-il de me rassurer, je ferais bien attention à moi.
Je lui souriais, mais j'avais tout de même peur pour lui. Peu de temps après, nous partîmes manger, des fayots, "encore et toujours des fayots", me fit-il remarquer, "on ne mange que ça ici". Heureusement leur goût ne m'était pas désagréable.
L'après-midi, j'eus droit à une nouvelle séance de piqûres, puis de chloroforme, et encore de piqûres, et entre chacune je rendais visite à Jean-Paul et ses amis, et nous parlions de mon frère. J'appris qu'il avait plusieurs fois frôlé la mort, mais que son habileté (et sa chance, il en avait toujours eu beaucoup) l'en avaient fait réchapper.
Le soir, je retrouvai Allan au réfectoire, nous eûmes droit aux rituels fayots. Après le dîner, nous allâmes re-joindre les amis de mon frère pour jouer aux cartes.
Vers vingt-deux heures, j'étais épuisée, je souhaitai une bonne nuit à tout le monde et partis me coucher.
Paul, où es-tu en ce moment ?

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