Année 2003 : mort et renouveau ?
Harcelé par les créanciers (un imprimeur vint même faire le siège chez moi), vilipendé par quelques auteurs et éditeurs, harcelé également par un ou deux sociétaires de la SARL, je n’en pouvais plus.J’ai un souvenir atroce de la dernière assemblée générale des sociétaires de la SARL éditions Naturellement. Pourtant comme je l’ai dit plus haut, je pensais m’en sortir. J’avais contracté un prêt de cinquante mille euros auprès d’une banque américaine, cette somme aurait été versée à la SARL qui aurait pu me rembourser partiellement des avances que j’avais réalisées (car je crevais littéralement de faim). Mais l’assemblée générale fut une vraie torture. D’abord le MNLE ne réunit pas son AG pour désigner un représentant. Je fus donc obligé de ne pas accepter Gérard Prince le trésorier du MNLE qui se présenta sans mandat. D’autres membres du MNLE se présentèrent mais en tant qu’associés privés. Au lieu de m’aider à construire des solutions financières ils ne firent que m’accabler. L’un d’eux même vota contre le prêt prétextant que cela aggraverait la dette de la SARL : il n’avait rien compris (il faut dire que ces individus ne comprenaient pas grand-chose) car ce prêt servait juste à compenser une autre dette de la SARL celle qu’elle avait envers moi.
D’autre part, au départ j’avais réussi à obtenir du MNLE que la SARL édite la revue du MNLE qui s’appelle Naturellement (justement !). cela permit de mettre la revue en vente en kiosque . Mais le MNLE me retira cette possibilité et nomma un nouveau directeur de publication de Naturellement à ma place.
Je sortis de cette réunion anéanti.
Voyant que je ne pouvais absolument pas compter sur les autres associés, étant en situation de cessation de paiement (seule ma contribution personnelle ruineuse pour moi permettait de tenir le coup) je le déclarais au tribunal de commerce de Bobigny quelques semaines plus tard. Le tribunal prononça la liquidation judiciaire de la société le 3O avril 2003. Lorsque le président du tribunal me demanda : « Qu’attendez-vous de la part du tribunal ? » Je répondis : « La liquidation judiciaire. Je suis épuisé… »
Entre temps, se déclencha la guerre en Irak…. Qu’est-ce que cela a à voir avec les éditions Naturellement ?
Eh bien, les USA ne permettaient plus de transfert de fonds en France ! Le prêt que j’avais contracté ne pouvait plus être honoré…
En compensation de l’énorme dette de la SARL à mon égard (pas loin de 170 000 euros ! si ! si !) j’exigeai des associés qu’ils me cèdent le titre pour un montant de 50 000 euros somme qui fut déduite de la dette de la SARL à mon égard, somme parfaitement virtuelle bien sûr. Ce qui fait que je suis désormais propriétaire du titre. Je créais une société à associé unique car une société de presse pouvait être créé avec 300 euros. C’est elle qui édite aujourd’hui Sfmag.
Bien que très malheureux d’avoir été berné par Bailly, je n’avais pas l’intention de le laisser tomber. J’avais fait bien des calculs, des estimations (des business plans comme on dit…) et je lui proposai une formule financière. Je lui avais plusieurs fois indiqué que devant la baisse des ventes je ne pouvais plus le payer ainsi que Corthouts. Je dois rappeler que Bailly n’avait que cela à faire de toute la journée : rédacteur en chef de Sfmag. Ayant fait ce boulot bénévolement pendant longtemps ensuite je peux vous dire que la quantité de travail ne mérite pas un temps complet ! Il refusa toujours de reprendre son boulot à la sécu belge…
Je lui proposai donc de le rémunérer au pourcentage des ventes de Sfmag. C’était bien lui le seul responsable des ventes puisqu’il avait toute latitude pour le réaliser je ne m’en mêlais pas, le découvrant comme els autres une fois qu’il était imprimé… Il refusa. Je ne reconduisis donc pas la convention avec lui pour la nouvelle société. Il eut alors une attitude très incorrecte montrant ainsi sa véritable nature : il ne me transmis aucun des éléments en sa possession, éléments pourtant propriétés de Sfmag… Si j’avais été procédurier je le mettais au tribunal et je le faisais condamner… Je me retrouvais alors tout seul avec la nécessité de créer une nouvelle équipe, de réaliser la maquette en reprenant mes connaissances de X-press, Acrobat reader et photo shop, et tout cela en dehors des heures de travail à la mairie de Pierre Bénite.
J’avais aussi posé la question à Christophe Corthouts :
- Comptes-tu continuer avec moi ?
- Et que fait Marc ?
- Il ne m’a pas encore donné de réponse, mais je te dis franchement que j’en ai marre de faire l’assistante sociale avec Marc…
- Ah oui ! Mais de toute façon sans moi, Sfmag ne peut pas tourner !
Et il refusa…
Pire même Marc écrivit aux membres de la rédaction leur expliquant qu’il avait été licencié etc.
Avec un effort de volonté incroyable je réussis tant bien que mal, tout seul, à sortir le N° 33. J’en reçus bien des reproches de bien des lecteurs : trop aéré, pas assez de contenu, etc. Je m’expliquai clairement avec eux. Mais tout cela ne facilita pas le redémarrage…
Je reconstituais lentement l’équipe de rédaction avec l’aide d’anciens comme Jean-Pierre Fontana, Michael Espinosa, dont finalement, je m’aperçus plus tard, les objectifs n’étaient pas si clairs que cela… D’autres anciens sont toujours membres de la rédaction et je les en remercie comme Jean-Michel Abrassart, Serge Perraud…
J’arrivais en cette fin d’année 2003 complètement épuisé. Je réussis tout seul à publier douze numéros de Sfmag. Avez-vous jamais travaillé dans la presse périodique ? Editer un mensuel est un sacré travail. Le faire en bénévole avec une équipe de bénévoles est incroyablement ardu…
Enfin, j’étais encore poursuivi par les retombées de mes faillites précédentes, avec notamment un imprimeur qui me réclame des sommes astronomiques au tire des créances de l’association éditions Naturellement dont le Tribunal de grande instance venait juste de clore la liquidation judiciaire !
En décembre 2003, usé par la fatigue, je craquais. Je proposais à ceux de l’équipe qui le souhaitaient de prendre la relève. J’élaborai même une solution : créer une association (elle aurait dû s’appeler les associés de l’Imaginaire – AI), celle-ci rachetait la maison d’éditions sfm éditions (coût : 300 euros : je n’étais vraiment pas exigeant !) mais je demandais que AI me rachète le titre. Comme personne ne voulait mettre d’argent, j’allais jusqu’à proposer une location vente du titre sur une période de 12 ans. On proposa à Jean-Pierre Fontana de devenir rédacteur en chef. Je demandais de rester directeur de la publication et gérant de la nouvelle société. Cela commençait à prendre tournure. Mais petit à petit les exigences des uns et des autres montèrent à la surface. Pour que cela fonctionne il fallait que je quitte complètement Sfmag, que mon nom n’apparaisse plus nulle part… Je refusai bien sûr. Et cela amena Fontana à démissionner ! Aurait-il voulu être seul maître à bord ? Il est vrai qu’il m’avait informé que Dunyach venait d’intégrer le jury du Grand Prix de l’Imaginaire… Dommage ! J’aimais bien Fontana. J’avais même publié trois nouvelles de lui dans Sfmag. Faut le faire non ?
Avec lui toute une partie de l’équipe s’en alla, déçue de ne pas avoir eu le beurre, l’argent du beurre et le sourire du crémier.
Du coup je fus obligé de prendre huit jours de congés pour refaire complètement le N° 42, car Fontana eut la même réaction que Bailly : il refusa de me transmettre quoi que ce soit.
Toutes ces émotions et cette fatigue nouvelle m’ont de nouveau fait plonger et pour raison de santé je fus obligé d’interrompre la parution de Sfmag après le N° 43 d’avril.
Chapitre suivant : Et 2004…