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Par Pelosato Alain

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Table des matières
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Année 2002 : la traversée du Styx et… Cerbère

Une journée type d’un éditeur très fatigué
Une Journée d’enfer !
Je me lève à 8 heures 10.
Je repense aux contrariétés d’hier. Les NMPP ne me versent jamais ce que je crois obtenir par les ventes du magazine. J’ai eu une longue conversation au téléphone avec la comptable des NMPP qui a réussi, dans un premier temps, à noyer le poisson. Puis, à la réflexion, je lui ai envoyé deux fax avec le rappel de mes douloureux problèmes.
En pyjama, avec une barbe de deux jours, je vais boire un café dans la cuisine. Ma charmante épouse vient juste de partir au travail dans sa mairie mal famée.
Je bois toujours le café debout.
Je lutte contre le retour de la dépression. La dépression c’est quelque chose de sournois : vous ne vous en apercevez pas, mais elle vous saisit petit à petit et vous déconnectez de la réalité. Parce que cette dernière est insupportable. Vous perdez de votre lucidité, vous voyez mal les choses (avec votre vue) vous les entendez mal. Si vous luttez et que vous essayez de mieux voir et de mieux entendre, souvent, ça n’arrange pas votre état…
Je m’assois devant mon ordinateur et j’allume. Je viens d’installer windows XP avec plein de problèmes de compatibilités. Je me souviens que la dernière fois que j’ai fait une dépression c’était suite à une panne d’ordinateur, une nuit d’enfer avec les jeunes Arabes qui « faisaient la fête » en bas de chez moi pour la sortie de prison de l’un d’eux. Je suis descendu les bousculer. Mais que faire face à des jeunes de quatorze à dix-huit ans bourrés d’alcool, de shit et bien d’autres choses…
- On fait la fête m’sieur !
Ouais, comme si c’était normal de se bourrer et de se chouter comme ça dans un endroit privé. Mais bordel, pourquoi ils viennent chez moi ? Pourquoi ils vont pas se chouter en bas de chez leurs parents ? Soyons pas naïf…
Résultat, le lendemain, quand je vais jeter ma poubelle je dois patauger dans le dégueulis et enjamber une belle merde bien en spirale, une merde d’arabe mais une merde quand même…
Enfin, revenons-en à nos moutons.
Je vais voir les statistiques de mes sites. Pas manqué : il y en a un pour lequel elles sont en panne ! La journée s’annonce bien. Avec tous ces souvenirs en plus…
9 heures 30 je vais au garage où sont stockés mes livres pour honorer une commande. Je dois ouvrir et déplacer tous les cartons pour trouver ce que je cherche. ..
De retour chez moi, le téléphone sonne. Je décroche : la comptable des NMPP (Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne) n’est pas contente de mes fax !
10 heures 30 je dois aller à la caisse d’épargne pour déposer des chèques. Je me rends à l’accueil pour demander le numéro de téléphone de la personne qui suit mon compte. La fille est au téléphone. A entendre les bribes de conversation, ce n’est pas un coup de fil professionnel. Je patiente. Aujourd’hui, je sais que ça va se passer mal. Donc je suis stoïque.
Elle finit par raccrocher.
- Oui ? Me demande-t-elle avec dans les yeux la satisfaction de la conversation qu’elle vient d’avoir…
- Pouvez-vous me donner le numéro de téléphone de monsieur Pépinier ?
- ­ Monsieur Pépinier ? C’est qui monsieur Pépinier ?
- Il s’occupe des comptes professionnels…
- Ah ! Attendez je vais voir…
Elle cherche, elle ouvre des répertoires, elle se lève et va ouvrir des tiroirs… Elle ne trouve pas…
Il me vient alors à l’esprit que j’ai reçu hier l’avis d’arrivée de ma carte de crédit. Je profite du retour de la fille à la banquette d’accueil :
- Je reviens pendant que vous cherchez ; je vais chercher mon ancienne carte de crédit pour avoir la nouvelle.
- Non, non ! Je vais trouver ? Ne vous impatientez pas !
Je cède, mais ça dure. Je finis par y aller. Il y a plein de monde dans les allées du marché. Je marche vite mais j’entends :
- Alain !
- Te sauve pas comme ça !
Merde ! Je me retourne :
- Anny ! Ah comment ça va ?
Bon ! Je passe sur la conversation qui porte sur le PCF, la Ligue communiste, les abonnements à l’Huma etc. Une Arabe arrive qui lui parle d’un couscous. Je tente de profiter de l’intermède, mais elle me tient fermement par le bras malgré sa canne et son handicap.
- Anny, j’ai un train à prendre ! Je dois partir…
Elle me lâche avec regret.
Je cours chercher mon avis d’arrivée de la carte bancaire et mon ancienne carte. Je recours vers la caisse d’épargne en essayant de ne pas trop déranger les femmes arabes voilées et les quelques autres.
Je retrouve la fille de l’accueil de la caisse d’épargne. Je lui donne mon ancienne carte. Elle ne trouve pas ! Malgré ma décision de rester stoïque l’angoisse commence à poindre. Elle finit par comprendre que c’est une carte de compte pro. Cela la perturbe. Elle doit demander à un collègue. Qui lui confirme qu’elle doit continuer à chercher. Elle clique sur le clavier de l’ordinateur.
- Elle est en fabrication votre carte !
- Ah bon ? Et pourquoi m’envoie-t-on cet avis ?
- Je ne sais pas !
Je ressors, et comme à chaque fois que je suis venu ou reparti, une personne me retarde dans le sas de sécurité.
11 heures 30.
Putain ! Mon train est à 13 heures à Lyon. Je ne suis pas rasé, j’ai pas déjeuné et j’ai pas fait ma valise. Je dois aller à Liège à la cour d’appel pour une sombre histoire de factures pas payées. JE VAIS RATER MON TRAIN !!!!
Je remonte chez moi. Je me rase. Raymonde arrive. J’ai eu le temps de couper de fines lamelles des courgettes ramenées de la maison de campagne et de faire une omelette avec. On mange, je me rase et je me brosse les dents. Raymonde m’aide à faire ma valise.
12 heures 30.
Je monte en voiture. Je suis dans les temps. Ouf.
Je sors du parking souterrain.
La rue est bloquée. Ça redémarre ! France-info me gueule dans les oreilles.
Pétard ! Un camion de livraison rue Joseph Faure…. Je passe par la rue Emile Zola. La rue Longarini est complètement bouchée. Je prends la rue Bazin et tourne à gauche sur le quai même si c’est interdit.
Je bombe à cent soixante à l’heure sur l’A7. Entrée de Lyon : gros bouchon.
Je finis par arriver juste au parking de la gare de la Part-Dieu. COM-PLET !
Comme d’habitude.
Je file vers le parking de La Vilette. Il n’y a des places libres qu’au huitième étage.
J’AI RATE MON TRAIN BORDEL.
Bon c’est pas grave. Il faut juste aller faire remplacer mes billets. Il y a un TGV à 14 heures et sûrement la correspondance avec le Thalys en gare du Nord.
Je me dirige vers les guichets en fendant la foule. Purée, une queue de plusieurs dizaines de personnes à chaque guichet.
Je patiente. Comme on est canalisé et que l’on fait plusieurs virages pour avancer dans le couloir fait de petites barrières fixes et que je prends à chaque fois l’intérieur du virage un jeune aux yeux gris, qui pousse son sac avec le pied m’interpelle en claquant les mots comme le tic-tac d’une montre :
- Eh ! Quessquarrive ! Faitesquoa la !
- J’avance pourquoi ?
- V’ette dvant moi-la !
- Ben oui, j’ai tourné à l’intérieur et vous à l’extérieur. Mais je passerai pas devant vous !
- Ch’vouzordonne d’paspasserdvantmoi !
Putain. Commence à m’énerver le mec. Je le regarde droit dans les yeux avec mon regard le plus tueur, celui qui fait vraiment peur :
- T‘as rien à m’ordonner je sais que je suis après toi, et même après madame.
Et je montre une jeune Noire qui attend en silence, l’air indifférent devant l’altercation… Le jeune con de haute taille détourne ses yeux gris en silence…
Quand c’est mon tour, heureux d’avoir passé tous ces obstacles… Je donne mes deux billets à la fille du guichet qui a pas l’air contente d’être là, mais pas du tout !
Elle les prend et jette l’un d’eux devant moi en disant :
- Avec celui-là je peux rien faire !
- Comment ça vous pouvez rien faire ?
- C’est un billet J8 non remboursable !
- Mais je vous demande pas de le rembourser, je vous demande de le remplacer j’ai raté mon train !
- Je ne peux pas dit-elle en s’énervant. Si je la mets dans la machine, elle voudra pas !
- Ben, cassez-la votre machine !
Ça recommence à dégénérer. Je m’énerve là cette fois, je craque !
- Allez me chercher quelqu’un, je veux mon billet !
Je me retourne : la queue a doublé de volume !
- Vous avez vu la queue qu’il y a que je lui dis !!!
Elle se lève et s’en va. Un jeune type vient quelques secondes après. Je l’engueule ; il garde son calme, refuse, refuse et finit par me changer mon billet contre cinq euros dix. Il a dû faire un stage antistress face au public ce mec à voir comment il garde son calme devant ma pomme, excité comme je suis. Je m’excuse de l’avoir traité ainsi et je quitte les lieux. Je fais encore une queue pas possible au point argent (parce qu’il me manquait dix centimes pour acheter un magazine !) et j’attrape le TGV de 14 heures juste à temps.
J’arrive et je trouve quelqu’un à ma place. Vous voyez le genre : jeune mec en costume gris et cravate avec un ordinateur portable… Je lui dis poliment qu’il doit être à ma place. Je vérifie sur mon billet. Il me dit qu’effectivement il a la place 77. Moi c’est 76. Pas grave la 77 est libre je m’y assois. Ouf, cette fois l’obstacle est surmonté facilement.
Que dalle !
Un jeune allemand avec un sac à dos se pointe et interpelle le gars en face de moi :
- Fouzavébrismablasse !
- Ben euh, j’ai la place 77 !
- Ach ! Chefouslavépienti !
Punaise, ça recommence. Le gars me jette un regard de détresse. J’ai bien envie de le laisser tomber. Mais je suis bonne pâte que voulez-vous ! Et j’interviens donc :
- C’est moi qui ai la place 76, vous vous trompez !
- Eula estpien la foidure Houit ?
- Non, c’est la voiture sept ici !
Le train part… L’Allemand s’en va vers la voiture "houit"…
Ouf ! Gare du Nord le routeur de mes magazines m’appelle au portable : je n’ai soi-disant pas payé des factures et il ne veut pas envoyer mes magazines aux abonnés. La discussion fut rude. Il envoie quand même. Mais deux jours plus tard il m’envoie un état de factures non payées complètement faux.
Dure journée non ?
Demain je suis à 9 heures à la cour d’appel de Liège.
*
*       *
Alors que je commençais petit à petit à rétablir la situation (j’avais trouvé un régime de croisière non déficitaire pour le livre et je tendais vers l’équilibre pour le Sfmag car j’avais trouvé un imprimeur en Italie qui me faisait un prix intéressant) divers problèmes graves se présentaient de nouveau. Une grave dissension avec l’actionnaire principal le MNLE me conduisit à porter plainte contre lui pour abus de confiance. D’autre part, des créanciers de l’association présentaient leur créance à la SARL et si c’était bien clair pour la plupart, pour d’autres cela l’était moins. Par exemple, je publiais une encyclopédie sur le nucléaire rédigé par Fidel Castro Diaz Balart (le fils du dictateur cubain…). Or le contrat avait été signé par l’association et la commande de la traductrice avait été faite par l’association. Je fis l’erreur de vouloir éditer ce livre sous l’égide de la SARL, me voyant mal expliquer que les éditions Naturellement association ayant été liquidées les éditions Naturellement SARL ne pouvaient pas éditer ce livre… Il va de soi que le livre se vendit très mal, que les subventions obtenues pour l’édition de ce livre avaient été mangées par le dépôt de bilan de l’association et que je ne pouvais dégager une ressource pour payer la traductrice. Vraiment, la faillite de Distique fut le départ d’une vraie cascade de dominos…
Alors que la situation se rétablissait (même si je m’étais personnellement ruiné dans l’affaire) je serais contraint de déposer le bilan de la SARL au début 2003…

Cette collaboration avec Fidel Castro Diaz Balart fut une expérience intéressante. Ce personnage ressemble énormément à son père. C’est un vrai spécialiste du nucléaire et il est assez dommage que son livre n’ait pas emporté plus du succès. C’est un homme aimable et souriant. J’organisai avec lui, mon ami (à l’époque il était encore mon ami…) Jean Yves Guezenec (ingénieur retraité de l’industrie nucléaire) qui m’avait apporté ce projet et qui était en quelque sorte le conseiller scientifique de l’éditeur (c’est-à-dire moi…), la traductrice et son époux. C’était en 2001. Fidel m’avait invité à la fête du livre annuelle de La Havane qui devait se dérouler en février 2002, le pays à l’honneur de cette édition 2002 devait être justement la France. Fidel Castro Diaz Balart comptait présenter l’édition française de son livre. Au début de 2002 je reçus un coup de fil de l’attachée culturelle de l’ambassade de Cuba me demandant si j’allais à La Havane. Je répondis que ce serait avec plaisir mais je n’avais absolument pas les moyens de financer ce voyage. Elle m’assura alors qu’elle obtiendrait une place pour moi dans la délégation française du ministère des affaires étrangères. Plus tard je reçus un appel d’un attaché de ce ministère qui me confirma que j’étais du voyage ! Je me fis du souci pour mon ami Guezenec et lui envoyai un e-mail pour lui expliquer la situation et lui demander s’il ne voyait pas un moyen de financer son voyage. Il me renvoya assez vertement à mes dossiers. J’en fus étonné. J’avais complètement oublié tout cela depuis longtemps (avec tous les soucis que j’avais, cela peut se comprendre) et je fus rattrapé par le temps : mon passeport n’était plus valable ! Je dus faire accélérer la demande, je l’obtins deux jours avant de partir et me rendis à l’ambassade de Cuba à Paris pour obtenir le visa. Je fus donc prêt pour le départ. A l’aéroport Charles de Gaulle, la plupart des passagers parlait italien. Mais pas de Guézenec ! Je demandais à consulter la liste des passagers ; il n’y était pas… Plus tard à La Havane on me confirma que la majorité des touristes venaient d’Italie. La gentillesse du peuple cubain me subjugua ainsi que la beauté des filles créoles. Je passais une semaine d’entière liberté pour visiter La Havane de fond en comble. A l’aéroport j'avais été accueilli par un représentant de l’ambassade de France. Mon bagage étant très lourd parce que j’y transportais des livres de Fidel Castro Diaz Balart fut donc fouillé par les douanes. Le jeune attaché d’ambassade tenta de faire accélérer les choses mais n’y parvient pas. Une odeur de kérosène flottait dans l’air et me poursuivis tout au long de mon séjour.… Une fois dans mon hôtel je fus surpris que personne ne prit contact avec moi avant plusieurs jours. Je visitai le centre de La Havane avec sa merveilleuse architecture coloniale espagnole aux immeubles très dégradés Il faut dire qu’au moment de la révolution, Fidel Castro avait appelé la population pauvre ) prendre possession de ces magnifiques palais et ils y sont restés mais ces immeubles n’engendrant pas de revenus ont été laissés à l’abandon. Cuba a eu la chance que le centre de La Havane fut classé patrimoine historique de l’humanité et ainsi peut bénéficier de subventions importantes. D’autre part, le régime ayant développé le tourisme de nombreux palais sont réhabilités en hôtels de luxe.
Après quelques jours, alors que je prenais un verre à la terrasse du bar de l’hôtel, l’attachée culturelle de l’ambassade de Cuba me rencontra enfin pur me dire que monsieur Castro Diaz Balart souhaitais me rencontrer. Je lui répondis que je n’attendais que cela puisque j’avais trimballé quelques dizaines de kilos de livres pour lui. Elle me dit qu’elle me tiendrait au courant. Quelque temps plus tard je reçus un message écrit avec le rendez-vous. A la date prévue je me rendais donc à l’hôtel Nacional (le plus luxueux hôtel de La Havane) et en profiatis pour faire un petit tour dans ce quartier “bourgeois“ de la capitale. J’y rencontrais donc Fidel Castro Diaz Balart et, surprise ! Jean-Yves Guezenec et son épouse ! J’appris plus tard qu’ils avaient été invités par Fidel Castro Diaz Balart, car Jean-Yves avait passé pas mal de temps en France pour organiser des visites pour Fidel et l’accompagner. Franchement, pourquoi m’avait-il laissé dans l’ignorance ? Fidel me proposa une date de présentation de son livre qui ne me convenait pas du tout car j’était alors de retour en France. Qu’à cela ne tienne il fit la présentation sans moi… Je fis également la connaissance de la fête du livre qui était organisée sur les hauteurs au-delà de la baie dans les anciennes fortifications, un site magnifique. Le public très populaire et très coloré ne fut pas ans me rappeler celui de la fête de lHuma à Paris…

Je me rendais compte des limites de Bailly. Je guérissais petit à petit de ma dépression et sortais de mon état de faiblesse…
Quand Richard Comballot prit contact avec moi, je saisis l’occasion. Il me proposa des publications de grande qualité : une vraie histoire de la SF française par la publication de nouvelles en trois tomes. L’anthologie s’est appelée Les enfants du mirage. Richard est un bon connaisseur, il a un vrai talent d’anthologiste.
A la parution du premier tome j’eus d’énormes difficultés à imposer à Bailly d’en faire une publicité dans Sfmag. Il rechignait car il n’aimait pas voir de la concurrence. D’ailleurs il avait connu Richard dans le passé pour la rédaction de Phénix mais ce dernier était parti fâché.
Malheureusement cette anthologie ne fit pas des miracles sur le plan des ventes. Richard bien sûr mit plus ou moins en cause l’éditeur, en disant que si c’était Gallimard qui la publiait cette anthologie aurait eu plus de succès. J’en publiais néanmoins le deuxième tome en limitant le tirage. Cette mauvaise vente n’arrangea pas mes rapports avec les auteurs. Je leur envoyais néanmoins cinq exemplaires du premier tome et un exemplaire du deuxième en leur expliquant la difficulté due aux mauvaise ventes.
Ceci dit tout les écrivains concernés acceptèrent de participer, sauf… Jean-Claude Dunyach et son ami Johan Heliot qui, pourtant ne rechigna pas à se faire interviewer par Bruno Peeters dans Sfmag et quand je lui fis remarquer il me répondit qu’il avait refusé de participer à l’anthologie de Richard par solidarité avec Dunyach ! Solidarité pour quoi ? Je n’ai jamais eu affaire à Dunyach, sauf que c’est lui qui m’a soudain agressé sur le forum Sffranco (dirigé par le canadien Jean-Louis Trudel). Incompréhensible…
(Voir mon site perso : http://www.alainpelosato.com)
Dunyach était persuadé que j’étais malhonnête. Qui le lui avait fait croire ?. Je ne sais pas vraiment car je n’avais jamais eu à faire à lui. N’empêche, comme il l’a déclaré lui-même : « signaler les malhonnêtetés diverses qui nous accablent, nous autres auteurs, est une action de salut public. J'y souscris des deux mains et je contribue de mon côté à répandre les informations en ce sens… » Donc il a bien travaillé et je finis pas être obligé de faire le tour des forums dans lesquels on parlait de « Pelosato » à chaque fois que j’y lisais une calomnie à mon égard et de la relever pour intervenir fermement. Ce qui est curieux, c’est que les gens qui colportaient ce genre d’ignominie n’étaient pas du tout contents de mon intervention pour rétablir la vérité. Il en fut ainsi par exemple d’Olivier Paquet à qui je demandai de retirer ce qu’il avait dit sur moi dans un forum sous peine d’attaque en justice. Deux ans plus tard, alors que ma collaboratrice Sandrine Brugot lui demanda une interview pour notre numéro consacré à l’imaginaire français en littérature, il refusa tout net en racontant je ne sais encore quoi sur moi. Voilà comment de victime je deviens bourreau ! Heureusement que Sandrine accepta mes explications (ce qui ne fut pas le cas de tous les collaborateurs dans ce cas…)
Il est assez amusant de reprendre quelques citations du jugement définitif de ce sacré Dunyach à mon égard.
Alors qu’il était question de droits d’auteurs non payés et que j’avais expliqué que ma maison d’éditions était au bord de la faillite, voici ce qu’il répondait : « …essayez de commander une machine à laver et de ne pas la payer sous prétexte que "vous n'avez pas l'argent" ! Les prisons sont pleines de gens qui ont considéré en leur temps que la pauvreté était une excuse à l'escroquerie. » Vous noterez qu’il fait une comparaison osée entre un auteur et une machine à laver. Il n’a jamais lu "Les Misérables" de Victor Hugo, œuvre dans laquelle Jean Valjean est envoyé aux travaux forcés pour avoir volé un pain car il n’avait pas d’argent. Cela ne doit pas nous étonner de la part de Dunyach qui écrit un peu plus loin dans son message : « La bourgeoisie, dont je m'honore de faire partie, saisit très bien les questions d'argent et dispose également des moyens financiers nécessaires pour engager un avocat... » Eh bien voilà, c’est justement de cela qu’il est question dans Les Misérables de Victor Hugo, de l’ignoble politique de la bourgeoisie envers les plus pauvres… Allez ! Aux galères Pelosato ! Il avait également écrit dans le même message : « Les très petites maisons d'édition honnêtement gérées et, surtout, gérées AVEC PROFESSIONNALISME, s'en tirent. J'en connais de nombreux exemples. » Il faut savoir que depuis il a créé sa petite maison d’édition ISF (Imaginaires sans frontières) qui a déposé le bilan après quelques titres publiés dont le premier fut un titre de son ami Ayerdhal… Pas si professionnel que cela alors ? J’adore les donneurs de leçons.
Un jour, je faisais le tri des manuscrits reçus et je tombais sur un pavé de J. L. Trudel : un recueil de nouvelles de plusieurs auteurs francophones. Malgré les mauvais traitements que j’avais subis sur sa liste je lui proposais de le publier car je trouvais cela intéressant. Je lui proposai un contrat (selon la législation française) il m’en proposa un autre selon la législation canadienne. Comme j’attachais peu d’importance à ce genre de détails (ce qui me valut souvent les foudres de certains) j’acceptais. Puis j’envoyais un exemplaire du contrat aux auteurs dont plusieurs résidaient au Canada. Tout ce travail commençait à me fatiguer et surtout l’autoritarisme de ce Trudel m’exaspérait. Il s’avéra que deux auteurs canadiens n’avaient pas reçu leur contrat. Trudel m’ordonna de leur en renvoyer. Je ne vois pas pourquoi ils l’auraient reçu la deuxième fois si on ne changeais pas quelque chose. Je décidai donc d’arrêter cette “collaboration“. Vous ne m’y reprendrez plus !
Enfin, en ce qui concerne l'anthologie "Les Enfants du mirage", , ni Richard, ni les auteurs eux-mêmes n’avaient géré les droits sur les textes publiés. Richard me fournit une liste d’éditeurs qui s’avéra obsolète car, les auteurs eux-mêmes n’avaient pas été informés des ventes de leurs doits entre maisons d’éditions. Les grandes maisons d’édition ont un service qui s’occupent des droits. Moi j’étais tout seul. Je me vis alors confronté chez Denoël à un service âpre au gain. Visiblement cette maison d’éditions qui a quasiment arrêté les livres de SF, semble vouloir faire de l’argent par la vente de ses droits. (voir pour cela la collection Folio SF chez Gallimard qui édite bon nombre d’anciens livres de Présence du futur de chez Denoël) Cela me coûta bien cher pour quelques nouvelles et je suis sûr que les auteurs concernés n’ont rien touché de la part de Denoël…
Richard avait des projets d’une collection de SF d’auteurs français. J’avais déjà publié une œuvre de Jean-Pierre Andrevon dans une collection de Marc Bailly. J’avais de très bons contacts avec Jean-Pierre qui est un homme formidable dont j’apprécie l’œuvre. Je le rencontrais lors d’une manifestation littéraire à Romans et j’ai toujours gardé de très bons rapports avec lui. Ensuite, Jean-Pierre a réalisé les illustrations de couverture de ma revue Ecologie et progrès.
Hélas, mille fois hélas, ma collaboration avec Richard cessa faute de combattants lorsque je déposai le bilan de la SARL éditions Naturellement.